Fortes doses lors d’une visite du réacteur n°2

Selon le journal régional Kahoku, une délégation de l’Autorité de régulation nucléaire est allée visiter l’intérieur du bâtiment du réacteur n°2. C’est la première fois que des humains pénètrent dans ces lieux depuis la catastrophe nucléaire. Au quatrième étage (5ème niveau), le débit de dose ambiant était de 11 à 12 mSv/h. Toyoshi Fukéta, le président de l’Autorité de régulation, a pris une dose de 0,85 mSv en une dizaine de minutes, ce qui l’a obligé de quitter le bâtiment. Rappelons que la limite annuelle pour le public est de 1 mSv par an.

Selon M. Fukéta le débit de dose ambiant est encore élevé à cause des poussières radioactives en suspension dans l’air, ce qui l’a surpris après tant d’années. Il faut donc trouver l’origine de cette poussière.

On peut aussi se demander quel est l’intérêt d’envoyer des humains dans un environnement si contaminé : que peut-on apprendre en 10 minutes ? Quelle est la justification d’une telle démarche ? Surtout à cinq !

Plan de démantèlement d’Ikata 2 approuvé

L’Autorité de régulation nucléaire a approuvé le plan de démantèlement d’Ikata-2, dans la province d’Ehimé. D’une puissance de 538 MWe, il avait été mis en service en 1988 et débranché en janvier 2012, suite à la catastrophe de Fukushima. Shikoku Electric, l’exploitant, l’a arrêté définitivement en 2018.

Le démantèlement devrait être terminé en 2059. Et comme pour les autres réacteurs nucléaires japonais, il n’y a aucune solution pour les déchets radioactifs engendrés.

TEPCo apte à exploiter du nucléaire, selon l’Autorité de régulation nucléaire

En 2017, l’Autorité de régulation nucléaire avait autorisé le redémarrage des réacteurs 6 et 7 de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, située dans la province de Niigata, à la condition que TEPCo, l’exploitant, démontre son aptitude à exploiter du nucléaire. La compagnie a dû s’engager, par écrit, à respecter un nouveau code de sûreté en 7 points. Ainsi, son président assumera la responsabilité de la sûreté nucléaire qui devra primer sur les intérêts économiques. La compagnie doit aussi démanteler la centrale de Fukushima daï-ichi.

Suite à ces engagements, l’Autorité de régulation nucléaire a conclu que TEPCo était apte à exploiter la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la dernière qu’il lui reste. Si cette dernière devait enfreindre ces règles, il pourrait lui être ordonné de suspendre l’exploitation de la centrale.

Dans un éditorial, l’Asahi, trouve ces engagement trop vagues et doute de la bonne volonté de TEPCo. Par exemple, elle a promis de compenser les victimes de la catastrophe de Fukushima, mais, dans les faits, la compagnie a rejeté de nombreuses propositions d’accords d’indemnisation avec les résidents qui ont dû saisir la justice pour obtenir satisfaction. le quotidien estime que TEPCo n’a pas su regagner la confiance de la population.

Les réacteurs 6 et 7, d’une puissance de 1 350 MWe chacun, ont été mis en service en 1996 et 1997 respectivement. TEPCo compte finir les travaux de renforcement de la sûreté du réacteur n°7 en décembre 2020. La date n’est pas connue pour le réacteur n°6. Elle doit aussi obtenir le consentement des autorités locales, y compris du gouvernement de Niigata, qui ne se prononcera pas tant que le groupe d’experts qu’il a mis en place n’a pas terminé ses travaux. Le maire de Kashiwazaki exige que TEPCo arrête définitivement un des réacteurs avant de donner leur accord.

Les réacteurs 2, 3 et 4 de cette centrale sont arrêtés depuis 2007, après un séisme de magnitude élevée.

Réacteur n°3 : TEPCo continue le retrait des combustibles usés

La page de suivi du retrait des combustibles de la piscine du réacteur n°3 affiche le retrait de 252 assemblages sur 566, dont 200 de combustibles usés :

C’était 102 assemblages usés le 10 juin dernier et 18 en février 2020. Les opérations semblent se dérouler sans problème, désormais.

Démantèlement du restaurant “sushis atomiques” de Tomioka

Le restaurant “sushis atomiques” de Tomioka symbolisait l’emprise du nucléaire sur la région. La ville a été entièrement évacuée lors de la catastrophe nucléaire et peu de personnes sont revenues depuis (voir le bilan pour les 9 ans de la catastrophe). Le restaurant, abandonné, a été démoli. C’est plus simple que pour une centrale nucléaire…

Selon l’Asahi, le nom du restaurant proviendrait d’une chaîne basé à Nagoya. Le propriétaire a continué à payer le loyer dans l’espoir que la présence du bâtiment du restaurant contribuerait à entretenir les souvenirs de la catastrophe. Une fois l’ordre d’évacuation levé en avril 2017 pour la plus grande partie de Tomioka, il s’est alors accroché au restaurant, avec l’idée que sa vue rappellerait aux habitants de retour la façon dont les choses étaient avant et pendant la catastrophe. Mais il y a un an, alors que la reconstruction de Tomioka avançait, il a finalement décidé de le démolir.

Le propriétaire, qui s’est réinstallé à Iwaki, déclare au Asahi : “Je voulais dire aux gens qu’une fois qu’un accident se produit, l’endroit devient invivable. Je me sens un peu seul, mais je crois que le restaurant a rempli son rôle”. Il avait cru au “mythe de la sûreté nucléaire” propagé par le gouvernement central et les exploitants.

TEPCo a couvert la piscine de combustibles du réacteur n°1 pour la protéger des chutes de débris

TEPCo a publié des photos et une vidéo de ses opérations en vue de protéger la piscine du réacteur n°1 de la chute de débris lors du démantèlement du bâtiment réacteur. La compagnie va ensuite retirer la charpente métallique au dessus de la piscine et construire un nouveau bâtiment réacteur, à l’instar de ce qui a été fait pour les réacteurs n°3 et 4.

La couverture consiste en des sacs gonflables qui couvrent la piscine qui doivent protéger les combustibles dont le retrait n’est pas prévu avant 2027 – 2028.

Inspection de la piscine de combustibles du réacteur n°2

TEPCo a envoyé un robot inspecter la piscine de combustible du réacteur n°2. Et comme à chaque fois qu’un robot est impliqué, la compagnie communique pour vanter la technologie mise en œuvre. On a même droit à des photos et des vidéos !

TEPCo espère commencer à vider cette piscine entre 2024 et 2026. Elle contient 615 assemblages. Le bâtiment réacteur n’a pas été abîmé par une explosion hydrogène, contrairement aux réacteurs 3 et 4 où le retrait des combustibles a débuté ou est fini. Mais les niveaux de débit de dose y sont très élevés, ce qui complique les opérations.

Le 12 mai dernier, TEPCo a commencé par présenter le robot et les tests effectués : voir la page avec les photos et vidéo, ainsi que le document explicatif en anglais qui ne comprend pas grand chose d’intéressant.

Les investigations dans la piscine du réacteur n°2 ont commencé le 10 juin 2020 : voir la page avec les photos et vidéo, ainsi que le document explicatif en anglais. Pas d’endommagement particulier détecté en ce premier jour.

Le deuxième jour d’investigations a aussi donné lieu à des photos et une vidéo, ainsi qu’à un document explicatif en anglais. Là encore, pas de problème particulier détecté. La compagnie va maintenant analyser les images enregistrées pour détecter d’éventuels dommages.