La France a dit vouloir abandonner le projet Astrid

Après avoir arrêté définitivement Monju, son surgénérateur, le Japon a du mal à justifier sa politique d’extraction du plutonium des combustibles usés. Il a dépensé des milliards d’euros dans une usine de retraitement à Rokkashô-mura qui accuse déjà 24 années de retard et dont l’utilité est de plus en plus remise en question. Et comme le Royaume-Uni arrête le retraitement, il ne reste plus que la France avec qui il peut s’entendre.

Le Japon et la France avaient donc entamé des discussions à propos d’une participation dans ASTRID, le projet de surgénérateur français qui doit faire mieux que Superphénix. Un accord de coopération avait été signé en 2014. Selon le Nikkei, la France aurait informé le Japon qu’elle allait renoncer à ce projet en 2019 et qu’elle renoncerait à tout investissement dans les surgénérateurs à partir de 2020. Mais, selon Reuters, le CEA, qui porte le projet, a démenti en précisant qu’aucune décision officielle n’avait été prise.

L’arrêt de ce programme est raisonnable. En effet, le concept de surgénérateur date des années 1950 et il aurait dû être prêt pour la fin du siècle dernier. Selon le CEA, l’aboutissement était pour la fin de ce siècle. Bref, juste un siècle de plus de recherches et développement pour aboutir. Ce n’est donc pas très prometteur, mais cela permet de classer 95% de ce qui sort des réacteurs nucléaires en “matières valorisables” et non en déchets, même si elles ne sont pas valorisées. En France, le taux de recyclage est inférieur à 1%. Cela permet aussi d’avoir une filière industrielle dédiée au plutonium qui a un intérêt militaire.

Le Japon, qui a adopté une politique énergétique complètement irréaliste et qui s’accroche à sa filière plutonium va devoir revoir ses plans. Quant à la France, il va falloir revoir toute sa politique de gestion des déchets. Le retraitement à l’usine Orano de La Hague ne sert donc plus qu’à éviter l’engorgement des piscines et l’effondrement du parc nucléaire national.

Envoi en France des combustibles usés du réacteur Fugen

Le réacteur expérimental Fugen, situé dans la province de Fukui, a été arrêté définitivement en 2003. Il est en cours de démantèlement. C’était le premier réacteur au monde à avoir un cœur entièrement constitué de MOx. D’une puissance de 165 MWe, il fonctionnait à l’eau lourde. L’exploitant, la Japan Atomic Energy Agency (JAEA) est connue pour sa culture de sûreté défaillante qui a conduit l’Autorité de Régulation Nucléaire à lui retirer l’autorisation d’exploiter le surgénérateur Monju.

Le Japon ne sait pas quoi faire des 111 tonnes de combustible MOx de ce réacteur et cherchait à les envoyer à l’étranger. En effet, l’usine de retraitement de Tôkaï-mura où il était prévu de l’expédier est arrêtée définitivement et doit être démantelée. Sur 738 assemblages, 272 sont à Tôkaï-mura et les autres toujours sur le site du réacteur. Leur retrait, qui aurait dû être terminé, a été reporté de 9 années à 2026.

Orano vient d’annoncer avoir remporté le contrat. Mais il n’y a plus vraiment de concurrence depuis l’arrêt définitif, au Royaume-Uni, de l’usine de retraitement Thorp. La compagnie française doit préparer leur transport des 111 tonnes de combustible qui devrait avoir lieu entre 2023 et 2026. Pour Orano, « la signature de ce contrat majeur confirme le choix du recyclage nucléaire comme une solution de gestion responsable et performante des combustibles usés pour nos clients. » Blabla habituel, car, même en France, le taux de recyclage est inférieur à 1%, comme l’a rappelé le récent rapport du HCTISN. De plus, rien ne prouve que ces combustibles seront retraités car le Japon n’a pas de débouché pour les matières qui pourraient être extraites. Si le contrat prévoit également la mise en œuvre des études préalables aux opérations de réception et de traitement, comme l’explique Orano, il n’inclut pas le retraitement à proprement parlé.

Fin juillet, le Japon s’est engagé à ne pas extraire plus de plutonium qu’il ne peut en consommer. Et il a déjà 47 tonnes sur les bras, alors qu’il ne peut en consommer qu’une tonne par an actuellement. Cela laisse du temps à Orano pour ses études préalables… Et surtout, la JAEA n’a plus de réacteur. Il lui faudrait donc trouver un autre exploitant qui accepte son plutonium de qualité moindre car issu du MOx. En France, ce combustible n’est pas retraité.

Bref, Orano va récupérer 111 tonnes de combustible MOx à entreposer dans ses piscines proches de la saturation qui vont prendre la place d’environ une année de production de MOX en France. Ce contrat pourrait donc accélérer l’effondrement du parc nucléaire français si EDF n’arrive pas construire sa nouvelle piscine avant la saturation prévue à l’horizon 2030, comme l’ACRO l’a révélé.

Quatrième mission de l’AIEA à Fukushima daï-ichi : rapport préliminaire

A la demande du Japon, l’AIEA a effectué sa quatrième mission à la centrale de Fukushima daï-ichi depuis l’accident. Selon le rapport d’étape, cette mission a eu pour but d’effectuer une revue indépendante des travaux menés. A noter, que, selon son cv, le chef de la délégation, Christophe Xerri, travaillait pour Mitsubishi Nuclear Fuel au moment de l’accident. Il faisait donc partie du village nucléaire japonais. Peut-on parler de revue “indépendante” ?

Comme nous l’avons rapporté, le Japon avait refusé d’inviter le rapporteur spécial de l’ONU pour les substances dangereuses et les déchets et n’a pas rendu son rapport. Ce dernier avait critiqué la politique japonaise et recommandé l’arrêt du retour des enfants et femmes en âge de procréer dans les territoires contaminés. En invitant l’AIEA, et ses experts “indépendants”, issu du sérail, il attend donc un rapport complaisant.

Le rapport final est attendu pour le 31 janvier 2019. Que dit le rapport préliminaire ? Après quelques banalités sur les progrès et les défis, il est écrit que l’équipe a noté les progrès effectués en vue du retrait des combustibles usés des piscines des réacteurs 3, puis 1 et 2. Le rapport va jusqu’à dire que les opérations sont bien avancées pour le réacteur n°3. Etonnant, alors que l’Autorité de Régulation Nucléaire japonaise a critiqué les retards pris pour ce retrait. Faut-il y lire une critique de cette autorité ?

Dans son communiqué de presse et lors de sa conférence de presse, l’équipe de l’AIEA a mis l’accent sur le problème du stock d’eau contaminée. Le rapport dit grosso-modo que, malgré les améliorations apportées pour s’attaquer aux causes profondes qui contribuent à la production d’eau contaminée, l’équipe de l’AIEA continue de considérer la gestion de l’eau comme essentielle à la durabilité des activités de démantèlement. Tout le monde est d’accord sur ce point. Étant donné que le volume d’eau traitée devrait atteindre la capacité maximale des réservoirs au cours des trois ou quatre prochaines années, et qu’un traitement et un contrôle supplémentaires des eaux stockées avant leur élimination seraient nécessaires pour appliquer l’une des cinq solutions envisagées par le gouvernement japonais, une décision devrait être prise d’urgence en impliquant toutes les parties prenantes. L’AIEA ne prend pas position quant aux 5 solutions envisagées par les autorités, même si c’est le rejet en mer qui a la préférence des autorités.

Mais l’équipe de l’AIEA tient à souligner qu’ils ont osé interroger les autorités japonaises à propos des informations rendues publiques récemment sur la contamination résiduelle de l’eau traitée. Mais, on n’en saura pas plus pour l’instant ! Rappelons que 80% du stock d’eau traitée dépasse les autorisations de rejet. Et que conseille l’AIEA à ce propos ? Rien, si ce n’est que TEPCO doit respecter la loi et la réglementation japonaises. Est-ce une critique en creux ?

En ce qui concerne la communication de TEPCo, elle aurait, selon le rapport, évolué positivement dans le but de maintenir la confiance des parties prenantes et dissiper les rumeurs néfastes ! Ah bon, les parties prenantes ont confiance en TEPCo ? Il n’y a que l’AIEA pour croire à de telles sornettes ! Malgré cela, l’AIEA reconnait que TEPCo a omis de signaler clairement que l’eau contaminée contenait plus que du tritium après traitement. Et l’Agence de l’ONU de demander une meilleure communication. Tous les éditoriaux japonais l’avaient déjà souligné.

La suite traite du management et de l’organisation entre les différents acteurs. L’AIEA insiste pour que les feuilles de route prennent en compte les incertitudes. Il faut y lire une critique en creux : les feuilles de route présentées ne seraient donc pas réalistes.

En ce qui concerne les travailleurs sur le site de la centrale accidentée, l’AIEA note des progrès dans la culture de sûreté. Mais cela ne semble pas suffisant, puisqu’il est demandé de développer plus cette culture, y compris auprès des sous-traitants. La compagnie doit aussi tout faire pour réduire les doses auxquelles sont exposés les travailleurs. Mais l’équipe n’a pas jugé bon de rencontrer les syndicats pour leur demander leur avis sur le sujet.

A la fin, le rapport de l’AIEA pointe le problème des déchets radioactifs sur le site, pour lesquels aucune solution de gestion à long terme n’existe. Il y en aurait déjà plus de 400 000 m3.

A noter que l’équipe de l’AIEA n’a rencontré que des officiels du gouvernement et de TEPCo, et n’a auditionné aucune organisation ou expert qui pourrait avoir un esprit critique. Pas étonnant que son rapport préliminaire soit si lisse et n’apporte rien de pertinent.

TEPCo a mis en ligne quelques photos de la visite de la délégation, qui n’ont pas le moindre intérêt.

Visite virtuelle de la centrale de Fukushima daï-ichi en anglais

Comme nous l’avions rapporté, en mai dernier, TEPCo avait mis en ligne une visite virtuelle de la centrale de Fukushima daï-ichi, avec des commentaires en japonais. Cette visite est désormais disponible en anglais.

Plusieurs routes sont proposées. Le débit de dose est indiqué en bas à gauche de l’écran. Il date du mois de mars dernier, lors de la prise des images. Les commentaires sont les mêmes que la dernière fois… Même s’il s’agit d’une présentation bien lissée, les images sont impressionnantes.

Dernier bilan de la décontamination des territoires

Le ministère de l’environnement a mis en ligne son bilan régulier de l’avancement de la décontamination et de la gestion des déchets. C’est un bilan qui reste global.

Page 6, le ministère annonce toujours un nombre total de travailleurs assez irréaliste : 13,7 millions dans les territoires évacués et 18,4 millions ailleurs, ce qui fait un total supérieur à 32 millions. Il doit plutôt s’agir du nombre de contrats CDD signés.

Le budget dédié à la fin 2018 est de 2 900 milliards de yens (23 milliards d’euros) et les volumes de sols radioactifs à stocker, à la date du mois de mars 2018 est de 9,1 millions de mètres cubes pour les territoires évacués et 7,9 millions de mètres cubes pour les autres territoires contaminés, dont 7,4 millions à Fukushima. Cela fait donc un total de 17 millions de mètres cubes. Ces déchets s’entassent un peu partout.

Le ministère présente aussi, page 7, les zones de décontamination spéciales dans les territoires dits de retour difficile. Comme nous l’avons déjà rapporté, il s’agit de réhabiliter les centres des communes de Les communes de Namié, Futaba et d’Ôkuma, pour qu’elles ne soient pas déclarées abandonnées. C’est une décision purement idéologique car il n’est pas sûr que des personnes aillent s’y installer. Les prévisions de retour sont complètement irréalistes. Il s’agit aussi de zones très contaminées de Tomioka, Iitaté et Katsurao.

Pour ce qui est du centre d’entreposage intérimaire de 16 km2 situé tout autour de la centrale de Fukushima daï-ichi, les autorités avancent dans l’acquisition ou la location des terrains. Elles seraient arrivées à 81,7% de la surface totale. Rappelons que les déchets ne officiellement là que pour 30 ans même si personne ne sait où ils iront après. Les premiers déchets sont arrivés à Futaba et Ôkuma à la fin 2017. A la fin septembre 2018, un peu moins de 500 000 m3 y auraient été entreposés, ce qui a nécessité 75 000 transports par camion (6 m3/camion). Le Japon espère arriver à 6 millions de mètres cubes en 2020.

Page 18, le ministère présente ses projets de recyclage des sols dont la contamination en césium radioactif serait passée sous la limite de 8 000 Bq/kg. Ces projets sont décriés, mais les autorités espèrent obtenir l’assentiment des riverains… Des tests sont menés à Minami-Sôma (page 19). Tout semble si propre. Mais qu’en sera-t-il dans quelques décennies quand l’utilisation de sols recyclés sera oubliée ?

Cette option est complètement illogique. Pour les déchets dangereux, il y a généralement deux solutions : les isoler de la biosphère le temps nécessaire à leur décroissance radioactive ou les disperser comme les rejets des installations pour diluer au maximum leurs effets. Ici, le Japon a d’abord concentré les déchets avant de vouloir les éparpiller sans les diluer et une tenue des ouvrages non garantie car ce ne sont pas des centres de stockage.

Page 23, le “Fukushima Eco Tech Clean Center” est présenté. Il s’agit d’un centre de stockage de déchets dangereux qui a été converti et étendu pour accueillir les déchets radioactifs (cendres…) qui ont une activité inférieure à 100 000 Bq/kg. Même si l’entrée est à Naraha, le site est sur la commune de Tomioka. Sur cette photo prise par l’ACRO, on voit Fukushima daï-ni, au fond :

 

Ôsaki : action en justice pour empêcher l’incinération de 6 000 tonnes de déchets radioactifs

Ôsaki, dans la province de Miyagi, a accumulé environ 6 000 tonnes de déchets radioactifs avec une teneur en césium supérieure à la limite de 8 000 Bq/kg. Comme il s’agit essentiellement de déchets organiques, comme des herbes et de la paille de riz, les autorités veulent les incinérer.

Des résidents de la commune, située à 120 km de la centrale accidentée, ont saisi la justice pour faire annuler le budget de 21,6 millions de yens dédié à l’incinération. Ils avaient déjà réclamé un audit sur ce budget, mais la commune a rejeté leur demande.

Dossier de sûreté de l’usine de retraitement de Rokkashô sur le point d’être validé

L’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) devrait valider le dossier de sûreté post-Fukushima de l’usine de retraitement de Rokkashô-mura dans la province d’Aomori. Le site devrait résister aux risques sismiques et volcaniques.

La NRA avait suspendu l’instruction du dossier suite à des scandales et à la découverte de fuites. Rappelons que la mise en service de cette usine était initialement prévu pour 1997 et qu’il y a déjà un retard cumulé de 24 années. Le démarrage est désormais annoncée pour 2021 et le coût a été multiplié par 4.

L’usine peut extraire jusqu’à 8 tonnes par an de plutonium des combustibles usés japonais pour en faire du combustible MOx. Mais, pour des raisons de prolifération, le Japon s’est engagé récemment à ne pas extraire plus de plutonium qu’il ne peut en consommer dans ses réacteurs. Et comme le stock de plutonium est de 47 tonnes et qu’il n’y a que 3 réacteurs en fonctionnement chargés avec du MOx, cette usine est inutile. En effet, il faudrait de 16 à 18 réacteurs pour consommer les 8 tonnes annuelles de plutonium sous forme de MOx.

Retards pour le retrait des combustibles de la piscine du réacteur n°3

TEPCo a pris du retard dans son programme de retrait des combustibles de la piscine du réacteur n°3 et elle s’est fait tancer par l’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA). Rappelons qu’il y a eu une panne sur un tableau de commande en juin 2018. La compagnie invoque des problèmes de contrôle qualité des équipements.

Il y a 566 assemblages usés dans cette piscine et les travaux auraient dû commencer en novembre 2018. Mais ce calendrier ne sera pas tenu. La NRA estime qu’il y a un vrai problème de gouvernance et de contrôle chez TEPCo qui vient du sommet de la hiérarchie.

Rappelons que seule la piscine du réacteur n°4 a été vidée jusqu’à présent. Comme il n’y a pas eu de fusion du cœur dans ce réacteur, car il était entièrement déchargé, le débit de dose a permis l’intervention d’êtres humains. Ce n’est pas le cas pour les réacteurs 1, 2 et 3.

Nouveau report de la date de mise en service du nouveau réacteur de J-Power à Ôma

Electric Power Development Co, alias J-Power, construit à Ôma, dans la province d’Aomori, un nouveau type de réacteur qui doit fonctionner à 100% au MOx. Un tel réacteur est unique au monde. Le chantier a été lancé en 2008, mais la catastrophe nucléaire de 2011 à Fukushima a tout arrêté. Le taux d’avancement est inférieur à 40%.

Le constructeur, Hitachi, espérait reprendre les travaux de construction cette année, mais il vient d’annoncer un report à 2020. Le démarrage n’aura donc pas lieu avant 2026. Il a revu le référentiel de sûreté afin de satisfaire aux nouvelles exigences et a soumis son dossier en 2014. L’instruction prend plus de temps qu’initialement prévu.

Ce nouveau report a aussi des conséquences sur le démarrage de l’usine de retraitement de Rokkashô-mura, qui accuse déjà 24 années de retard. Elle doit extraire le plutonium nécessaire au combustible MOx. Mais le Japon vient de décider de limiter l’extraction à ce qui peut être consommé. Même avec ce réacteur, aucune raison de mettre en service l’usine.

En effet, ce réacteur doit consommer environ 1,1 tonne de plutonium par an, contre 0,4 tonne pour un réacteur classique chargé partiellement au MOx. Seulement 4 réacteurs classiques utilisent du MOx actuellement au Japon. Rappelons que le stock japonais de plutonium s’élève à 47 tonnes. Mais pour l’affichage, pour maintenir le projet d’extraire le plutonium, il faut des perspectives d’utilisation. Alors, le réacteur d’Ôma, comme la surgénération à plus long terme, servent à entretenir le mythe du recyclage.

Rappelons que des habitants de Hakodaté et la commune située sur l’île de Hokkaïdô, ont saisi la justice pour demander l’arrêt du chantier. Ils ne sont qu’à 23 km du réacteur, de l’autre côté du détroit de Tsugaru.

Gestion des forêts contaminées à Fukushima : tout raser pour faire de la biomasse

Les forêts de Fukushima n’ont pas été décontaminées car elles couvrent 70% de la province et l’industrie forestière est exsangue. De nouveaux débouchés sont donc envisagés pour relancer cette industrie : la génération d’électricité avec de la biomasse.

Grâce aux tarifs de rachat de l’électricité d’origine renouvelable, l’investissement dans la biomasse est très rentable. La technologie est simple, les usines vites construites et le retour sur investissement n’est que de trois à quatre ans. Cela intéresse donc fortement les investisseurs et les projets sur multiplient. Le seul frein, c’est le combustible. Il n’y a pas tant de sources que cela : le Japon peut soit importer le bois, mais cela va contribuer à la déforestation de pays d’Asie du Sud Est, soit brûler des déchets, mais l’efficacité n’est pas si bonne et les ressources restent limitées, ou développer une industrie locale.

C’est là que les intérêts de Fukushima et du syndicat de producteurs d’électricité à partir de biomasse se rejoignent. L’idée est de raser les forêts en espérant qu’elles seront moins contaminées lors de leur régénération. Et comme c’est subventionné, tout le monde y gagne, sauf le contribuable.

Voilà ce que cela donne à Tamura, dans la province de Fukushima :

Vous trouvez cela choquant ? Ne vous inquiétez pas, vous vous y habituerez, selon le président du syndicat des producteurs. C’est comme les champs agricoles, qui sont nus en hiver. C’est ce qu’il aurait déclaré lors de la dernière assemblée générale ! Évidement, il faut plus d’années pour que cela repousse et la forêt cultivée n’a rien à voir avec une forêt naturelle. Et avec l’érosion des sols, il n’est même pas sûr que cela repousse.

Le bois est transformé en copeaux et transporté par camions dans tout le Japon. Des associations commencent à se mobiliser sur cette thématique et étudient l’impact radioactif des rejets car les filtres utilisés sont que de simples filtres à manche, comme de gros sacs d’aspirateurs, et non des filtres de haute efficacité.