L’Ukraine autorise le dragage de la Pripiat, malgré la contamination radioactive

En préparation du projet de voie navigable E40 qui doit emprunter la rivière Pripiat et passer au pied de la centrale accidentée de Tchernobyl, les autorités ukrainiennes ont autorisé le dragage des sédiments pour faciliter la navigation. L’ACRO a récemment publié une étude sur l’impact radiologique de ce projet et le collectif “Save Polesia” estime qu’il met en danger la plus grande zone humide d’Europe.

Comme le souligne l’ACRO dans son étude, l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui fait la promotion de l’énergie nucléaire, recommande de laisser les sédiments aquatiques en place. Pour rassurer, les autorités ukrainiennes ont fait faire quelques analyses de la radioactivité dans ces sédiments sur plusieurs horizons. La contamination en césium-137 va jusqu’à 323 Bq/kg et celle en strontium-90, jusqu’à 15 Bq/kg.

Ces analyses sont incomplètes puisque le plutonium et l’américium, qui polluent significativement la zone concernée, n’ont pas été recherchés. Par ailleurs, les prélèvements n’ont été effectués que jusqu’à 60 cm de profondeur, alors que dans leur premier appel d’offre les autorités ukrainiennes mentionnaient un dragage jusqu’à un mètre de profondeur. Et les quelques données font parfois apparaître une concentration en polluants qui augmente avec la profondeur.

Le seuil d’exemption recommandé par l’AIEA pour le césium-137 est de 100 Bq/kg. Cela signifie qu’une partie des sédiments dragués devra être considérée comme déchets radioactifs. Les autorités ukrainiennes ne disent pas comment elles vont gérer ces déchets.

Rappelons que cette voie navigable ne peut pas être aménagée tant que le bassin de refroidissement de la centrale de Tchernobyl, extrêmement contaminé, n’est pas assaini. La construction d’un barrage dans la zone d’exclusion nécessite de reprendre les déchets radioactifs enfouis dans de nombreux centres situés dans la zone inondable et va entraîner des doses inacceptables pour les travailleurs. Ce projet de voie navigable n’est donc pas réalisable. (Re)Lire l’étude de l’ACRO pour en savoir plus.

CODIRPA : vers une reconnaissance du risque de contamination de l’eau potable en cas d’accident nucléaire grave

En juillet 2019, l’ACRO alertait sur la contamination en tritium de l’eau du robinet de plus de 6 millions de d’habitants de la métropole, dont environ 4 millions rien qu’en Ile de France. En cas d’accident grave sur une des centrales nucléaires sur la Seine, la Vienne ou la Loire, il n’y aura pas que le tritium rejeté et ce sont des millions de personnes qui risquent d’être privées d’eau potable. L’ACRO demandait que la pollution radioactive soit prise en compte dans les plans « ORSEC eau potable » qui doivent être établis pour le 31 décembre 2020 au plus tard et qu’ils fassent l’objet d’une consultation du public.

En début d’année 2020, l’ACRO a publié une étude montrant qu’en Ukraine, l’eau potable de 8 millions d’habitants est toujours polluée par les retombées radioactives de la catastrophe en Tchernobyl, qui a eu lieu en 1986. En cas d’accident en France, les conséquences risquent d’être tout aussi durables. Il est donc important de s’y préparer.

Dans un courrier daté du 18 juin 2020 adressé au président de l’Autorité de sûreté nucléaire, le Premier ministre donne un nouveau cadre au comité directeur pour la gestion de la phase post-accidentelle d’un accident nucléaire ou d’une situation d’urgence radiologique (Codirpa) mis en place en juin 2005. Durant la période 2020-2024, le Codirpa devra notamment prendre en compte « un rejet de substances radioactives dans les milieux aquatiques, qu’ils soient marins, lacustres ou fluviaux ». C’est une belle victoire pour l’ACRO !

En revanche, rien ne semble avoir avancé du côté des plans « Orsec eau potable » alors que l’échéance approche !

Le courrier du premier ministre demande aussi une révision du plan national de réponse à une accident radiologique ou nucléaire majeur. Espérons que la société civile sera associée et consultée cette fois-ci, conformément aux recommandations internationales qui sont ignorées par les autorités qui ne retiennent que ce qui les arrange.

L’héritage de Tchernobyl et la voie navigable transeuropéenne E40

Les retombées radioactives de la catastrophe de Tchernobyl ont pollué de vastes territoires en Ukraine, Biélorussie et Russie. 34 ans plus tard, le réacteur accidenté est confiné sous une arche pour un siècle et la zone d’exclusion a été transformée en une vaste « réserve radio-écologique ». La principale stratégie mise en œuvre est d’attendre la lente décroissance de la radioactivité.

Les récents incendies de forêt sont venus rappeler que la radioactivité n’est pas confinée dans les territoires abandonnés. La rivière Pripiat, qui traverse la zone d’exclusion et passe au pied du réacteur accidenté avant de se jeter dans le Dniepr, charrie aussi continuellement des radioéléments. En aval, plus de 8 millions d’Ukrainiens boivent l’eau du Dniepr et jusqu’à 20 millions mangent des aliments irrigués avec l’eau de ce fleuve. Les années avec de fortes inondations dans la zone d’exclusion (une fois tous les 4 ans environ), les niveaux d’exposition des habitants augmentent de façon significative.

C’est dans ce contexte que l’ACRO a évalué l’impact radiologique de la voie navigable transeuropéenne E40, qui vise à relier la Mer Noire à la Mer Baltique via le Dniepr et le Pripiat, à la demande de la société zoologique de Francfort et du collectif « Save Polesia ». Le rapport est disponible en français et en anglais sur notre site Internet : http://acro.eu.org

Carte du projet de voie fluviale E40, extraite de savepolesia.org. © pg-webstudio.de

Aujourd’hui, la contamination est dominée par le césium-137, le strontium-90 et divers isotopes du plutonium hautement toxique. L’américium-241, le noyau fils du plutonium-241, est également très toxique et sa contribution croissante devrait dominer l’impact radiologique à l’avenir.

La voie navigable intérieure E40 projetée, qui devrait passer à proximité de la centrale nucléaire de Tchernobyl et traverser la zone d’exclusion, aura nécessairement un impact radiologique sur les travailleurs de la construction et de la maintenance, ainsi que sur la population en aval qui dépend de l’eau des rivières Pripiat et Dniepr. Bien que ce projet nécessite de grands travaux tels que la construction d’un barrage et l’alignement du cours de la rivière dans sa partie la plus contaminée, aucune étude d’impact radiologique n’est disponible. Les principes de la CIPR en matière de radioprotection et les conventions d’Aarhus et d’Espoo exigent pourtant des études environnementales et radiologiques, une justification du projet et la participation des parties prenantes et du grand public au processus de décision.

L’étude de l’ACRO montre que les travaux de construction pour la partie de la voie navigable E40 qui traverse la zone d’exclusion de Tchernobyl et passe à proximité de la centrale nucléaire ne sont pas réalisables. L’exposition estimée des travailleurs serait trop élevée pour être acceptée. En outre, le bassin de refroidissement de Tchernobyl, fortement contaminé, et les stockages temporaires de déchets radioactifs dans la plaine d’inondation de la rivière Pripiat n’ont pas encore été démantelés, ce qui empêche tout travail de construction. L’AIEA recommande également une liste d’autres mesures de protection qui restent à mettre en œuvre.

La partie de la voie navigable E40 qui se trouve en amont de la zone d’exclusion de Tchernobyl serait alors inutile, car sans connexion avec le Dniepr. Cela signifie également que les travaux d’aménagement qui consistent en la construction de plusieurs barrages et l’alignement des méandres de la rivière Pripiat pour accepter les navires de classe V ne sont pas justifiés.

Enfin, la portion de la voie E40 allant de la mer Noire au réservoir de Kiev nécessite principalement des travaux de dragage réguliers. L’étude de faisabilité mentionne 68 000 m3 de travaux de dragage par an dans le réservoir de Kiev, qui stocke du césium-137 dans ses sédiments de fond. Une telle activité est contraire aux recommandations de l’AIEA de laisser les sédiments en place car elle augmentera la dose des personnes qui dépendent de l’eau du réservoir de Kiev pour leur approvisionnement en eau et en nourriture.

En conclusion, l’ACRO partage l’avis du collectif « Save Polesia » : ce projet de voie navigable aura un impact environnemental et sanitaire inacceptable. Il n’est pas justifié et doit être abandonné. Elle appelle l’Union européenne à cesser tout soutien à ce projet.

Ce travail ne serait pas possible sans votre soutien :
partiellement déductible des impôts.
Même une petite somme est la bienvenue

Radiation impacts of the E40 waterway from Frankfurt Zoological Society on Vimeo.

12 sites d’entreposage de déchets radioactifs pourraient fuir en cas de pluies torrentielles

A l’automne dernier, les fortes pluies dues au typhon Hagibis avaient emporté 91 sacs de déchets radioactifs. 40 n’avaient pas été retrouvés. Le ministère de l’environnement a donc inspecté 322 sites d’entreposage situés près d’un cours d’eau ou pouvant être inondés dans la province de Fukushima. Pour douze d’entre eux, il y a un risque que des sacs soient emportés ou endommagés. Il y a 721 sites d’entreposage à Fukushima.

Parmi les douze sites exposés, celui de Namié est sous la responsabilité du gouvernement. Les autres sont sous la responsabilité des communes. Il y en a 4 à Kawauchi, 2 à Iwaki, Nihonmatsu et Daté, et un à Kawamata. Le plus gros contient 21 000 m3 de déchets. Le plus petit, 1 500 m3.

Des barrières vont être installées ou les sacs retirés d’ici la fin mai, selon les autorités. En effet, la saison des pluies débute à la mi-juin généralement.

Pour en savoir plus, voir le document en anglais du ministère.

Rapport de Greenpeace sur la contamination radioactive à Fukushima

Greenpeace International vient de publier, à l’occasion du neuvième anniversaire de la catastrophe nucléaire, un rapport en anglais sur la contamination à Fukushima : Radioactivity on the move 2020: Recontamination and weather-related effects in Fukushima (communiqué, rapport en anglais, photos et vidéos).

L’organisation a fait des relevés de débit de dose ambiant et trouve toujours de nombreux points chauds dans des zones où l’ordre d’évacuer a été levé. Par ailleurs, pour certains points, le niveau a augmenté depuis l’an dernier. Cela pourrait être dû aux typhons qui ont frappé la région à l’automne dernier. Des sacs de déchets radioactifs avaient été emportés.

Elle demande au gouvernement japonais de revoir sa politique de retour dans les territoires contaminés.

Fausses nouvelles et vrais mensonges sur Fukushima

Le Blog de Fukushima vient de publier une série en trois épisodes sur les nombreuses infox relatives à l’accident de Fukushima. Il s’agit d’un gros travail, très utile.

A lire :

Rapport n°92 de l’ICRU sur la mesure de la radioactivité après un accident grave

L’International Commission on Radiation Units and Measurements (ICRU) a publié un rapport n°92 dédié à la mesure de la radioactivité après un accident grave. Il est en accès payant.

Nous n’allons pas entrer dans tous les détails techniques de ce rapport qui n’apporte rien de neuf. Concernant les résultats de mesure rassemblés par les autorités, l’ICRU écrit : “Pour éviter la perception que l’information est cachée, le plan de gestion des données devrait inclure un mécanisme de partage des données avec le public.” Le partage des données n’est donc là que pour éviter la perception que l’information est cachée, et pas parce que les résultats de mesure pourraient être utiles à la population concernée !

D’ailleurs l’ICRU s’inquiète : “Bien que les valeurs brutes puissent être souhaitées par ceux qui ont un bagage scientifique, elles seront difficiles, voire impossibles, à comprendre et à interpréter pour le public, ce qui entraînera de la confusion, une mauvaise interprétation et peut-être un manque de confiance. Un sous-ensemble de données qui a été traité et réduit, validé et approuvé par des processus de contrôle de la qualité, accompagné d’un énoncé convenablement rédigé sur la façon dont il devrait être interprété, peut être plus précieux pour le grand public.” Ah, ce public si stupide qui ne comprend rien. Donnons-lui des résultats réduits et rassurants !

Les annexes au rapport sont du même acabit. Celle dédiée à Fukushima ne présente que les données des autorités et ignore complètement la surveillance citoyenne qui a émergé après l’accident. Mais l’ICRU conclut sans vergogne cette partie en expliquant : “Les préoccupations du public aux niveaux local, national et international devraient être prises en compte et des dispositions devraient être prises pour partager l’information en temps opportun. Ces dispositions devraient comprendre des méthodes de surveillance des rayonnements et de communication des risques afin d’atténuer l’anxiété du public concernant la contamination radiologique et les restrictions associées à la consommation d’aliments.”

Incroyable que ces instances internationales en soient encore à ce niveau d’incompréhension des enjeux auxquels font face les populations exposées après un accident nucléaire grave. Leur principal souci est d’atténuer l’anxiété du public et pas de répondre à ses préoccupations. Quelle honte !

Tritium dans l’eau potable : plus de 6 millions de français concernés. Quelle eau potable en cas d’accident nucléaire grave ?

L’ACRO publie, ce jour, une carte exclusive de la contamination radioactive de l’eau potable en France métropolitaine. Ces données, compilées par l’ACRO, ont été fournies par le Ministère de la Santé (ARS – SISE Eaux) et représentent la valeur moyenne sur les années 2016-2017.

Pour accéder à la carte, copiez-collez le lien : http://www.acro.eu.org/carteeaupotable/index.html#7/47.832/1.670 (sans s après http)

L’analyse de ces données a permis de mettre en évidence :

  • que plus de 268 communes sont concernées par la présence de tritium (l’hydrogène radioactif rejeté par les installations nucléaires) dans l’eau potable en France métropolitaine, 
  • que 6,4 millions de personnes sont alimentées par une eau contaminée au tritium, 
  • qu’aucune valeur ne dépasse le critère de qualité fixé à 100 Bq/L instauré par les autorités sanitaires.

Le tritium est un « lanceur d’alerte ». En cas d’accident grave sur une des centrales nucléaires sur la Seine, la Vienne ou la Loire, il n’y aura pas que le tritium et ce sont des millions de personnes qui risquent d’être privées d’eau potable. Comment les autorités vont-elles faire pour assurer les besoins vitaux de ces personnes ?

Retrouvez toutes nos données et nos analyses sur notre site Internet, ainsi qu’une mise au point : https://acro.eu.org

Rencontres internationales lycéennes de la radioprotection

L’IRSN, le CEPN et le CEA organisent les rencontres internationales lycéennes de la radioprotection à Cherbourg en Cotentin. Voir le programme. Ce sont ces mêmes organismes qui tentent de rendre l’accident nucléaire acceptable.

Quelle idée d’aller faire visiter la centrale de Flamanville à des enfants de Tchernobyl et Fukushima qui ont vu leur vie bouleversée par un accident nucléaire grave. C’est pour leur vanter la technologie française ?

Le Prof. Hayano, qui s’est fait remarquer pour avoir utiliser des données personnelles sans autorisation et s’est trompé dans leur exploitation, comme nous l’avons rapporté, est aussi au programme. Un bel exemple pour la jeunesse ! Il va parler de l’intégrité scientifique ou expliquer comment augmenter le nombre de followers sur twitter ?

Le réseau “Minna no data” fédère 31 laboratoires et stations de mesure indépendants au Japon, mais les organisateurs n’ont trouvé que le Prof. Hayano pour aider les lycéens.

Le dernier exposé par des lycéens de Fukushima est intitulé : “Comment aider les gens à se sentir “en sécurité” ?” Grâce à un détecteur de “rumeurs néfastes” qui demeurent la seule pollution à Fukushima ?

Catastrophe nucléaire de Fukushima : chiffres clés pour le huitième anniversaire

A l’approche du huitième anniversaire de la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima, voici quelques chiffres clé tels qu’ils apparaissent dans les médias, les sites officiels et les 2 500 articles de ce site. Des mises à jour seront faites régulièrement.

Les chiffres clés publiés à l’occasion du septième anniversaire sont ici.

Situation des réacteurs

Les travaux visent essentiellement à sécuriser les réacteurs accidentés qui sont encore menaçants. A proximité, les débits de dose sont tels que le temps de séjour doit être très limité, ce qui complique les travaux.

En juillet 2018, TEPCo a mis en ligne des vidéos montrant les progrès réalisés. On peut aussi faire une visite virtuelle, même si les images datent un peu.

La compagnie a ouvert un musée à Tomioka, mais n’a pas amélioré la qualité des informations publiées. Il suffit de voir la vidéo mise en ligne à l’occasion du 8ième anniversaire pour comprendre le problème : les deux premiers évènements de l’année écoulée sont la création d’un site internet et la mise en service d’une navette électrique sans chauffeur sur le site de la centrale accidentée…

Réacteur n°4

La cuve était vide le 11 mars 2011 et il n’y a pas eu de fusion du cœur, mais une explosion hydrogène a détruit le bâtiment réacteur. Depuis décembre 2014, la piscine de combustible du réacteur a été vidée et les travaux sont arrêtés car il n’est plus menaçant.

Réacteur n°3

Il y a eu une fusion du cœur et une explosion hydrogène a détruit le bâtiment réacteur. Tous les débris de la partie haute ont été retirés à l’aide d’engins télécommandés. Un nouveau bâtiment avec un toit, de forme cylindrique, est terminé. Le retrait des combustibles devait débuter en novembre 2018 pour se terminer en 2019, mais ils ont pris du retard. Puis, les opérations ont une nouvelle fois été repoussées en mars 2019. La compagnie parle d’avril 2019 désormais. Cela fait 4 ans de retard par rapport aux plans initiaux. Il y a 566 assemblages dans cette piscine.

Il y aurait entre 188 et 394 tonnes de corium dans ce réacteur, avec une valeur nominale à 364 tonnes pour le réacteur n°3. Ce dernier contient du combustible MOx, à base de plutonium. Pour en savoir plus.

TEPCo a fait une reconstitution en 3D des structures qui jonchent l’intérieur de l’enceinte de confinement du réacteur n°3 et a mis quelques images de synthèse en ligne, ainsi qu’une vidéo où l’on tourne autour du cœur. La compagnie avait aussi envoyé un drone dans le bâtiment réacteur pour prendre des images et faire des mesures de débit de dose. Les débits de dose varient de 8 à 15 mSv/h alors que la limite pour les travailleurs du nucléaire est de 20 mSv par an. Cela signifie que les interventions humaines doivent être très très courtes.

Réacteur n°2

Il y a eu fusion du cœur, mais le bâtiment réacteur est entier. TEPCo n’a pas commencé à retirer les combustibles usés de la piscine. La compagnie a envoyé plusieurs robots dans l’enceinte de confinement afin de localiser le corium, ce mélange de combustible fondu et de débris.

Plusieurs séries d’images ont été mises en ligne par la compagnie. Les dernières sont ici. Elles ont été traitées de façon à pouvoir, grâce à la réalité virtuelle, se déplacer virtuellement dans cette enceinte et analyser son état. On voit clairement le corium et un élément d’assemblage de combustible tombé au fond de l’enceinte de confinement :

TEPCo a envoyé un autre robot entrer en contact avec le corium pour évaluer sa consistance. le robot a pu soulever des petits débris, mais le dépôt sédimentaire au fond de l’enceinte de confinement semble collé à la paroi. Sur la plateforme aussi les dépôts semblent être soit des graviers faciles à prendre à un endroit, soit une masse compacte bien collée. Des images et une vidéo sont disponibles.

Il y aurait entre 189 et 390 tonnes de corium dans ce réacteur, avec une valeur nominale à 237 tonnes. Pour en savoir plus.

TEPCo a aussi envoyé un robot à proximité de la chambre de suppression, cette pièce toroïdale qui entoure la base du réacteur, ainsi qu’à l’intérieur. Equipé de caméra, de lasers pour mesurer les distance et de dosimètre, il a entièrement filmé et repéré son parcours. La Japan Atomic Energy Agency (JAEA) a ensuite reconstitué l’intérieur afin de permettre de se déplacer virtuellement à l’intérieur. Cela devrait permettre aux intervenants de s’entraîner dans une chambre de réalité virtuelle avant de pénétrer, afin de limiter la dose prise. Mais en juillet 2018, peu de personnes ont utilisé cet outil pour le moment. Surtout des chercheurs ou des étudiants, pas des intervenants, selon la JAEA. Et des visiteurs, comme le rédacteur de ces lignes

Réacteur n°1

Il y a eu une fusion du cœur et une explosion hydrogène a détruit le bâtiment réacteur. Ce bâtiment avait été recouvert d’une nouvelle structure en 2011, qui a été entièrement démantelée en novembre 2016. TEPCo a commencé à retirer les débris de la partie haute du réacteur, pour, ensuite, reconstruire une nouvelle structure afin de vider la piscine de combustibles. Depuis, la compagnie est peu prolixe sur l’avancement des travaux.

Il y aurait entre 232 et 357 tonnes de corium dans ce réacteur, avec une valeur nominale à 279 tonnes. Pour en savoir plus.

Réacteurs 5 et 6

Les réacteurs 5 et 6 étaient partiellement déchargés le 11 mars 2011 et un générateur diesel de secours était encore fonctionnel, ce qui a permis d’éviter la fusion du cœur. Ces réacteurs sont maintenant entièrement déchargés et vont être démantelés.

Eau contaminée

L’eau contaminée qui continue à s’accumuler est l’autre grand défi auquel doit faire face TEPCo, même si, en 2013, le premier ministre avait déclaré devant le comité international olympique que la situation est sous contrôle. Les scandales se sont aussi accumulés au cours de ces huit années.

TEPCo a lancé un nouveau portail internet sur ce sujet, qui est même disponible en anglais, mais qui ne contient aucune information pertinente. Greenpeace a aussi publié un rapport qui fait le point sur la situation. L’organisation s’oppose au rejet en mer.

Résumé de la situation

Le combustible qui a fondu et percé les cuves doit toujours être refroidi. A cette fin, TEPCo injecte environ 70 m3 d’eau par jour dans chacun des réacteurs 1, 2 et 3. Cette eau se contamine fortement au contact du combustible fondu et s’infiltre dans les sous-sols des bâtiments réacteur et turbine où elle se mélange à l’eau des nappes phréatiques qui s’y infiltre.

Au début de la catastrophe, les infiltrations s’élevaient à environ 400 m3 par jour, qui se contaminaient et qu’il fallait entreposer dans des cuves. Inversement, l’eau des sous-sols, fortement contaminée, fuyait vers la nappe puis l’océan.

Pour réduire les infiltrations d’eau souterraine, TEPCo pompe en amont des réacteurs, avant que cette eau soit contaminée et la rejette directement dans l’océan. Elle a aussi construit une barrière tout le long du littoral et pompe les nappes phréatiques au pied des réacteurs. Une partie de cette eau est partiellement décontaminée et rejetée dans l’océan. Une autre partie, trop contaminée, est mélangée à l’eau pompée dans les sous-sols des réacteurs pour être mise dans des cuves après traitement, en attendant une meilleure solution.

La dernière barrière mise en place est le gel du sol tout autour des 4 réacteurs accidentés, sur 1,4 km dans le but de stopper les infiltrations. Après de nombreux déboires, le gel est terminé depuis novembre 2017. Elle a permis de réduire les infiltrations, mais pas de les stopper. La mise en place du mur gelé a coûté 34,5 milliards de yens (265 millions d’euros) aux contribuables auxquels il faut ajouter plus d’un milliard de yens (8 millions d’euros) par an pour l’électricité.

Flux et stocks

Selon un bilan récent, la compagnie pompe dans les sous-sols des réacteurs un surplus de 52 m3/jour par rapport à ce qu’elle injecte, en l’absence de précipitations. Une partie (7 m3) vient de la nappe phréatique proche, qui est aussi fortement contaminée.

L’eau pompée dans les sous-sols est traitée puis entreposée dans des cuves sur le site de la centrale. TEPCo retire 62 radioéléments, mais il reste notamment le tritium, de l’hydrogène radioactif, qu’il est difficile de séparer. La compagnie annonce avoir déjà traité deux millions de mètres cubes d’eau contaminée. Une partie est utilisée pour le refroidissement et le reste est stocké dans des cuves. Selon la compagnie, le stock d’eau traitée ou partiellement traitée s’élève à 1,1 million de mètres cubes auxquels il faut ajouter 48 370 m3 d’eau dans les sous-sols des bâtiments réacteur et turbine (source). Il y a près d’un millier de cuves pour garder cette eau qui occupent presque tout le site de la centrale.

Que faire de cette eau ?

Que faire de cette eau traitée ? Après avoir envisagé plusieurs pistes peu réalistes, il ne reste que le rejet en mer. La concentration en tritium serait d’un à cinq millions de becquerels par litre, ce qui est plus que la limite autorisée, fixée à 60 000 Bq/L. Mais, il suffit de diluer, comme cela est fait en fonctionnement normal. Le problème est plutôt du côté du stock total, estimé à 3,4 PBq (3,4 milliards de millions de becquerels), ce qui représente de l’ordre de 150 années de rejet à la limite autorisée.

A titre de comparaison, l’autorisation de rejet en mer de l’usine Areva de La Hague est, pour le seul tritium, de 18,5 PBq et les rejets effectifs de ces dernières années variaient entre 11,6 et 13,4 PBq par an. Le stock de tritium de Fukushima représente donc 3 mois et demi de rejets à La Hague. De quoi rendre jalouses les autorités japonaises !

Officiellement il resterait plus que du tritium (hydrogène radioactif) dans l’eau traitée, qu’il est difficile de séparer et stocker. Cette situation n’est pas pérenne et la meilleure solution trouvée par la compagnie et le gouvernement est le rejet en mer. Ne restait plus qu’à convaincre les résidents… Les autorités ont donc organisé 3 réunions publiques, à Tomioka et Kôriyama et les quelques personnes qui y ont assisté ont posé des questions sur la contamination résiduelle. C’est ainsi qu’elles ont appris que la contamination résiduelle pour certains éléments dépassait les concentrations maximales autorisées pour le rejet en mer.

TEPCo a fini par admettre que 80% du stock d’eau traitée avait une contamination résiduelle qui dépasse, en concentration, les autorisations de rejet en mer. La concentration en strontium, particulièrement radio-toxique, peut atteindre 600 000 Bq/L, ce qui est environ 20 000 fois plus que la limite autorisée. La compagnie parle maintenant d’effectuer un second traitement avant rejet en mer.

Environ 161 000 m3 auraient une concentration de l’ordre de 10 à 100 fois la limite, auxquels il faut ajouter 65 000 autres mètres cubes, avec jusqu’à 20 000 fois la limite, selon TEPCo. Sa station de traitement traite environ 340 m3 jour actuellement. A ce rythme là, il lui faudrait 2 ans pour traiter ce stock… sans parler du coût. Ce total ne fait pas encore les 750 000 m3 annoncés comme faisant 80% du stock. La presse ne donne pas de détails sur le reste.

Après, quand les populations s’opposent aux rejets, c’est à cause des rumeurs néfastes…Cette gestion de l’eau contaminée et de la concertation avec les populations est lamentable.

Travailleurs à la centrale accidentée

Données

Les données officielles sont ici en anglais sur le site internet du ministère du travail. Le nettoyage du site ainsi que le bétonnage et l’asphaltage ont permis de réduire l’exposition des travailleurs. Les mesures de protection nécessaires en fonction du zonage sont ici.

Du 11 mars 2011 au 31 mars 2016, 46 956 travailleurs ont été exposés aux rayonnements ionisants sur le site de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi, dont 42 244 sous-traitants. Ce sont les sous-traitants qui prennent les doses les plus élevées, avec une moyenne qui varie de 0,51 à 0,56 mSv par mois entre Janvier et Février 2016. C’est entre 0,18 et 0,22 pour les salariés de TEPCo.

Il y a aussi 1 203 personnes qui ont une limite plus élevée pour pouvoir continuer à pénétrer sur le site. Leur dose moyenne cumulée depuis le début de l’accident est de 36,49 mSv et la valeur maximale de 102,69 mSv.

• Le 1er avril 2016, TEPCo a remis tous les compteurs à zéro. Ainsi, 174 travailleurs qui avaient dépassé la limite de dose de 100 mSv sur 5 ans peuvent revenir. Depuis cette date, jusqu’au 30 novembre 2018, 20 243 travailleurs ont été exposés aux rayonnements ionisants, dont 18 168 sous-traitants (90%). Impossible de savoir combien d’entre eux ont déjà été exposés lors des cinq premières années.

Pour le seul mois de novembre 2018, 7 202 travailleurs ont été exposés à la centrale de Fukushima daï-ichi, dont 86% de sous-traitants (6 211). La dose moyenne mensuelle prise par ces sous-traitants est de 0,37 mSv et de 0,11 mSv pour les employés de TEPCo. 35 sous-traitants ont reçu une dose supérieure à 5 mSv, avec un maximum de 8,96 mSv.

Depuis le 1er avril 2016, 59 sous-traitants ont reçu une dose supérieure à 50 mSv. La dose maximale reçue est de 75,5 mSv. Les sous-traitants ont pris 95,2% de la dose collective qui est de 100,4 hommes.sieverts.

Le dernier bilan du ministère du travail sur les violations du droit du travail à la centrale de Fukushima daï-ichi et sur les chantiers de décontamination est ici en anglais.

Maladies professionnelles

Deux cas de cancer de la thyroïde ont été reconnus comme étant d’origine professionnelle parmi les travailleurs à la centrale accidentée (premier cas et deuxième cas). Il y a aussi trois leucémies (premier, deuxième et troisième cas) et un décès. 16 travailleurs en tout auraient fait une demande de reconnaissance de maladie professionnelle et 5 dossiers auraient déjà été rejetés.

Cartographie de la pollution radioactive

• La dernière cartographie aérienne de la pollution radioactive autour de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi effectuée par les autorités date de novembre 2017 et est disponible en ligne sur le site dédié.

Cette carte donne les débits de dose mesurés dans tout le pays. Elle est mise à jour toutes les heures.

• Le “soil project” propose une carte basée sur des prélèvements de sols effectués par le réseau de stations de mesure et de laboratoires indépendants. Chikurin, le laboratoire monté au Japon avec le soutien financier et technique de l’ACRO est membre de ce réseau.

Liens vers la carte en anglais et en japonais.

• Cartes du “Projet de mesure de la radioactivité environnementale autour de Fukuichi (Fukushima daiichi)” : Ces cartes ont été traduites en français par l’association Nos Voisins lointains 3.11.

• Safecast : cette organisation utilise un radiamètre “maison” branché sur un smartphone pour mesurer le débit de dose ambiant. La carte regroupant les données est ici.

Décontamination et déchets radioactifs

Décontamination

La décontamination des zones évacuées est sous la responsabilité du gouvernement. Ailleurs, là où l’exposition externe pouvait dépasser 1 mSv/an, ce sont les communes qui doivent s’en occuper. Voir le dernier bilan mensuel publié par le ministère de l’environnement. Pour un bilan annuel plus complet, c’est ici.

Dans la zone évacuée, la décontamination est terminée, sauf dans la partie classée en “zone de retour difficile” où l’exposition externe pouvait dépasser 50 mSv/an et les ordres d’évacuer levés depuis le 1er avril 2017.

Dans les zones non évacuées, 104 communes étaient initialement concernées, à Fukushima, Iwaté, Miyagi, Ibaraki, Tochigi, Gunma, Saïtama et Chiba et c’est passé à 93 par la simple décroissance radioactive. Les travaux de décontamination sont terminés partout depuis mars 2018.

Pour les zones dites de retour difficile, le gouvernement va décontaminer un centre à Futaba et Ôkuma afin de pouvoir affirmer qu’il n’a abandonné aucune commune. Les travaux ont débuté partout et ils devraient se terminer en 2022. Qui va revenir après 11 années d’évacuation ? Ces centres sont qualifiés de SZRR (special zones for reconstruction and revitalization) sur la carte ci-dessous (source) :

Le ministère de l’environnement a budgété 2 900 milliards de yens (23,4 milliards d’euros) jusqu’en mars 2019 pour financer les travaux de décontamination. La moitié est pour les zones évacuées, sans prendre en compte la zone dite de retour difficile et l’autre moitié pour les zones non évacuées.

Pour les forêts contaminées à Fukushima, la nouvelle politique est de tout raser pour faire de la biomasse afin de relancer une industrie forestière exsangue. Grâce aux tarifs de rachat de l’électricité d’origine renouvelable, l’investissement dans la biomasse est très rentable. Et comme tout est subventionné, tout le monde y gagne, sauf le contribuable.

Voilà ce que cela donne à Tamura, dans la province de Fukushima :

Le bois est transformé en copeaux et transporté par camions dans tout le Japon. Des associations commencent à se mobiliser sur cette thématique et étudient l’impact radioactif des rejets car les filtres utilisés sont que de simples filtres à manche, comme de gros sacs d’aspirateurs, et non des filtres de haute efficacité.

Déchets issus de la décontamination

Notre reportage de 2016 sur la gestion des déchets issus de la décontamination reste d’actualité.

Dans son bilan, le ministère de l’environnement fait état de 9,1 millions de mètres cubes de sols contaminés accumulés à la fin mars 2018 dans les zones évacuées et de 7,9 millions de mètres cubes dans les autres zones, dont 7,4 à Fukushima. Ces déchets ont vocation à être entreposés pendant 30 ans sur un site de 16 km2 (1 600 ha) qui entoure la centrale de Fukushima daï-ichi, en zone de retour difficile. Le gouvernement aurait acheté ou loué 85,4% des terrains. L’entreposage a débuté.

Le ministère prévoit qu’1,2 million de mètres cubes de sols auront été transportés sur le centre d’entreposage d’ici la fin de l’année fiscale (31 mars 2019). Cela représente environ 181 000 voyages en camion (6 m3 par camion). Presque tous les sols contaminés devraient avoir été transférés pour les JO de 2020…

Après, au bout de 30 ans, les autorités envisagent un “recyclage” de ces sols pour la construction de routes, digues… Des chantiers pilotes sont en cours à Minami-Sôma ou en projet à Nihonmatsu ou Iitaté, malgré l’opposition des riverains et de nombreux experts. Selon les estimations du gouvernement, seulement 0,2% du volume total devra être stocké définitivement dans un lieu qui reste à définir. Le reste pourra être “recyclé” sans danger… Le seuil de libération pour la réutilisation des sols est toujours la valeur introduite au tout début de l’accident, à savoir 8 000 Bq/kg, alors qu’avant la catastrophe, il était de 100 Bq/kg pour le césium.

Dans les autres provinces, le gouvernement veut enterrer les sols radioactifs.

Les déchets organiques, quant à eux sont incinérés dans de nombreux incinérateurs répartis dans toute la province de Fukushima :

Les cendres seront mises en fûts bétonnés et stockées dans ce qui s’appelait le “Fukushima Eco Tech Clean Center” qui a été nationalisé depuis. Les autres déchets spéciaux qui seront aussi stockés.

De nombreux autres déchets, comme des boues de station d’épuration radioactives ou des cendres d’incinérateurs de déchets ménagers sont toujours en attente de solution dans de nombreuses provinces. A l’incinérateur d’Iwaki sud, les cendres sont simplement entreposées dans la cour :

Ce reportage de la télévision publique NHK en anglais montre l’étendue du problème, avec des déchets empilés partout, l’attitude du gouvernement pour qui “recyclage” dans la construction n’est pas du “stockage définitif” et la conclusion qui explique que le seul problème est l’opposition des populations, sans la moindre critique de la politique gouvernementale.

Transport des déchets issus de la décontamination

Les déchets sont transportés par de simples camions protégés par une bâche avec une affiche verte à l’avant, comme sur cette photo prise par Chikurin, le laboratoire que l’ACRO a soutenu au Japon :

Selon les règles introduites après la catastrophe nucléaire, par le ministère de l’environnement le débit de dose à 1 m du camion ne doit pas dépasser 100 µSv/h. Cela est traduit en Bq/kg pour les déchets transportés :

Plus bas, il est précisé que quand les sols sont retirés de zones où l’impact annuel ne dépasse pas 200 mSv/an, il n’est pas besoin de faire de mesures de contrôle. Et comme tous les sols ont été retirés de zones où l’impact annuel ne dépasse pas 50 mSv/an, il n’y a pas de contrôle avant transport. Seuls les transports issus des zones les plus contaminées pourraient donc être concernés.

Cela signifie que les chauffeurs doivent être exposés à une dose significative alors qu’il y a environ 2 000 transports par jour vers le centre d’entreposage centralisé situé sur les communes d’Ôkuma et Futaba.

A noter qu’il y a eu un accident de la route le 4 mars dernier et que le chargement est tombé du camion. Il n’y a pas beaucoup d’information pour le moment.

Travailleurs impliqués dans les travaux de décontamination

Le ministère de l’environnement fait état de 13,7 millions de travailleurs engagés dans des travaux de décontamination dans les territoires évacués et 18,4 millions dans les territoires non évacués. Ces chiffres ne sont pas réalistes. Il doit s’agir du nombre de contrats signés.

Un suivi dosimétrique individuel a été introduit en novembre 2013 par la Radiation Effects Association, qui est l’organisme qui suit les travailleurs du nucléaire au Japon, pour les décontamineurs (source en japonais) qui travaillent en zone évacuée et qui sont soumis aux mêmes limites de dose que les travailleurs du nucléaire (explications en anglais).

Au 31 mai 2018, 464 283 décontamineurs ont été enregistrés dans la base de données sur les doses. On est loin des millions de décontamineurs rapportés par le ministère de l’environnement. Le nombre de travailleurs par année et les doses sont résumés sur graphique (extrait de ce document) :

Les données pour l’année 2017 sont ici en anglais (pour les données 2016, voir les chiffres clés de l’an dernier). Elles font état de 12 000 à 16 000 travailleurs engagés chaque trimestre sur une centaine de chantiers de décontamination d’octobre 2017 à novembre 2018. La dose maximale reçue est de 3,8 mSv pour un trimestre. Pour l’année 2017, un total de 25 025 décontamineurs ont été enregistrés, avec 2,6% de femmes. La dose annuelle maximale est de 8 mSv. La minimale est de 0,3 mSv. La dose collective est de 7,6 hommes.sieverts.

La distribution des doses par zone est assez frappante. Sans surprise, c’est dans les communes classées en “zone de retour difficile” que les doses sont les plus élevées (Katsurao, Tamura, Futaba et Ôkuma).

Des apprentis vietnamiens ont été envoyés illégalement sur des chantiers de décontamination ou à la centrale de Fukushima daï-ichi, sans être informés des risques encourus et sans recevoir les primes de risque. Le ministère de la justice a diligenté une enquête auprès d’un millier compagnies du bâtiment qui prennent part au programme de formation de apprentis étrangers. Il en ressort que quatre d’entre elles ont envoyé des stagiaires étrangers sur les chantiers de décontamination.

Un ancien employé d’un incinérateur de déchets radioactifs d’Iitaté accuse son employeur de ne pas l’avoir assez protégé. Il craint pour sa santé et a porté plainte.

Le dernier bilan du ministère du travail sur les violations du droit du travail à la centrale de Fukushima daï-ichi et sur les chantiers de décontamination est ici en anglais.

A noter que trois rapporteurs de l’ONU ont préparé un rapport qui dénonce les conditions de travail sur les chantiers de décontamination de Fukushima et à la centrale de Fukushima daï-ichi.

Agriculture

L’agriculture reste sinistrée dans les territoires qui ont été évacués. Elle reste interdite dans les territoires toujours évacués. Dans les 12 communes concernées, 783 ha ont déjà été transformés en centrale solaire à la fin septembre 2018 (source). Cela représente environ 3% de la surface agricole totale de ces communes. En principe, il n’est pas permis de transformer les terres agricoles supérieures, mais dans les territoires sinistrés, font exception grâce à la loi sur la reconstruction. 80% des terrains convertis sont des terres agricoles supérieures.

Plus précisément :

Commune Surface agricole convertie en centrale solaire (ha)
Minami-Sôma 340
Namié 154
Tomioka 113
Kawauchi 48
Futaba 42
Iitaté 36
Naraha 21
Ôkuma 19
Tamura 5
Kawamata 4
Hirono 1
Katsurao 1

Zones évacuées et personnes déplacées

Le gouvernement avait introduit la limite d’évacuation la plus haute des recommandations internationales pour évacuer les populations : 20 mSv/an, même pour les bébés et les enfants qui sont plus sensibles aux radiations (voir nos explications sur les doses limites et normes). Il maintient cette même limite pour le retour alors que les recommandations internationales demandent une diminution progressive pour revenir à la limite normale qui est de 1 mSv/an.

Le rapporteur spécial de l’ONU pour les substances dangereuses, attaché au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), basé à Genève, regrette “la décision du gouvernement de lever les ordres d’évacuation et la décision des autorités préfectorales de mettre fin à l’octroi d’aides au logement [qui] font peser de fortes pressions en faveur du retour sur un grand nombre d’auto-évacués. La levée progressive des ordres d’évacuation a créé d’énormes tensions sur les personnes dont la vie a déjà été affectée par la pire catastrophe nucléaire de ce siècle. Bon nombre d’entre eux ont l’impression d’être forcés de retourner dans des zones dangereuses, y compris celles où les niveaux de rayonnement sont supérieurs à ce que le gouvernement considérait auparavant comme sûr.” Le titre du communiqué de presse est sans ambiguïté : le Japon doit cesser les retours à Fukushima, où la radioactivité demeure un sujet de préoccupation. Pour cela, il s’appuie sur l’article 24 de la convention relative aux droits de l’enfant dont le Japon est partie, qui stipule que “les Etats parties reconnaissent le droit de l’enfant de jouir du meilleur état de santé possible”.

Zonage

Les derniers ordres d’évacuer ont été levés au 1er avril 2017 et il ne reste que les zones dites de retour difficile où l’accès est interdit.

Commune Date de la levée de l’ordre d’évacuation
Tamura 1er avril 2014
Kawauchi 1er octobre 2014 pour une partie, puis 14 juin 2016
Naraha 5 septembre 2015
Katsurao 12 juin 2016
Minamisôma 12 juillet 2016
Iitate village 31 mars 2017
Kawamata village 31 mars 2017
Namie town 31 mars 2017
Tomioka town 1er avril 2017

Retour des populations

En juillet 2018, le nombre officiel de personnes déplacées à Fukushima était de 44 878, dont 33 622 en dehors de la province (source). Il est actuellement de 36 200. Les critères pour compter une personne déplacée ou pas ne sont pas clairs. Sur tout le Japon, il y aurait encore 51 778 personnes déplacées par la triple catastrophe.

Les personnes originaires de zones où l’ordre d’évacuer a été levé et les “auto-évacuées” ne sont plus prises en compte dans ce décompte, car elles ne bénéficient de plus aucune aide. Cela ne signifie pas que les personnes déplacées sont rentrées. En effet, en août 2014, l’Agence de reconstruction, avait demandé aux administrations de toutes les provinces japonaises de ne compter que les personnes qui désiraient retourner chez elles. Et d’ajouter que s’il était difficile d’estimer leur désir, il ne fallait pas compter les personnes qui s’étaient réinstallées en achetant un logement ou en bénéficiant d’un logement du parc public. Chaque province applique à sa façon ces instructions et les critères ne sont pas homogènes. Ces chiffres, donnés à l’unité près, sont donc à prendre avec recul.

Le taux de retour dans les zones où les ordres d’évacuer ont été levés reste faible et la population totale diminue. La dépopulation des zones rurales a commencé avant la catastrophe nucléaire. Cette dernière a fortement accéléré le processus. Globalement, dans les zones où l’ordre d’évacuer a été levé, seulement 23% des personnes encore enregistrées sont rentrées. Selon le Maïnichi, 45,5% d’entre elles ont plus de 65 ans. Les séniors de plus de 65 ans ne représentaient que 27,4% des habitants des communes concernées avant la catastrophe. Les moins de 15 ne représentent que 5% de la population contre 13,1% en 2010.

Voici les données par commune :

  • Namié : 896 personnes résidentes sur 17 582 habitants, soit 5% (source). Elles étaient 21 434 au 11 mars 2011 (source) ;
  • Iitaté : 1 003 résidents sur 5 685 habitants, soit 17,6% (source et page d’accès) ; Elles étaient 6 509 au 11 mars 2011 (source) ;
  • District d’Odaka à Minami-Sôma : 8 034 résidents sur 12 842 avant la catastrophe, soit 62,5% (source) ; Il n’y a que 617 enfants âgés de moins de 14 ans ;
  • Kawamata, district de Yamakiya : 334 résidents sur 858 personnes enregistrées, soit 39% (source) ;
  • Naraha : 3 641 résidents sur 6 969 personnes enregistrées, soit 52% (source et données). Elles étaient 8 011 au 11 mars 2011 (source) ;
  • Tomioka : 791 résidents sur 9 714 personnes enregistrées, soit 8,1% (source et données). Elles étaient 15 960 au 11 mars 2011 (source) ;
  • Katsurao : 280 résidents sur 1 415 personnes enregistrées, soit 20% (source). Elles étaient 1 567 au 11 mars 2011 (source).
  • Kawauchi : 2 165 résidents sur 3 038 personnes enregistrées le 11 mars 2011 (source)
  • Futaba et Ôkuma : respectivement 7 140 (source) et 11 505 (source) habitants le 11 mars 2011 et zéro retours puisque ces communes sont classées en zone dite de retour difficile.

Etablissements scolaires

Les communes ont dépensé beaucoup d’argent pour leurs établissements scolaires dans le but d’attirer les familles. Ces établissements sont au centre de la politique de reconstruction. Les bâtiments ont été entièrement rénovés ou reconstruits. Les cantines, les uniformes et vêtements de sport sont gratuits, tout comme les transports scolaires. Mais, cela ne suffit pas et de nombreux établissements devront fermer, faute d’élèves (source).

En avril 2018, 8 écoles primaires et 6 collèges ont rouvert, mais il n’y avait que 135 inscrits à la rentrée dernière. Cela ne représente que 3,4% des effectifs d’avant la catastrophe.

Dans le district de Yamakiya à Kawamata, où 330 personnes habitent, il y a 6 enseignants à l’école élémentaire pour 5 élèves qui vont bientôt passer au collège. Il n’y a aucune nouvelle candidature. Dans le collège, qui est dans le même bâtiment, il y a 10 élèves et il n’y aura aucun nouveau venu à la rentrée prochaine. L’école va devoir fermer alors que l’établissement a coûté environ 1,1 milliard de yens (8,7 millions d’euros).

A Iitaté, avec ses 3 écoles élémentaires et son collège, il y a, en tout, 75 élèves. 80% d’entre eux vivent en dehors de la communes et bénéficient de bus gratuits. C’est la commune où il y a le plus d’élèves.

A Katsurao, où il y a 1 400 habitants, seulement 18 enfants sont scolarisés dans deux établissements. En plus de la gratuité, chaque famille reçoit 20 000 yens par mois (158€) pour chaque enfant de moins de 15 ans.

Impact sanitaire

• Décès : Les derniers chiffres officiels de la province de Fukushima (source), qui datent du 13 février 2019 font état de 1 605 décès directs dus à la triple catastrophe et de 2 disparus. Il y a aussi 2 267 décès indirects dus à des suicides ou à une dégradation des conditions de santé suite à l’évacuation.

• Cancers de la thyroïde : L’université médicale de Fukushima effectue une campagne de dépistage par échographie des cancers de la thyroïde chez les jeunes de Fukushima. Ce suivi s’effectue tous les 2 ans jusqu’à l’âge de 18 ans. Puis, un nouveau contrôle est prévu à partir de 25 ans.

Les derniers résultats sont ici sur notre site : Au total, on arrive à 166 cas de cancers de la thyroïde confirmés sur 206 suspectés, plus toujours un seul cas qui s’est révélé bénin après la chirurgie. Les autorités continuent à prétendre que ce très fort excès de cancers de la thyroïde n’est pas dû à la catastrophe nucléaire.

Le bilan des campagnes de dépistage donne :

Dépistages avec résultat Examens complémentaires terminés Cytoponctions Nombre de cancers suspectés Nombre de cancers confirmés
Première campagne 300 472 2 130 547 116 101
Deuxième campagne 270 540 1 874 207 71 52
Troisième campagne

217 513

933 54 18 13
Quatrième campagne

25 982

7 0 0 0
Plus de 25 ans

1 989

58 3 2 0

A noter, que selon un fond de soutien, un cas de cancer de la thyroïde a échappé aux statistiques officielles (source). Selon ce même fond qui a effectué un suivi de 84 enfants ayant déclaré un cancer de la thyroïde, 8 d’entre eux ont dû subir une deuxième intervention chirurgicale après une rechute. Ils avaient entre 6 et 15 ans au moment de l’accident. Il réclame des statistiques officielles sur le nombre de rechutes.

Coût de la catastrophe

Coût total estimé

Les chiffres officiels relatifs au coût de la catastrophe ont été revus à la hausse en décembre 2016 pour atteindre 21 500 milliards de yens (175 milliards d’euros) et n’ont pas changé depuis. Cela inclut le démantèlement des réacteurs de Fukushima daï-ichi, à hauteur de 8 000 milliards de yens (65 milliards d’euros), 7 900 milliards de yens (64 milliards d’euros) pour les indemnisations, près de 4 000 milliards de yens (32,5 milliards d’euros) pour la décontamination et 1 600 milliards de yens (13 milliards d’euros) pour le centre d’entreposage temporaire des déchets radioactifs. Pour en savoir plus.

Cette somme ne comprend pas le coût du stockage des déchets issus du démantèlement de la centrale accidentée ni la création d’un îlot décontaminé dans les zones dites « de retour difficile » dont le seul but est la non disparition des villages concernés.

En 2017, le Japan Center for Economic Research avait estimé que la facture de la catastrophe nucléaire pourrait être de 50 000 à 70 000 milliards de yens (420 à 580 milliards d’euros), ce qui est 3 fois plus élevé que l’estimation gouvernementale  (source). En 2019, ce centre a revu sa copie et estime désormais que la facture pourra dépasser les 80 000 milliards de yens (640 milliards d’euros au cours actuel). L’augmentation du coût serait surtout dû à l’eau contaminée. La note explicative est en japonais seulement.

Sur le coût total de 81 000 milliards de yens (648 milliards d’euros), 51 000 milliards (408 milliards d’euros) sont dédiés au démantèlement de la centrale accidentée. A comparer au 8 000 milliards de yens estimés par le ministère de l’économie. L’indemnisation des victimes devrait coûter 10 000 milliards de yens (80 milliards d’euros) selon le think tank et la décontamination 20 000 milliards de yens (160 milliards d’euros).

Si l’eau contaminée était simplement rejetée en mer après dilution, la facture totale pourrait être réduite de 40 000 milliards de yens (320 milliards d’euros) selon le think tank, pour atteindre 41 000 milliards de yens (328 milliards d’euros). La facture totale pourrait encore être abaissée à 35 000 milliards de yens (280 milliards d’euros) si les réacteurs accidentés n’étaient pas démantelés, mais mis sous un sarcophage, comme à Tchernobyl. Mais cette solution reporte sur les générations futures les coûts du démantèlement et ne résout pas le problème des eaux souterraines qui s’infiltrent et se contaminent.

Le gouvernement détient toujours 50,1% des parts de TEPCo.

Indemnisations

En janvier dernier, les autorités avaient déjà prêté 8 747,2 milliards de yens (70 milliards d’euros) à TEPCo pour que la compagnie puisse indemniser les victimes de la catastrophe nucléaire et cela ne suffira pas. Les intérêts sont à la charge des contribuables.

L’indemnisation du stress psychologique s’est terminée un an après l’évacuation pour les personnes originaires d’un point chaud situé au-delà des zones d’évacuation. Les habitants originaires des zones dites de retour difficile ont reçu l’équivalent de douze années d’indemnisation et pour les autres, originaires des zones où l’ordre d’évacuer a été levé, l’indemnisation s’est arrêtée au bout de 7 ans. Un adulte a reçu 1,2 million de yens par an (environ 10 000 euros). Il y a eu aussi une compensation pour la perte des biens et des revenus, qui varie d’une famille à l’autre.

De nombreuses personnes ne sont pas satisfaites par les indemnisations reçues et réclament plus. En septembre 2011, les autorités japonaises ont mis en place une commission de conciliation chargée d’arbitrer les contentieux. Ses avis ne sont pas contraignants, mais TEPCo avait alors annoncé vouloir les respecter. Mais, dans les faits, TEPCo refuse de nombreux arbitrages et la commission a clôt de nombreux dossiers non réglés : 72 entre 2013 et 2017 (tous des employés de TEPCo et leur famille), 18 en 2018 et déjà un en 2019. Le groupe le plus important qui avait saisi, en vain, cette commission est constitué de 16 000 habitants de Namié, commune qui a été entièrement évacuée.

Plus de 10 000 Japonais ont porté plainte contre le gouvernement et parfois aussi contre l’Etat afin de bénéficier d’une meilleurs indemnisation. Il y a une trentaine de plaintes collectives. TEPCo a déjà été condamnée 8 fois à mieux indemniser les victimes et le gouvernement, cinq fois.

Parc nucléaire japonais

Avant la catastrophe de Fukushima, le Japon comptait 54 réacteurs de production d’électricité plus des réacteurs de recherche. Une carte datant de 2010 est disponible ici.

Actuellement, 6 réacteurs ont été détruits ou endommagés par la catastrophe nucléaire à Fukushima daï-ichi, 15 arrêtés définitivement. Le Japon ne compte donc plus que 33 réacteurs nucléaires pour la production d’électricité : 15 ont leur dossier de sûreté validé et 9 ont été remis en service. 4 réacteurs utilisent du combustible MOx.

Pour voir le détail du parc japonais, c’est par ici.

• Le surgénérateur Monju a été arrêté définitivement. Il n’a fonctionné que 250 jours depuis sa mise en service en 1994. Une fuite de sodium avait entraîné son arrêt en 1995. La culture de sûreté y est défaillante (source).

• Les autorités n’ont pas encore abandonné l’usine de retraitement située à Rokkashô-mura dans la province d’Aomori dont la mise en service cumule déjà 24 années de retard depuis 1997, année de la première date de mise en service prévue (source). Le démarrage est désormais annoncé pour 2021 et le coût a été multiplié par 4.

Son dossier de sûreté est quasiment validé par l’Autorité de régulation nucléaire. Mais, même si cette usine démarre, elle devra tourner au ralenti car il n’y a pas de débouché pour le plutonium extrait. En effet, le gouvernement japonais s’est engagé récemment à ne pas en extraire plus qu’il ne pouvait en consommer.

• Faute de débouchés sur le marché intérieur, le Japon avait fait de l’exportation de sa technologie nucléaire une priorité pour sauver son industrie. Mais tous les projets de centrale nucléaire dans un pays étranger ont été abandonnés ou suspendus face aux coûts exorbitants.

• Le charbon couvre maintenant 30% de la production d’électricité au Japon et cela augmente encore. Si tous les projets aboutissent, cela devrait atteindre 40%… alors que décembre 2017 marquait les 20 ans du protocole de Kyôto. Les engagements du Japon lors de la COP21, bien que modestes, pourraient ne pas être tenus.

Voir Fukushima

Les autorités provinciales de Fukushima proposent des visites guidées de la région. Le site internet de présentation en anglais propose de nombreuses images.

Autres rapports publiés à l’occasion du 8ième anniversaire

  • Fukuleaks/SimplyInfo.org’s annual report (pagerapport)
  • Greenpeace : Catastrophe nucléaire de Fukushima : les droits bafoués (communiqué de presse, rapport en anglais et images)
  • IRSN :
    • Rapport sur les conséquences sociales de l’accident de 2011 dans la préfecture de Fukushima (page, rapport en anglais). Cette étude, intitulée Shinrai (confiance en japonais), est basée sur un vrai travail de terrain.

    • Note sur l’impact sur la santé en 2019 de l’accident de Fukushima Daiichi (page, note)