Le gouvernement va subventionner l’installation de nouveaux habitants dans 12 communes de Fukushima

Alors que le taux de retour des habitants est de l’ordre de 20%, le gouvernement japonais va, à partir de 2021, subventionner l’installation de nouveaux résidents dans 12 communes. 11 d’entre elles ont été évacuées ou partiellement évacuées sur ordre du gouvernement (Futaba, Okuma, Tomioka, Namié, Iitaté, Kawamata, Minami-Soma, Katsurao, Naraha, Kawauchi, Tamura). A Hirono, ce sont les autorités municipales qui avaient ordonné l’évacuation. Les familles nouvellement installées doivent rester 5 ans.

L’aide sera de 1,2 million de yens (9 500 €) pour une famille venant de Fukushima et de 2 millions de yens (16 000 €) pour une famille venant d’une autre province. Cette aide sera respectivement de 800 000 yens (6 300 €) et 1,2 million de yens (9 500 €) pour une personne seule. L’Agence de reconstruction table sur 300 nouveaux habitants la première année. Une aide supplémentaire allant jusqu’à 4 millions de yens (32 000 €) pourra être versée en cas de création d’une nouvelle activité économique.

65% des personnes encore déplacées de Fukushima ne souhaitent pas rentrer chez elles – le nombre de personnes déplacées pauvres a quasiment doublé

Il y a encore officiellement plus de 36 900 personnes déplacées à Fukushima, selon les autorités locales. La Kwansei Gakuin University a envoyé un questionnaire à 4 876 déplacés et a reçu 694 réponses, dont 522 d’habitants originaires de Fukushima avant la catastrophe. Il apparaît que 65% des répondants originaires de Fukushima ne souhaitent pas rentrer chez eux et 26% espèrent pouvoir rentrer. Selon l’agence Kyodo, qui reprend l’information, les autorités n’ont pas effectué une telle enquête ces dernières années.

A la question de savoir pourquoi ils n’étaient toujours pas rentrés, 46% des répondants disent craindre la contamination et 45% disent s’être réinstallés ailleurs.

Sur les 522 répondants de Fukushima, 100, ou 14,4% sont originaires des zones dites de retour difficile et 140, ou 20,2%, de zones où l’ordre d’évacuer a été levé. Enfin, 417, soit 60% de tous les 694 répondants, sont des “auto-évacués”, originaires de Fukushima ou d’autres provinces.

L’université a aussi interrogé les personnes déplacées sur leurs revenus. Selon le Maïnichi, qui reprend l’information, le nombre de foyers qui gagnaient moins de 3 millions de yens (24 000 €) par an en 2019 est 1,7 fois plus élevé qu’avant la catastrophe. La part de ces foyers était de 22,7% avant la catastrophe et 39,1% en 2019.

Sur les 117 mères célibataires qui ont répondu, 103 sont des auto-évacuées. 50 ont divorcé. Enfin, 44% ont eu un revenu annuel inférieur à 2 millions de yens (16 000€) en 2019. C’est 3,6 fois plus qu’avant la catastrophe. Certaines mères cumulent plusieurs “petits jobs” pour s’en sortir.

La reconstruction de la région affectée par la triple catastrophe de 2011 absente du discours du nouveau premier ministre sur les défis qui l’attendent

Dans un éditorial, l’Asahi souligne que la reconstruction de la région affectée par la triple catastrophe de 2011 ne fait pas partie de la liste des défis qui attendent le nouveau premier ministre Yoshihidé Suga. Elle est aussi absente de son programme de gouvernement. Les habitants de la région sont inquiets.

Le gouvernement précédent, de Shinzô Abe, avait augmenté le soutien aux mesures de reconstruction au cours des cinq années qui ont suivi la catastrophe, passant de 19 000 milliards de yens à 25 000 milliards de yens. Les projets d’infrastructure seront en grande partie terminés pour le dixième anniversaire.

Mais seulement 10 % environ du montant total des fonds publics ont été dépensés pour réhabiliter les industries locales et soutenir les moyens de subsistance des victimes. De nombreux terrains d’habitation nouvellement aménagés restent vacants parce que les projets n’ont pas été adaptés à la baisse de la population. Environ 30 % des terrains surélevés destinés à la construction de logements, mis à disposition dans le cadre de “projets de réajustement foncier”, sont inutilisés.

Une enquête gouvernementale sur les entreprises qui ont reçu des subventions pour réparer ou remplacer les installations et équipements endommagés, fait apparaître que 46 % des personnes interrogées ont déclaré que leurs ventes avaient retrouvé leur niveau d’avant la catastrophe. Cependant, il existe de grands écarts entre les industries. Dans le secteur de la construction, qui a largement bénéficié des dépenses de travaux publics, 74 % des personnes interrogées ont déclaré que leurs ventes s’étaient redressées, tandis que ce chiffre était de 32 % pour la pêche et l’industrie alimentaire.

Dans la préfecture de Fukushima, il y a d’autres difficultés à surmonter. Il s’agit notamment de la gestion des déchets radioactifs issus de la décontamination et l’eau radioactive qui s’accumule à la centrale nucléaire de Fukushima dai-ichi, de la levée des ordres d’évacuer dans les zones désignées comme de retour difficile et de la reconstruction des communautés alors que seuls 30 % des résidents sont revenus après la levée des ordres d’évacuation.

Le législateur doit apporter un soutien matériel et moral aux personnes qui sont encore contraintes de vivre en tant qu’évacués. Comment le nouveau Premier ministre va-t-il protéger les moyens de subsistance des habitants de cette région ?

Le nouveau gouvernement ne semble pas avoir l’intention de revoir la politique énergétique du pays, alors qu’aucun réacteur nucléaire n’a été remis en service depuis l’été 2018 et que la mise en service de l’usine de retraitement a encore été repoussée. Va-t-il maintenir les objectifs irréalistes du gouvernement précédent ?

Des ordres d’évacuation vont être levés sans décontamination à la condition qu’il n’y ait pas de retour

Article initialement daté du 27 août et mis à jour

Les autorités japonaises ont levé tous les ordres d’évacuer, sauf dans les territoires les plus contaminés, classées en zones dites de retour difficile. A Futaba et Ôkuma, les deux communes les plus touchées car la centrale de Fukushima daï-ichi est sur leur territoire, le centre, classé en zone de retour difficile, a été décontaminé pour leur permettre de pouvoir continuer à exister.

Pour lever ses ordres d’évacuer, le gouvernement a fixé plusieurs conditions : que les travaux de décontaminations soient terminés, que l’exposition externe ne dépasse pas 20 mSv/an, que les infrastructures et services aient été rétablis et qu’une consultation ait eu lieu. Mais, à la demande de la commune d’Iitaté, il a revu ces conditions.

L’accès au district de Nagadoro de cette commune reste interdit à cause des niveaux élevés de contamination, alors que l’ordre d’évacuer a été levé ailleurs. Il y avait très peu de résidents avant la catastrophe nucléaire. Comme nous l’avons déjà mentionné, les élus veulent y créer un “parc de réhabilitation” et ont donc demandé l’autorisation d’y accéder.

Selon le Maïnichi, avant de donner une réponse favorable, le gouvernement a consulté l’Autorité de régulation nucléaire. Les nouvelles conditions pour lever l’ordre d’évacuer sans effectuer de travaux de décontamination, outre le fait que les résidents ne se réinstallent pas chez eux, sont que les doses annuelles d’exposition aux rayonnements ne dépassent pas 20 millisieverts, que les doses individuelles soient contrôlées à l’aide de dosimètres et que des informations soient fournies pour limiter l’exposition. Pour l’Autorité de régulation les conditions sont essentiellement les mêmes qu’avant et elle a donné son accord.

C’est une façon d’entériner le non-retour des populations dans certaines zones, sans le reconnaître.

Les autorités veulent aussi y faire des essais de “recyclage” des terres contaminées à partir de mars 2021. Comme l’explique de Fukushima Minpo, repris par le Japan Times, le projet remonte à 2016, et après un an de négociations, la commune a cédé. De la terre issue de travaux de décontamination devrait donc être apportée sur 186 hectares afin de les transformer en terre arable.

Les 5 autres communes qui ont une partie de leur territoire classé en zone de retour difficile, ne veulent pas que ces nouvelles mesures soient appliquées sur leur territoire. Elles craignent que le gouvernement les poussent à suivre l’exemple d’Iitaté, ne sachant pas quels sont les plans gouvernementaux en dehors des centres réhabilités. Dans un éditorial, le Maïnichi demande à ce que la décision pour Nagadoro ne soit pas généralisée.

Le dernier bilan officiel du ministère de l’environnement sur les travaux de décontamination et la gestion des déchets engendrés est ici en anglais.

Boom hôtelier à Fukushima, le long de la côte

Avant la triple catastrophe, le parc hôtelier sur la côte de Fukushima était dominé par des petites pensions, selon l’Asahi, mais depuis l’accident nucléaire, de grands hôtels, avec une centaine de chambres, ont été construits pour héberger principalement les travailleurs du nucléaire.

L’hôtel Futabanomori, avec 95 chambres, va ouvrir le 15 juillet à Namié. Il est à 9 km seulement de la cenrale nucléaire de Fukushima daï-ichi. A peine 1 400 personnes sont rentrée à Namié, depuis la lever de l’ordre d’évacuer au centre ville, soit moins de 10% de la population d’avant l’accident. Le gouvernement y a installé un centre de recherche pour relancer l’activité économique et l’attractivité de la ville.

Plus proche de la centrale, à Futaba même, un autre hôtel devrait ouvrir cet automne, avec 134 chambres, alors que presque toute la commune est encore interdite d’accès. L’ordre d’évacuer a été levé sur à peine 4,7% de son territoire, en mars dernier. C’est une chaîne hôtelière (Arm System) qui s’y installe. Un parc mémoriel devrait aussi ouvrir à l’automne.

Plus au sud, à Tomioka, un nouvel hôtel a ouvert en octobre 2019, avec 69 chambres. Le taux d’occupation est d’environ 70%. Il est à 10 km de la centrale accidentée. Presque tous les clients sont liés au nucléaire ou à la reconstruction de la région.

D’autres hôtels ont ouvert ou vont ouvrir, alors que la zone a probablement atteint le pic de clients potentiels. La compétition pourrait être rude, surtout avec la crise sanitaire liée à la Covid-19. Presque toute l’économie de l’ancienne zone évacuée est tirée par le chantier pharaonesque de sécurisation et de démantèlement des réacteurs nucléaires, ainsi que par la reconstruction de la zone. Le chantier nucléaire va durer bien plus longtemps. L’avenir à long terme de ces territoires, avec un bouleversement de sa population et de son économie reste à inventer et n’est jamais débattu.

Tribune d’un rapporteur spécial de l’ONU : la gestion des déchets radioactifs est aussi une décision relative aux droits humains

L’agence de presse Kyodo a publié une tribune, reprise par le Maïnichi, de Baskut Tuncak, rapporteur spécial de l’ONU depuis 2014 sur les implications pour les droits humains de la gestion et de l’élimination écologiquement correcte des substances et déchets dangereux. La voici en français :

Dans quelques semaines, le gouvernement japonais aura l’occasion de montrer au monde entier à quel point il attache de l’importance à la protection des droits humains et de l’environnement et au respect de ses obligations internationales.

Au lendemain de la catastrophe nucléaire de Fukushima daï-ichi, moi-même et d’autres rapporteurs spéciaux de l’ONU avons constamment exprimé nos préoccupations quant aux approches adoptées par le gouvernement japonais. Nous avons craint que le relèvement des “limites acceptables” d’exposition aux radiations pour inciter à la réinstallation ne viole les obligations du gouvernement en matière de droits humains envers les enfants.

Nous nous sommes inquiétés de l’exploitation possible des migrants et des pauvres pour les travaux de décontamination radioactive. Notre préoccupation la plus récente est la façon dont le gouvernement a utilisé la crise COVID-19 pour accélérer considérablement son calendrier de décision concernant le déversement dans l’océan des eaux radioactives qui s’accumulent à Fukushima daï-ichi.

En mettant de côté les devoirs de consultation et de protection qui incombent au Japon en vertu du droit international, je suis attristé de penser qu’un pays qui a subi les horreurs d’être le seul sur lequel non pas une mais deux bombes nucléaires ont été larguées pendant la guerre, continuerait sur cette voie pour faire face aux conséquences radioactives de la catastrophe de Fukushima daï-ichi.

Le rejet des eaux usées toxiques collectées à la centrale nucléaire de Fukushima serait, sans aucun doute, un coup terrible porté aux moyens de subsistance des pêcheurs locaux. Indépendamment des risques sanitaires et environnementaux, l’atteinte à la réputation serait irréparable, une cicatrice invisible et permanente sur les produits de mer locaux. Aucune somme d’argent ne peut remplacer la perte de culture et de dignité qui accompagne ce mode de vie traditionnel pour ces communautés.

Les communautés de Fukushima, si dévastées par les événements tragiques du 11 mars 2011, ont exprimé ces dernières semaines leurs préoccupations et leur opposition au rejet de l’eau contaminée dans leur environnement. C’est leur droit à un environnement qui leur permette de vivre dans la dignité, de profiter de leur culture et de ne pas être délibérément exposées à une contamination radioactive supplémentaire. Ces droits doivent être pleinement respectés et ne doivent pas être ignorés par le gouvernement de Tôkyô.

Le déversement de déchets nucléaires dans l’océan pourrait nuire aux relations internationales du Japon. Les pays voisins sont déjà préoccupés par le rejet d’importants volumes de tritium radioactif et d’autres contaminants dans les eaux usées.

Le Japon a le devoir, en vertu du droit international, de prévenir les dommages environnementaux transfrontaliers. Plus précisément, en vertu de la Convention de Londres, le Japon a l’obligation de prendre des précautions en ce qui concerne le déversement de déchets dans l’océan. Compte tenu de l’incertitude scientifique quant aux effets sur la santé et l’environnement de l’exposition à des rayonnements de faible intensité, le rejet de ces eaux usées serait totalement incompatible avec l’esprit, sinon la lettre, de cette loi.

Les peuples autochtones ont un droit internationalement reconnu au consentement libre, préalable et éclairé. Cela inclut l’élimination des déchets dans leurs eaux et les actions susceptibles de contaminer leur alimentation. Quelle que soit l’importance de la contamination de leur eau et de leur nourriture, le gouvernement japonais a l’obligation incontestable de consulter les peuples indigènes potentiellement affectés, obligation qu’il n’a pas remplie.

Le gouvernement japonais n’a pas, et ne peut pas, s’assurer de consultations significatives comme l’exige le droit international des droits de l’homme pendant la pandémie actuelle. Rien ne justifie un calendrier aussi dramatiquement accéléré pour la prise de décision pendant la crise de la covid-19. Le Japon dispose de l’espace physique nécessaire pour stocker les eaux usées pendant de nombreuses années.

Depuis six ans, je présente un rapport annuel au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Qu’il s’agisse des droits de l’enfant ou des droits des travailleurs, dans presque toutes les discussions aux Nations unies, la situation de Fukushima daï-ichi est soulevée par des observateurs inquiets, afin que le monde entier puisse l’entendre. Les organisations intervenantes ont demandé année après année au gouvernement japonais de leur adresser une invitation à se rendre sur place afin que je puisse faire des recommandations pour améliorer la situation. Je regrette que mon mandat arrive à son terme sans cette possibilité, malgré mes demandes répétées de visite et d’évaluation de la situation.

La catastrophe de 2011 ne peut être annulée. Toutefois, le Japon a encore la possibilité de minimiser les dégâts. À mon avis, il existe de graves risques pour les moyens de subsistance des pêcheurs au Japon et pour sa réputation internationale. Une fois de plus, j’invite le gouvernement japonais à réfléchir à deux fois à son héritage : en tant que véritable champion des droits de l’homme et de l’environnement, ou pas.

Traduit avec l’aide de www.DeepL.com/Translator

Démantèlement du restaurant “sushis atomiques” de Tomioka

Le restaurant “sushis atomiques” de Tomioka symbolisait l’emprise du nucléaire sur la région. La ville a été entièrement évacuée lors de la catastrophe nucléaire et peu de personnes sont revenues depuis (voir le bilan pour les 9 ans de la catastrophe). Le restaurant, abandonné, a été démoli. C’est plus simple que pour une centrale nucléaire…

Selon l’Asahi, le nom du restaurant proviendrait d’une chaîne basé à Nagoya. Le propriétaire a continué à payer le loyer dans l’espoir que la présence du bâtiment du restaurant contribuerait à entretenir les souvenirs de la catastrophe. Une fois l’ordre d’évacuation levé en avril 2017 pour la plus grande partie de Tomioka, il s’est alors accroché au restaurant, avec l’idée que sa vue rappellerait aux habitants de retour la façon dont les choses étaient avant et pendant la catastrophe. Mais il y a un an, alors que la reconstruction de Tomioka avançait, il a finalement décidé de le démolir.

Le propriétaire, qui s’est réinstallé à Iwaki, déclare au Asahi : “Je voulais dire aux gens qu’une fois qu’un accident se produit, l’endroit devient invivable. Je me sens un peu seul, mais je crois que le restaurant a rempli son rôle”. Il avait cru au “mythe de la sûreté nucléaire” propagé par le gouvernement central et les exploitants.

Le gouvernement envisage de lever les derniers ordres d’évacuer avant la fin des travaux de décontamination

Les ordres d’évacuer ont été levés partout, sauf dans les zones dites de retour difficile, où l’exposition externe pouvait dépasser 50 mSv/an au début de la crise. Cela concerne encore sept communes. La décontamination y est beaucoup plus complexe et ne suffit pas à abaisser suffisamment les niveaux d’exposition. Alors, selon l’Asahi, le gouvernement japonais veut y lever les ordres d’évacuer avant même d’avoir terminé les travaux de réhabilitation, à la condition que les habitants ne reviennent pas !

Actuellement, il y a trois conditions à satisfaire avant de lever un ordre d’évacuer : l’exposition externe doit être passée sous la valeur de 20 mSv/an (ce seuil est très élevé en comparaison du seuil de 1 mSv/an utilisé ailleurs, où il n’y a pas eu d’accident) ; les infrastructures et les services comme les routes, l’eau, l’électricité doivent avaoir été rétablis et les travaux de décontamination doivent être terminés ; enfin, des discussions doivent avoir eu lieu avec l’équipe municipale. Pour accélérer le processus dans les derniers territoires évacués, le gouvernement envisage de revoir certaines règles dans les zones où l’exposition externe est passée naturellement sous la barre de 20 mSv/an.

L’ordre d’évacuer pourrait y être levé avant même que les travaux de décontamination aient été effectués, à la condition que personne n’y réside et que la commune en fasse la demande ! Les ministères de l’industrie et de l’environnement se seraient déjà mis d’accord et l’Autorité de régulation nucléaire seraient chargée d’y établir les règles de protection.

C’est la commune d’Iitaté qui aurait fait une telle demande en février dernier. L’ordre d’évacuer est maintenu dans le district de Nagadoro, toujours classé en zone dite de retour difficile. La commune aimerait qu’il soit partiellement levé en 2023. Les 11 foyers concernés n’ont aucune intention de retourner vivre chez eux, même si cet ordre est levé.

La commune aimerait créer un parc dans la zone la plus contaminée. Iitaté n’est pas seule commune concernée par ces difficultés. C’est une façon d’entériner le non-retour des populations dans certaines zones, sans le reconnaître puisque l’ordre d’évacuation sera levé là où il n’y a plus personne à évacuer.

TEPCo condamnée en appel à mieux indemniser des personnes déplacées, mais avec une somme fortement réduite

La Haute cour de Tôkyô a ordonné en appel à TEPCo de verser de un million de yens (8 300 €) à 2,5 millions de yens (21 000 €) chacun de dommages et intérêts supplémentaires à plus de 300 personnes déplacées suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima. Cette somme a été réduite des deux tiers par rapport au dédommagement accordé en première instance.

Cette somme vient s’ajouter aux indemnités déjà reçues dans le cadre de la compensation mise en place par les autorités. Le montant total des indemnités a été réduit à environ 360 millions de yens (3 millions d’euros), contre 1,1 milliard de yens (9 millions d’euros) accordés par le tribunal de district de Tôkyô en 2018. Dans leur requête, les plaignants, demandaient un montant total de 10,9 milliards de yens (91 millions d’euros).

Même si les ordres d’évacuer ont été levés, la justice a estimé que les conditions de vie dans les communes d’origines ont été bouleversées et que cela doit être indemnisé, en plus de l’évacuation. Comme nous l’avons déjà souligné, TEPCo a refusé toutes les procédures de conciliation et les plaignants n’ont pas eu d’autre choix que de saisir la justice.

Après la Haute Cour de Sendaï il y a quelques jours, c’est la deuxième fois qu’une Haute cour confirme en appel la nécessité de mieux indemniser les personnes déplacées. Dans un éditorial, l’Asahi demande de revoir les règles d’indemnisation car, presque à chaque fois, la justice a ordonné à TEPCo de verser des sommes supplémentaires, même si les procédures durent longtemps. La perte des conditions de vie d’origine devrait être reconnue au même titre que l’évacuation.

Rétablissement de la ligne Jôban à travers à zone la plus contaminée

Comme prévu, la partie de la ligne de chemin de fer Jôban, qui traverse la zone la plus contaminée, dite de retour difficile, a été rétablie. Elle fait 20,8 km, dont 13,6 en zone de retour difficile. Le premier train a circulé devant les médias alors que les ordres d’évacuer devant les 3 gares de la zone viennent d’être levés. Initialement, une cérémonie était prévue, mais elle a été annulée à cause du COVID-19.

Carte de l’Asahi.

Il y avait 34 000 habitants dans les 3 communes concernées (Futaba, Ôkuma et Tomioka) avant la catastrophe nucléaire. Seulement 1 943 étaient de retour au 1er mars 2020.

Toute la ligne Jôban, qui relie Tôkyô à Sendaï, dans la province voisine de Miyagi, sur 344 km en longeant souvent la côte, a rouvert.