Tritium dans l’eau potable : plus de 6 millions de français concernés. Quelle eau potable en cas d’accident nucléaire grave ?

Mis en avant

L’ACRO publie, ce jour, une carte exclusive de la contamination radioactive de l’eau potable en France métropolitaine. Ces données, compilées par l’ACRO, ont été fournies par le Ministère de la Santé (ARS – SISE Eaux) et représentent la valeur moyenne sur les années 2016-2017.

Pour accéder à la carte, copiez-collez le lien : http://www.acro.eu.org/carteeaupotable/index.html#7/47.832/1.670 (sans s après http)

L’analyse de ces données a permis de mettre en évidence :

  • que plus de 268 communes sont concernées par la présence de tritium (l’hydrogène radioactif rejeté par les installations nucléaires) dans l’eau potable en France métropolitaine, 
  • que 6,4 millions de personnes sont alimentées par une eau contaminée au tritium, 
  • qu’aucune valeur ne dépasse le critère de qualité fixé à 100 Bq/L instauré par les autorités sanitaires.

Le tritium est un « lanceur d’alerte ». En cas d’accident grave sur une des centrales nucléaires sur la Seine, la Vienne ou la Loire, il n’y aura pas que le tritium et ce sont des millions de personnes qui risquent d’être privées d’eau potable. Comment les autorités vont-elles faire pour assurer les besoins vitaux de ces personnes ?

Retrouvez toutes nos données et nos analyses sur notre site Internet, ainsi qu’une mise au point : https://acro.eu.org

A propos

Mis en avant

L’ACROnique de Fukushima vous propose un suivi quotidien des évènements liés à la catastrophe nucléaire en cours au Japon ainsi qu’une reconstitution des évènements des premiers jours. Ce travail est effectué par l’ACRO, association dotée d’un laboratoire d’analyse de la radioactivité qui s’est beaucoup investie pour venir en aide aux populations affectées par les deux accidents majeurs qui ont eu lieu à Tchernobyl et Fukushima.

L’association a aussi analysé les plans d’urgence de plusieurs pays en cas d’accident nucléaire grave.

Nos autres sites Internet :

ACRO Tchernobyl, 30 ans après Transparence nucléaire


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Début du retrait du corium envisagé en 2021 dans le réacteur n°2

La structure étatique qui gère l’accident nucléaire et les compensations, la Nuclear Damage Compensation and Decommissioning Facilitation Corporation, estime qu’il sera possible de démarrer le retrait du corium dans le réacteur n°2 à partir de 2021. Juste pour les dix ans de la catastrophe.

Le réacteur n°2 serait plus approprié pour débuter, car c’est celui où il y a le plus d’images et de données. En février 2019, il a aussi été possible d’entrer en contact avec les débris qui jonchent le fond de l’enceinte de confinement.

Pour le réacteur n°2, une partie du corium serait resté dans la cuve, mais il n’y a pas d’image. Les opérations prévues ne concernent que l’enceinte de confinement pour le moment.

L’extraction se fera à l’aide d’un robot. Les déchets seraient mis dans de petits fûts métalliques et refroidis à sec sur le site de la centrale, en attendant de trouver un stockage définitif. Le détail des opérations devrait fixé d’ici mars 2020, après avoir lancé de nouvelles explorations dans l’enceinte de confinement et extrait des échantillons de corium pour les analyser.

Fond de l’enceinte de confinement du réacteur n°2 :

Contact avec le corium :

 

Eau contaminée : les cuves pleines à l’été 2022

Selon TEPCo, les cuves avec l’eau partiellement contaminée seront pleines à l’été 2022 au rythme actuel. Cela permettra au Japon de laisser passer les JO de 2020, car la situation serait “sous contrôle”, comme l’avait asséné le Premier ministre Japonais en septembre 2013, devant le comité Olympique. Ce n’est pas vraiment le cas, comme nous l’avons expliqué il y a quelques jours.

Une fois les JO passés, le Japon ne pourra plus procrastiner et devra trouver une solution. C’est le rejet dans l’océan qui a sa faveur, mais l’opposition est forte.

TEPCo va continuer à augmenter le nombre de cuves d’ici la fin de l’année 2020, afin de pouvoir y mettre 220 000 m3 supplémentaires, mais après, il n’y aura plus de place, car il n’est pas facile d’étendre l’emprise de la centrale. En 2018, l’accumulation d’eau a augmenté de 170 m3 par jour en moyenne. TEPCo espère descendre à 150 m3/jour. A l’été 2022, le stock total devrait être de 1,37 million de mètres cubes.

L’annonce de TEPCo a pour but de pousser les autorités à trancher, juste avant une réunion sur le sujet. Le groupe de travail tritium, mis en place par le gouvernement, réfléchirait à un site de stockage pour cette eau, mais personne ne l’acceptera. Il y a aussi le problème du transport, avec plus d’un million de mètres cubes déjà accumulés.

Début de la démolition de la cheminée du réacteur des réacteurs 1 et 2

TEPCo a commencé le démantèlement de la cheminée de rejet des réacteurs 1 et 2. D’une hauteur de 120 m, elle est très radioactive et menaçait de s’effondrer. Les travaux auraient dû commencer en mai 2019, mais ont été reportés à cause d’une erreur de calcul. Les travaux se font avec des engins de découpe télécommandés.

Selon le Maïnichi, la cheminée va être tronçonnée en bouts de 2 m de long.

Il n’y a pas encore de communiqué en anglais et de photo sur le site Internet de TEPCo.

C’est officiel : Fukushima daï-ni va être arrêtée définitivement et démantelée

Le 24 juillet dernier, les médias japonais avaient annoncé que TEPCo s’apprêtait à entamer les procédures pour mettre à l’arrêt définitif des quatre réacteurs de sa centrale nucléaire de Fukushima daï-ni, située à une douzaine de kilomètres de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi.

Le Président de TEPCo, Tomoaki Kobayakawa, a rencontré Masao Uchibori, le gouverneur de Fukushima, qui a, bien entendu, donné son accord puisqu’il réclamait cet arrêt définitif. La décision a ensuite été validée par le directoire de la compagnie. Voir le communiqué en anglais de TEPCo.

La compagnie annonce que les travaux de démantèlement devraient prendre plus d’une quarantaine d’années car ils se feront au même rythme que le démantèlement de la centrale accidentée, plus complexe. La compagnie n’a pas les ressources humaines pour aller plus vite. Et personne ne sait ce qu’il sera fait des déchets radioactifs. Pour les combustibles usés, TEPCo veut construire un centre d’entreposage à sec d’une capacité de 10 000 assemblages. Le gouverneur a donné son accord. Le site reste à trouver… Ce sera fort probablement à proximité d’une des deux centrales.

Dans son bilan financier présenté ce même jour, TEPCo a inclut une perte exceptionnelle de 95,6 milliards de yens (807 millions d’euros) due à la mise à l’arrêt définitif des quatre réacteurs de Fukushima daï-ni. Le démantèlement devrait coûter 280 milliards de yens (2,4 millions d’euros).

Cette mise à l’arrêt définitif signifie aussi la fin de la subvention gouvernementale pour les deux communes qui hébergent la centrale, Tomioka et Naraha. Elles perdront ainsi environ un milliard de yens (8,4 millions d’euros) par an chacune. Si l’on additionne toutes les taxes et subventions, la centrale de Fukushima daï-ni représentait 25% des ressources de Naraha et 40% de celles de Tomioka. Le gouverneur de la province va demander une subvention exceptionnelle pour ces deux communes qui avaient été évacuées lors de la catastrophe nucléaire.

TEPCo avait 17 réacteurs nucléaires avant la catastrophe, il ne lui en reste plus que 7, à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, dans la province de Niigata. Il est peu probable qu’elle puisse les redémarrer les sept.

Depuis mars 2011, 21 réacteurs sur 54 ont été détruits ou arrêtés définitivement au Japon. Seulement 9 ont été remis en service. Voir notre page sur l’état des lieux du parc nucléaire japonais.

A noter que Tôhoku Electric, a déposé, le 29 juillet dernier, sa demande de mise à l’arrêt définitif de son réacteur Onagawa-1, situé dans la province de Miyagi. L’annonce de cet arrêt avait été faite en octobre dernier.

Le stock de plutonium du Japon a légèrement baissé

A la fin 2018, le stock de plutonium du Japon a baissé de 1,6 tonnes pour s’élever à 45,7 tonnes désormais, selon le gouvernement. 9 tonnes sont au Japon. Le reste est en France et en Grande Bretagne.

Cette baisse est liée à l’utilisation de combustible MOx dans trois réacteurs japonais : Takahama 3 et 4, situé dans la province de Fukui et Genkaï 3, dans celle de Saga.  A ce rythme là, les réacteurs seront mis à l’arrêt définitif avant d’avoir épuisé le stock. L’usine de retraitement de Rokkashô-mura, qui n’a pas encore été mise en service, ne sert à rien.

Mystérieux rejet radioactif de l’automne 2017 : la Russie soupçonnée d’être à l’origine nie les faits mais manque de transparence

Mises à jour en fin de document :

Explications

11 novembre 2017

L’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) vient d’annoncer (en français et en anglais) que les traces de ruthénium-106, élément radioactif, détectées en Europe occidentale en septembre dernier, étaient probablement dues à un rejet massif, de l’ordre de 100 et 300 térabecquerels, quelque part “entre la Volga et l’Oural sans qu’il ne soit possible, avec les données disponibles, de préciser la localisation exacte du point de rejet.”

L’Institut ajoute que les conséquences d’un accident de cette ampleur en France auraient nécessité localement de mettre en œuvre des mesures de protection des populations sur un rayon de l’ordre de quelques kilomètres autour du lieu de rejet.”

Toujours selon l’IRSN, le rejet aurait eu lieu au cours de la dernière semaine du mois de septembre 2017 et serait terminé.

Le ruthénium-106

Le ruthénium 106 est un produit de fission radioactif issu de l’industrie nucléaire qui n’existe pas à l’état naturel. Sa demi-vie est d’un peu plus d’un an (373 jours), ce qui signifie que la quantité présente est divisée par deux tous les ans. En se désintégrant, le ruthénium-106 se transforme en rhodium-106, qui est lui aussi radioactif avec une demi-vie de 30 secondes. Chaque désintégration de ruthénium-106 est accompagnée, peu de temps après, de la désintégration du rhodium-106. Ainsi, il faudrait considérer le couple ruthénium-rhodium et multiplier par deux la quantité rejetée de 100 et 300 térabecquerels annoncée par l’IRSN.

C’est au rhodium-106 que l’on devra l’essentiel de la dose provoquée par l’incorporation de couple inséparable d’isotopes radioactifs.

Origine du rejet

En cas de rejet provenant d’un réacteur nucléaire, divers radioéléments sont détectés. Ici, comme le ruthénium-106 et le rhodium-106 sont les seuls radioéléments à avoir été mis en évidence, l’origine ne peut pas être un réacteur nucléaire. En revanche, ce peut être le rejet accidentel d’une installation de traitement des combustibles usés ou de fabrication de sources radioactives.

L’ACRO détecte parfois le couple ruthénium-rhodium autour des usines Areva de La Hague. En 2001, deux incidents dans ces usines avaient conduit l’association à démontrer que l’exploitant, qui s’appelait encore Cogéma, sous-estimait ses rejets de ruthénium-rhodium dans l’atmosphère. En mai, puis en octobre 2001, les quantités effectivement rejetées étaient environ 1 000 fois plus élevées que ce qui avait été annoncé (voir notre note technique). Les travaux menés à la suite de cette alerte de l’ACRO ont montré que les rejets atmosphériques en ruthénium-rhodium avaient été systématiquement sous-estimés.

En février 2016, l’ACRO avait de nouveau détecté ce couple de radioéléments autour des usines de La Hague, ce qui témoignait d’un rejet atmosphérique plus important qu’en routine, indiquant peut-être un dysfonctionnement non déclaré.

Quantité rejetée

L’IRSN annonce un terme source en Russie de 100 et 300 térabecquerels pour le seul ruthénium-106, et donc le double en prenant aussi en compte le rhodium-106. Un térabecquerel, c’est 1 000 milliards de becquerels.

A titre de comparaison, l’autorisation de rejets atmosphériques des usines Areva de La Hague est de 0,001 térabecquerel (1 GBq) par an pour les émetteurs bêta-gamma (dont les ruthénium-rhodium) autres que le tritium, gaz rares et iodes. Concernant les rejets liquides, pour le seul ruthénium-106 rejeté en mer, la limite est de 15 térabecquerels par an.

Lors des incidents de 2001, c’est de l’ordre de 10 GBq qui a été rejeté à chaque fois, pour le seul ruthénium. Le rejet accidentel de septembre 2017 estimé par calcul par l’IRSN est 10 000 à 30 000 fois plus élevé.

La quantité rejetée lors de l’incident rapporté par l’IRSN est donc considérable et cet évènement devrait être classé au niveau 5 de l’échelle internationale INES. Tchernobyl et Fukushima étaient au 7, qui est le niveau maximal. Pourtant, aucune information n’est disponible sur le site de l’AIEA, qui est plus préoccupée par la promotion du nucléaire que par son contrôle.

Conclusion provisoire

60 ans après la catastrophe de Kychtym dans l’Oural et plus de 30 ans après celle de Tchernobyl, qu’un évènement de cette ampleur puisse rester secret plus d’un mois est incroyable. C’est particulièrement grave pour les populations locales qui ont été exposées sans bénéficier de la moindre protection, comme en 1957 et 1986.

A noter que dès le 11 octobre dernier, le Bundesamt für Strahlenschutz en Allemagne pointait du doigt le Sud de l’Oural (communiqué en allemand et en anglais), affirmant que l’IRSN partageait ce point de vue. Il n’y a donc pas eu de progrès en un mois dans l’identification de l’origine de ce rejet.

Un tel secret s’explique-t-il par le fait qu’une installation militaire est en cause ? La Russie a nié être à l’origine de ce rejet. Elle devrait publier toutes ses données de mesure dans l’environnement.

Sans laboratoire indépendant, ni surveillance citoyenne, rien n’a changé sur place. Parce qu’il est important que l’ACRO puisse survivre en France, vos dons sont indispensables.

Mayak ?

Plusieurs sites Internet ciblent le complexe nucléaire de Mayak, situé dans l’oblast de Tcheliabinsk, comme origine de cette contamination, sans que nous soyons en mesure de valider ces affirmations. À l’origine, ce complexe militaro-industriel secret est conçu afin de fabriquer et raffiner le plutonium pour les têtes nucléaires et est devenu tristement célèbre pour ses accidents nucléaires graves, dont celui de Kychtym (Wikipedia). Le site est toujours actif et sert de centre de traitement des combustibles usés (site Internet de l’exploitant).


La Russie reconnaît une contamination au ruthénium, mais dément être à l’origine de la fuite

Mise à jour du 20 novembre 2017

A la demande de Greenpeace Russie, c’est l’agence météorologique russe qui a fini par admettre que l’origine de la fuite est bien en Russie (communiqué en russe). Elle titre son communiqué : pollution extrêmement élevée et élevée. L’entreprise d’Etat Rosatom, quant à elle, nie toujours en être à l’origine (communiqué en anglais).

Dans son communiqué, l’agence météo ne donne pas la contamination en ruthénium-106, ni en rhodium-106, mais plutôt la contamination bêta total des aérosols. Mais on peut supposer que l’excès est essentiellement dû à ce couple de radio-éléments. La concentration la plus forte a été détectée à Argayash (Аргаяш), dans l’Oblast de Tcheliabinsk, qui inclut Mayak et Kychtym entre le 26 septembre et le 1er octobre derniers : 7 610×10-5 Bq/m3, soit 986 fois plus que ce qui est généralement mesuré dans cette station. A Novogorny, toujours dans l’Oblast de Tcheliabinsk, c’était, ces mêmes jours, 5 230×10-5 Bq/m3, soit 440 fois plus que les valeurs habituelles. Des valeurs excessives en aérosols radioactifs ont aussi été détectée dans le Caucase du Nord, jusqu’à 2 147×10-5 Bq/m3, soit 230 fois le bruit de fond, et au Tatarstan. D’autres données sont disponibles dans ce document en russe.

Il est donc maintenant confirmé qu’un rejet grave a eu lieu sur une installation nucléaire russe qui est encore secret. Mais l’agence météorologique n’a, semble-t-il, pas lancé d’alerte et ce sont les populations locales, qui vivent dans un environnement déjà fortement pollué, qui ont été exposées. A quoi servent ses balises ?

L’agence météorologique explique que les niveaux relevés sont très inférieurs aux limites locales fixées à 4,4 Bq/m3. Un non-évènement en Russie, donc…

Ces concentrations sont très élevées au regard de ce qui est mesuré habituellement et c’est la signature non ambigüe d’un rejet anormal. En revanche, les concentrations atmosphériques annoncées ne nécessitent pas la mise à l’abri ou l’évacuation, même au regard des normes françaises. La station de mesure de Argayash (Аргаяш), où la concentration la plus forte a été mesurée, est à une trentaine de kilomètres du complexe nucléaire de Mayak. A proximité du point de rejet, la pollution peut être plus élevée. Des mesures environnementales indépendantes sont indispensables.

L’agence météorologique russe mentionne aussi des retombées allant de 10 à 50 Bq/m2 et par jour, par endroits.

Toujours rien sur le site de l’AIEA

A noter que l’agence météo mentionne aussi une pollution à l’iode radioactif dans la région d’Obnisk (Обнинск), située à environ 100 km au Sud-Est de Moscou. Les concentrations ont atteint 1,85×10-3 Bq/m3 les 18 et 19 septembre et seraient due à un centre de recherche local.

Le 21 novembre, l’IRSN précise dans l’Obs que les résultats de sa modélisation donnaient des valeurs beaucoup plus élevées dans les environs immédiats du point de rejet. Mais, si les balises dont les résultats ont été publiés ne sont pas sous les vents au moment du rejet, cela reste compatible. Et l’Institut d’ajouter : “On peut dès lors se poser la question du rôle de l’AIEA. Ce n’est pas normal d’arriver à cette situation. Ce n’est pas normal d’observer du ruthénium dans l’air de toute l’Europe, sans jamais en connaître la source.”


La Russie tente de rassurer

Mise à jour du 24 novembre 2017

L’agence de régulation des produits agricoles Rosselkhoznadzor a diffusé un communiqué (en russe uniquement) démentant la contamination des produits agricoles russes. Elle parle de panique sur le marché des céréales qui ne serait due qu’à des rumeurs et aux spéculations médiatiques, mais ne donne aucun résultat de mesure.

L’Institut de sécurité nucléaire de l’Académie des sciences russe (IBRAE RAS), quant à lui, a annoncé la création d’une commission d’enquête dans un communiqué (en russe uniquement) dont le but est de déterminer l’origine de la pollution au ruthénium et rhodium. Il se veut aussi rassurant en affirmant que les niveaux relevés en Russie sont largement dans les normes et a déjà conclu que Rosatom, la compagnie nationale russe, n’est pas en cause. Et c’est Rosatom qui informera le public des résultats de l’enquête.

Faute de laboratoire indépendant sur place, il y a encore des progrès à faire en termes de transparence et de radioprotection du public en Russie.


Les données de l’AIEA ont fuité

27 novembre 2017

L’ACRO met en ligne les données récoltées par l’AIEA concernant la pollution au ruthénium détectée en Europe que l’agence de l’ONU refuse de rendre publiques. Ce tableau, daté du 13 octobre 2017, ne contient aucune donnée russe…

Quant à Rosatom, l’entreprise d’Etat russe, elle invite, sur sa page Facebook, les journalistes et les blogueurs à venir faire un tour à Mayak, qui, d’après les journalistes occidentaux, est devenue le berceau du ruthénium… Au programme, “alphabétisation” sur le ruthénium. La compagnie ferait mieux de publier ses données environnementales, si elle en a.


Résultat de l’enquête “indépendante” pilotée par Rosatom

8 décembre 2017

La compagnie nucléaire d’Etat, Rosatom, a tenu une conférence de presse pour communiquer les conclusions de l’enquête “indépendante” sur la contamination au ruthénium-rhodium relevée fin septembre dans toute l’Europe : elle n’est pas responsable de cette pollution ! Rien sur son site Internet pour le moment… A suivre !

Seule une enquête indépendante internationale permettra de faire la lumière sur ce rejet. La Russie pourrait commencer par publier toutes ses données environnementales dans la zone suspectée.


Rosatom reconnaît rejeter du ruthénium-106 dans l’environnement, en routine

14 décembre 2017

Selon l’Agence de presse AP, Yuri Mokrov, conseiller du directeur général du centre nucléaire de Mayak, a reconnu que le traitement des combustibles usés conduit à des rejets de ruthénium-106 dans l’environnement. Et d’ajouter que l’usine de Mayak n’est pas à l’origine du rejet anormalement élevé qui a été détecté dans toute l’Europe en septembre dernier. Les rejets seraient minimes et des centaines de fois inférieurs aux limites autorisées. Les niveaux autorisés ne sont pas donnés dans l’article.

On résume :

  1. La Russie n’a d’abord pas détecté le ruthénium radioactif détecté dans toute l’Europe ;
  2. Puis, suite aux calculs faits en Allemagne et en France qui pointaient vers l’Oural, elle a fini par reconnaître l’avoir détecté à des niveau extrêmement élevés, mais sans danger. De fait, les niveaux annoncés sont très supérieurs à ce qui est mesuré en routine, mais ne nécessitent pas de mesure de protection particulière. La mesure d’une pollution atmosphérique se fait en filtrant l’air pendant plusieurs jours. Il s’agit peut-être d’une moyenne sur longue période qui atténue le pic de pollution. La période de mesure n’est pas donnée.
  3. Rosatom, l’industrie nucléaire d’Etat en Russie nie toute implication dans le rejet. Elle met en place une commission “indépendante” qui conclut dans le même sens et qui ressort la thèse de la chute d’un satellite. Et là, tout d’un coup, Rosatom reconnaît rejeter régulièrement du ruthénium-106 dans l’environnement et que ses rejets sont dans les limites admissibles. Et donc pas d’incident particulier à signaler… La limite doit être très élevée !

La Russie n’a pas beaucoup changé depuis Tchernobyl. Sans laboratoire indépendant sur place, la glasnost n’a pas touché le secteur nucléaire.


Du ruthénium-103 était aussi présent dans les rejets

5 février 2018

Une réunion avec des experts internationaux a eu lieu en Russie fin janvier 2018 à propos de cette affaire de ruthénium, dont l’IRSN. Voir le compte-rendu en anglais. Il en ressort que dans certains pays du ruthénium-103 était aussi présent dans le nuage radioactif. Étonnamment, aucune communication officielle n’en parlait jusqu’à présent, alors que cela donne des indications sur la source potentielle de cette contamination. Le 22 janvier dernier, le Bundesamt für Strahlenschutz en Allemagne disait encore qu’il n’y avait que du ruthénium-106.

La demi-vie du ruthénium-103 est de 39,26 jours, ce qui signifie qu’il disparaît beaucoup plus vite que le ruthénium-106 qui a une demi-vie de 373,6 jours. Et donc le combustible nucléaire à l’origine du rejet ne doit pas être sorti depuis longtemps du réacteur : 3 à 4 ans maximum. Or, en général, le traitement des combustibles usés se fait sur des combustibles plus anciens.

La presse russe en déduit que cela disculpe le site de Mayak. En effet, cela permet d’exclure a priori la vitrification fortement soupçonnée jusqu’à présent, sauf, si pour une raison obscure, du combustible jeune a pu être traité et les résidus vitrifiés. En revanche, la fabrication de sources radioactives se fait généralement sur du combustible usé « jeune ». Et Mayak fabrique des sources…

Le Figaro évoque la commande par le CEA et l’INFN en Italie au complexe nucléaire de Mayak d’une source de cérium-144 destinée à une expérience de physique. Or, la production de cette source nécessite le traitement de combustibles “jeunes”, âgés de moins de 5 ans. Le quotidien parle de coïncidence troublante…

Décidément, ce rejet est suffisamment mystérieux pour que tout soit mis sur la table et l’on espère une communication officielle des experts internationaux présents en Russie.

Le 6 février, l’IRSN a mis en ligne une note d’information en français et en anglais et un rapport en anglais uniquement qui résument ses investigations qui confirment la détection de ruthénium-103 et étudient l’hypothèse de la fabrication d’une source de cérium-144. Le rapport est riche d’informations.


2ième réunion internationale sur l’affaire du ruthénium : rien de neuf

13 avril 2018

Le groupe international d’experts qui tente de faire la lumière sur cette affaire de ruthénium s’est réuni pour la deuxième fois le 11 avril dernier et un résumé succinct de leurs conclusions est en ligne. Etaient présents, des représentants des organismes d’expertise officiels de France, Finlande, Suède, Allemagne, Norvège, Grande Bretagne et Russie.

Des mesures additionnelles de la radioactivité auraient été effectuées sur place, en Russie, et toutes les données ont été collectées dans une base qui devrait être rendue publique. Cependant, les experts n’ont, semble-t-il, pas réussi à s’entendre et ils n’ont pas décidé s’il y aurait une suite à ces rencontres.

Bref, rien de neuf. De son côté, l’AIEA n’a toujours rien à dire sur le sujet.

La presse allemande rapporte l’avis de Florian Gering de l’Office fédéral de radioprotection. Après avoir rappelé les faits déjà connus : ses calculs pointent vers le Sud de l’Oural et l’usine de traitement de Mayak est la seule installation connue dans cette zone pour pouvoir être à l’origine de ce rejet. La source de cérium-144 mentionnée précédemment pourrait être une explication possible. Il est aussi fait mention que, selon des images satellite, un toit a été réparé sur place, juste après la découverte du ruthénium dans l’atmosphère de plusieurs pays européens.

On espère que la recommandation de rendre publiques toutes les données sera suivie. Des mesures indépendantes sur places sont indispensables.


L’incident vu par la littérature scientifique

31 juillet 2019

Plusieurs articles scientifiques sont parus sur ce rejet de ruthénium-rhodium détecté à l’automne 2017. Qu’y apprend-on ?

• Sur la composition du rejet : Dès le début, la présence du seul couple ruthénium-rhodium 106 permettait d’exclure un accident dans une centrale nucléaire. La présence du ruthénium-103, qui a une durée de vie courte, détecté par quelques stations a orienté la piste vers la fabrication de la source de cérium-144 dans le site de Mayak. Cet article en libre accès rapporte le résultat d’études chimiques menées sur des filtres à air de Vienne en Autriche contaminés par le rejet suspect. Aucune anomalie n’a été découverte dans la composition et la morphologie des particules, par rapport à ce qui est généralement présent dans les aérosols.

• Sur l’origine du rejet : cette étude danoise, en accès payant, confirme l’analyse de l’IRSN que la source du rejet englobe la zone de Mayak. La date et l’heure exactes du rejet sont calculées. Cette autre étude italienne, en accès payant, va dans le même sens.

• Sur la dose engendrée : cette étude internationale, en accès payant, a calculé la dose engendrée par inhalation en Europe due à ce rejet. L’article commence par une longue introduction pédagogique sur le ruthénium-rhodium et cite les travaux de l’ACRO sur les rejets de ruthénium-rhodium à La Hague. Les doses calculées sont inférieures à 0,3 µSv, alors que la limite pour le public est de 1000 µSv par an. Cet article ne calcule pas les doses à proximité d’un point de rejet supposé.

• Point de vue d’une cinquantaine d’institutions de recherche : Les hypothèses avancées par l’IRSN sur un incident lors de la fabrication de la source de cérium-144 à Mayak sont reprises et confortées par cette publication en libre accès signée par 69 experts appartenant à une cinquantaine d’institutions de recherche en Europe, Ukraine, Biélorussie et Canada. Cette liste de signatures est impressionnante et donne du poids aux affirmations. Comment les autorités russes, qui nient être à l’origine du rejet, vont-elles réagir ?
L’article, accompagné d’une annexe en libre accès, a pour but de synthétiser ce que l’on peut dire sur l’origine de ce rejet, en réaction à la réponse officielle russe qui nie toute responsabilité. Il rejette l’hypothèse de la combustion accidentelle d’une source radioactive. En effet, de telles sources utilisées en ophtalmie font 10 MBq. Il aurait fallu en brûler une grande quantité à la fois pour arriver à expliquer une contamination au dessus de presque toute l’Europe. Ce n’est pas crédible. L’hypothèse de la chute d’un satellite avec une source radioactive est aussi rejetée, car il n’y aurait pas eu de ruthénium-103 avec une durée de vie courte. La seule hypothèse plausible est donc un incident lors de la tentative de production de la source de cérium-144 à l’usine de retraitement de Mayak. L’article conclut que rien, dans l’analyse effectuée, ne permet de rejeter cette hypothèse. Par ailleurs, l’annonce, quelque jours après la date calculée de l’incident, que la fabrication de cette source était abandonnée est un argument de plus.
L’étude précise que le combustible retraité devait avoir environ 2 ans. La quantité de ruthénium-106 rejetée est estimée à 250 TBq. Cela représenterait 7 à 10% de la quantité de ruthénium-106 contenue dans le combustible retraité pour fabriquer la source de cérium-144.

A un an des JO de Tôkyô, l’eau contaminée est-elle “sous contrôle” ?

L’été 2013 avait été marqué par des scandales à répétition concernant l’eau contaminée (lire notre synthèse rédigée à l’époque). En septembre 2013, le premier ministre japonais, Shinzô Abe, avait alors assuré au Comité International Olympique que la situation était “sous contrôle”. Cela avait suffit et les Jeux avaient été attribués au Japon. Six ans plus tard, à un an des J.O., qu’en est-il ?

TEPCo a créé un portail dédié à l’eau contaminée qui donne une information limitée aux stocks et pas aux flux. Il faut connaître la situation pour comprendre et fouiller le site pour trouver des données, qui ne sont parfois disponibles qu’en japonais.

Dans son dernier bilan sur les flux, TEPCo indique injecter 71 à 72 m3 par jour et par réacteur d’eau pour refroidir les coriums, ce mélange de combustible fondu et débris. Cette eau se contamine fortement et fuit vers les sous-sols des bâtiments réacteurs où elle se mélange à l’eau déjà présente et celle qui s’infiltre depuis les nappes phréatiques.

Pour un bilan de l’eau pompée dans les sous-sols, il faut aller consulter la dernière version d’un autre document. Les infiltrations d’eau souterraine et d’eau de pluie sont actuellement de 150 m3 par jour, qui viennent s’ajouter à l’eau de refroidissement. C’est monté à 250 m3 jour à la fin de la saison des pluies (mi-juillet).

Toute cette eau contaminée est pompée des sous-sols et décontaminée. Une partie est réinjectée pour le refroidissement et l’autre est stockée dans des cuves. Le document précédent indique que le stock d’eau traitée est de 1 048 270 m3 (retrait de 62 radioéléments par la station ALPS) auxquels il faut ajouter 90 948 m3 partiellement traités (seuls le strontium et césium ont été retirés). Il y a aussi 17 280 m3 d’eau dans les sous-sols des 4 réacteurs accidentés et 15 040 m3 dans deux autres bâtiments.

Le portail, quant à lui, indique qu’au 18 juillet dernier, le stock d’eau traitée stockée s’élevait à 1 145 809 m3. Sur le site, il y aurait 970 cuves : 129 avec de l’eau partiellement traitée et 827 avec de l’eau ayant subi un traitement complet.

Comme l’explique l’Asahi, TEPCo s’était engagée à réduire le volume d’eau des sous-sols, peu étanches, car elle est très contaminée. Elle présente aussi un risque en cas de nouveau tsunami. Mais les volumes ne diminuent pas et la compagnie n’a pas de solution à proposer. Elle se serait fait tancer lors de la réunion de juin dernier avec l’Autorité de régulation nucléaire.

Pour réduire les infiltrations, TEPCo a mis en œuvre plusieurs actions. Tout d’abord, elle pompe la nappe phréatique en amont des réacteurs. Elle pompe aussi à proximité, mais la contamination peut atteindre 13 000 Bq/L en bêta total selon les derniers résultats publiés par TEPCo. Une partie est partiellement décontaminée et rejetée en mer et l’autre est injectée dans les sous-sols pour être traitée avec l’eau la plus contaminée. TEPCo a aussi gelé le sol tout autour des quatre réacteurs accidentés, sur 1,4 km, afin de limiter les transferts. Mais le stock dans les cuves continue à s’accroître, sans solution pour le moment.

Officiellement il resterait plus que du tritium (hydrogène radioactif) dans cette eau traitée, qu’il est difficile de séparer et stocker. Mais TEPCo a fini par admettre que 80% du stock d’eau traitée avait une contamination résiduelle qui dépasse, en concentration, les autorisations de rejet en mer. La concentration en strontium, particulièrement radio-toxique, peut atteindre 600 000 Bq/L, ce qui est environ 20 000 fois plus que la limite autorisée. La compagnie parle maintenant d’effectuer un second traitement avant rejet en mer… En mai dernier, le gouvernement a proposé que l’eau reste dans les cuves plus longtemps que prévu, pour laisser passer les JO. Il n’y a pas eu de progrès depuis.

Il y a quelques données sur la contamination de l’eau dans les cuves. Il s’agit de moyennes par zone. On observe des dépassements de la concentration maximale autorisée pour le rejet pour le tritium, l’iode 129, le strontium-90 et le ruthénium-106.

Imaginons qu’une partie de l’eau soit traitée une deuxième fois et diluée pour réduire la concentration en tritium, combien de temps faudrait-il pour la rejeter en mer ? Si l’on se base sur les autorisations annuelles de rejet et l’inventaire de tritium, cela prendrait entre 40 et 150 ans, comme nous le disions en 2014. Un chercheur est arrivé à 17 ans, avec d’autres hypothèses. Selon le Maïnichi, Hiroshi Miyano a d’abord calculé que le stock d’eau contaminée au tritium, qui s’élève à plus d’un million de mètres cubes, passerait à 700 millions de mètres cubes après dilution pour obtenir une concentration inférieure à 1 500 Bq/L (limite utilisée actuellement pour les rejets en mer). Il ne s’est pas préoccupé, semble-t-il de la limite annuelle. Puis, il a pris en compte le débit des pompes des circuits de refroidissement des réacteurs 5 et 6, qui fonctionnent encore, pour arriver à 17 ans, en supposant qu’elles fonctionnent sans s’arrêter. Le ministère de l’économie, plus optimiste, avait estimé, en 2016, qu’il suffirait d’un peu plus de 7 années.

Comme les nappes phréatiques sont contaminées, il y a toujours un transfert de la pollution radioactive vers l’océan, qui est beaucoup plus faible qu’au début de la catastrophe. Au pied de la centrale, les dernières données de TEPCo mettent en évidence une contamination en césium de l’eau de mer qui peut atteindre 100 Bq/L pour le césium. Cela prouve qu’il y a encore des fuites vers l’océan. Mais cela se dilue rapidement. Un peu plus loin, des données trouvées sur le site de l’autorité de régulation nucléaire, montrent que l’on trouve du césium-137 et du tritium par endroits, mais à des concentrations très faibles. Encore plus au large, les dernières données sont ici. Les niveaux sont tout aussi faibles, voire plus faibles. Les sédiments marins, qui stockent le césium, sont, quant à eux, plus contaminés. Les dernières données publiées donnent des niveaux jusqu’à 210 Bq/kg de sédiments secs pour le césium-137.

Pour ce qui est de la contamination des poissons, cela dépend de l’espèce et de la zone de pêche. Dans le port devant la centrale accidentée, les derniers résultats publiés par TEPCo font état de plusieurs prises qui dépassent la limite de mise sur la marché fixée à 100 Bq/kg. Ces poissons ne sont pas destinés à la consommation humaine. Plus au large, toutes les prises contrôlées par TEPCo sont bien dans la limite. Les données du ministère de l’agriculture, de la pêche et de la foresterie sont ici. En 2019, aucun des animaux marins contrôlés n’a dépassé la limite de mise sur la marché.

Pour conclure, les transferts de contaminants vers l’océan ont été bien réduits depuis 2013 et l’annonce tonitruante du premier ministre. En revanche, la gestion de l’eau contaminée constitue toujours un énorme fardeau pour TEPCo, qui n’a pas de solution à proposer pour de nombreux problèmes. Il est donc difficile d’affirmer qu’elle est “sous contrôle”. En revanche, la communication est, elle, “sous contrôle”.

Réouverture du port de Tomioka

Le port de Tomioka est le dernier des dix ports de pêche de Fukushima dévastés par le tsunami de 2011 à rouvrir. La commune avait été entièrement évacuée suite à l’accident nucléaire.

Avant 2011, les pêcheurs ramenaient environ 48 tonnes de poisson par an dans le port de Tomioka. Après la réouverture, 8 bateaux sont attendus.

Cancer de la thyroïde chez les enfants de Fukushima : 17 cas non pris en compte par le dépistage officiel

Le 8 juillet dernier, les autorités de la province de Fukushima ont publié leurs dernières données relatives au dépistage du cancer chez les enfants de la province de Fukushima. Au 31 mars 2019, il y avait 217 cas de cancers de la thyroïde détectés, dont 173 confirmés par une intervention chirurgicale.

Mais, selon le fond de soutien des enfants ayant un cancer de la thyroïde, créé en 2016, il y aurait au moins 17 cas supplémentaires, non pris en compte dans les données officielles. Selon la NHK, 16 d’entre eux auraient été diagnostiqués lors de contrôles effectués par les parents en dehors de la province de Fukushima, et un cas avait déjà oublié par le passé. Evidemment, il y a probablement d’autres cas non recensés.

Cela fait donc un total d’au moins 234 cas de cancer de la thyroïde chez les jeunes de Fukushima.

Retrait des combustibles de la piscine du réacteur n°3 : vidéo de TEPCo

TEPCo annonce avoir mis en ligne une vidéo de présentation en anglais de ses opérations de retrait des combustibles de la piscine du réacteur n°3. La présentation présente le retrait des débris, la mise en place de la nouvelle structure et le retrait des combustibles. Il y a à la fois des images de synthèse et de vraies images.

Elle est aussi sur Youtube :

TEPCo en est désormais à 28 assemblages neufs retirés, sur 52. C’est 7 de plus que la dernière fois (15 juillet). Cela avance donc à un bon rythme. Les opérations devraient prendre deux ans, peut-on entendre dans la vidéo.