Agissez avec l’ACRO pour que la France étende à 100 km la distribution d’iode stable

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Alors que la Suisse et la Belgique ont étendu la distribution de comprimés d’iode de 20 à 50 et 100 km, respectivement, depuis la catastrophe de Fukushima, la France s’apprête péniblement à étendre cette distribution de 10 à 20 km. Ce n’est pas suffisant et l’ACRO milite depuis des années pour une extension à 100 km de cette distribution. Nous avons écrit à plusieurs ministres, sans obtenir de réponse. Nous avons besoin de votre aide pour tenter de faire bouger les pouvoirs publics.

Agissez avec l’ACRO pour que la France étende à 100 km la distribution d’iode stable ! Plus d’informations sur le site de l’association.

A propos

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L’ACROnique de Fukushima vous propose un suivi quotidien des évènements liés à la catastrophe nucléaire en cours au Japon ainsi qu’une reconstitution des évènements des premiers jours. Ce travail est effectué par l’ACRO, association dotée d’un laboratoire d’analyse de la radioactivité qui s’est beaucoup investie pour venir en aide aux populations affectées par les deux accidents majeurs qui ont eu lieu à Tchernobyl et Fukushima.

L’association a aussi analysé les plans d’urgence de plusieurs pays en cas d’accident nucléaire grave.

Nos autres sites Internet :

ACRO Tchernobyl, 30 ans après Transparence nucléaire


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Ouverture du musée de TEPCo dédié à l’accident nucléaire

Comme prévu, TEPCo a ouvert son musée de l’accident nucléaire, à Tomioka. L’étage est dédié aux premiers jours de la catastrophe et le rez de chaussée à la sécurisation et démantèlement des réacteurs. L’exposition devrait changer régulièrement.

L’accès est libre et la compagnie espère 20 000 visiteurs par an.

La France a dit vouloir abandonner le projet Astrid

Après avoir arrêté définitivement Monju, son surgénérateur, le Japon a du mal à justifier sa politique d’extraction du plutonium des combustibles usés. Il a dépensé des milliards d’euros dans une usine de retraitement à Rokkashô-mura qui accuse déjà 24 années de retard et dont l’utilité est de plus en plus remise en question. Et comme le Royaume-Uni arrête le retraitement, il ne reste plus que la France avec qui il peut s’entendre.

Le Japon et la France avaient donc entamé des discussions à propos d’une participation dans ASTRID, le projet de surgénérateur français qui doit faire mieux que Superphénix. Un accord de coopération avait été signé en 2014. Selon le Nikkei, la France aurait informé le Japon qu’elle allait renoncer à ce projet en 2019 et qu’elle renoncerait à tout investissement dans les surgénérateurs à partir de 2020. Mais, selon Reuters, le CEA, qui porte le projet, a démenti en précisant qu’aucune décision officielle n’avait été prise.

L’arrêt de ce programme est raisonnable. En effet, le concept de surgénérateur date des années 1950 et il aurait dû être prêt pour la fin du siècle dernier. Selon le CEA, l’aboutissement était pour la fin de ce siècle. Bref, juste un siècle de plus de recherches et développement pour aboutir. Ce n’est donc pas très prometteur, mais cela permet de classer 95% de ce qui sort des réacteurs nucléaires en “matières valorisables” et non en déchets, même si elles ne sont pas valorisées. En France, le taux de recyclage est inférieur à 1%. Cela permet aussi d’avoir une filière industrielle dédiée au plutonium qui a un intérêt militaire.

Le Japon, qui a adopté une politique énergétique complètement irréaliste et qui s’accroche à sa filière plutonium va devoir revoir ses plans. Quant à la France, il va falloir revoir toute sa politique de gestion des déchets. Le retraitement à l’usine Orano de La Hague ne sert donc plus qu’à éviter l’engorgement des piscines et l’effondrement du parc nucléaire national.

Plainte d’habitants de Namié contre TEPCo et l’Etat

Une centaine d’habitants de Namié estiment que les indemnisations qu’ils ont reçues ne suffisent pas à compenser tout ce qu’ils ont perdu dans l’accident nucléaire et ils réclament plus. L’accident nucléaire a détruit leur communauté et les a obligé à évacuer.

La protestation remonte à loin. En mai 2013, le conseil municipal avait saisi, au nom des habitants, la structure de conciliation mise en place par le gouvernement. Environ 15 000 habitants, plus de 70% de la population de la commune, s’étaient joints à cette demande. Et en mars 2014, la commission de conciliation avait proposé de faire passer le montant de l’indemnisation de 100 000 à 150 000 yens (775 à 1 163€) par mois pour les moins de 75 ans et 180 000 yens (1 400€) par mois pour les plus de 75 ans. La commune, qui demandait 350 000 yens, a accepté la proposition, mais pas TEPCo qui trouve cela injuste envers les autres personnes évacuées. La conciliation s’est terminée en avril dernier. 850 de ces 15 000 personnes sont décédées depuis.

109 personnes, réparties dans 49 foyers ont donc saisi la justice pour réclamer 12,1 millions de yens (94 000 €) chacune. C’est plus que ce que leur a accordé la commission de réconciliation. L’Etat japonais est aussi visé afin de clarifier sa responsabilité dans l’accident. Elles pourraient être suivies par 2 000 autres personnes.

Des milliers d’autres personnes ont déjà saisi la justice pour obtenir une meilleure réparation, mais c’est la première  action collective qui fait suite à un arbitrage de la commission de réconciliation.

Lien entre la formulation sanguine des macaques japonais et l’exposition aux rayonnements

Le Maïnichi rapporte deux études sur les macaques japonais vivant dans les territoires contaminés de Fukushima. La deuxième concerne des fœtus dont la croissance aurait été affectée par l’exposition aux rayonnements. Nous l’avons déjà signalée.

L’autre porte sur la formulation sanguine des macaques en lien avec l’exposition aux rayonnements et est publiée en libre accès sans Nature scientific reports. Là encore, ce n’est pas la première fois que de tels résultats sont présentés. Cette fois-ci, 95 macaques ont été capturés à moins de 40 km de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi et entre 60 et 60 km de la centrale. Les premiers constituent le groupe exposé et les autres, le groupe témoin. Leurs lieux de vie sont indiqués par des croix sur la carte ci-dessous, extraite de l’article. Cette espèce de singe est sédentaire et omnivore.

La contamination en césium radioactif des muscles fémoraux des singes variait de 285 à 34 600  Bq/kg pour ceux qui vivaient en zone contaminée, et de 37 à 270 Bq/kg pour les autres. La quantité de cellules rouges et l’hématocrite étaient réduits chez les singes adultes exposés.

Les chercheurs ont aussi trouvé un lien entre l’exposition interne des macaques étudiés et  leur numérations leucocytaire et plaquettaire. En ce qui concerne la moelle osseuse, l’exposition interne affecte la numération des cellules myéloïdes, mégacaryocytaires et hématopoïétiques. Dans les deux cas, aucune corrélation significative a été trouvée avec l’exposition externe.

Rappelons que ces singes ne boivent pas d’alcool, ne fument pas et ne subissent aucun stress post-traumatique…

Taiwan : les électeurs votent en faveur du maintien de l’interdiction d’importer des produits alimentaires en provenance de 5 provinces japonaises

Les électeurs taïwanais étaient invités aux urnes pour une longue série de questions, dont celle de l’importation d’aliments en provenance du Japon. La question de lever les restrictions sur les aliments en provenance de Fukushima, Ibaraki, Tochigi, Chiba et Gunma avait fait l’objet d’une pétition qui a rassemblé suffisamment de signatures pour être soumise à référendum.

Sans surprise, les électeurs se sont prononcés à 78% des suffrages exprimés pour le maintien des restrictions. Par ailleurs, le nombre de voix en faveur du maintien a dépassé le quart des électeurs (plus de 39%), le référendum est donc validé. Les résultats détaillés des votations sont ici en anglais.

82ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 82ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 158 milliards de yens (1,2 milliard d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 8 771,7 milliards de yens (environ 68 milliards d’euros au cours actuel) si l’on prend en compte le présent versement et cela ne suffira pas.

Japon: l’Autorité de régulation nucléaire va revoir sa politique de distribution d’iode

Actuellement, de l’iode doit être distribué dans un rayon de 5 km autour des installations nucléaires japonaises. Il doit protéger la thyroïde en cas d’accident nucléaire. Au-delà des 5 km, ce sont les mairies qui doivent assurer la distribution durant la phase d’urgence, ce qui est complètement irréaliste. Le retour d’expérience de la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi a montré que cela n’avait pas été le cas à cause de la confusion qui régnait à l’époque.

L’Autorité de régulation nucléaire a décidé de revoir sa politique, en mettant la priorité sur la protection des enfants. Elle va voir si elle peut mettre en place les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) datées de 2017.

Les autorités sont gênées car officiellement, la hausse observée du nombre de cancers de la thyroïde chez les enfants de Fukushima n’est pas due aux radiations. Puisqu’il n’y a pas de problème, pourquoi distribuer de l’iode ? Mais comme l’OMS dit qu’il faut distribuer les comprimés à l’avance afin de mieux protéger les enfants et que ses recommandations sont mêmes disponibles en japonais, le Japon ne peut pas ignorer le sujet. Un rapport est attendu pour avril 2019.

Mais l’OMS ne donne aucune distance pour la distribution. En Suisse c’est 50 km et en Belgique, 100 km. La France va timidement passer de 10 à 20 km, ce qui est insuffisant. C’est pourquoi l’ACRO vous recommande d’écrire aux préfectures pour obtenir une extension de la distribution. Pour en savoir plus sur la protection de la thyroïde, voir notre fiche détaillée.

Envoi en France des combustibles usés du réacteur Fugen

Le réacteur expérimental Fugen, situé dans la province de Fukui, a été arrêté définitivement en 2003. Il est en cours de démantèlement. C’était le premier réacteur au monde à avoir un cœur entièrement constitué de MOx. D’une puissance de 165 MWe, il fonctionnait à l’eau lourde. L’exploitant, la Japan Atomic Energy Agency (JAEA) est connue pour sa culture de sûreté défaillante qui a conduit l’Autorité de Régulation Nucléaire à lui retirer l’autorisation d’exploiter le surgénérateur Monju.

Le Japon ne sait pas quoi faire des 111 tonnes de combustible MOx de ce réacteur et cherchait à les envoyer à l’étranger. En effet, l’usine de retraitement de Tôkaï-mura où il était prévu de l’expédier est arrêtée définitivement et doit être démantelée. Sur 738 assemblages, 272 sont à Tôkaï-mura et les autres toujours sur le site du réacteur. Leur retrait, qui aurait dû être terminé, a été reporté de 9 années à 2026.

Orano vient d’annoncer avoir remporté le contrat. Mais il n’y a plus vraiment de concurrence depuis l’arrêt définitif, au Royaume-Uni, de l’usine de retraitement Thorp. La compagnie française doit préparer leur transport des 111 tonnes de combustible qui devrait avoir lieu entre 2023 et 2026. Pour Orano, « la signature de ce contrat majeur confirme le choix du recyclage nucléaire comme une solution de gestion responsable et performante des combustibles usés pour nos clients. » Blabla habituel, car, même en France, le taux de recyclage est inférieur à 1%, comme l’a rappelé le récent rapport du HCTISN. De plus, rien ne prouve que ces combustibles seront retraités car le Japon n’a pas de débouché pour les matières qui pourraient être extraites. Si le contrat prévoit également la mise en œuvre des études préalables aux opérations de réception et de traitement, comme l’explique Orano, il n’inclut pas le retraitement à proprement parlé.

Fin juillet, le Japon s’est engagé à ne pas extraire plus de plutonium qu’il ne peut en consommer. Et il a déjà 47 tonnes sur les bras, alors qu’il ne peut en consommer qu’une tonne par an actuellement. Cela laisse du temps à Orano pour ses études préalables… Et surtout, la JAEA n’a plus de réacteur. Il lui faudrait donc trouver un autre exploitant qui accepte son plutonium de qualité moindre car issu du MOx. En France, ce combustible n’est pas retraité.

Bref, Orano va récupérer 111 tonnes de combustible MOx à entreposer dans ses piscines proches de la saturation qui vont prendre la place d’environ une année de production de MOX en France. Ce contrat pourrait donc accélérer l’effondrement du parc nucléaire français si EDF n’arrive pas construire sa nouvelle piscine avant la saturation prévue à l’horizon 2030, comme l’ACRO l’a révélé.

Quatrième mission de l’AIEA à Fukushima daï-ichi : rapport préliminaire

A la demande du Japon, l’AIEA a effectué sa quatrième mission à la centrale de Fukushima daï-ichi depuis l’accident. Selon le rapport d’étape, cette mission a eu pour but d’effectuer une revue indépendante des travaux menés. A noter, que, selon son cv, le chef de la délégation, Christophe Xerri, travaillait pour Mitsubishi Nuclear Fuel au moment de l’accident. Il faisait donc partie du village nucléaire japonais. Peut-on parler de revue “indépendante” ?

Comme nous l’avons rapporté, le Japon avait refusé d’inviter le rapporteur spécial de l’ONU pour les substances dangereuses et les déchets et n’a pas rendu son rapport. Ce dernier avait critiqué la politique japonaise et recommandé l’arrêt du retour des enfants et femmes en âge de procréer dans les territoires contaminés. En invitant l’AIEA, et ses experts “indépendants”, issu du sérail, il attend donc un rapport complaisant.

Le rapport final est attendu pour le 31 janvier 2019. Que dit le rapport préliminaire ? Après quelques banalités sur les progrès et les défis, il est écrit que l’équipe a noté les progrès effectués en vue du retrait des combustibles usés des piscines des réacteurs 3, puis 1 et 2. Le rapport va jusqu’à dire que les opérations sont bien avancées pour le réacteur n°3. Etonnant, alors que l’Autorité de Régulation Nucléaire japonaise a critiqué les retards pris pour ce retrait. Faut-il y lire une critique de cette autorité ?

Dans son communiqué de presse et lors de sa conférence de presse, l’équipe de l’AIEA a mis l’accent sur le problème du stock d’eau contaminée. Le rapport dit grosso-modo que, malgré les améliorations apportées pour s’attaquer aux causes profondes qui contribuent à la production d’eau contaminée, l’équipe de l’AIEA continue de considérer la gestion de l’eau comme essentielle à la durabilité des activités de démantèlement. Tout le monde est d’accord sur ce point. Étant donné que le volume d’eau traitée devrait atteindre la capacité maximale des réservoirs au cours des trois ou quatre prochaines années, et qu’un traitement et un contrôle supplémentaires des eaux stockées avant leur élimination seraient nécessaires pour appliquer l’une des cinq solutions envisagées par le gouvernement japonais, une décision devrait être prise d’urgence en impliquant toutes les parties prenantes. L’AIEA ne prend pas position quant aux 5 solutions envisagées par les autorités, même si c’est le rejet en mer qui a la préférence des autorités.

Mais l’équipe de l’AIEA tient à souligner qu’ils ont osé interroger les autorités japonaises à propos des informations rendues publiques récemment sur la contamination résiduelle de l’eau traitée. Mais, on n’en saura pas plus pour l’instant ! Rappelons que 80% du stock d’eau traitée dépasse les autorisations de rejet. Et que conseille l’AIEA à ce propos ? Rien, si ce n’est que TEPCO doit respecter la loi et la réglementation japonaises. Est-ce une critique en creux ?

En ce qui concerne la communication de TEPCo, elle aurait, selon le rapport, évolué positivement dans le but de maintenir la confiance des parties prenantes et dissiper les rumeurs néfastes ! Ah bon, les parties prenantes ont confiance en TEPCo ? Il n’y a que l’AIEA pour croire à de telles sornettes ! Malgré cela, l’AIEA reconnait que TEPCo a omis de signaler clairement que l’eau contaminée contenait plus que du tritium après traitement. Et l’Agence de l’ONU de demander une meilleure communication. Tous les éditoriaux japonais l’avaient déjà souligné.

La suite traite du management et de l’organisation entre les différents acteurs. L’AIEA insiste pour que les feuilles de route prennent en compte les incertitudes. Il faut y lire une critique en creux : les feuilles de route présentées ne seraient donc pas réalistes.

En ce qui concerne les travailleurs sur le site de la centrale accidentée, l’AIEA note des progrès dans la culture de sûreté. Mais cela ne semble pas suffisant, puisqu’il est demandé de développer plus cette culture, y compris auprès des sous-traitants. La compagnie doit aussi tout faire pour réduire les doses auxquelles sont exposés les travailleurs. Mais l’équipe n’a pas jugé bon de rencontrer les syndicats pour leur demander leur avis sur le sujet.

A la fin, le rapport de l’AIEA pointe le problème des déchets radioactifs sur le site, pour lesquels aucune solution de gestion à long terme n’existe. Il y en aurait déjà plus de 400 000 m3.

A noter que l’équipe de l’AIEA n’a rencontré que des officiels du gouvernement et de TEPCo, et n’a auditionné aucune organisation ou expert qui pourrait avoir un esprit critique. Pas étonnant que son rapport préliminaire soit si lisse et n’apporte rien de pertinent.

TEPCo a mis en ligne quelques photos de la visite de la délégation, qui n’ont pas le moindre intérêt.