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L’ACROnique de Fukushima vous propose un suivi quotidien des évènements liés à la catastrophe nucléaire en cours au Japon ainsi qu’une reconstitution des évènements des premiers jours. Ce travail est effectué par l’ACRO, association dotée d’un laboratoire d’analyse de la radioactivité qui s’est beaucoup investie pour venir en aide aux populations affectées par les deux accidents majeurs qui ont eu lieu à Tchernobyl et Fukushima.

L’association a aussi analysé les plans d’urgence de plusieurs pays en cas d’accident nucléaire grave.

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ACRO Tchernobyl, 30 ans après Transparence nucléaire


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Le nucléaire japonais bloqué : pas de remise en service de réacteurs en 2019 et des arrêts en 2020

L’industrie nucléaire japonaise est bloquée : aucune remise en service de réacteur n’a en lieu en 2019 et des réacteurs remis en service les années précédentes devront être arrêtés pour des raisons de sécurité.

Tous les réacteurs nucléaires japonais avaient été mis à l’arrêt après la catastrophe de Fukushima et seulement 9 d’entre eux ont pu être remis en service depuis. Les autres ne satisfont pas encore au nouveau référentiel de sûreté. Il est peu probable que d’autres réacteurs soient remis en service en 2020.

Kansaï Electric (KEPCo) espérait relancer Takahama-1 en 2019, mais les travaux de renforcement de la sûreté ont pris du retard. Et le scandale de corruption qui secoue la compagnie pourrait retarder encore plus le redémarrage.

Par ailleurs, l’Autorité de régulation nucléaire a refusé de laisser un délai supplémentaire aux compagnies d’électricité pour la mise en place de mesure de protection contre les attaques terroristes. Quatre réacteurs devront être arrêtés en 2020, le temps de faire les travaux : Sendaï-1 et -2, puis Takahama-3 et -4. D’autres arrêts suivront en 2021 (voir la liste ici). A priori, 7 des 9 reacteurs remis en service devront être arrêtés pour les mêmes raisons.

Les compagnies d’électricité japonaises ont déjà dépensé 5 380 milliards de yens (45 milliards d’euros) pour améliorer la sûreté de leurs installations, avec un piètre résultat.

Dans le même temps, 21 des 55 réacteurs nucléaires de production d’électricité du Japon ont été arrêtés définitivement depuis la catastrophe de Fukushima (voir notre état des lieux du parc nucléaire japonais), si l’on compte Monju.

L’usine de retraitement de Rokkashô-mura, quant à elle, n’a jamais été mise en service et accuse déjà 24 années de retard. Et même si elle devait fonctionner, il n’y aurait pas de débouché pour le plutonium extrait. En effet, le Japon ne peut pas en extraire plus des combustibles usés qu’il peut en utiliser, pour des raisons de prolifération. L’usine de retraitement ne sert donc à rien car Monju a été arrêté définitivement et peu de réacteurs peuvent utiliser du combustible MOx à base de plutonium.

Malgré ces faits, le gouvernement japonais continue à prétendre que la part du nucléaire sera de 20 à 22% à l’horizon 2030. En attendant, les compagnies d’électricité développent le charbon car c’est l’option la moins chère, même si c’est aussi la plus polluante.

Vidéo de l’intérieur du bâtiment réacteur n°3

L’autorité de régulation nucléaire a mis en ligne une vidéo qu’elle a prise lors d’une inspection à l’intérieur du bâtiment réacteur n°3. Les images datent du 12 décembre 2019.

Le “blog de Fukushima” publie des images extraites de la vidéo.

Les inspecteurs cherchaient notamment à comprendre l’origine de l’explosion hydrogène qui a soufflé le bâtiment. Par où est passée la vapeur d’eau qui a entraîné l’accumulation d’hydrogène au tout début de la catastrophe ?

La vidéo de 16 minutes est impressionnante. Elle commence par une description des équipements de protection (3 épaisseurs de gants, masque intégral…). A l’arrivée au 2ième niveau (2F), vers 1:18, des débris jonchent le sol. La montée au troisième niveau se fait en marchant sur des gravats. Arrivé au troisième niveau, ce sont de gros débris qui entravent la route. A 6:40, on voit une poutre en béton effondrée.

Les inspecteurs n’ont pas pu aller plus haut que le 3ième niveau (2ième étage), à cause des débris qui bloquaient le passage (poutres, tuyaux…). Le démantèlement de la partie supérieure est allé jusqu’au 5ième niveau. Tout au long du périple, les débits de dose sont régulièrement annoncés : ils sont tous de quelques milisieverts par heure, sachant que la limite de dose est d’un millisievert par an pour le public et 20 mSv/an pour les travailleurs du nucléaire. Des points chauds ont été relevés à chaque niveau, de 20 à 50 mSv/h au troisième, allant jusqu’à 150 mSv/h au deuxième.

Les inspecteurs auraient pris une dose totale de 3,72 mSv. Si l’intervention a duré 15 minutes, comme le film, cela fait une moyenne de 15 mSv/h dans le bâtiment réacteur. Difficile d’y envoyer des hommes travailler.

Le rapport de cette investigation est attendu pour le début 2020.

Report du retrait des combustibles des piscines des réacteurs 1 et 2

Le gouvernement a décidé de reporter le retrait des combustibles des piscines des réacteurs 1 et 2. Ce n’est pas le premier report. Selon le précédent planning, les opérations auraient dû commencer en 2023. Ce sera, au mieux, 2027 pour le réacteur n°1, voire 2028, et aux alentours de 2024 et 2026 pour le réacteur n°2. La première date envisagée pour commencer ce retrait était 2018. Le gouvernement espère que le retrait des combustibles des 6 réacteurs sera terminé en mars 2032 (4 741 assemblages).

Les raisons invoquées sont les délais pour construire une nouvelle structure pour le réacteur n°1 et la décontamination afin de faire baisser les niveaux de dose ambiants pour le réacteur n°2.

En novembre dernier, TEPCo a donné des indications sur la méthode envisagée pour le réacteur n°2, dont le bâtiment réacteur n’a pas été détruit par une explosion hydrogène. SimplyInfo en a fait une analyse en anglais. Les niveaux de dose empêchent l’accès aux humains. Trois options étaient envisagées : un démantèlement de la partie haute du réacteur et la construction d’une nouvelle structure, à l’instar de ce qui a été fait pour les réacteurs 3 et 4 ; ou le retrait du toit seul  afin d’accéder à la piscine de combustible ; ou, enfin, pas de démantèlement. C’est cette dernière option qui aurait les faveurs de l’exploitant. Une structure adjacente au bâtiment réacteur a été construite. Elle permet de retirer des débris et de décontaminer. Une nouvelle grue, de petite taille devrait être installée pour retirer les combustibles :

Pour le réacteur n°3, le retrait ne se passe pas comme prévu : le nombre d’assemblages neufs retirés, tel qu’il est affiché sur le site de TEPCo, est soudainement passé à 35, alors qu’il était de 28 jusqu’au 24 juillet dernier. A l’époque, TEPCo avait même diffusé une vidéo pour vanter ses progrès

Selon TEPCo, douze assemblages neufs seraient endommagés dans la piscine du réacteur n°3. Ils sont dans la zone où la grue est tombée. Voir aussi l’analyse en anglais de SimplyInfo.

En attendant, ces piscines de combustible constituent une menace car elles ne sont pas protégées par une enceinte de confinement et elles contiennent plus de matières radioactives qu’un cœur de réacteur. Si une brèche due à un nouveau séisme ou une autre aggression externe entraînait une de perte du refroidissement, une catastrophe nucléaire beaucoup plus grave pourrait avoir lieu.

Malgré tous ces problèmes, TEPCo maintient qu’elle finira le démantèlement complet en 40 ans. C’est de moins en moins crédible alors que l’on entre bientôt dans la dixième année de la catastrophe. En effet, il est difficile de croire qu’un quart du travail a déjà été fait, sachant que la technologie pour la partie la plus complexe – le retrait du corium – n’existe pas encore. Mais le gouvernement maintient un début des opérations en 2021 pour le retrait du corium, ce magma de combustible fondu et de débris, en commençant par le réacteur n°2, dont le bâtiment réacteur n’a pas été détruit.

Pour ce faire, TEPCo envisage d’insérer un bras articulé dans l’enceinte de confinement et de retirer petit morceau par petit morceau de l’ordre d’un gramme  la fois. La compagnie espère pourvoir ensuite retirer plusieurs kilogrammes par jour, comme l’explique le Maïnichi. Cela va donc prendre des années, puisqu’il y a environ 237 tonnes de corium dans ce réacteur. Il y en aurait 880 tonnes en tout, selon les estimations de la compagnie.

Allègement des contrôles de la radioactivité du bétail à Fukushima

Selon l’Asahi, les autorités régionales de Fukushima vont stopper le contrôle systématique du bétail car il n’y a eu aucun cas de dépassement de la limite en six ans. Les contrôles seront désormais aléatoires et au moins un animal par an sera contrôlé dans chaque ferme.

En revanche, les contrôles systématiques vont se poursuivre pour les animaux qui iront à l’abattoir.

Au tout début de la catastrophe, de la paille contaminée avait été donnée à manger aux animaux et certains avaient une contamination qui dépassait la limite d’alors, fixée à 500 Bq/kg. Cela avait entraîné une crise de confiance. 159 bêtes ont dépassé la limite. Mais, depuis que le contrôle systématique a été instauré, en août 2011, aucune bête n’a dépassé la nouvelle limite de 2012, fixée à 100 Bq/kg.

95ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 95ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 68,4 milliards de yens (565 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a déjà reçu un total de 9 326,1 milliards de yens (77 milliards d’euros au cours actuel), en incluant le présent versement et cela ne suffira pas.

Le communiqué de TEPCo est accompagné d’un tableau avec les sommes versées au titre des indemnisations, mais sans explications. La somme totale dépasse les 9 247 milliards de yens (76,4 milliards d’euros). 61% sont allés aux entreprises et propriétaires, le reste aux individus évacués. Le total des indemnisations versées aux “auto-déplacés” n’évolue plus car ils ne sont plus soutenus financièrement. Le total versé aux autres individus et en compensations liées à l’activité commerciale continuent à augmenter.

Eau contaminée : rien de neuf malgré les annonces

Le ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie (METI) a proposé ses solutions pour l’eau contaminée accumulée sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi, qui dépasse le million de mètres cube. Il propose de la disperser dans l’océan ou dans l’atmosphère… Rien de neuf. Cela fait plusieurs années qu’il tourne autour du problème sans progresser. Petit rappel de quelques scènes de ce théâtre de kabuki !

En septembre 2013 (lire notre synthèse rédigée à l’époque), le premier ministre japonais, Shinzô Abe, avait alors assuré au Comité International Olympique que la situation était “sous contrôle”… C’est loin d’être le cas !

En 2014, plusieurs pistes sont explorées : enfouir cette eau, la vaporiser et rejeter dans l’atmosphère le dihydrogène seul, ou simplement rejeter l’eau dans l’océan après dilution. En 2016, les autorités ont tranché : sans surprise, c’est le rejet en mer qui l’option la moins chère et la plus rapide. Elle a donc les faveurs du gouvernement. En juillet 2017, le PDG de TEPCo déclare, dans une interview donnée à la presse étrangère que “la décision a déjà été prise prise”, l’eau sera rejetée en mer. En janvier 2018, l’Autorité de Régulation Nucléaire avait demandé une décision dans l’année…

Mais, patatra : lors des réunions publiques organisées en septembre 2018 pour faire accepter le rejet en mer, il est apparu que 80% du stock d’eau avait été mal traités et dépassaient les autorisations de rejet. Ce que TEPCo avait omis de préciser… La compagnie a donc proposé de traiter une deuxième fois cette eau avant rejet, mais c’était trop tard, le mal était fait. Dans ce document, TEPCo indique les niveaux de dépassement. Selon les derniers chiffres, 75% du stock dépasse toujours les niveaux autorisés pour le rejet. Pour plus de détails sur les radioéléments qui posent problème, il faut aller voir ici.

L’annonce récente du METI est sans intérêt. Elle ne fait qu’écarter la pseudo-option de l’enfouissement, même s’il continue à expliquer que le rejet en mer a ses faveurs. L’information reprise dans les médias n’évoque jamais le problème de la contamination résiduelle de cette eau accumulée. Combien de temps faudra-t-il pour la traiter à nouveau ? Combien cela va coûter ? Que restera-t-il après ces nouveaux traitements ? Le Japon va-t-il finir par accepter des contrôles indépendants qu’il refuse pour le moment ?

En effet, comme le souligne le journal britannique The Telegraph, le gouvernement japonais refuse toute mesure indépendante de l’eau qu’il souhaite rejeter dans l’océan. TEPCo se justifie en disant que cette eau est très contaminée et qu’il n’est pas possible de la transporter en dehors du site sans des procédures de protection strictes. Même l’autorité de sûreté et sécurité nucléaire coréenne n’a pas pu obtenir des informations détaillées, selon Reuters. Qu’y a t’il à cacher ? Il est plus facile de se plaindre des rumeurs néfastes que d’accepter la transparence !

S’il ne reste vraiment que du tritium dans l’eau, le stock était estimé à 3 400 TBq (3,4 milliards de millions de becquerels), ce qui représente 150 années de rejet à la limite autorisée pour la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi (22 TBq/an). Mais cela ne représente qu’environ 3 mois de rejet de l’usine Orano de La Hague en France, comme nous l’avons déjà souligné plusieurs fois.

TEPCo a récemment revu cette estimation, selon l’Asahi. Le stock actuel, contenu dans les cuves, serait actuellement de 856 TBq. C’est près de 4 fois moins que la quantité initiale. 40% du stock initial a simplement décru par décroissance radioactive. Il y a aussi du tritium dans les sous-sols et la nappe phréatique. Le reste, a fui en mer ? La quantité à rejeter, quant à elle, sera de 27 à 106 TBq, selon la date de début et de fin du rejet. En effet, le tritium ayant une demi-vie de 12 ans, le stock diminue avec le temps. Les dates envisagées pour le début du rejet sont 2020, 2025, 2030 et 2035. Et pour la fin du rejet, 2041 ou 2051, soit 30 et 40 ans après le déclenchement de la catastrophe nucléaire. Atoms in Japan, qui fait du lobbying pour le nucléaire, précise que les quantités rejetées seraient de 32 à 51 TBq par an, ce qui est plus que l’autorisation de rejet en mer pour les 6 réacteurs, fixée à 22 TBq. Sans surprise, Atoms in Japan n’évoque pas ce problème ! (A noter que cette organisation n’est même pas capable d’écrire une dose correctement, ce qui montre son peu de sérieux !)

En novembre dernier, le ministre de l’industrie avait affirmé que l’impact d’un rejet en mer serait négligeable : entre 0,052 et 0,62 microsievert par an, sans donner la moindre information sur les hypothèses du calcul. Ce serait 1,3 microsievert par an en cas de rejet atmosphérique (voir le Mainichi, par exemple). Là encore, on ne sait pas comment ce chiffre a été obtenu, alors qu’un calcul de dose dépend de nombreux paramètres. Et de comparer ces niveaux à la radioactivité naturelle qui induit une dose moyenne de 2 100 µSv/an. L’exposition naturelle n’est pas une référence en radioprotection !

Rappelons que TEPCo a annoncé qu’elle n’aurait plus de place pour entreposer l’eau contaminée dans des cuves à l’été 2022. Le stock sera alors de 1,37 million de mètres cube. Il pourrait dépasser les 2 millions de mètres cube en 2035 en l’absence de rejet.

Selon ce document récent, TEPCo injecte toujours environ 70 m3/j dans chacun des réacteurs accidentés pour refroidir le corium et en pompe plus dans les sous-sols à cause des infiltrations. Le stock d’eau traitée partiellement ou complètement s’élève officiellement à 1,17 million de mètres cube. Il y a aussi environ 30 000 m3 dans les sous-sols.

Selon cet autre document, le stock augmente peu en ce moment, en l’absence de pluie : 25 m3 par jour. En moyenne sur l’année, cela dépasse les 100 m3/j.

Les autorités veulent lever les ordres d’évacuer à proximité des gares de la ligne Jôban situées en zone de retour difficile

La ligne de train Jôban, qui longe parfois le littoral, a été partiellement détruite par le tsunami. Elle traverse aussi les zones évacuées à proximité de la centrale de Fukushima daï-ichi.

Depuis, elle est progressivement reconstruite et va jusqu’à Tomioka où l’ordre d’évacuer a été levé. La commune et le gouvernement se sont mis d’accord pour ouvrir la gare suivante, celle de Yonomori, située en zone de retour difficile. L’ordre d’évacuer y sera levé le 10 mars 2020, ainsi que le long de la route de 1,1 km qui permet de l’atteindre. Le débit de dose moyen y serait de 0,63 µSv/h.


Carte de l’Asahi.

La ligne devrait être entièrement rouverte en mars 2020 après la réhabilitation de la portion de 20,8 km située entre Tomioka et Namié. Les premiers essais viennent d’avoir lieu sur cette portion de ligne. Le gouvernement négocie avec les communes suivantes pour lever l’ordre d’évacuer à proximité des gares d’Ôno, à Ôkuma et de Futaba.

Gare de Futaba sur le site de l’Asahi :

Le gouvernement veut aussi lever l’ordre d’évacuer dans les parties les moins contaminées de la commune de Futaba pour pouvoir prétendre que la commune existe toujours. En effet, c’est la dernière commune à être encore entièrement évacuée. Pour Ôkuma, qui se partage la centrale accidentée avec Futaba, une petite zone a rouvert en avril dernier. La date envisagée pour Futaba est le 4 mars 2020.

La zone concernée correspond aux districts de Hamano et Morotaké (voir la carte ci-dessus). Elle fait 200 ha, soit à peine 4% du territoire de la commune. Mais les habitants ne pourront pas rentrer avant 2022 car il faut encore rétablir les services, comme l’eau.

En septembre dernier, des légumes ont été semés à Morotaké pour la première fois depuis le début de la catastrophe, à titre expérimental. La rue commerçante, devant la gare, n’a, quant à elle, pas été réhabilitée.

Ce seront les premières levées d’ordre d’évacuer en zone dite de retour difficile, où l’exposition pouvait dépasser les 50 mSv/an lors de la mise en pace du zonage en 2011.

Le Japon va réduire le budget de la reconstruction liée à la triple catastrophe de mars 2011

Le gouvernement japonais a décidé de réduire drastiquement le budget dédié à la reconstruction des zones frappées par le séisme, le tsuami et la catastrophe nucléaire du 11 mars 2011. La somme allouée pour les années 2021 – 2026 est de 1 500 milliards de yens (12,5 milliards d’euros), alors qu’il aura dépensé plus de 31 000 milliards de yens (260 milliards d’euros) durant les 10 premières années.

L’Agence de reconstruction, créée en février 2012, a récemment été reconduite pour 10 ans, jusqu’en mars 2031. Placée directement sous le contrôle du Premier ministre, elle regroupe environ 500 personnes qui sont presque toutes payées par des ministères ou d’autres agences.

Par ailleurs, les deux partis au pouvoir ont entamé des discussions sur les réductions fiscales dont bénéficient les entreprises situées dans les zones touchées par la triple catastrophe. Les exemptions fiscales expirent en mars 2021 et les zones où elles seront prolongées pourraient être réduites. Actuellement, toutes les entreprises de Fukushima, et des zones côtières d’Aomori, Iwaté, Miyagi et Ibaraki touchées par le tsunami en bénéficient.

Nouvelle décision de justice suite à une plainte de personnes déplacées : indemnisation minimale requise

Selon le Maïnichi, 734 personnes déplacées dans la province de Yamagata, appartenant à 201 foyers, ont saisi la justice pour obtenir une meilleure indemnisation de la part de TEPCo et de l’Etat. Il s’agit, à 90% de personnes originaires de parties de Fukushima où il n’y a pas eu d’ordre d’évacuation. Elles réclamaient 11 millions de yens par personne (92 000€), ce qui est la somme la plus élevée jamais réclamée suite à la catastrophe de Fukushima.

La cour de Yamagata a décidé, le 17 décembre 2019, que TEPCo devait verser un total de 440 000 yens (3 700€) à 5 personnes seulement, tout en exonérant l’État japonais de toute responsabilité. La somme allouée est très faible par rapport aux 8 milliards de yens réclamés. Les plaignants ont annoncé qu’ils feraient appel.

La décision précise qu'”il y a une limite” à la prédiction de la catastrophe naturelle qui a déclenché l’accident nucléaire et que l’État japonais n’était donc pas tenu de verser des indemnités aux personnes déplacées. Le tribunal a également estimé que, bien que TEPCO ait été responsable de certains dommages, “nous ne pouvons pas conclure que la société a commis une négligence grave”

C’est la treizième décision de justice suite à une plainte déposée par des personnes déplacées par la catastrophe de Fukushima. Parmi celles-ci, 10 procès ont été intentés contre le gouvernement et TEPCO, et l’État a été jugé responsable dans six d’entre elles.

La rénovation de Tôkaï-2 va coûter plus cher que prévu

Tôkaï-2 est un vieux réacteur qui a été partiellement noyé par le tsunami de 2011 et que son exploitant, Japan Atomic Power Co (JAPCo), veut redémarrer coûte que coûte. Officiellement, sa remise aux normes de sûreté coûtera près de 3 milliards d’euros. TEPCo devrait prendre en charge plus de la moitié de cette somme, alors que la compagnie serait en faillite sans un financement public et rogne sur toutes ses dépenses, y compris sur les indemnisations.

Mais, selon l’Asahi, cela va coûter près de 70 milliards de yens de plus (580 millions d’euros) selon les devis déposés par les compagnies sous-traitantes. Et comme JAPCo veut choisir les contractants d’ici mars 2020, elle n’aura pas d’autre choix que d’accepter les devis.