121ème versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 121ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 19,7 milliards de yens (151,5 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a reçu un total de 10 226,2 milliards de yens (79 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

120ème versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 120ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 2,7 milliards de yens (21 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a reçu un total de 10 206,5 milliards de yens (79 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Plan gouvernemental pour accompagner le rejet en mer de l’eau traitée

Le gouvernement a adopté un plan d’accompagnement des rejets en mer prévus à partir de 2023 de l’eau traitée qui s’accumule dans les cuves de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi, quelques jours après que TEPCo ait soumis son plan de rejet à l’Autorité de régulation nucléaire (lien vers le communiqué en japonais). Le gouvernement espère ainsi répondre à l’inquiétude des pêcheurs et agriculteurs locaux ainsi qu’au tourisme et commerce face à ce qui est qualifié de “rumeurs néfastes” par les autorités en établissant, d’ici un an, des normes de compensation pour les pertes éventuelles et en renforçant la capacité de surveillance et la transparence. Le gouvernement va également mettre en place un fonds de 30 milliards de yens pour acheter des produits de la mer lorsque la demande baisse et promouvoir la vente en ligne de ces produits par les pêcheurs.

Le plan prévoit également la réalisation d’enquêtes en ligne ciblant les consommateurs en Corée du Sud, à Taïwan, à Hong Kong et ailleurs, afin de comprendre leur perception de l’eau traitée et des produits alimentaires provenant de la préfecture de Fukushima. Le gouvernement compte aussi s’appuyer sur le rapport de l’AIEA.

Il n’est pas sûr que ces mesures suffisent car cela plus de dix ans que la région est sinistrée et que nombreuses activités économiques souffrent encore de l’impact des retombées radioactives. Les agriculteurs de Fukushima craignent que le rejet en mer de l’eau provenant de la centrale accidentée ne ravive les craintes de contamination et n’affecte à nouveau le prix de leurs produits, réduisant à néant une décennie de lent redressement après la catastrophe nucléaire.

Comme l’explique le Maïnichi, la production de rondins pour la culture de shiitakés, par exemple, n’a pas repris et c’est un savoir-faire qui risque de disparaître. Les montagnes d’Abukuma, dans l’est de la province de Fukushima, étaient autrefois l’une des principales sources de ce bois. En 2010, Fukushima était le troisième plus grand producteur au Japon, avec quelque 4,78 millions de rondins expédiés. Mais la catastrophe nucléaire a changé la donne et, aujourd’hui encore, la préfecture ne produit qu’environ 140 000 rondins de culture par an. En cause, des contaminations en césium encore comprises compris entre 100 et 540 Bq/kg alors que le maximum autorisé est de 50 Bq/kg. Les chênes pour la culture du shiitaké sont récoltés lorsqu’ils mesurent environ 15 centimètres de diamètre et il faut environ 20 ans pour atteindre cette taille. Mais si les troncs sont trop épais, il devient difficile pour les nouvelles pousses de sortir de la souche. 

Ainsi, la production de rondins de culture de shiitakés est en dormance, tout comme les traditions locales de partage de plantes sauvages comestibles, de champignons et autres. Certains résidents âgés s’inquiètent du fait qu’il n’y a personne pour prendre la relève et qu’il n’y a aucun espoir d’un avenir lié aux montagnes. Ainsi, l’accident nucléaire a changé la valeur des montagnes, et le lien qu’entretiennent les habitants avec elles est devenu très ténu. Aucune indemnisation ne pourra compenser cette perte.

Dans un communiqué, TEPCo assure qu’“en ce qui concerne la compensation, si une atteinte à la réputation se produit malgré ces contre-mesures, nous répondrons de manière appropriée tout en écoutant attentivement les opinions des parties concernées.” Pour les indemnisations liées aux évacuations cela n’a pas toujours été le cas, malgré les recommandations de la structure en charge des conflits. Et d’ajouter, qu’“en tant que partie responsable de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, TEPCO s’efforcera de rétablir la confiance qui est le fondement de [son] activité.” Cela pourrait commencer par autoriser des contrôles faits par des laboratoires choisis par les producteurs et consommateurs…

119ème versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 119ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 33,1 milliards de yens (257 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a reçu un total de 10 203,8 milliards de yens (79 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

118ème versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 118ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 11,6 milliards de yens (90 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a reçu un total de 10 170,7 milliards de yens (78,5 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

117ème versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 117ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 7,4 milliards de yens (56 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a reçu un total de 10 159,1 milliards de yens (77 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Le communiqué de TEPCo est accompagné d’un tableau avec les sommes versées au titre des indemnisations, mais sans explications.

116ème versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 116ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 57,5 milliards de yens (440 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a reçu un total de 10 151,7 milliards de yens (78,4 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Le communiqué de TEPCo est accompagné d’un tableau avec les sommes versées au titre des indemnisations, mais sans explications.

Le rejet en mer se fera à un kilomètre via un tunnel sous-marin

TEPCo prévoit de creuser un tunnel sous-marin jusqu’à 1 km du rivage pour rejeter l’eau contaminée, pardon “traitée”, dans l’océan afin de permettre une meilleure dilution. Rappelons que cette eau sera déjà diluée en amont, avant rejet, de façon à avoir moins de 1 500 Bq/L de tritium, même si les contrôles ne seront faits qu’a posteriori. L’eau utilisée pour la dilution ne sera pas pompée dans le port, qui est contaminé, mais à proximité du réacteur n°5.

Un tunnel serait plus robuste qu’un simple tuyau en cas de séisme ou tsunami. Il devrait faire 2,5 m de diamètre. Les investigations géologiques devraient commencer en septembre et les travaux pourraient durer jusqu’en 2023. Les rejets ne débuteront qu’après cette date. Le coût d’un tel projet n’est pas donné. Voir ce document en anglais (copie) et celui-ci en japonais pour avoir des informations un peu plus détaillées.

TEPCo et le gouvernement espèrent ainsi réduire les “rumeurs néfastes” qui pourraient affecter les produits de la mer (lire le communiqué en anglais de TEPCo). Le but est plutôt de réduire la contamination près de la côte, mais ce mot est tabou ! Il s’agit, surtout, d’éloigner les rejets des prises d’eau de mer afin de ne pas repomper du tritium dans l’eau utilisée pour diluer le tritium des cuves.

Le gouvernement a aussi annoncé qu’il achèterait les invendus de la pêche pour les congeler si les ventes diminuent à cause de la “désinformation”. Pour les produits qui ne peuvent pas être congelés, il trouvera de nouveaux marchés. Le montant du fond d’aide et les conditions pour en bénéficier restent à déterminer. Et si ces efforts ne suffisent pas, TEPCo indemnisera les pêcheurs.

TEPCo s’était engagée à compenser les éventuelles baisses dans les ventes en faisant des études statistiques sur les marchés et en prenant en compte la crise sanitaire, comme l’explique l’Asahi. Voir aussi ce document en japonais. D’une manière générale, jusqu’à présent, c’est TEPCo qui indemnisait les pertes de revenus, mais la compagnie rechignait souvent à mettre la main à la poche, refusant même parfois de suivre les recommandations de la commission de conciliation. Les pêcheurs n’avaient donc pas confiance dans les promesses de TEPCo. Et donc, à la fin, ce sont les contribuables qui vont prendre en charge une partie des coûts éventuels qui auraient incomber à l’exploitant, comme le souligne l’Asahi.

Le gouvernement met aussi en avant les contrôles de l’AIEA qui seront faits de manière transparente. Cette agence de l’ONU n’a jamais rien trouvé à redire de l’action du Japon depuis le début de la catastrophe, même quand il minimisait le niveau de l’accident durant les premiers mois. Il n’y a donc rien à en attendre.

Le gouvernement avait déjà tenté, à l’aide d’une grande agence de communication, Dentsu, de faire passer le tritium pour un mignon petit poisson, ce qui avait fait scandale. La lutte contre les “rumeurs néfastes” n’est pas facile ! D’autant plus que l’on ne construit pas un tunnel sous-marin pour lutter contre ces rumeurs. C’est complètement ridicule. Il serait temps de bien nommer les choses afin de permettre le débat sur le sujet sans systématiquement stigmatiser les personnes qui expriment des inquiétudes.

En juillet dernier, TEPCo a publié une brochure d’une trentaine de pages en anglais qui présente 10 années d’efforts pour gérer l’eau contaminée. Cela vient compléter le portail internet dédié.

115ème versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 115ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 7,7 milliards de yens (60 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a reçu un total de 10 094,2 milliards de yens (78,6 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Le communiqué de TEPCo est accompagné d’un tableau avec les sommes versées au titre des indemnisations, mais sans explications. Le total s’élève à 10 075,9 milliards de yens (78 milliards d’euros).

TEPCo va re-réformer sa gouvernance

Suite à la catastrophe nucléaire de 2011 à sa centrale de Fukushima daï-ichi, TEPCo avait réformé sa gouvernance et s’était engagée à faire de la sûreté sa priorité absolue. Elle s’était, notamment, engagée par écrit, à respecter un nouveau code de sûreté en 7 points et l’Autorité de régulation nucléaire en avait déduit que la compagnie était apte à exploiter du nucléaire.

Suite aux scandales liés à la sécurité, qui ont conduit à lui interdire de redémarrer des réacteurs de sa seule centrale, située à Kashiwazaki-Kariwa, dans la province de Niigata, TEPCo annonce qu’elle va réformer sa gouvernance…

Son nouveau calendrier de remise en service des réacteurs est octobre 2022, au plus tôt, pour la tranche n°7 et avril 2024 pour la tranche 6. Pour les autres tranches, ce sera après 2028. Pour les tranches 2, 3 et 4, arrêtées depuis le séisme de 2007, cela fera donc plus de 20 ans dans les limbes. La compagnie va maintenant aller réclamer la prolongation des aides financières.