80ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 80ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 227,2 milliards de yens (1,7 milliards d’euros au cours actuel). C’est 17 fois plus que le précédent versement. Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 8 602,5 milliards de yens (plus de 66,2 milliards d’euros au cours actuel) si l’on prend en compte le présent versement et cela ne suffira pas.

Cabinets médicaux et cliniques en difficulté autour dans les territoires contaminés autour de la centrale de Fukushima daï-ichi

Avant la catastrophe nucléaire, il y avait une centaine de cliniques, hôpitaux et cabinets médicaux dans les 12 communes qui entourent la centrale de Fukushima daï-ichi. Il n’y en aurait plus que 31 et 70% auraient des difficultés financières et bénéficient d’aides.

A Tomioka, par exemple, la clinique Chûo Iin reçoit 10 fois moins de patients qu’avant la catastrophe. Et les institutions médicales doivent offrir des salaires élevés pour attirer du personnel qualifié dans ces zones.

Pourtant, les services médicaux disponibles sont un des critères pris en compte par les personnes évacuées pour décider de rentrer ou pas. Et comme la population qui est rentrée est essentiellement composée de personnes âgées, il est important d’avoir une offre de soin adaptée. Mais le modèle économique doit encore être trouvé.

Gestion des forêts contaminées à Fukushima : tout raser pour faire de la biomasse

Les forêts de Fukushima n’ont pas été décontaminées car elles couvrent 70% de la province et l’industrie forestière est exsangue. De nouveaux débouchés sont donc envisagés pour relancer cette industrie : la génération d’électricité avec de la biomasse.

Grâce aux tarifs de rachat de l’électricité d’origine renouvelable, l’investissement dans la biomasse est très rentable. La technologie est simple, les usines vites construites et le retour sur investissement n’est que de trois à quatre ans. Cela intéresse donc fortement les investisseurs et les projets sur multiplient. Le seul frein, c’est le combustible. Il n’y a pas tant de sources que cela : le Japon peut soit importer le bois, mais cela va contribuer à la déforestation de pays d’Asie du Sud Est, soit brûler des déchets, mais l’efficacité n’est pas si bonne et les ressources restent limitées, ou développer une industrie locale.

C’est là que les intérêts de Fukushima et du syndicat de producteurs d’électricité à partir de biomasse se rejoignent. L’idée est de raser les forêts en espérant qu’elles seront moins contaminées lors de leur régénération. Et comme c’est subventionné, tout le monde y gagne, sauf le contribuable.

Voilà ce que cela donne à Tamura, dans la province de Fukushima :

Vous trouvez cela choquant ? Ne vous inquiétez pas, vous vous y habituerez, selon le président du syndicat des producteurs. C’est comme les champs agricoles, qui sont nus en hiver. C’est ce qu’il aurait déclaré lors de la dernière assemblée générale ! Évidement, il faut plus d’années pour que cela repousse et la forêt cultivée n’a rien à voir avec une forêt naturelle. Et avec l’érosion des sols, il n’est même pas sûr que cela repousse.

Le bois est transformé en copeaux et transporté par camions dans tout le Japon. Des associations commencent à se mobiliser sur cette thématique et étudient l’impact radioactif des rejets car les filtres utilisés sont que de simples filtres à manche, comme de gros sacs d’aspirateurs, et non des filtres de haute efficacité.

Fin des logements gratuits en 2020 pour les personnes originaires des zones dites de retour difficile

Les autorités régionales de Fukushima ont annoncé vouloir cesser la prise en charge du logement pour la plupart des habitants originaires des zones dites de retour difficile, où la contamination radioactive est la plus élevée. Les aides financières ont cessé en mars dernier pour les habitants originaires des autres zones contaminées, qu’elles aient été évacuées ou non, mais certains bénéficient toujours d’une aide au logement.

Selon le Maïnichi, sont concernés par la présente décision, 3 298 foyers originaires des zones de retour difficile de Katsurao, Iitaté, Tomioka et Namié. En ce qui concerne les 1 661 foyers de Futaba et Ôkuma, les deux communes qui accueillent la centrale de Fukushima daï-ichi et qui ont été les plus touchées par les retombées radioactives, les autorités vont faire des sondages avant de décider si elles continuent ou non leur soutien au-delà de mars 2020.

Par ailleurs, toujours selon le Maïnichi, l’aide au logement va cesser dès mars 2019 pour 2 389 foyers originaires de 5 communes où les ordres d’évacuer ont été levés. Elle pourrait être maintenue pour certaines personnes qui ont des besoins spécifiques.

79ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 79ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 13,3 milliards de yens (102 millions d’euros au cours actuel). Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 8 375 milliards de yens (plus de 64,4 milliards d’euros au cours actuel) si l’on prend en compte le présent versement et cela ne suffira pas.

Pas d’augmentation des provisions pour faire face à un accident nucléaire

Le gouvernement, les exploitants du nucléaire et les compagnies d’assurance n’ont pas réussi à se mettre d’accord à propos de la prise en charge des accidents nucléaires futurs. Il n’y aura donc pas de changement au Japon. Les discussions avaient été lancées en mais 2015 par la Japan Atomic Energy Commission (JAEC) et tout le monde s’accorde pour dire que les provisions sont trop faibles. Mais, de là à parvenir à un accord sur le montant et le partage du coût…

Augmenter les provisions signifie plus un coût de l’assurance plus élevé qui sera reporté sur les consommateurs. Les exploitants ont demandé au gouvernement de prendre en charge une partie de l’augmentation des provisions, mais il n’y était pas favorable. Enfin, les compagnies d’assurance ont expliqué qu’elles ne pouvaient pas couvrir un coût plus élevé.

Les provisions des exploitants restent donc limitées à 120 milliards de yens (presque 1 milliard d’euros) par centrale alors que les indemnisations de la catastrophe de Fukushima dépassent les 8 300 milliards de yens (66 milliards d’euros). Mais, dans la loi actuelle, les exploitants doivent couvrir les frais dus aux conséquences des catastrophes, sans limite. Actuellement, le Japon avance l’argent à TEPCo qui devra rembourser, les intérêts étant à la charge des contribuables. En cas de nouvel accident, ce sera la même chose.

Cet avis du gouvernement est soumis à la consultation du public sur Internet.

78ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 78ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 13,4 milliards de yens (103 millions d’euros au cours actuel). Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 8 362 milliards de yens (plus de 64,3 milliards d’euros au cours actuel) si l’on prend en compte le présent versement et cela ne suffira pas.

Trois actionnaires saisissent la justice pour que TEPCo cesse de financer Tôkaï-2

Trois actionnaires de TEPCo ont saisi un tribunal de Tôkyô pour que la compagnie cesse de financer le renforcement de la sûreté de Tôkaï-2. Ils estiment que les intérêts de TEPCo et de ses actionnaires seront menacés qui un soutien financier est fourni à la Japan Atomic Power Co (JAPCo) qui possède Tôkaï-2.

Bien que l’Autorité de régulation nucléaire vienne d’estimer que Tôkaï-2 satisfaisait au nouveau référentiel de sûreté, le réacteur va avoir 40 ans en novembre et il ne peut espérer obtenir qu’une extension de la durée d’exploitation de 20 ans tout au plus. Et même si cette extension était accordée, les plaignants estiment que TEPCo ne pourra jamais être remboursée. Les travaux à effectuer, en cas d’avis positif de l’Autorité de régulation nucléaire, atteignent 174 milliards de yens (1,3 milliard d’euros).

Selon la loi japonaise, les compagnies ne doivent pas prendre des décisions qui peuvent nuire aux actionnaires. Mais TEPCo et les 4 autres compagnies qui possèdent JAPCo craignent la faillite de cette dernière si Tôkaï-2 ne redémarre pas.

Comme l’Etat est actionnaire majoritaire de TEPCo, la décision est aussi politique. L’opposition réclame que TEPCo utilisent cet argent pour indemniser les victimes de la catastrophe, plutôt que d’investir à fonds perdus dans Tôkaï-2.

Nouvelles taxes régionales sur les réacteurs nucléaires à l’arrêt

Comme partout, les 13 provinces japonaises qui ont des réacteurs nucléaires sur leur sol bénéficient de taxes qui contribuent de manière significative à leur budget. Avec l’arrêt des réacteurs, ces revenus ont fortement diminué. Selon l’Asahi, 12 de ces 13 provinces ont donc introduit de nouvelles taxes sur le nucléaire, à l’exception de Fukushima.

Avant la catastrophe nucléaire à Fukushima, c’est le combustible nucléaire apporté qui était taxé. En 2010, cela a rapporté un total de 22 milliards de yens (170 millions d’euros) à ces 13 provinces. Avec l’arrêt temporaire des réacteurs, la province de Fukui, qui est la plus dépendante du nucléaire, a introduit une nouvelle taxe dès novembre 2011 basée, cette fois-ci, sur la capacité des réacteurs. Les autres provinces ont suivi. La dernière en date est Miyagi, qui vient tout juste de le faire. Cela devrait leur rapporter environ 15 milliards de yens (115 millions d’euros) chaque année. La seule exception est Fukushima qui a décidé de ne plus taxer les réacteurs étant données les circonstances exceptionnelles.

Quatre provinces ont aussi décidé de taxer les réacteurs en démantèlement : Fukui, qui a commencé, Saga, Shimané et Ehimé. Cela devrait leur rapporter environ 1,1 milliard de yens (8,5 millions d’euros) de revenus annuels. D’autres pourraient suivre…

Evidemment, les compagnies d’électricité reportent ces taxes sur leurs factures d’électricité et ce sont les consommateurs qui payent in fine.

77ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 77ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 93,1 milliards de yens (716 millions d’euros au cours actuel). C’est dix fois plus que la dernière fois. Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 8 348,6 milliards de yens (plus de 64 milliards d’euros au cours actuel) si l’on prend en compte le présent versement et cela ne suffira pas.