La voie navigable E40 retirée des projets stratégiques de la zone d’exclusion de Tchernobyl

Le projet de voie navigable E40 reliant la Mer Noire à la Baltique, doit emprunter la Pripyat et traverser la zone d’exclusion de Tchernobyl. Les travaux prévus et l’entretien devraient avoir un impact radiologique non négligeable pour les populations vivant en aval et qui consomment l’eau du Dniepr, selon la première étude d’impact effectuée par l’ACRO il y a un an. Le projet devrait aussi avoir un impact sur la biodiversité de la Polésie, la plus grande zone humide d’Europe.

Selon le collectif Save Polesia, l’Agence nationale de gestion de la zone d’exclusion a retiré le projet E40 de son plan stratégique de développement de la zone d’exclusion, ce qui est une bonne nouvelle. Ce plan est soumis à la consultation publique.

La dépendance de Fukui à l’argent du nucléaire s’accroît

La province de Fukui est celle qui a le plus grand nombre de réacteurs nucléaires au Japon. Kansaï Electric y a exploité 11 tranches de production d’électricité, JAPCo, 2, auxquelles il faut ajouter les réacteurs expérimentaux Monju et Fugen. Voir l’état des lieux du parc japonais. Depuis la catastrophe de Fukushima, 6 réacteurs ont été mis à l’arrêt définitif et 4 remis en service.

Et comme en France, la saturation des piscines d’entreposage des combustibles usés laisse peu de marge à la compagnie Kansaï Electric qui s’est engagée à construire une piscine d’entreposage centralisée en dehors de la province de Fukui. Mais elle peine à trouver un site d’accueil malgré les aides financières à la clé et n’a pas pu respecter l’échéance de décembre 2020 (comme EDF !). Elle envisage maintenant un entreposage mutualité avec d’autres compagnies d’électricité, à Mutsu, dans la province d’Aomori, contre l’avis du maire de la commune, mais cela semble satisfaire les élus locaux de Fukui prompts à favoriser le redémarrage des réacteurs, alors que leur accord était conditionné à l’entreposage.

Selon le Maïnichi, certains élus du district de Nishiura de Tsuruga se sont même proposés d’accueillir l’entreposage sur leur commune afin de bénéficier encore plus de la manne financière du nucléaire !

Le 23 avril, l’assemblée régionale a donc donné son accord à la remise en service de 3 réacteurs qui ont plus de 40 ans, suite à l’avis favorable de l’autorité de régulation nucléaire. Il s’agit de Takahama 1 et 2, et de Mihama 3. Le gouverneur de Fukui lui a emboîté le pas le 28 avril, sans mentionner les problèmes d’entreposage. Comme les communes concernées sont aussi d’accord, la remise en service des réacteurs ne devrait plus trop tarder. Ce seront les premiers réacteurs de plus de 40 ans à redémarrer. Les scandales de corruption qui ont secoué Kansaï Electric ont aussi vite été oubliés ! Ailleurs, les élus sont moins enthousiasmes qu’à Fukui… Ainsi, la commune de Mito n’a pas donné son accord à la remise en service de la centrale voisine de Tôkaï-mura, aussi âgée de plus de 40 ans.

Selon l’Asahi, un engagement du gouvernement à verser 2,5 milliards de yens supplémentaires sur 5 ans par centrale avec des réacteurs âgés a permis de convaincre les élus de Fukui… Le ministre de l’industrie était venu présenter cette nouvelle aide financière devant l’assemblée régionales le 6 avril dernier, toujours selon l’Asahi, car cette dernière regrettait l’absence de mesures de “revitalisation de l’économie”. Drôle de conception de la “vitalité économique” !

Kansaï Electric n’a, cependant, pas terminé l’installation des mesures de protection contre les attaques terroristes et l’échéance du 9 juin pour Takahama ne sera probablement pas tenue. Elle devra arrêter tous les réacteurs de cette centrale. L’échéance est en octobre 2021 pour Mihama, avec les mêmes problèmes de retard…

Autorisation de démanteler Fukushima daï-ni

L’Autorité de régulation nucléaire a donné son accord au plan de démantèlement des quatre réacteurs de la centrale de Fukushima daï-ni, située à 12 km au Sud de celle de Fukushima daï-ichi. Les travaux dureront jusqu’en 2065, selon TEPCo et devraient lui coûter 282,2 milliards de yens (plus de 2 milliards d’euros), sans prendre en compte la gestion des combustibles usés (environ 10 000 assemblages). La compagnie va construire un entreposage à sec pour ces derniers, en attendant que le pays trouve une solution pour leur stockage.

Le riz de Fukushima a encore du mal à se vendre

Les consommateurs boudent encore le riz cultivé à Fukushima et un peu plus de 60% de la production est écoulée dans les restaurants, les bentô… C’est plus que la moyenne nationale qui est de 40%, selon le ministère de l’agriculture. La crise sanitaire et les fermetures de restaurants ont réduit les débouchés et le riz de Fukushima, plus dépendant, a plus souffert. Plutôt que de baisser les prix, la fédération des agriculteurs de Fukushima, qui rassemble environ 2 000 producteurs, a préféré donner les surplus à des organisations caritatives.

Le Maïnichi rapporte qu’une tonne de riz de Fukushima a été livrée à des associations qui fournissent des repas gratuits aux enfants d’Ôsaka où la fermeture des écoles a entraîné une augmentation de la demande.

A lire : Tchernobyl par la preuve, de Kate Brown

En ce jour du 35ème anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, nous ne saurions trop recommander la lecture de Tchernobyl par la preuve, de l’historienne Kate Brown, dont la version française vient de paraître. Il s’agit du fruit d’un gigantesque travail d’analyse des archives soviétiques de l’époque qui met en évidence l’étendue du désastre, mais aussi les actions entreprises pour dissimuler la vérité et convaincre la communauté internationale et l’opinion publique de l’innocuité des retombées radioactives. Mais, suite à l’effondrement du système soviétique, des scientifiques ont tenté d’étudier, de documenter l’ampleur de la catastrophe et d’alerter.

Les puissances nucléaires occidentales, qui avaient exposées des populations aux retombées radioactives lors des essais nucléaires, avaient tout intérêt à accepter ce déni. Elles lui ont donné un verni de respectabilité via les agences de l’ONU. Comme l’explique l’auteure à AOC, “Tchernobyl est un scandale bien plus grand qu’on ne le dit. Ce n’était pas seulement une opération d’occultation soviétique, mais bien une initiative internationale. Et c’est pourquoi c’est si important pour nous aujourd’hui de nous pencher encore sur cette catastrophe.”

Une synthèse magistrale à lire absolument :

Un séminaire récent donné par Kate Brown à The University of British Colombia est disponible sur Youtube en anglais :

111ème versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 111ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 6,4 milliards de yens (49 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a reçu un total de 10 034,4 milliards de yens (77 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas. A noter que la somme totale affichée par TEPCo ne colle pas avec ce qui a été annoncé le mois dernier. Il y a 21 milliards de yens en plus.

Le communiqué de TEPCo est accompagné d’un tableau avec les sommes versées au titre des indemnisations, mais sans explications. Le total s’élève à 10 018,1 milliards de yens (77 milliards d’euros).

Le Japon suspend la pêche du sébaste noir

Les autorités japonaises viennent de suspendre la pêche au sébaste noir (kurosoï en japonais), après qu’un spécimen dépassant la contamination maximale autorisée ait été pêché au large de Minami-Sôma. C’est la première fois en 14 mois qu’une telle mesure est prise.

Le spécimen pêché le 1er avril (!) avait une contamination en césium de 270 Bq/kg alors que la limite autorisée est de 100 Bq/kg. D’autres sébastes dépassant la limite avaient aussi été capturés en février dernier. Comme les pêcheurs appliquent une limite plus stricte, fixée à 50 Bq/kg, ils avaient déjà suspendu la commercialisation de cette espèce.

Les dernières restrictions sur la pêche avaient été levées en février 2020 et les pêcheurs de Fukushima avaient capturé 3 tonnes de sébastes noirs en 2020, soit moins de 1% de leur prises.

Sans surprise, le gouvernement choisit le rejet en mer pour l’eau

Sans surprise, le gouvernement japonais a choisi le rejet en mer pour l’eau contaminée accumulée depuis 10 ans dans des cuves à la centrale de Fukushima daï-ichi. Cela faisait quelques mois voire des années qu’il procrastinait. Comme nous le rappelions dans notre bilan chiffré publié à l’occasion du dixième anniversaire de la catastrophe nucléaire, TEPCo a accumulé plus d’1,2 million de mètres cube et le stock augmente chaque jour. La place devrait commencer à manquer sur le site de la centrale en 2022. Et comme il faut 2 ans pour construire une installation de rejet et instruire le dossier d’autorisation, le calendrier est tendu.

A l’origine, les autorités voulaient laisser passer les Jeux olympiques, mais ils ont été reportés d’un an. Il y a surtout les difficultés internes puisque l’opposition au rejet est très forte localement. Aussi bien les coopératives de pêche que les élus locaux sont contre. En juin 2020, 17 communes de Fukushima avaient aussi pris position contre, tout comme l’industrie de la pêche. Même Baskut Tuncak, rapporteur spécial de l’ONU depuis 2014 sur les implications pour les droits humains de la gestion et de l’élimination écologiquement correcte des substances et déchets dangereux, s’en est mêlé dans une tribune. Lors de la consultation publique, 4 011 avis ont été déposés et quasiment tous étaient opposés au rejet. 

Cette eau aurait dû être décontaminée par la station de traitement ALPS qui filtre 62 radioéléments, mais TEPCo a mal travaillé et 72% du stock a une concentration résiduelle qui dépasse les autorisations de rejet en mer. Ce n’est qu’en septembre 2018 que la compagnie l’a reconnu, lors de réunions publiques pour expliquer… le rejet en mer. Depuis, la compagnie s’est engagée à reprendre de traitement de cette eau de façon à avoir une contamination résiduelle pour ces 62 radioéléments dans les limites autorisées. Les premiers tests effectués à l’automne 2020 étaient concluants, mais ne concernaient qu’un tout petit volume. Combien de temps il faudra pour tout reprendre ? Pas de communication sur le sujet.

Officiellement, après un traitement correct, il ne resterait plus que du tritium, de l’hydrogène radioactif qui est très difficile à filtrer puisqu’il entre dans la composition de la molécule d’eau. Dans les faits, il y a d’autres radioéléments dans cette eau qui ne sont pas filtrés et qui seront rejetés, comme TEPCo l’a reconnu très récemment : c’est le cas notamment du carbone-14 et du technétium-99. Ils seront rajoutés au bilan des éléments rejetés pour vérifier la conformité avec les autorisations de rejet.

En ce qui concerne le tritium, qui est le radioélément le plus abondant dans l’eau après traitement, le stock s’élèverait à 860 TBq dans les cuves ce qui est largement plus que la limite annuelle de rejet fixée à 22 TBq. TEPCo veut donc étaler ses rejets sur une trentaine d’années pour respecter cette limite. Il y a encore du tritium dans les combustibles usés et dans les sous-sols des réacteurs. Le rejet pourrait donc prendre plus longtemps. Un des arguments avancés pour le rejet en mer est la fragilité des cuves en cas de séisme, mais même avec rejet, il faudra qu’elles tiennent des décennies. 

Du tritium des nappes phréatiques s’écoule en mer actuellement, soit directement, soit via les pompages mis en place par TEPCo. En amont des réacteurs, au pied des cuves, le but est de réduire les flux afin de limiter les infiltrations dans les sous-sols des réacteurs. En aval, le but est de réduire les rejets radioactifs en mer.  Le niveau de contamination résiduelle est évalué avant rejet. Est-ce que ces rejets seront pris en compte dans le total ?

A titre de comparaison, l’autorisation de rejet en mer de l’usine Orano de La Hague est, pour le seul tritium, de 18 500 TBq et les rejets effectifs de ces dernières années variaient entre 11 400 et 13 200 TBq par an. Le stock dans les cuves représente environ un mois de rejet à La Hague… Le Japon ne pouvait pas reculer sur le rejet en mer, car il veut toujours démarrer sa propre usine de retraitement, à Rokkashô-mura, même si elle a déjà accumulé 25 années de retard. La valeur cible pour les rejets en tritium y est de 9 700 TBq par an (source).

A noter que la limite de 22 TBq/an pour les rejets en mer à Fukushima est inférieure à l’autorisation de rejet des installations françaises le long de la Loire. Pour Chinon, par exemple, la limite de rejet dans le fleuve est de 80 TBq/an (source). Et ce tritium se retrouve dans l’eau du robinet en aval, comme l’a montré l’ACRO

Par ailleurs, la concentration moyenne en tritium dans les cuves est de 730 000 Bq/L et dépasse donc la concentration maximale autorisée pour les rejets en mer, qui est de 60 000 Bq/L. TEPCo va donc diluer cette eau avant rejet de façon à avoir une concentration inférieure à 1 500 Bq/L. C’est cette limite qui est utilisée actuellement pour l’eau des nappes phréatiques car le tritium n’est pas le seul radioélément contaminant.

La contamination résiduelle avant rejet n’est pas bien connue et TEPCo a refusé tout contrôle indépendant. Aucune étude d’impact détaillée du rejet n’a été produite en dix ans et encore moins discutée. Il faut croire TEPCo et les autorités sur parole. La défiance de la population et des pêcheurs est donc légitime. Le communiqué de TEPCo sur la décision gouvernementale est un modèle de langue de bois qui ne répond à aucune des inquiétudes. Le seul impact négatif reconnu est sur la réputation (les fameuses “rumeurs néfastes”) que la compagnie s’engage à indemniser… Mettre en ligne une photo de l’eau décontaminée ne suffira pas !

Les autorités ne sont pas en reste. L’agence de la reconstruction a lancé une campagne d'”information”, à quelques millions de yens, avec le tritium, représenté comme un personnage à l’apparence inoffensive, pour lutter contre les “rumeurs néfastes” :

Il fallait oser ! Encore plus débilisant que la plante en pot du ministère de l’environnement avec de la terre radioactive mise en avant il y a un an. Mais, devant le tollé, l’agence de la reconstruction a dû retirer ses vidéo et plaquette de son site Internet, selon le Japan Times (voir le communiqué en japonais). C’est pour se laisser le temps de préparer cette campagne que le gouvernement a tant tardé à décider ?

Mise à jour du 16 avril 2021 :

Alors que 3 experts de l’ONU critiquent, dans un communiqué de presse, la décision japonaise de rejeter en mer, l’eau contaminée, TEPCo prend plusieurs engagements dans une note (copie). Même s’il y a beaucoup de bla-bla, TEPCo s’engage notamment à traiter l’eau autant de fois que nécessaire pour passer sous les concentrations maximales autorisées, à faire un contrôle avant rejet et à en publier les résultats. Elle parle aussi, pour la première fois, de contrôle par un tiers, sans en dire plus sur qui fera les mesures. La compagnie va aussi étendre sa surveillance de l’environnement en impliquant des tiers, mais en se focalisant sur le tritium, alors qu’il y a de nombreux autres radioéléments qui mériteraient d’être aussi contrôlés.

TEPCo dit aussi qu’en 2025, la quantité d’eau qui s’infiltre dans les sous-sols, se contamine et s’accumule sera réduite à environ 100 m3 par jour, sans dire comment elle va s’y prendre.

Un autre document, plus court, reprend les engagements de la compagnie.

Mise à jour du 22 avril 2021 :

La plaquette d'”information” (copie) a été rééditée et le tritium est désormais représenté par un T cerclé…

Avant :

Après :

Denstu, la principale agence de communication du Japon, très proche du parti libéral démocrate, au pouvoir, s’est surpassée ! Son slogan : “Champions for meaningful progress” (sic).

La reprise en main des conclusions du projet de recherche Shinrai continue à l’IRSN

En septembre 2020, l’ACRO avait démissionné du Comité d’orientation des recherches de l’IRSN suite au licenciement de Christine Fassert, une chercheuse en sciences humaines, spécialiste des risques, qui travaillait sur les conséquences de la catastrophe de Fukushima. Officiellement, l’Institut lui reproche un « comportement inadapté » et une « insubordination récurrente avec défiance vis-à-vis de sa hiérarchie ». En cause, les conclusions de son programme de recherche Shinraï (qui signifie confiance en japonais) mené en partenariat avec Sciences Po et l’université Tôkyô Tech.

Dans une tribune parue le 6 janvier dernier dans Le Monde, des chercheurs en sciences sociales et le président de l’ACRO rejettent la qualification d’« insubordination ». En effet, comme ils expliquent :

Pendant plusieurs années, Christine Fassert a fait face à des obstructions de la part de sa hiérarchie pour engager et mener à bien ses projets […]. Son travail de recherche fut à maintes reprises remis en cause par des interventions directes de sa hiérarchie, laquelle a, dans les derniers temps, dressé des obstacles à la publicisation de ses résultats.

Fin 2019, à l’issue d’un programme collectif de recherche lancé en 2014 et financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR), Christine Fassert était sur le point de publier un article s’appuyant sur des entretiens avec des contre-experts et sur l’examen des auditions du rapport dit Pompili. La publication comme sa présentation au colloque de clôture de l’ANR ont été bloquées par sa hiérarchie, au motif que ce travail révélait un parti pris.

Quelques mois plus tard, un article commandé pour un volume spécial de la revue scientifique et technique Les Annales des Mines a connu le même sort, au motif qu’« il mettait en défaut l’expertise institutionnelle [de l’IRSN] par rapport à la contre-expertise ». Moyennant une enquête de terrain de longue date, l’article conclut que « pour certains citoyens [japonais], les contre-experts ont été considérés comme les seuls acteurs prenant en compte leurs intérêts – et, au-delà de leurs intérêts, leur vulnérabilité – dans une situation de risque ». Cette conclusion est accusée de promouvoir la seule contre-expertise, qui est, de fait, essentielle dans l’amélioration du contrôle des risques radioactifs et donc de la protection de l’environnement et de la santé publique.

Dans les deux cas, Christine Fassert s’est donc vu reprocher d’avoir trahi « le point de vue institutionnel de l’IRSN ». Elle aurait dû employer systématiquement les formules et concepts préférés de son institution, de « l’amélioration continue de la sûreté » à « l’ouverture à la société », en passant par le « dialogue technique ».

Une fois Christine Fassert chassée, la route est libre et son supérieur hiérarchique direct peut s’approprier le programme de recherche Shinraï dans un séminaire interne de l’ASN programmé le jeudi 15 avril 2021 à 13h30. Le résumé de l’intervention diffusé en interne met en avant

une enquête approfondie menée auprès :

  • d’habitants de la préfecture de Fukushima (plus de 120 entretiens avec des habitants de retour dans leur ville d’origine après les levées d’ordre d’évacuation par le gouvernement, mais aussi habitants qui ont évacué dans des lieux parfois éloignés de Fukushima (Kyoto, Nagasaki, …),
  • de représentants des autorités nationales et locales, afin de comprendre les processus conduisant aux décisions de levée des ordres d’évacuation des populations après décontamination,
  • et d’associations et de « contre-experts », notamment « anti-nucléaires », qui ont joué un rôle important d’information et de soutien auprès des populations.

Ce travail a entièrement été effectué par Christine Fassert et ses collègues de Sciences Po et de l’université Tôkyô Tech, sans son supérieur hiérarchique, impliqué dans d’autres thématiques ! On peut s’attendre à ce que les conclusions présentées seront plus conformes à l’idéologie dominante en termes de gestion post-accidentelle…

240 suicides liés à la triple catastrophe en dix ans, dont 118 à Fukushima

Selon le décompte du ministère de la santé, il y a eu 240 suicides liés à la triple catastrophe de mars 2011. Le lien a été établi à partir des courriers laissés par les personnes qui ont mis fin à leurs jours. Selon le Maïnichi, qui rapporte ces chiffres officiels, c’est à Fukushima qu’il y a eu le plus grand nombre de suicides : 118. Comparativement, il y en a eu 58 à Miyagi et 54 à Iwaté, les deux autre provinces très affectées par le tsunami.