Deux synthèses sur l’évolution de la contamination radioactive à Fukushima

Un article de revue synthétise les connaissances acquises sur la contamination de l’environnement terrestre à Fukushima et son évolution. Il est en accès payant, mais l’IRSN en a mis une version gratuite en ligne.

L’AIEA a aussi publié une synthèse des connaissances sur les transferts des radioéléments dans l’environnement de Fukushima. Le document est en libre accès ici.

Le gouvernement reporte l’annonce de sa décision concernant le rejet en mer de l’eau partiellement décontaminée

Comme nous l’avions mentionné récemment, selon les médias japonais, le gouvernement devait annoncer qu’il avait choisi le rejet en mer de l’eau accumulée à Fukushima, après une nouvelle décontamination partielle. Mais les pêcheurs et plusieurs communes y sont farouchement opposés. Lors de la consultation, 4 011 avis ont été déposés et quasiment tous étaient opposés au rejet. Le gouvernement a donc décidé de reporter l’annonce de sa décision…

Officiellement, il n’y aurait plus d’urgence à trancher et il faut prendre le temps de prendre en compte les différentes opinions. Jusqu’à présent, la saturation du site était prévue en 2022 et, en considérant, les deux années nécessaires pour construire des installations de rejet validées par l’autorité de régulation nucléaire, le gouvernement aurait dû décidé cet été. Mais, selon l’Asahi, l’eau s’accumulerait un peu moins vite que prévu et TEPCo a trouvé un peu de place pour mettre plus de cuves. Le gouvernement et la compagnie pourraient ainsi gagner deux années supplémentaires à convaincre les pêcheurs.

En effet, en août 2015, le PDG de TEPCo s’était engagé auprès des pêcheurs à ne procéder à aucun rejet sans avoir obtenu leur accord. Et les deux parties étaient alors parvenues à un accord pour le rejet de l’eau souterraine contaminée, après décontamination partielle (voir les explications de l’époque). Les autorités et TEPCo continuent à voir les pêcheurs comme les seuls propriétaires de l’océan…

Rappelons que l’eau destinée à être rejetée ne contient pas que du tritium, comme les autorités et TEPCo ont réussi à le faire croire, mais de nombreux autres radioéléments, partiellement filtrés, voire pas filtrés du tout, comme le carbone-14 et le technécium-99.

Alors que le gouvernement doit annoncer qu’il a choisi le rejet en mer, TEPCo publie des résultats partiels pour les essais sur un second traitement de l’eau contaminée

Selon les médias japonais, le gouvernement devrait annoncer, d’ici la fin du mois, sa décision quant au devenir de l’eau contaminée accumulée dans des cuves, et sans surprise, ce sera le rejet dans l’océan. Cette décision, attendue pour l’été 2020, mettra fin à 7 années de Kabuki durant lesquels il a été considéré des solutions alternatives stupides comme évaporer ce stock d’eau (plus d’un million de mètres cube, tout de même !) ou l’injecter dans les sous-sols. Des réunions d’information avec les élus locaux auraient eu lieu pour préparer l’annonce.

Les pêcheurs locaux sont contre, comme nous l’avons mentionné. Plusieurs communes aussi. La Corée du Sud est très active dans son opposition à ce rejet dans l’Océan. L’annonce de la décision de rejet devrait donc être accompagnée d’un plan de surveillance de l’environnement et de lutte contre les “rumeurs néfastes”… Une fois la décision prise, il faudra encore construire des installations de rejet et les faire valider la l’Autorité de régulation nucléaire. Cela pourrait prendre deux ans.

Au 22 octobre 2020, le portail dédié à l’eau contaminée de TEPCo, fait état d’un stock de 1,234 millions de mètres cubes d’eau “traitée” accumulée dans des cuves. Mais une large partie du stock (environ 72%) a n’a pas été traitée convenablement, et les concentrations résiduelles pour certains éléments dépassent les concentrations maximales autorisées pour rejet en mer. Il faut donc traiter une deuxième fois cette eau.

Comme annoncé en septembre dernier, les premiers tests ont démarré sur 2 000 m3. La compagnie vient de publier un premier bilan à mi-parcours, après avoir traité 1 000 m3. TEPCo a retenu 7 radioéléments majeurs pour lesquels elle somme les ratios entre la concentration résiduelle et l’autorisation de rejet. Cette somme atteignait 3 791 pour un premier échantillon et 153 pour un autre, avant les tests. La somme des ratios pour ces 7 radioéléments majeurs serait passée de 2 188 à 0,15 pour le premier échantillon (TEPCo n’explique pas la différence entre les deux valeurs avant traitement). Dans ce mélange, les radioéléments qui dépassaient la limite autorisée étaient le césium-137, les strontium-90 et -89, et dl’iode-129. Pour le stontium-90, la concentration résiduelle atteignait 64 640 Bq/L, à comparer aux 30 Bq/L maximum autorisés avant rejet en mer ! Le strontium-89 ne fait pas partie du groupe de 7 radioéléments supposés majeurs et a dû être rajouté…

TEPCo va poursuivre les analyses pour déterminer les concentrations résiduelles de 54 autres radioéléments traités, auxquels elle compte ajouter le tritium et le carbone-14, non traités. Rappelons qu’il a fallu presque 10 ans à la compagnie pour reconnaître qu’il restait du carbone-14 dans l’eau contaminée, comme nous l’avons révélé en septembre dernier. Et TEPCo ne parle déjà plus du Technécium-99, déjà oublié.

Courage, il ne reste plus qu’un million de mètres cubes environ à reprendre…

L’industrie de la pêche à Fukushima fermement opposée au rejet en mer de l’eau partiellement décontaminée

Alors que le gouvernement s’apprête à annoncer le rejet en mer de l’eau partiellement décontaminée, les coopératives de pêche de Fukushima sont contre et elles le font savoir. Elles craignent pour leurs ventes. Lors de la dernière des 7 réunions entre le gouvernement et les pêcheurs, qui a eu lieu à Tôkyô, le 8 octobre, les représentants des pêcheurs ont réitéré leur position en soulignant qu’elle était unanime et qu’il n’y avait pas de compromis possible.

L’industrie de la pêche souffre encore des conséquences de la catastrophe nucléaire. En 2019, elle a capturé un total de 3 600 tonnes, ce qui représente 14% du niveau d’avant la catastrophe. Et, comme nous l’avons mentionné, les pêcheurs veulent reprendre la pêche de toutes les espèces à partir d’avril 2021.

Ces consultations, débutées en avril 2020, ont permis d’auditionner 43 personnes, représentatives de 29 organisations. Le gouvernement doit maintenant décider, mais il n’y a pas de suspense : ce sera le rejet en mer. Reste à savoir quand et comment il va l’annoncer.

Les coopératives de pêche envisagent une reprise complète de leurs activités à partir d’avril 2021

Lors d’une réunion à Iwaki le 29 septembre, la fédération régionale des coopératives de pêche de Fukushima s’est fixé comme objectif la reprise de l’ensemble des opérations de pêche commerciale en avril prochain. Les contrôles effectués à l’issue de captures test a permis de lever toutes les interdictions, y compris pour les poissons plats, comme les raies, dont l’alimentation dépend des fonds marins, plus contaminés.

Le calendrier de reprise en fonction des zones de pêche devrait être précisé au début 2021. Cependant, La zone proche de la centrale de Fukushima daï-ichi pourrait être évitée encore un certain temps. Il faut aussi consolider les circuits de commercialisation.

Les pêcheurs sont très inquiets du projet de rejet en mer de l’eau contaminée contenue dans les cuves à la centrale de Fukushima daï-ichi. Lors de l’assemblée générale de juin, la fédération a approuvé une résolution spéciale demandant une “objection absolue” au rejet dans l’océan.

Le Fukushima Minpo, qui relate l’information, rappelle aussi les principales dates depuis la catastrophe nucléaire :
• 15 mars 2011 : La fédération régionale des coopératives de pêche de Fukushima décide de suspendre la pêche côtière.
• 7 avril 2011 : Début de la surveillance de la contamination dans l’environnement pour les fruits de mer.
• 22 juin 2012 : Le gouvernement ordonne la limitation de la commercialisation de 36 espèces de poissons et lève l’interdiction pour les jeunes lançons.
• Le 25 juin 2012 : Première livraison de poissons capturés lors d’opérations de test.
• 28 août 2013 : La pêche expérimentale est suspendue et reportée en raison de la découverte de fuites radioactives à la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi.
• 24 septembre 2013 : Reprise de la pêche expérimentale et suspension volontaire des opérations dans la zone maritime située dans un rayon de 20 km autour de l’usine.
• 28 février 2017 : Zone de pêche restreinte réduite à un rayon de 10 km de l’usine.
• 25 février 2020 : Le gouvernement lève l’interdiction d’expédition de la raie commune, permettant la commercialisation de toutes les espèces de poissons.

Démarrage prochain des tests sur un deuxième traitement de l’eau contaminée accumulée

La gestion de l’eau contaminée accumulée dans des cuves constitue l’un des défis majeurs auxquels doit faire face TEPCo. Comme les autorités, elle aimerait pouvoir la rejeter dans l’Océan Pacifique, qui est l’option privilégiée, mais 73% du stock a une concentration résiduelle qui dépasse les autorisations de rejet. Rappelons que TEPCo va manquer de place à partir de 2022 pour ses cuves. Le portail dédié à l’eau contaminée fait état d’un stock, à la date du 20 août 2020, de 1,2 million de mètres cubes dans 1 041 cuves.

La charte ci-dessous, reprise du portail de TEPCo montre que pour 6% du stock, la contamination résiduelle pour 7 radioéléments majeurs est 100 fois plus élevée que ce qui est autorisé pour les rejets. C’est entre 10 et 100 fois pour 15% du stock.

Les “repurposed tanks” sont des cuves qui contenaient de l’eau contaminée partiellement traitée, où seul le strontium-90 avait été retiré. Cette eau ayant été traitée, les cuves sont réutilisées pour de l’eau entièrement traitée par la station ALPS. Mais, comme l’explique TEPCo dans ce document (copie), il restait des boues au fond de la cuve qui a fait remonter significativement la contamination de l’eau ! Ces cuves sont donc comptées à part dans la charte ci-dessus.

TEPCo s’est engagée à traiter une deuxième fois l’eau qui dépasse les autorisations de rejet et elle vient d’annoncer dans un communiqué (copie) qu’elle va effectuer les premiers tests à partir du 15 septembre prochain sur 2 000 m3. Une partie a une contamination résiduelle moyenne pour 7 radioéléments majeurs 153 fois plus élevée que ce qui est autorisé pour les rejets, et pour une autre partie, c’est 3 791 fois plus. La compagnie devrait donner les résultats à la mi-octobre 2020 pour les 62 radioéléments qu’ALPS peut retirer.

Pour la première fois en presque 10 ans, TEPCo mentionne aussi le carbone-14, qui sera mesuré avant et après le traitement, même s’il n’est pas retiré. Cet élément n’était jamais mesuré ni évoqué dans les résultats publiés par la compagnie, comme nous l’évoquions dès septembre 2013. Dans ce document (copie), déjà mentionné plus haut, TEPCo explique qu’il y avait un écart significatif entre la somme de l’activité bêta des 7 radioéléments majeurs (Cs-134/137, Sr-90, Co-60, Sb-125, Ru-106, I-129) et la radioactivité bêta totale. Elle l’explique désormais par le carbone-14 et le technétium-99. Des mesures carbone-14 ont été effectuées depuis et la concentration maximale obtenue va être ajoutée au calcul des ratios entre la contamination résiduelle et les limites autorisées. Il aura fallu presque 10 ans à la compagnie pour s’en rendre compte, sans que cela ne perturbe l’autorité de régulation nucléaire japonais ou l’AIEA qui s’est prononcée sur la gestion de l’eau contaminée.

Le 15 septembre, TEPCo a mis quelque photos en ligne, sans grand intérêt…

Tribune d’un rapporteur spécial de l’ONU : la gestion des déchets radioactifs est aussi une décision relative aux droits humains

L’agence de presse Kyodo a publié une tribune, reprise par le Maïnichi, de Baskut Tuncak, rapporteur spécial de l’ONU depuis 2014 sur les implications pour les droits humains de la gestion et de l’élimination écologiquement correcte des substances et déchets dangereux. La voici en français :

Dans quelques semaines, le gouvernement japonais aura l’occasion de montrer au monde entier à quel point il attache de l’importance à la protection des droits humains et de l’environnement et au respect de ses obligations internationales.

Au lendemain de la catastrophe nucléaire de Fukushima daï-ichi, moi-même et d’autres rapporteurs spéciaux de l’ONU avons constamment exprimé nos préoccupations quant aux approches adoptées par le gouvernement japonais. Nous avons craint que le relèvement des “limites acceptables” d’exposition aux radiations pour inciter à la réinstallation ne viole les obligations du gouvernement en matière de droits humains envers les enfants.

Nous nous sommes inquiétés de l’exploitation possible des migrants et des pauvres pour les travaux de décontamination radioactive. Notre préoccupation la plus récente est la façon dont le gouvernement a utilisé la crise COVID-19 pour accélérer considérablement son calendrier de décision concernant le déversement dans l’océan des eaux radioactives qui s’accumulent à Fukushima daï-ichi.

En mettant de côté les devoirs de consultation et de protection qui incombent au Japon en vertu du droit international, je suis attristé de penser qu’un pays qui a subi les horreurs d’être le seul sur lequel non pas une mais deux bombes nucléaires ont été larguées pendant la guerre, continuerait sur cette voie pour faire face aux conséquences radioactives de la catastrophe de Fukushima daï-ichi.

Le rejet des eaux usées toxiques collectées à la centrale nucléaire de Fukushima serait, sans aucun doute, un coup terrible porté aux moyens de subsistance des pêcheurs locaux. Indépendamment des risques sanitaires et environnementaux, l’atteinte à la réputation serait irréparable, une cicatrice invisible et permanente sur les produits de mer locaux. Aucune somme d’argent ne peut remplacer la perte de culture et de dignité qui accompagne ce mode de vie traditionnel pour ces communautés.

Les communautés de Fukushima, si dévastées par les événements tragiques du 11 mars 2011, ont exprimé ces dernières semaines leurs préoccupations et leur opposition au rejet de l’eau contaminée dans leur environnement. C’est leur droit à un environnement qui leur permette de vivre dans la dignité, de profiter de leur culture et de ne pas être délibérément exposées à une contamination radioactive supplémentaire. Ces droits doivent être pleinement respectés et ne doivent pas être ignorés par le gouvernement de Tôkyô.

Le déversement de déchets nucléaires dans l’océan pourrait nuire aux relations internationales du Japon. Les pays voisins sont déjà préoccupés par le rejet d’importants volumes de tritium radioactif et d’autres contaminants dans les eaux usées.

Le Japon a le devoir, en vertu du droit international, de prévenir les dommages environnementaux transfrontaliers. Plus précisément, en vertu de la Convention de Londres, le Japon a l’obligation de prendre des précautions en ce qui concerne le déversement de déchets dans l’océan. Compte tenu de l’incertitude scientifique quant aux effets sur la santé et l’environnement de l’exposition à des rayonnements de faible intensité, le rejet de ces eaux usées serait totalement incompatible avec l’esprit, sinon la lettre, de cette loi.

Les peuples autochtones ont un droit internationalement reconnu au consentement libre, préalable et éclairé. Cela inclut l’élimination des déchets dans leurs eaux et les actions susceptibles de contaminer leur alimentation. Quelle que soit l’importance de la contamination de leur eau et de leur nourriture, le gouvernement japonais a l’obligation incontestable de consulter les peuples indigènes potentiellement affectés, obligation qu’il n’a pas remplie.

Le gouvernement japonais n’a pas, et ne peut pas, s’assurer de consultations significatives comme l’exige le droit international des droits de l’homme pendant la pandémie actuelle. Rien ne justifie un calendrier aussi dramatiquement accéléré pour la prise de décision pendant la crise de la covid-19. Le Japon dispose de l’espace physique nécessaire pour stocker les eaux usées pendant de nombreuses années.

Depuis six ans, je présente un rapport annuel au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Qu’il s’agisse des droits de l’enfant ou des droits des travailleurs, dans presque toutes les discussions aux Nations unies, la situation de Fukushima daï-ichi est soulevée par des observateurs inquiets, afin que le monde entier puisse l’entendre. Les organisations intervenantes ont demandé année après année au gouvernement japonais de leur adresser une invitation à se rendre sur place afin que je puisse faire des recommandations pour améliorer la situation. Je regrette que mon mandat arrive à son terme sans cette possibilité, malgré mes demandes répétées de visite et d’évaluation de la situation.

La catastrophe de 2011 ne peut être annulée. Toutefois, le Japon a encore la possibilité de minimiser les dégâts. À mon avis, il existe de graves risques pour les moyens de subsistance des pêcheurs au Japon et pour sa réputation internationale. Une fois de plus, j’invite le gouvernement japonais à réfléchir à deux fois à son héritage : en tant que véritable champion des droits de l’homme et de l’environnement, ou pas.

Traduit avec l’aide de www.DeepL.com/Translator

Rejet de l’eau contaminée en mer : 17 communes de Fukushima s’y opposent

La gestion de l’eau contaminée est l’un des principaux casse-têtes de TEPCo et des autorités japonaises. Voir notre bilan récent effectué à l’occasion du neuvième anniversaire de la catastrophe nucléaire et le portail dédié de TEPCo. Après un traitement partiel, cette est entreposée dans des cuves, sans que cela puisse être pérenne. La place devrait commencer à manquer à partir de l’été 2022. L’option qui a la faveur du gouvernement est le rejet dans l’océan. Selon l’Autorité de régulation nucléaire, l’instruction et la préparation du rejet pourrait prendre deux ans. Il est donc temps de décider.

Officiellement, il ne reste plus que du tritium (hydrogène radioactif) après un traitement qui a consisté à retirer 62 radioéléments, mais en fait, TEPCo doit reprendre 72% du stock dont les concentrations résiduelles dépassent les autorisations de rejet en mer. Ce rejet pourrait s’étaler sur une trentaine d’années. Une consultation a lieu jusqu’au 15 juillet 2020.

Selon le Fukushima Minpo, qui a mené l’enquête, 17 conseils municipaux de Fukushima sur 59 ont déjà voté une résolution critiquant la politique gouvernementale. Elles s’opposent au rejet et demandent une implication plus forte pour rétablir la réputation de la province. Namié, par exemple, s’oppose au rejet en mer, alors que Nishigo et Miharu s’opposent aussi au rejet atmosphérique. Beaucoup demandent que cette eau reste dans des cuves.

Minami-Sôma et Daté sont en train de mener des consultations et n’ont pas encore pris position. 11 autres communes devrait délibérer prochainement. Ainsi, 30 communes en tout, devraient prendre position sur ce sujet.

Les 17 communes qui ont déjà délibéré sont Aizuwakamatsu, Iwaki, Kitakata, Sôma, Nihonmatsu, Koori, Kawamata, Minamiaizu, Aizubange, Yugawa, Kaneyama, Nishigo, Ishikawa, Miharu, Namie, Shinchi et Iitaté.

Les 11 communes qui prévoient de prendre position sont Kôriyama, Ôtama, Kagamiishi, Nishiaizu, Shôwa, Nakajima, Samégawa, Tamakawa, Hirata, Furudono, Ono.

CODIRPA : vers une reconnaissance du risque de contamination de l’eau potable en cas d’accident nucléaire grave

En juillet 2019, l’ACRO alertait sur la contamination en tritium de l’eau du robinet de plus de 6 millions de d’habitants de la métropole, dont environ 4 millions rien qu’en Ile de France. En cas d’accident grave sur une des centrales nucléaires sur la Seine, la Vienne ou la Loire, il n’y aura pas que le tritium rejeté et ce sont des millions de personnes qui risquent d’être privées d’eau potable. L’ACRO demandait que la pollution radioactive soit prise en compte dans les plans « ORSEC eau potable » qui doivent être établis pour le 31 décembre 2020 au plus tard et qu’ils fassent l’objet d’une consultation du public.

En début d’année 2020, l’ACRO a publié une étude montrant qu’en Ukraine, l’eau potable de 8 millions d’habitants est toujours polluée par les retombées radioactives de la catastrophe en Tchernobyl, qui a eu lieu en 1986. En cas d’accident en France, les conséquences risquent d’être tout aussi durables. Il est donc important de s’y préparer.

Dans un courrier daté du 18 juin 2020 adressé au président de l’Autorité de sûreté nucléaire, le Premier ministre donne un nouveau cadre au comité directeur pour la gestion de la phase post-accidentelle d’un accident nucléaire ou d’une situation d’urgence radiologique (Codirpa) mis en place en juin 2005. Durant la période 2020-2024, le Codirpa devra notamment prendre en compte « un rejet de substances radioactives dans les milieux aquatiques, qu’ils soient marins, lacustres ou fluviaux ». C’est une belle victoire pour l’ACRO !

En revanche, rien ne semble avoir avancé du côté des plans « Orsec eau potable » alors que l’échéance approche !

Le courrier du premier ministre demande aussi une révision du plan national de réponse à une accident radiologique ou nucléaire majeur. Espérons que la société civile sera associée et consultée cette fois-ci, conformément aux recommandations internationales qui sont ignorées par les autorités qui ne retiennent que ce qui les arrange.

Rejet de l’eau contaminée : le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme demande au Japon de respecter ses obligations et de prendre le temps de consulter les populations

Le Japon n’a pas trouvé d’autre solution que de rejeter son stock d’eau contaminée dans l’Océan pacifique, après avoir procédé à un deuxième traitement afin d’abaisser la contamination résiduelle.TEPCo prévoit un rejet étalé sur une trentaine d’années.

Les autorités japonaises voulaient attendre la fin des Jeux olympiques de Tôkyô avant de commencer les rejets, sachant que le calendrier est serré puisqu’il n’y aura plus de place à partir de 2022. Le report des JO de l’été 2020 à l’été 2021 pour cause de pandémie de COVID-19 n’arrange pas ses affaires. Une consultation du public a eu lieu en avril-mai dernier.

Quatre experts du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), qui est la principale entité des Nations Unies en matière de droits de l’homme, viennent de rappeler à l’ordre le Japon à ce sujet. Dans un communiqué de presse, ils se disent “profondément préoccupés par les informations selon lesquelles le gouvernement japonais a accéléré son calendrier pour le rejet d’eaux usées radioactives dans l’océan sans avoir le temps ou la possibilité de mener des consultations sérieuses”. Ils demandent donc d’attendre que la crise COVID-19 soit passée pour que des consultations internationales appropriées puissent avoir lieu.

Ils ont déclaré qu’il n’était pas nécessaire de prendre des décisions hâtives car il y avait suffisamment d’espace pour installer des réservoirs de stockage supplémentaires afin d’augmenter la capacité, et la consultation publique ne devait initialement avoir lieu qu’après les Jeux olympiques de 2020. Et d’ajouter que la “COVID-19 ne doit pas être utilisé comme un tour de passe-passe pour détourner l’attention des décisions qui auront de profondes implications pour les populations et la planète pour les générations à venir”, ont déclaré les experts. “Il y aura de graves répercussions sur les moyens de subsistance des pêcheurs japonais locaux, mais aussi sur les droits de l’homme des personnes et des peuples en dehors du Japon”.

Ce n’est pas la première fois que le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme critique le Japon pour sa gestion de la catastrophe de Fukushima.

Les dernières recommandations des experts japonais sur la gestion de l’eau contaminée sont ici en japonais. Rien de neuf par rapport à la dernière communication sur le sujet, ni par rapport à la communication précédente, de décembre 2019. Les autorités japonaises utilisent toujours la même stratégie : Décider – Annoncer – Défendre (DAD). Et toute critique est rabaisée au rang de rumeur néfaste…