Données sur les doses reçues par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

Comme cela faisait longtemps que nous n’avons pas relayé les données publiées par TEPCo sur les doses reçues par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi, voici les données relatives au dernier relevé.

En juillet, août et septembre 2019, environ 6 000 travailleurs ont été exposés chaque mois aux rayonnements ionisants à la centrale accidentée. Les doses moyennes reçues sont de 0,30 mSv par mois environ. La dose la plus élevée était de 9,7 mSv en un mois. A titre de comparaison, les doses reçues ne doivent pas dépasser 20 mSv par an en moyenne.

Les employés de TEPCo ne représentent que 15% des personnes exposées. En revanche, ils n’ont reçu que 5,5% de la dose collective sur 3 mois qui est de 5,89 hommes.sieverts.

TEPCo a remis à zéro tous les compteurs en avril 2016. Entre avril 2016 et septembre 2019, 21 777 personnes ont été exposées aux rayonnements ionisants. Elles ont reçu, une dose totale moyenne de 5,64 mSv. La dose la plus élevée est de 79,90 mSv et c’est un sous-traitant qui l’a reçue.

Le document mis en ligne contient beaucoup d’autres données, par année ou par classe d’âge.

Reconduction de l’Agence de reconstruction pour 10 ans

Le gouvernement japonais devrait reconduire l’agence de reconstruction pour dix ans. Etablie en février 2012, elle devait financer la reconstruction du Tôhoku pendant une dizaine d’années. Les cinq premières années (2011-2015) correspondaient à une “reconstruction intensive”, avec un budget de 25 000 milliards de yens (208 milliards d’euros) et les cinq suivantes (2016-2020) à une période de “revitalisation”, avec un budget de 6 500 milliards de yens (54 milliards d’euros).

La décision gouvernementale de prolonger cette agence doit encore être approuvée par le parlement. L’aide pour les zones affectées par les séisme et tsunami devrait s’arrêter dans 5 ans, ce qui inquiète déjà les élus locaux. Dans ses attributions, elle aura notamment le soutien au démantèlement de la centrale de Fukushima daï-ichi, à la gestion de l’eau contaminée et l’aide au retour des habitants. Et là, 10 ans ne suffiront pas !

33 ans après la catastrophe de Tchernobyl, l’Ukraine a toujours une agence en charge de la zone d’exclusion.

Nouveau bilan : 91 sacs de déchets radioactifs emportés par le typhon Hagibis – 40 n’ont pas été retrouvés

Le ministère de l’environnement a publié un nouveau décompte du nombre de sacs de déchets radioactifs issus de la décontamination qui ont été emportés par les flots lors du passage du typhon Hagibis (document repéré par Enerwebwatch). Le précédent décompte est ici. Rappelons que ce typhon a fait d’énormes dégâts et de nombreuses victimes.

L’énorme chantier de décontamination lancé par les autorités japonaises pour reconquérir les territoires contaminés par la catastrophe de Fukushima a engendré d’énormes volumes de déchets mis dans des sacs d’un mètre cube environ. Les déchets organiques doivent être incinérés et les sols entreposés sur un site de 16 km2 qui entoure la centrale de Fukushima daï-ichi. En attendant, ils sont éparpillés partout sur des sites temporaires à proximité des chantiers. Dans les zones évacuées les chantiers de décontamination et les déchets engendrés sont sous la responsabilité du gouvernement et dans les zones non évacuées, sous la responsabilité des communes.

Selon le dernier décompte, il y a encore 5,02 millions de m3 de sols contaminés dans des sacs sous la responsabilité du gouvernement auxquels il faut ajouter 5,35 millions de m3 sous la responsabilité des communes. Il y aussi les déchets qui ont déjà été transportés sur le site centralisé où ils sont plus en sécurité.

Le ministère de l’environnement a fini de contrôler les 236 sites sous sa responsabilité. De plus les 716 sites sous la responsabilité des communes à Fukushima et les 44 autres en dehors de cette province ont aussi été contrôlés. Selon le Japan Times, cela s’est fait en envoyant des équipes longer les rivières ou à l’aide de drones pour les zones inaccessibles. Un hélicoptère aussi effectué des recherches le 23 octobre dernier.

Il ressort qu’environ 90 sacs ont été emportés dans la province de Fukushima, dans les communes d’Iitaté (1), Nihonmatsu (15), Tamura (30) et Kawauchi (44), et 40 sont toujours manquants. De plus, un sac a été emporté à Nasu, dans la province de Tochigi. 24 sacs récupérés étaient vides et 25 autres étaient “intacts”.

Le ministère de l’environnement a fait effectuer des mesures de débit de dose ambiant et des analyses de l’eau. Il n’a pas détecté d’augmentation significative des débits de dose ambiants, sachant que les sites sont déjà contaminés. Quant à l’eau des rivières où les sacs ont été retrouvés, les contaminations en césium sont toutes sous les limites de détection qui sont assez élevées (de l’ordre de de 4 à 7 Bq/L). Des tableaux et des cartes avec les résultats sont disponibles.

La NHK a diffusé des images d’un site et les sacs qui sont restés ne sont pas en bon état.

Sur le site de la centrale accidentée, TEPCo a dû faire face à une forte augmentation des infiltrations des eaux souterraines et des eaux de pluie dans les bâtiments réacteur et turbine, comme on peut le voir sur ce document. Le volume d’eau à stocker a dépassé les 600 m3 en une journée, contre une centaine de mètres cube par jour avant l’arrivée du typhon.

Livre en anglais avec la collection de 6 années de surveillance citoyenne de la radioactivité des sols au Japon

Le réseau de laboratoires et de station de mesure indépendants, Minna no data (les données de tous), avait lancé un appel à souscription pour éditer un livre rassemblant les données de 6 années de surveillance citoyenne de la contamination des sols au Japon. Chikurin, le laboratoire que l’ACRO a co-fondé au Japon est membre de ce réseau.

Le livre est paru en novembre 2018 et une version résumée est désormais disponible en anglais. On peut la commander ici pour soutenir ce réseau. La version japonaise a reçu un prix. A noter que de nombreuses autres données sont disponibles en anglais sur le site internet du réseau.

4 000 bénévoles ont contribué à ce travail. 3 400 sites ont été contrôlés dans 17 provinces. Selon l’Asahi, qui consacre un article à cet ouvrage, 15 000 exemplaires de la version japonaise ont été vendus.