Presque 3 milliards d’euros pour relancer le vieux réacteur Tôkaï-2

Tôkaï-2 est un vieux réacteur qui a été partiellement noyé par le tsunami de 2011 et que son exploitant, Japan Atomic Power Co (JAPCo), veut redémarrer coûte que coûte. Filiale de plusieurs compagnies d’électricité, JAPCo ne fait, ou plutôt faisait qu’exploiter deux centrales nucléaires. Celle de Tsuruga ne redémarrera jamais à cause d’une faille considérée comme active par l’autorité de régulation nucléaire. Ne lui reste donc que Tôkaï-2, qui a été autorisé à fonctionner jusqu’à 60 ans.

Selon l’agence de presse Kyodo, JAPCo devrait recevoir 350 milliards de yens (presque 3 milliards d’euros) pour remettre Tôkaï-2 au niveau de sûreté exigé depuis la catastrophe de Fukushima. C’était 300 milliards de yens en mars dernier. Tôkyô Electric (TEPCo) et Tôhoku Electric payer 80% de cette somme et 3 autres compagnies, Chûbu Electric, Hokuriku Electric et Kansai Electric, le reste. Il s’agit d’un emprunt garanti par ces compagnies.

Alors que TEPCo serait en faillite sans un financement public et qu’elle rogne sur toutes ses dépenses, y compris sur les indemnisations, cet investissement dans un vieux réacteur nucléaire est choquant pour beaucoup.

JAPCo joue sa survie avec ce réacteur, mais en cas d’échec, ce sont ses propriétaires, dont TEPCo qui paieront. Des actionnaires ont saisi la justice pour que la compagnie cesse de financer Tôkaï-2.

Scandale de corruption chez KEPCo : 5 dirigeants démissionnent

Le scandale de corruption chez Kansaï Electric (KEPCo), révélé fin septembre 2019, vient d’entraîner la démission de trois dirigeants. Les révélations se sont succédé quasiment quotidiennement, rendant leur défense intenable. Le président Makoto Yagi a annoncé sa démission immédiate, le 9 octobre. Il devrait aussi démissionner de la Fédération économique du Kansaï, dont il visait la présidence. Ikuo Morinaka, vice-président exécutif, qui dirige la branche nucléaire, va aussi démissionner. Shigéki Iwané, quant à lui, va démissionner en décembre, quand la tierce-inspection composée de quatre magistrats, rendra son rapport. Il devrait aussi démissionner de son poste de président de la Fédération des compagnies d’électricité du Kansaï. Ce dernier avait notamment reçu une boîte de bonbons avec des pièces d’or quand il est devenu directeur. La commune de Takahama va aussi lancer des investigations. Deux autres cadres auraient aussi démissionné. Les coupures de salaire n’ont pas été suffisantes !

Les médias ont recueilli de nouveaux témoignages de cadres qui ont reconnu avoir reçu des dons de la part de l’ancien maire adjoint de Takahama, Eiji Moriyama. Cela aurait commencé bien avant l’année 2006, avancée par KEPCo, dès la fin des années 90, c’est à dire il y a 20 ans environ ! C’est le cas, notamment, d’un cadre de la centrale nucléaire d’Ôï. Il lui aurait alors fait un cadeau en retour, d’une valeur plus élevée. Puis, plus tard, lors d’un dîner, Moriyama lui aura demandé de favoriser une certaine compagnie pour la maintenance de la centrale nucléaire. KEPCo a reconnu que trois personnes ont aussi reçu de l’argent directement de compagnies sous-traitantes.

Le directeur Shigéki Iwané a aussi promu trois cadres qui avaient reçu des dons, alors qu’il avait été prévenu par lettres anonymes. Il s’agit d’Ikuo Morinaka, qui a reçu 40,6 millions de yens et qui est devenu vice-président, de Satoshi Suzuki, qui a reçu 123,67 millions de yens et de Shigeki Otsuka, qui a reçu 7,2 millions de yens. L’annonce du plan de promotion a été faite le 25 avril 2019. Les lettres anonymes, aussi adressées à  une association anti-nucléaire de Fukui, ont été envoyées entre avril et juin 2019. La promotion a été entérinée le 21 juin 2019.

Ces démissions ne suffiront pas à réduire l’indignation des Japonais. C’est tout le management de la compagnie qui doit être revu. Selon le Maïnichi, Koji Inada, vice-président excécutif de KEPCo, a expliqué que la compagnie ne pourrait pas redémarrer de nouveaux réacteurs nucléaires avant d’avoir regagné la confiance du public. Et de reconnaître que cela va prendre du temps… KEPCo espérait redémarrer les réacteurs 1 et 2 de Takahama l’an prochain (voir l’état des lieux du parc nucléaire japonais), après avoir reçu une autorisation de la prolongation de leur exploitation jusqu’à 60 ans. La compagnie cherche aussi un site pour entreposer ses combustibles usés.

En effet, la seule défense des cadres corrompus a été de dire qu’il avaient peur de l’ancien maire adjoint, connu pour ses colères. C’est un peu léger pour une des principales compagnies du pays, qui exploite des centrales nucléaire en plus !

Kyûshû Electric va arrêter deux réacteurs l’an prochain à cause de son retard dans la mise en place de mesures anti-terroristes

En avril dernier, l’Autorité de régulation nucléaire, la NRA, avait refusé un report de l’échéance pour la mise en place de mesures anti-terroristes dans les centrales nucléaires. Elle avait confirmé cette décision en juin dernier. La liste des réacteurs concernés est dans le premier billet.

Les nouvelles règles de sûreté introduites en 2013 laissent 5 ans après l’autorisation de remise en service d’un réacteur pour mettre en place une installation bunkérisée qui permettrait de maintenir le refroidissement en cas d’attaque comme un crash d’avion. Cette installation, située à plus de 100 m des réacteurs, inclut une salle de contrôle, des générateurs de secours, des pompes et d’autres équipements. Aucune centrale n’en est dotée à ce jour. Les trois compagnies qui ont remis en service des réacteurs nucléaires ne seront pas prêtes dans les temps et ont demandé un report, en vain.

Kyûshû Electric est la première compagnie à avoir à arrêter des réacteurs remis en service il y a bientôt 5 ans. Elle vient de le confirmer. Les réacteurs 1 et 2 de Sendaï, dans la province de Kagoshima, seront arrêtés avant le 17 mars et le 21 mai 2020, respectivement. La compagnie espère les remettre en service en décembre 2020 et janvier 2021. Pendant l’arrêt, Kyûshû Electric estime le manque à gagner à 8 milliards de yens par mois (68 millions d’euros).

Puis, arrivera le tour de Genkaï 3 et 4, situés dans la province Saga. Ils seront arrêtés en août et décembre 2020. Ainsi, entre août et décembre 2020, Kyûshû Electric n’aura qu’un seul réacteur nucléaire en service. En cas de retard dans les travaux, elle pourrait repasser à zéro réacteur en activité…

Sendaï 1 est actuellement à l’arrêt et devrait être remis en service en novembre pour s’arrêter à nouveau 4 mois plus tard.

Scandale de corruption chez Kansai Electric

Lors d’une conférence de presse, le directeur de Kansaï Electric (KEPCo) a reconnu que 20 personnes de sa compagnie, dont lui-même et le président, ont reçu pour 320 millions de yens (2,7 millions d’euros) sous forme de dons et de cadeaux de la part d’Eiji Moriyama, ancien maire adjoint de Takahama. Les trois principaux dirigeants de la compagnie (Makoto Yagi, Shigéki Iwané et Hidéki Toyomatsu) auraient reçu, à eux seuls, 180 millions de yens (1,5 million d’euros). KEPCo y exploite une centrale nucléaire. Les dons auraient duré pendant 7 années, entre 2011 et 2018.

M. Moriyama a été maire adjoint de Takahama de 1977 à 1987 et aurait gardé une forte influence sur la vie politique locale jusqu’à sa mort en mars 2019. Il aurait notamment permis de faire taire les oppositions locales au nucléaire. Car, à la même époque, de 1974 à 1985, KEPCo a mis en service quatre réacteurs nucléaires dans cette commune.

Ce sont les inspecteurs des impôts qui auraient découvert les malversations, en contrôlant une grande compagnie de construction qui a travaillé pour KEPCo. Elle aurait eu pour 2,5 milliards de yens de contrats entre 2015 et 2018 (21 millions d’euros). M. Moriyama aurait reçu environ 300 millions de yens de cette compagnie en échange de son aide pour être sélectionnée, sans les déclarer aux impôts. Il aurait aussi subi un contrôle fiscal juste avant sa mort. M. Moriyama aurait alors déclaré au fisc avoir donné l’argent à des cadres de KEPCo pour les remercier d’avoir aidé la ville en y installant une centrale nucléaire. Mais le directeur de KEPCo a démenti que cette compagnie de construction était la source.

Le directeur de KEPCo, Shigéki Iwané, a déclaré lors de la conférence de presse, que les membres de sa compagnie ont payé des impôts sur ces dons… Et d’ajouter, sans vergogne : “nous avons essayé de refuser l’argent ou demandé à le rendre, mais c’est devenu difficile parce qu’il a fermement rejeté de telles tentatives. Nous avons temporairement gardé l’argent sous le contrôle de chaque individu en attendant l’occasion de le rendre.” Les dirigeants ont retourné la partie de l’argent et des biens qui dépassait le niveau maximum jugé acceptable par le bon sens, après les avoir gardés temporairement, a dit M. Iwané…

Le directeur de KEPCo a aussi affirmé vouloir garder son poste pour lutter contre ce genre de pratiques.

Les réacteurs 3 et 4 de Takahama sont actuellement en service et sont autorisés à consommer du MOx.

Depuis que ce scandale a éclaté, il est apparu que la compagnie de construction, Yoshida Kaihatsu, basée à Takahama, avait pour 350 millions de yens (3 millions d’euros) de contrats dans le nucléaire en 2013, pour 2,1 milliards de yens (18 millions d’euros) en 2018, soit 6 fois plus ! Quant au Président de la compagnie, Makoto Yagi, il a reconnu avoir aussi reçu des cadeaux et de l’argent entre 2006 et 2010, quand il n’était alors que dans la division nucléaire. Il n’aurait rien reçu depuis qu’il est devenu président, en juin 2010.

On apprend aussi que l’ancien maire adjoint a gardé une liste de tous les dons et cadeaux offerts aux cadres de KEPCo et que les autorités ont retrouvé les cadeaux chez eux…

Une autre conférence de presse de la compagnie est annoncée pour mercredi 2 octobre. A suivre…

Changement remarqué de ministre de l’environnement

Le premier ministre japonais a procédé à un remaniement ministériel le 11 septembre 2019. La veille, celui qui allait devenir l’ancien ministre de l’environnement, Yoshiaki Harada, a déclaré à la presse que “le rejet en mer était le seul moyen” de se débarrasser de l’eau contaminée stockée à Fukushima, tout en ajoutant qu’il s’agissait “d’un simple avis” et que “le gouvernement dans son ensemble allait en discuter prudemment”. Cette petite phrase lui a valu une gloire médiatique éphémère sur toute la planète. Le porte-parole du gouvernement a rapidement réagi en qualifiant de “personnels” ces propos.

Que le gouvernement veuille rejeter cette eau en mer n’est pas une surprise. Mais on attend plus qu’un avis, qui plus est “personnel”, du ministre de l’environnement. Le stock dépasse le million de mètres cube et l’on sait qu’il n’y aura plus de place pour ajouter des cuves à l’horizon 2022. Et personne ne sait si ces cuves résisteront à un fort séisme. Il faut donc trouver une autre solution.

Officiellement il resterait plus que du tritium (hydrogène radioactif) dans cette eau traitée, qu’il est difficile de séparer et stocker. Mais TEPCo a fini par admettre que 80% du stock d’eau traitée avait une contamination résiduelle qui dépasse, en concentration, les autorisations de rejet en mer. Elle s’est engagée à traiter une deuxième fois cette eau. Combien de temps cela va prendre ? Le ministre aurait pu demander des études sur le sujet et présenter les résultats. Imaginons qu’une partie de l’eau soit traitée une deuxième fois et diluée pour réduire la concentration en tritium, combien de temps faudrait-il pour la rejeter en mer ? Un chercheur est arrivé à 17 ans. Le ministre aurait pu commander une expertise sur ce problème et présenter les résultats. Malheureusement, on n’a eu que son avis personnel qui n’apporte rien.

Les pêcheurs de Fukushima ont rappelé leur opposition au rejet en mer de l’eau contaminée contenue dans les cuves.

Le nouveau ministre de l’environnement est Shinjirô Koïzumi, fils de l’ancien premier ministre Jun’ichirô Koïzumi. Très médiatique, il a récemment mis en scène son mariage avec une présentatrice franco-japonaise (l’ACROnique de Fukushima devient people…). Lors de sa première conférence de presse, il a déclaré qu’il s’efforcerait d’éliminer l’énergie nucléaire. Cela ne va pas être facile, car le gouvernement auquel il appartient espère toujours porter la part du nucléaire de 20% à 22% d’ici 2030, même si c’est irréaliste.

Le nouveau ministre s’est aussi engagé à respecter la loi concernant les déchets radioactifs issus de la décontamination. Il va s’efforcer de trouver un site en dehors de la province de Fukushima. Sa première visite a été à Fukushima où il a rencontré des pêcheurs et le gouverneur. Il s’y est excusé pour les propos de son prédécesseur… Mais il n’a fait aucune annonce concernant l’eau contaminée.

Le Japon doit apprendre des autres pays en matière de démantèlement, selon un livre blanc

24 réacteurs nucléaires, dont les réacteurs accidentés de Fukushima daï-ichi, doivent être démantelés au Japon dans les années et décennies à venir. Cela représente environ 40% du parc d”avant la catastrophe. L’industrie nucléaire doit apprendre des autres pays, selon un livre blanc rédigé par la commission japonaise de l’énergie atomique.

Le Japon n’a mené à bien aucun démantèlement à ce jour et n’a pas de solution pour les déchets radioactifs. La date d’achèvement du démantèlement du réacteur Tôkai-1 a été repoussée de 5 ans en mars dernier, à 2030. Et le démantèlement de l’usine de retraitement de Tôkaï devrait prendre 70 ans…

Le livre blanc, en revanche, continue à soutenir le retraitement des combustibles usés et la construction d’un surgénérateur, malgré les échecs patents de ces programmes : l’usine de Rokkashô n’a jamais démarré et accuse 24 ans de retard ; le surgénérateur Monju a été arrêté définitivement car il n’a fonctionné que quelques mois en plus de 2 décennies.

Bras de fer entre TEPCo et les élus à propos de la fermeture de réacteurs nucléaires à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa

En juin 2017, le maire de Kashiwazaki avait demandé l’arrêt définitif d’au moins un réacteur de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, dans la province de Niigata, en échange de son accord pour le redémarrage des réacteurs 6 et 7. Un de ses arguments était que l’exploitation de 7 réacteurs était trop risquée. Il demande aussi un échéancier pour l’arrêt de tous les réacteurs.

En août 2018, lors d’une rencontre avec le maire de Kashiwazaki, le PDG de TEPCo avait expliqué, pour la première fois, que cette demande était considérée sérieusement. Il n’a pas été beaucoup plus spécifique.

Une nouvelle rencontre vient d’avoir lieu et TEPCo reste assez évasive dans sa réponse, mais le maire semble s’en satisfaire pour le moment. Le PDG aurait dit que 5 ans après le démarrage d’un réacteur, la compagnie enclenchera les démarches qui pourraient conduire à l’arrêt définitif d’un ou plusieurs réacteurs. Il n’est pas sûr que cette promesse soit suffisante pour obtenir l’assentiment des conseils municipaux.

Le gouverneur de Niigata, quant à lui, avait précisé qu’il ne souhaitait pas négocier avec TEPCo tant que la commission d’enquête sur la catastrophe de Fukushima mise en place par la province n’a pas fini ses travaux.

Les 7 réacteurs à eau bouillante de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa sont à l’arrêt et TEPCo veut redémarrer les tranches 6 et 7, qui ont obtenu une autorisation sous condition de l’autorité de régulation nucléaire. Elle en a besoin pour redresser partiellement ses finances. Les réacteurs 2, 3 et 4 sont à l’arrêt depuis le séisme de 2007 ! Le réacteur 1, mis en service en 1985, aura 40 ans en 2025.

Dans son communiqué de presse, TEPCo explique qu’elle a besoin des réacteurs 1 à 5 pour fournir une énergie décarbonée, le temps de préparer sa transition énergétique vers les renouvelables. Mais le calendrier n’est pas bien connu pour le moment. Ce n’est pas très crédible quand on sait que 3 de ces 5 réacteurs sont à l’arrêt depuis 2007…

TEPCo n’a pas renoncé à construire un réacteur nucléaire à eau bouillante à la centrale de Higashidôri, dans la province d’Aomori. Selon l’Asahi, elle pourrait s’allier à Chûbu Electric, et aux constructeurs Hitachi et Toshiba. Les négociations sont en cours. Les deux constructeurs n’ont jamais exploité de centrale. Toshiba s’est retiré du marché de la construction et Hitachi a renoncé à son projet au Royaume Uni pour des raisons financières. Cela ferait un drôle d’attelage…

Autrement, TEPCo va commencer à vendre de l’électricité dans le Tôhoku et à l’autre bout du pays, sur l’île de Kyûshû. Son précédent déploiement dans le Chûbu et dans le Kansai lui aurait permis de gagner 50 000 nouveaux clients, ce qui n’est pas beaucoup. D’un autre côté, TEPCo a perdu des clients à Tôkyô la concurrence est venue d’installer, de l’ordre de 20%, selon le Yomiuri.

C’est officiel : Fukushima daï-ni va être arrêtée définitivement et démantelée

Le 24 juillet dernier, les médias japonais avaient annoncé que TEPCo s’apprêtait à entamer les procédures pour mettre à l’arrêt définitif des quatre réacteurs de sa centrale nucléaire de Fukushima daï-ni, située à une douzaine de kilomètres de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi.

Le Président de TEPCo, Tomoaki Kobayakawa, a rencontré Masao Uchibori, le gouverneur de Fukushima, qui a, bien entendu, donné son accord puisqu’il réclamait cet arrêt définitif. La décision a ensuite été validée par le directoire de la compagnie. Voir le communiqué en anglais de TEPCo.

La compagnie annonce que les travaux de démantèlement devraient prendre plus d’une quarantaine d’années car ils se feront au même rythme que le démantèlement de la centrale accidentée, plus complexe. La compagnie n’a pas les ressources humaines pour aller plus vite. Et personne ne sait ce qu’il sera fait des déchets radioactifs. Pour les combustibles usés, TEPCo veut construire un centre d’entreposage à sec d’une capacité de 10 000 assemblages. Le gouverneur a donné son accord. Le site reste à trouver… Ce sera fort probablement à proximité d’une des deux centrales.

Dans son bilan financier présenté ce même jour, TEPCo a inclut une perte exceptionnelle de 95,6 milliards de yens (807 millions d’euros) due à la mise à l’arrêt définitif des quatre réacteurs de Fukushima daï-ni. Le démantèlement devrait coûter 280 milliards de yens (2,4 millions d’euros).

Cette mise à l’arrêt définitif signifie aussi la fin de la subvention gouvernementale pour les deux communes qui hébergent la centrale, Tomioka et Naraha. Elles perdront ainsi environ un milliard de yens (8,4 millions d’euros) par an chacune. Si l’on additionne toutes les taxes et subventions, la centrale de Fukushima daï-ni représentait 25% des ressources de Naraha et 40% de celles de Tomioka. Le gouverneur de la province va demander une subvention exceptionnelle pour ces deux communes qui avaient été évacuées lors de la catastrophe nucléaire.

TEPCo avait 17 réacteurs nucléaires avant la catastrophe, il ne lui en reste plus que 7, à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, dans la province de Niigata. Il est peu probable qu’elle puisse les redémarrer les sept.

Depuis mars 2011, 21 réacteurs sur 54 ont été détruits ou arrêtés définitivement au Japon. Seulement 9 ont été remis en service. Voir notre page sur l’état des lieux du parc nucléaire japonais.

A noter que Tôhoku Electric, a déposé, le 29 juillet dernier, sa demande de mise à l’arrêt définitif de son réacteur Onagawa-1, situé dans la province de Miyagi. L’annonce de cet arrêt avait été faite en octobre dernier.

Le stock de plutonium du Japon a légèrement baissé

A la fin 2018, le stock de plutonium du Japon a baissé de 1,6 tonnes pour s’élever à 45,7 tonnes désormais, selon le gouvernement. 9 tonnes sont au Japon. Le reste est en France et en Grande Bretagne.

Cette baisse est liée à l’utilisation de combustible MOx dans trois réacteurs japonais : Takahama 3 et 4, situé dans la province de Fukui et Genkaï 3, dans celle de Saga.  A ce rythme là, les réacteurs seront mis à l’arrêt définitif avant d’avoir épuisé le stock. L’usine de retraitement de Rokkashô-mura, qui n’a pas encore été mise en service, ne sert à rien.

TEPCo devrait lancer la procédure d’arrêt définitif de Fukushima daï-ni et son démantèlement

Après avoir procrastiné à cause du coût, TEPCo devrait décider, selon les médias japonais, d’arrêter définitivement sa centrale nucléaire de Fukushima daï-ni et de la démanteler. Les autorités régionales avaient voté plusieurs résolutions demandant l’abandon de cette centrale et le gouvernement avait acquiescé. Mais c’était à la compagnie d’enclencher les procédures.

L’arrêt définitif de Fukushima daï-ni avait été annoncé par le président de la compagnie en juin 2018. TEPCo estime maintenant avoir les ressources financières et humaines pour mener les travaux de démantèlement. La demande d’arrêt définitif sera déposée avant mars 2020.

Le démantèlement devrait prendre une trentaine d’années et coûter 280 milliards de yens (2,3 milliards d’euros), selon la compagnie. Les quatre réacteurs de la centrale ont une puissance totale de 4 400 MWe. Il ont été mis en service en 1982 et 1987. Cette centrale, située à 12 km au Sud de Fukushima daï-ichi, avait aussi été inondée par le tsunami de 2011.

Depuis mars 2011, 21 réacteurs sur 54 ont été détruits ou arrêtés définitivement. Seulement 9 ont été remis en service. Voir notre page sur l’état des lieux du parc nucléaire japonais.