Trois actionnaires saisissent la justice pour que TEPCo cesse de financer Tôkaï-2

Trois actionnaires de TEPCo ont saisi un tribunal de Tôkyô pour que la compagnie cesse de financer le renforcement de la sûreté de Tôkaï-2. Ils estiment que les intérêts de TEPCo et de ses actionnaires seront menacés qui un soutien financier est fourni à la Japan Atomic Power Co (JAPCo) qui possède Tôkaï-2.

Bien que l’Autorité de régulation nucléaire vienne d’estimer que Tôkaï-2 satisfaisait au nouveau référentiel de sûreté, le réacteur va avoir 40 ans en novembre et il ne peut espérer obtenir qu’une extension de la durée d’exploitation de 20 ans tout au plus. Et même si cette extension était accordée, les plaignants estiment que TEPCo ne pourra jamais être remboursée. Les travaux à effectuer, en cas d’avis positif de l’Autorité de régulation nucléaire, atteignent 174 milliards de yens (1,3 milliard d’euros).

Selon la loi japonaise, les compagnies ne doivent pas prendre des décisions qui peuvent nuire aux actionnaires. Mais TEPCo et les 4 autres compagnies qui possèdent JAPCo craignent la faillite de cette dernière si Tôkaï-2 ne redémarre pas.

Comme l’Etat est actionnaire majoritaire de TEPCo, la décision est aussi politique. L’opposition réclame que TEPCo utilisent cet argent pour indemniser les victimes de la catastrophe, plutôt que d’investir à fonds perdus dans Tôkaï-2.

Tôkaï-2 satisfait aux nouvelles règles de sûreté

L’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) a estimé que le réacteur Tôkai-2, situé dans la province d’Ibaraki, satisfaisait aux nouvelles règles de sûreté. Cet avis va être soumis à la consultation du public sur Internet pendant un mois, comme d’habitude. C’est ici pour participer.

La demande d’autorisation de redémarrage avait été déposée en mai 2014. Mais la remise en service n’est pas pour tout de suite car ce réacteur aura 40 ans en novembre 2018. Son exploitant, la Japan Atomic Power Co (JAPCo), filiale de plusieurs compagnies d’électricité japonaises, a déposé une demande « exceptionnelle » de prolongation de 20 ans de la durée d’exploitation en novembre 2017. La procédure d’évaluation est toujours en cours. Et même en cas d’avis favorable, le réacteur ne pourra pas être remis en route avant 2021 car il faudra effectuer les travaux de renforcement de la sûreté. Il y en a pour 180 milliards de yens (1,4 milliard d’euros). TEPCo et Tôhoku Electric devraient prendre en charge une partie de ces coûts. C’est choquant pour TEPCo, qui a de graves problèmes financiers depuis la catastrophe nucléaire.

Il s’agit d’un réacteur à eau bouillante, comme ceux de Fukushima, et d’une puissance de 1 100 MWe. C’est le 15ième réacteur à satisfaire au nouveau référentiel de sûreté et le 3ième à eau bouillante, après Kashiwazaki-Kariwa 6 et 7.

La remise en service de ce réacteur relève de l’acharnement thérapeutique. Outre ses équipements vétustes, comme les kilomètres de câbles inflammables, il a subi les séisme et tsunami de 2011. La vague de tsunami faisait 5,4 m de hauteur et un générateur diesel de secours a été endommagé. Il a fallu 3 jours et demi pour l’arrêter grâce aux deux autres générateurs.

Et puis, il y a presque un million d’habitants dans un rayon de 30 km, dont Mito, la capitale de la province d’Ibaraki. En cas d’accident grave, il sera difficile d’évacuer les populations. Le plan d’urgence doit encore être établi. Seules 3 communes sur 14 ont un plan d’évacuation. La ville de Mito, avec ses 270 000 habitants, a trouvé un abri pour seulement 90 000 d’entre eux. Mais, avoir un plan d’urgence, n’est pas une condition requise pour remettre en route un réacteur.

Mais la compagnie, filiale de 5 énergéticiens japonais, n’a plus que ce réacteur : Tsuruga 1 et Tôkaï 1 ont été arrêtés définitivement, et Tsuruga-2 est sur une faille sismique considérée comme active par l’Autorité de régulation nucléaire.

Une haute cour rejette la suspension des réacteurs d’Ôï

En 2014, la justice avait suspendu la remise en service de la centrale d’Ôï dans la province de Fukui car elle estimait que les risques sismiques avaient été sous-évalués. Furieux, le PDG de KEPCo, l’exploitant, avait alors annoncé vouloir passer outre cette décision. La compagnie avait fait appel de cette décision qui s’oppose au redémarrage des réacteurs 3 et 4 de sa centrale d’Ôï. Tant que la procédure suivait son cours, le jugement n’était pas suspensif.

Le tribunal de Kanazawa de la Haute cour de Nagoya vient de débouter les plaignants et a annulé l’injonction de suspendre la remise en service de deux réacteurs de cette centrale nucléaire. Les plaignants estimaient que l’exploitant avait sous-estimé le risque sismique et avaient présenté, comme témoin, Kunihiko Shimazaki, un ancien membre de l’Autorité de Régulation Nucléaire, qui a expliqué devant le tribunal que KEPCo pourrait sous-estimer l’amplitude de séisme de référence.

Ces deux réacteurs ont été remis en service récemment : mars 2018 pour le 3 et mai 2018 pour le 4. Rappelons que les réacteurs 3 et 4 d’Ôï avaient redémarré durant l’été 2012, avant même le nouveau référentiel de sûreté entré en vigueur le 8 juillet 2013, pour être arrêtés à nouveau en septembre 2013. Cela avait provoqué de fortes manifestations au Japon.

Le gouvernement japonais valide un plan énergie complètement irréaliste – inquiétudes pour le plutonium

En août 2017, le gouvernement a lancé les discussions pour réviser le plan énergie de 2015 et, en mai 2018, le ministère de l’économie avait finalement décidé de ne rien changer, malgré des objectifs irréalistes. Le gouvernement vient d’entériner ce “nouveau” plan qui vise toujours 20 à 22% d’électricité nucléaire à l’horizon 2030 et 22 à 24% d’électricité renouvelable. Ce ne sera pas possible pour le nucléaire car cela obligerait à exploiter une trentaine de tranches. Or, seulement 9 réacteurs ont été remis en service depuis la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi et 19 arrêtés définitivement. Le plan maintient aussi le vœux contradictoire de réduire la part du nucléaire autant que possible.

Aucun chiffre n’est donné pour l’horizon 2050, un des objectifs du Japon dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat avec une baisse promise de 80% des émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 2013. En attendant, ce sont les énergies fossiles qui dominent et les économies d’énergie ne semblent pas faire partie de la stratégie du pays. Comme avant la catastrophe de Fukushima, il fait de nouveau froid dans de nombreux restaurants, magasins… tellement la climatisation est forte. La réduction de la consommation est déjà oubliée.

Le gouvernement continue à miser sur l’exportation de sa technologie nucléaire, même si le marché est très réduit. Il voit là un moyen de soutenir l’économie du pays. Mais le plan n’aborde pas la construction de nouveaux réacteurs au Japon, sujet tabou car peu populaire. Il maintient en revanche, la politique de retraitement, même si l’usine de Rokkashô-mura a déjà 24 ans de retard pour sa mise en service potentielle et qu’il n’y a pas assez de réacteurs pour consommer le plutonium extrait. Seulement 4 réacteurs utilisent du MOx actuellement au Japon dans une partie de leur cœur et un tel réacteur ne consomme que 400 kg de Pu par an. Sur les 10 réacteurs autorisés à utiliser ce combustible qui contient du plutonium de retraitement, combien redémarreront dans les années à venir ? Il y a parmi les six réacteurs restants, il y a Kashiwazaki Kariwa-3, Shika-1, Hamaoka-4, Tomari-3 et Onagawa-3 qui ne redémarreront pas de sitôt, voire jamais.

Mais comme le stock de plutonium du Japon ne faiblit pas et que les perspectives d’utilisation restent très réduite, ce sujet préoccupe la communauté internationale. Trois ONG japonaises ont aussi envoyé une lettre ouverte à l’AIEA à ce propos le 21 juin dernier. Alors, le plan mentionne pour la première fois de son histoire que le Japon va faire des efforts pour réduire son stock évalué à 46,9 tonnes actuellement, dont 16,2 tonnes sont en France, 20,9 tonnes en Grande-Bretagne, et 9,8 tonnes au Japon. Mais il reste flou sur les moyens pour y arriver. La réduction du stock n’est pas pour tout de suite.

Le 10 juin dernier, le Nikkei rapportait que les Etats-Unis avaient demandé au Japon de réduire son stock de plutonium dans un contexte où ils essayaient de convaincre la Corée du Nord d’abandonner son arsenal nucléaire. En réponse, le Japon se devait d’annoncer un plan de réduction du stock. Le gouvernement s’est donc naturellement retourné vers les compagnies d’électricité et leur a demandé d’augmenter le nombre de réacteurs qui peuvent utiliser du MOx. Plus facile à demander qu’à faire…

Selon le Nikkei, l’idée du gouvernement est d’utiliser du plutonium extrait de combustibles appartenant à TEPCo et Chûbu Electric dans des réacteurs de Kyûshû Electric et Shikoku Electric, qui eux ont déjà redémarré. Il n’est pas sûr que les compagnies et les élus locaux acceptent.

Depuis l’arrêt définitif du surgénérateur Monju, qui devait consommer une partie du plutonium pour en créer la même quantité, il n’y a plus de justification d’en maintenir un stock élevé. Le Japon voulait participer au projet français Astrid pour remplacer Monju et justifier sa politique nucléaire. Il devait en payer la moitié. Mais le CEA pourrait réduire drastiquement la puissance du prototype, qui passerait de 600 MWe à 200 voire 100 MWe, ce qui déplait au Japon, car cela ne fait que reculer l’échéance de voire la génération IV réaliser les prouesses que ses promoteurs promettent. Et si le Japon voulait développer son propre prototype, il est fort probable qu’il ne puisse pas trouver de site. Dans un éditorial daté du 17 juin, l’Asahi appelle donc le gouvernement japonais à abandonner ses projets de surgénérateur et de retraitement.

Si l’usine de retraitement devait finalement démarrer un jour, sa capacité devrait permettre d’extraire 8 tonnes de plutonium par an. Le tonnage de combustibles traité sera forcément limité par les possibilités d’utilisation du plutonium alors que l’usine a déjà coûté environ 2 900 milliards de yens (22 milliards d’euros). Cette usine pourrait donc ne jamais démarrer, d’abord à cause des problèmes techniques de l’étape de vitrification mise au point sur place, puis à cause des risques de prolifération. La dernière raison est économique.

Le Japon fait tout pour tenter de satisfaire à la demande américaine car il craint que les Etats-Unis dénoncent leur accord commun qui leur permet de tenter de retraiter les combustibles usés. Le pacte doit être renouvelé tacitement à partir du 16 juillet prochain.

TEPCo veut reprendre la construction de la centrale nucléaire de Higashidôri

Il y a deux centrales de Higashidôri dans la province d’Aomori, qui sont adjacentes : une avec un réacteur à l’arrêt et un autre en projet. La première appartient à Tôhoku Electric et l’autre est un projet de TEPCo, avec deux réacteurs. La construction du premier a débuté en janvier 2011 et est suspendue depuis mars 2011.

TEPCo veut reprendre la construction de sa centrale, mais elle doit d’abord réévaluer le risque sismique car des failles passent tout près. Elle va donc lancer en avril prochain une étude géologique approfondie qui devrait durer jusqu’en 2020.Cela devrait se faire, notamment, grâce à un tunnel de 2 km de long.

La centrale voisine exploitée par Tôhoku Electric est toujours à l’arrêt à cause du risque sismique. Une faille, qui passe sous des équipements importants pour la sûreté, pourrait être active : Bien entendu, l’exploitant a conclu qu’elle n’était pas active. L’Autorité de Régulation Nucléaire n’est pas d’accord et a estimé, en décembre 2014, qu’une des failles pourrait être active. Cet avis a été confirmé un an plus tard. Cette centrale est aussi exposée au risque volcanique. Enfin, en cas d’accident grave, il faudrait plus de deux jours pour évacuer toute la population avoisinante dans un rayon de 30 km, selon une étude.

Comme TEPCo n’a plus les moyens de payer, elle a demandé à d’autres exploitants de se joindre au projet. Elle espère une réponse de Tôhoku Electric, Chûbu Electric, Kansaï Electric et Japan Atomic Power Co. en 2021. Elle vise toujours la construction de deux réacteurs à eau bouillante, comme ses autres réacteurs, d’une puissance totale de 2 770 MWe.

Les majors de l’électricité s’accrochent au nucléaire malgré l’évolution du marché

La fin du mois de juin est la saison des assemblées générales des compagnies d’électricité. Les directoire des neufs majors qui utilisaient de l’énergie nucléaire ont affirmé leur volonté de continuer dans cette voie, malgré les demandes d’actionnaires de revoir leur production. Selon l’Asahi, les maires de Kyôto et d’Ôsaka ont demandé à Kansaï Electric de renoncer au nucléaire. Le PDG a réaffirmé sa volonté d’exploiter cette source d’énergie et n’a pas exclu de construire de nouveaux réacteurs.

Chez Kûshû Electric, une motion demandant de développer significativement les énergies renouvelables a été rejetée. Le PDG a expliqué qu’il n’était possible d’assurer la stabilité de l’approvisionnement et de la fréquence avec les renouvelables. Comment font les autres pays ? Chez TEPCo, la demande de renoncer à redémarrer la centrale de Kashiwazaki-Kariwa a aussi été rejetée, tout comme celle d’arrêter de soutenir la Japan Atomic Power Co qui possède Tsuruga et Tôkaï.

En revanche, les nouveaux venus sur le marché de l’électricité depuis sa libéralisation, misent sur les renouvelables. Selon l’agence Kyodo, reprise par le Japan Times, d’autres grandes compagnies de la construction, de l’informatique ou une chaîne de super-marchés investissent aussi dans ce domaine. La part des énergies renouvelables serait passée de 10% en 2010 à 16% en 2016, bénéficiant de la politique de rachat avantageuse. De nombreux particuliers et PME investissent aussi dans le solaire, mais ils peinent à faire racheter leur production par les majors qui contrôlent les réseaux électriques. Ces compagnies ont compris le message de l’opinion et espèrent ainsi avoir une meilleure image auprès de leurs clients.

Par ailleurs, 10% des ménages auraient changé de fournisseur d’électricité depuis l’ouverture du marché. C’est dans les grandes villes qu’il y a eu le plus de changements.

Avec moins de 8 réacteurs nucléaires en service et un grand retard dans le développement des énergies renouvelables, les énergies fossiles ont fourni 83% de l’électricité en 2017.

Nouvelles taxes régionales sur les réacteurs nucléaires à l’arrêt

Comme partout, les 13 provinces japonaises qui ont des réacteurs nucléaires sur leur sol bénéficient de taxes qui contribuent de manière significative à leur budget. Avec l’arrêt des réacteurs, ces revenus ont fortement diminué. Selon l’Asahi, 12 de ces 13 provinces ont donc introduit de nouvelles taxes sur le nucléaire, à l’exception de Fukushima.

Avant la catastrophe nucléaire à Fukushima, c’est le combustible nucléaire apporté qui était taxé. En 2010, cela a rapporté un total de 22 milliards de yens (170 millions d’euros) à ces 13 provinces. Avec l’arrêt temporaire des réacteurs, la province de Fukui, qui est la plus dépendante du nucléaire, a introduit une nouvelle taxe dès novembre 2011 basée, cette fois-ci, sur la capacité des réacteurs. Les autres provinces ont suivi. La dernière en date est Miyagi, qui vient tout juste de le faire. Cela devrait leur rapporter environ 15 milliards de yens (115 millions d’euros) chaque année. La seule exception est Fukushima qui a décidé de ne plus taxer les réacteurs étant données les circonstances exceptionnelles.

Quatre provinces ont aussi décidé de taxer les réacteurs en démantèlement : Fukui, qui a commencé, Saga, Shimané et Ehimé. Cela devrait leur rapporter environ 1,1 milliard de yens (8,5 millions d’euros) de revenus annuels. D’autres pourraient suivre…

Evidemment, les compagnies d’électricité reportent ces taxes sur leurs factures d’électricité et ce sont les consommateurs qui payent in fine.

Redémarrage de Genkaï 4

Kyûshû Electric a redémarré le réacteur n°4 de sa centrale de Genkaï dans la province de Saga. D’une puissance de 1 180 MWe, il avait été arrêté en décembre 2011, ce qui fait plus de six ans et demi d’arrêt. Il a été autorisé à redémarrer en janvier 2017.

Le réacteur n°3 de cette même centrale avait été remis en service en mars dernier. Ces deux réacteurs auraient initialement être redémarrés en janvier et mars de cette année, mais il y a eu le scandale des pièces de Kôbé Steel et Mitsubishi dont la qualité était douteuse, puis un problème sur une pompe du réacteur n°4.

Environ 150 manifestants ont exprimé leur opposition devant la centrale.

C’est le 9ième réacteur à redémarrer au Japon depuis la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi. Il ne devrait pas y en avoir d’autre cette année. C’est aussi le 4ième de la compagnie Kyûshû Electric qui n’a pas déposé d’autre demande de redémarrage.

Si l’on fait un bilan :

  • Le Japon avait 54 réacteurs nucléaires pour la production d’électricité en 2010.
  • 15 réacteurs ont été détruits ou arrêtés définitivement depuis. Si l’on ajoute les 4 de Fukushima daï-ni dont l’arrêt définitif a été récemment annoncé, on arrive à un total de 19. Il ne reste donc que 35 réacteurs nucléaires pour la production d’électricité.
  • Une demande d’autorisation de redémarrage a été déposée pour 26 réacteurs.
  • 9 réacteurs ont redémarré depuis 2011, mais celui d’Ikata a été arrêté par la justice en décembre 2017. Il y a donc 8 réacteurs en service actuellement et aucun autre redémarrage n’est prévu pour cette année.

Plan de démantèlement de l’usine de retraitement de Tôkaï-mura approuvé

En septembre 2014, la Japan Atomic Energy Agency (JAEA) avait décidé d’arrêter définitivement son usine de retraitement de Tôkaï-mura, dans la province d’Ibaraki. Il s’agit de la première usine japonaise de retraitement, terminée en 1977 et mise en service en 1981. L’Agence avait ensuite soumis, en juin 2017, une demande d’autorisation de démantèlement à l’Autorité de Régulation Nucléaire, qui vient de donner son accord.

Les travaux de démantèlement devraient durer environ 70 ans et coûter 987 milliards de yens (environ 7,6 milliards d’euros) qui seront payés, pour l’essentiel, par l’Etat. Cette somme ne prend pas en compte la maintenance du site sur une durée aussi longue. L’usine a été mise en service en 1981. On a donc 70 ans de démantèlement pour un fonctionnement inférieur à 30 ans, ce n’est pas très profitable.

L’usine de remplacement, à Rokkashô-mura, dans la province d’Aomori, accuse déjà 24 années de retard. Evidemment, le plan de démantèlement ne dit rien sur la gestion à long terme des déchets engendrés.

Cette usine a seulement traité 1 140 tonnes de combustibles usés. Il y aurait 310 fûts de déchets vitrifiés de haute activité et 360 m3 de déchets liquides sur le site qui doivent encore être vitrifiés. Etant donnés les délais pour exécuter toutes ces tâches, la JAEA devra renforcer la résistance aux séismes de ses bâtiments.

La JAEA a aussi en charge le démantèlement du surgénérateur Monju, qui a été arrêté à cause d’une culture de sûreté insuffisante. L’histoire de l’Agence n’est pas très glorieuse. Il y a de quoi être inquiet pour l’avenir.

TEPCo annonce enfin l’arrêt définitif de Fukushima daï-ni

La centrale nucléaire de Fukushima daï-ni, avec ses 4 tranches, est à une douzaine de kilomètres au Sud de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi. Elle aussi été fortement secouée par le séisme et noyée par le tsunami, mais il n’y a pas eu d’accident grave car il y avait de l’électricité disponible à moins de 10 km.

TEPCo n’avait, jusqu’à présent, rien décidé quant à son sort, même si elle avait envisagé, en mars 2017, d’arrêter définitivement le réacteur n°1. L’assemblée régionale a adopté une motion demandant son arrêt définitif. Tomioka et Naraha, où la centrale est située, ont fait de même, tout comme les 57 autres communes de la province. Même le gouvernement est pour son arrêt !

Le 14 juin, le président de la compagnie, Tomoaki Kobayakawa, a informé le gouverneur de Fukushima, Masao Uchibori, de son intention d’arrêter définitivement la centrale nucléaire de Fukushima daï-ni. Enfin ! Le président de TEPCo et le gouverneur se sont accordés pour dire que cela permettra de lutter contre les rumeurs néfastes. Toujours aussi ridicule comme déclaration. En revanche, le président de TEPCo n’a pas expliqué pourquoi il a fallu 7 ans pour prendre cette décision.

Le réacteur n°1 a été mis en service en 1982 et le n°4 en 1987. Ils ont donc plus de 30 ans alors que la durée d’exploitation est limitée à 40 ans. Chaque tranche a une puissance de 1 100 MWe.

TEPCo avait 17 réacteurs avant la catastrophe nucléaire : 10 à Fukushima (6 à daï-ichi et 4 à daï-ni) et 7 à Niigata (Kashiwazaki-Kariwa). Elle a donc déjà perdu plus de la moitié de son parc et il n’est pas sûr qu’elle puisse redémarrer ses 7 réacteurs restants.

Quand cet arrêt définitif sera officiel, le nombre de réacteurs nucléaires au Japon ne sera plus que de 35, contre 54 avant la catastrophe. Cela fait donc un total de 19 tranches arrêtés définitivement. D’autres pourraient suivre. Il n’y a que 7 réacteurs en activité.