Réacteur Ikata-3, d’autres plaignants déboutés

La justice vient tout juste d’autoriser le redémarrage d’Ikata-3, dans la province d’Ehimé, alors que le même tribunal avait demandé la suspension de son activité en décembre 2017.

D’autres plaignants avaient saisi la cour dÔïta sur l’île voisine de Kyûshû, en arguant toujours le risque le risque volcanique. Ils ont aussi été déboutés. Il devrait être remis en marche le 27 octobre prochain.

Tôhoku Electric envisage l’arrêt définitif du réacteur Onagawa-1

Tôhoku Electric envisage l’arrêt définitif du réacteur Onagawa-1 situé dans la province de Miyagi. D’une puissance de 540 MWe, il s’agit d’un réacteur à eau bouillante mis en service en 1984. Le coût du renforcement de la sûreté pourrait être rédhibitoire, selon l’exploitant.

La compagnie a deux autres réacteurs dans cette même centrale, un autre à Higashi-dôri, dans la province d’Aomori. Ils sont tous à l’arrêt.

Si cette mise à l’arrêt définitif était confirmée, ce sera la 20ième depuis la catastrophe de Fukushima, si l’on compte les réacteurs accidentés. Les arrêts précédents concernaient Fukushima daï-ni et Ikata-2. Comme il y avait 54 réacteurs de production d’électricité au Japon en 2010, le parc japonais ne comptera plus que 34 réacteurs. D’autres arrêts définitifs devraient suivre.

Inversement, 15 réacteurs satisfont aux nouvelles règles de sûreté. Le dernier est Tôkaï-2. Et il n’y a que 8 réacteurs en activité. Ikata-3 devrait être remis en service prochainement suite à la décision de justice.

Confirmation que Tôkaï-2 satisfait aux nouvelles règles de sûreté

En juillet dernier, l’autorité de régulation nucléaire (NRA) avait estimé que le réacteur Tôkaï-2 satisfaisait aux nouvelles règles de sûreté mises en place après la catastrophe de Fukushima. Cet avis a été soumis à la consultation du public sur Internet. La NRA vient de confirmer son avis, malgré les nombreuses remarques négatives.

Rappelons que la remise en service de ce réacteur relève de l’acharnement thérapeutique. Outre ses équipements vétustes, comme les kilomètres de câbles inflammables, il a subi les séisme et tsunami de 2011. La vague de tsunami faisait 5,4 m de hauteur et un générateur diesel de secours a été endommagé. Il a fallu 3 jours et demi pour l’arrêter grâce aux deux autres générateurs. Et puis, il y a presque un million d’habitants dans un rayon de 30 km, dont Mito, la capitale de la province d’Ibaraki. En cas d’accident grave, il sera difficile d’évacuer les populations. Le plan d’urgence doit encore être établi.

C’est le 15ième réacteur à satisfaire les nouvelles règles de sûreté au Japon. Mais son démarrage n’est pas pour tout de suite. Il y a encore des inspections liées à la demande d’extension de sa durée d’exploitation jusqu’à 60 ans alors que ce réacteur va sur ses 40 ans. Tout doit être terminé pour le 27 novembre prochain, date du 40ième anniversaire de sa mise en service, autrement il ne redémarrera jamais. Son exploitant, Japan Atomic Power Co (JAPCo) n’aura alors plus de centrale nucléaire et fera faillite. Et il aurait du retard dans la remise des documents requis. La pression sur l’Autorité de régulation nucléaire doit donc être énorme.

Une fois cette étape passée, il faudra faire les travaux et encore obtenir le feu vert des communes situées à moins de 30 km de la centrale. Il lui faudra, notamment, construire une digue de protection contre les tsunamis de 1,7 km de long et de plus de 17 m de haut. JAPCo espère la fin des travaux de renforcement de la sûreté pour mars 2021. Cela devrait lui coûter 174 milliards de yens (1,3 milliards d’euros).

Il s’agit d’un réacteur à eau bouillante d’une puissance de 1 100 MWe.

La justice autorise l’exploitation d’Ikata-3

En décembre 2017, la Haute Cour de Hiroshima avait ordonné l’arrêt temporaire du réacteur Ikata-3, situé dans la province d’Ehimé, sur l’île de Shikoku. Cet arrêt courrait jusqu’à la fin septembre 2018. La même cour vient d’autoriser l’exploitation du réacteur. Il devrait être remis en service le 27 octobre.

Le juge a finalement estimé que le risque volcanique lié au mont Aso, situé à 130 km, était faible car les grandes éruptions sont extrêmement rares.

Il s’agit d’un réacteur d’un puissance de 890 mégawatt.

L’autorité de régulation nucléaire, quant à elle, s’est refusée à commenter la décision de justice. En revanche, elle a annoncé vouloir revoir ses directives pour évaluer le risque volcanique. Certaines directives actuelles seraient incompréhensibles.

Quand le gouvernement censure un scénario énergétique

Le gouvernement japonais a validé, cet été, un plan énergétique complètement irréaliste qui prévoit que le nucléaire couvrira 20 à 22% de la production d’électricité à l’horizon 2030. Aucun chiffre n’est donné pour l’horizon 2050, un des objectifs du Japon dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat avec une baisse promise de 80% des émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 2013.

L’Asahi révèle que le Ministère de l’environnement avait travaillé à un scénario à l’horizon 2050 qui a été rejeté par le ministère de l’économie, sans même pouvoir être présenté au groupe de travail sur le sujet.

Selon ce scénario, la part du nucléaire devait être de 21% de la production d’électricité en 2030, pour satisfaire à la demande gouvernementale, même si c’est complètement irréaliste. Puis, elle devait passer à 11 – 12% en 2040 et 7 – 9% en 2050. La part des énergies renouvelables devait, quant à elle, passer de 57 à 66% en 2040 et de 72 à 80% en 2050. Ce scénario ne prévoyait pas la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. Il supposait aussi que la moitié seulement des réacteurs redémarrés étaient exploités jusqu’à 60 ans. Rappelons que cette prolongation au-delà de 40 ans est qualifiée d’exceptionnelle dans la loi japonaise.

Mais le ministère de l’économie voulait absolument 20 à 22% de nucléaire pour 2030 et laisser la porte ouverte pour 2050. Il ne voulait pas non plus aborder le problème de la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, dont il rêve, mais que la population ne peut pas accepter.

Cela en dit long sur les modèles de planification énergétique au Japon, qui doivent satisfaire à l’idéologie des gouvernants, sans prendre en compte la réalité.

Dossier de sûreté de l’usine de retraitement de Rokkashô sur le point d’être validé

L’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) devrait valider le dossier de sûreté post-Fukushima de l’usine de retraitement de Rokkashô-mura dans la province d’Aomori. Le site devrait résister aux risques sismiques et volcaniques.

La NRA avait suspendu l’instruction du dossier suite à des scandales et à la découverte de fuites. Rappelons que la mise en service de cette usine était initialement prévu pour 1997 et qu’il y a déjà un retard cumulé de 24 années. Le démarrage est désormais annoncée pour 2021 et le coût a été multiplié par 4.

L’usine peut extraire jusqu’à 8 tonnes par an de plutonium des combustibles usés japonais pour en faire du combustible MOx. Mais, pour des raisons de prolifération, le Japon s’est engagé récemment à ne pas extraire plus de plutonium qu’il ne peut en consommer dans ses réacteurs. Et comme le stock de plutonium est de 47 tonnes et qu’il n’y a que 3 réacteurs en fonctionnement chargés avec du MOx, cette usine est inutile. En effet, il faudrait de 16 à 18 réacteurs pour consommer les 8 tonnes annuelles de plutonium sous forme de MOx.

Coupure de courant à la centrale de Tomari à cause d’un séisme

Le fort séisme de magnitude 6,7 qui a secoué Hokkaïdô a entraîné un black-out sur l’île et fortement perturbé les transports et l’activité économique. Il a aussi entraîné plusieurs décès.

La centrale nucléaire de Tomari, avec ses 3 réacteurs, tous à l’arrêt depuis 2012, a dû démarrer ses générateurs de secours environ 20 minutes après les premières secousses afin de garantir le refroidissement des piscines d’entreposage des combustibles usés. Il y a un total de 1 527 assemblages à refroidir. L’électricité externe a pu être rétablie au bout de 10 heures. Aucune anomalie n’aurait été détectée à la centrale.

Cet incident a mis en évidence la fragilité du système électrique japonais.

Nouveau report de la date de mise en service du nouveau réacteur de J-Power à Ôma

Electric Power Development Co, alias J-Power, construit à Ôma, dans la province d’Aomori, un nouveau type de réacteur qui doit fonctionner à 100% au MOx. Un tel réacteur est unique au monde. Le chantier a été lancé en 2008, mais la catastrophe nucléaire de 2011 à Fukushima a tout arrêté. Le taux d’avancement est inférieur à 40%.

Le constructeur, Hitachi, espérait reprendre les travaux de construction cette année, mais il vient d’annoncer un report à 2020. Le démarrage n’aura donc pas lieu avant 2026. Il a revu le référentiel de sûreté afin de satisfaire aux nouvelles exigences et a soumis son dossier en 2014. L’instruction prend plus de temps qu’initialement prévu.

Ce nouveau report a aussi des conséquences sur le démarrage de l’usine de retraitement de Rokkashô-mura, qui accuse déjà 24 années de retard. Elle doit extraire le plutonium nécessaire au combustible MOx. Mais le Japon vient de décider de limiter l’extraction à ce qui peut être consommé. Même avec ce réacteur, aucune raison de mettre en service l’usine.

En effet, ce réacteur doit consommer environ 1,1 tonne de plutonium par an, contre 0,4 tonne pour un réacteur classique chargé partiellement au MOx. Seulement 4 réacteurs classiques utilisent du MOx actuellement au Japon. Rappelons que le stock japonais de plutonium s’élève à 47 tonnes. Mais pour l’affichage, pour maintenir le projet d’extraire le plutonium, il faut des perspectives d’utilisation. Alors, le réacteur d’Ôma, comme la surgénération à plus long terme, servent à entretenir le mythe du recyclage.

Rappelons que des habitants de Hakodaté et la commune située sur l’île de Hokkaïdô, ont saisi la justice pour demander l’arrêt du chantier. Ils ne sont qu’à 23 km du réacteur, de l’autre côté du détroit de Tsugaru.

Début du retrait des combustibles du surgénérateur Monju

La Japan Atomic Energy Agency (JAEA) a commencé à retirer le combustible nucléaire du surgénérateur Monju. Cela devrait durer jusqu’en 2022 pour enlever les 530 barres du cœur et de la piscine.

Chaque barre mesure 4,2 m de long et a une épaisseur de 11 cm. Elle est retirée de la piscine de sodium, nettoyée puis mise dans un emballage avant d’être placé dans une piscine avec de l’eau. Le principal danger vient du sodium qui s’enflamme à l’air et explose dans l’eau. Il faut un jour pour retirer une barre et il y en a 160 dans la piscine.

Pour les 370 barres qui sont dans le réacteur, le retrait ne commencera pas avant l’année prochaine. Rappelons que la JAEA n’avait jamais envisagé de retirer le sodium du cœur… Chaque barre retirée doit être remplacée par une barre factice pour que le sodium reste au même niveau.

Sur les 55 personnes impliquées dans cette tâche extrêmement périlleuse, seule une dizaine ont une expérience avec ce type de réacteur très particulier. Et seulement deux barres ont été retirées jusqu’à présent. Les premiers essais avec des barres de contrôle ont été plus compliqués que prévu : il y avait de la buée sur les caméras de contrôle. Le sodium de la piscine est maintenu à 200°C pour être liquide. La barre doit donc être refroidie, ce qui provoqué de la buée.

Bien évidemment, rien n’est prévu pour le moment pour la gestion à long terme de ces combustibles riches en plutonium.

La JAEA devrait aussi vidanger le sodium du circuit secondaire du réacteur d’ici la fin de l’année. Pour le circuit primaire contenant du sodium radioactif, il faut attendre le retrait complet des barres de combustible et le développement d’une technologie dédiée.

Encore une fuite d’eau à l’usine de retraitement de Rokkashô-mura

L’usine de retraitement de Rokkashô-mura, dans la province d’Aomori, accumule les déboires et sa mise en service, prévue pour 2021, accuse déjà 24 années de retard. Cette fois-ci, c’est une fuite d’eau qui vient d’être découverte, au niveau de tuyaux liés à une piscine d’entreposage. Après inspection, l’exploitant a trouvé une vingtaine de points de corrosion et un trou, mais, officiellement, sans impact sur la sûreté de la piscine.

Ce ne sont pas les premières fuites et les inspections se poursuivent.