Nouvelles révélations sur le scandale de corruption qui secoue Kansaï Electric

L’Asahi fait de nouvelles révélations relatives au scandale de corruption qui secoue Kansaï Electric. Eiji Moriyama, adjoint au maire de Takahama de 1977 à 1987, distribuait argent et cadeaux à des cadres de la compagnie en échange de décisions favorables aux compagnies qu’il soutenait. Il a continué jusqu’à son décès en mars 2019.

L’Asahi rapporte que l’enquête en cours chez Kansaï Electric s’est penchée sur l’achat d’un terrain en 1987 dans le port de Takahama. La compagnie l’aurait acheté le double de sa valeur et Eiji Moriyama aurait joué un rôle clé dans la transaction.

Le terrain de 89 000 m2, situé à un kilomètre au Nord de la centrale nucléaire de Takahama appartenait à une compagnie de transport qui entreposait du bois sur la partie prise sur la mer. Après la mise en service des deux derniers réacteurs, en 1985, la centrale nucléaire a entraîné une augmentation locale de la température de l’eau qui a favorisé l’apparition de parasites du bois. La compagnie de transport a donc demandé une dédommagement à Kansaï Electric.

Selon l’Asahi, Eiji Moriyama serait intervenu pour fixer le prix de la transaction et auprès des autorités locales pour cacher le surcoût. En effet, pour toute vente de terrain d’une superficie supérieure à 10 000 m2, il faut faire une déclaration spéciale auprès du gouvernement local qui vérifie le prix.

Confirmation de l’autorisation de remise en service d’Onagawa-2

En novembre 2019, l’Autorité de régulation nucléaire avait indiqué vouloir autoriser la remise en service du réacteur n°2 de la centrale d’Onagawa située dans la province de Miyagi. Il ne restait plus qu’à soumettre cet avis à la consultation du public sur Internet.

Après la consultation, l’Autorité de régulation nucléaire a maintenu son avis : Onagawa-2 satisfait au nouveau référentiel de sûreté mis en place après la catastrophe nucléaire. Pourtant, le plus grand nombre des 979 avis déposés, s’opposaient à la remise en service du réacteur. La demande avait été déposée en décembre 2013.

C’est le 16ième réacteur à voir sa remise en service validée. Mais seuls 9 ont été remis en service depuis 2011, et aucun en 2019. Le nucléaire japonais est bloqué.

La remise en service n’est pas pour tout de suite, car cette centrale a subi les séismes et tsunami de 2011. Il reste, notamment, à mur à terminer le long du littoral. La compagnie espère terminer les travaux de renforcement de la sûreté pour mars 2021.

Il s’agit d’un réacteur à eau bouillante, comme ceux de la centrale de Fukushima daï-ichi.

Shikoku Electric fait finalement appel de la décision de justice qui suspend son réacteur Ikata-3

Shikoku Electric, qui a vu la justice suspendre une deuxième fois le réacteur n°3 de sa centrale nucléaire d’Ikata (à Ehimé) le 17 janvier dernier, a finalement décidé de faire appel. Elle avait reporté cette décision suite aux multiples problèmes survenus dans ce réacteur, dont une coupure généralisée de l’électricité pendant une dizaine de secondes.

Un autre juge de la même cour devrait être saisi du dossier.

Ikata-3 avait été remis en service en 2016. Il est à l’arrêt pour maintenance depuis le 26 décembre 2019 et il aurait dû redémarrer en avril 2020.

Japan Atomic Power Co accusée de falsifier les données sismiques

L’Autorité de régulation nucléaire (NRA) a accusé la Japan Atomic Power Co (JAPCo) d’avoir modifié les données sismiques utilisées pour déterminer si la faille qui passe sous sa centrale de Tsuruga, dans la province de Fukui, est active ou pas.

Le groupe d’experts de la NRA avait conclu, en mai 2013, que la faille qui passe sous la centrale de Tsuruga est active, ce qui interdit son exploitation. Cet avis avait été confirmé en novembre 2014, malgré les nouvelles données transmises par l’exploitant. Ce dernier ne veut pas admettre les faits et une demande de remise en service du réacteur n°2 a été déposée en novembre 2015. Le réacteur n°1 a été arrêté définitivement en mars 2015.

De nouvelles investigations géologiques ont été menées par l’exploitant et la NRA s’est aperçue que qu’une partie des données transmises le 7 février dernier avait été effacée et remplacée. Une telle attitude est inacceptable ! La compagnie a expliqué avoir remplacé des données anciennes par des données plus récentes, mais cela n’a pas convaincu la NRA qui lui demandé de lui transmettre toutes les données originales et de pointer toutes les modifications faites.

22 nouvelles centrales à charbon prévues dans les 5 prochaines années

Alors que la planète doit réduire ses émissions de CO2, le Japon prévoit de construire 22 centrales à charbon sur 17 sites dans les 5 prochaines années, selon le New York Times. Cinq pourraient être mises en service en 2020. Le gouvernement a, semble-t-il, déjà oublié les typhons exceptionnels qui ont frappé le pays et les vagues de chaleur, de plus en plus fortes.

L’addiction au charbon a commencé bien avant la catastrophe de Fukushima, qui n’a fait qu’accélérer le processus. Les énergies fossiles produisent environ les quatre cinquièmes de l’électricité du pays. Le reste vient essentiellement de des barrages électriques dont la part est de 16%. La part du nucléaire stagne à 3%.

Le Japon est aussi un champion de l’investissement dans le charbon dans d’autres pays.

Des associations de riverains et de protection de l’environnement tentent de s’opposer aux projets qui n’ont bénéficié d’aucune étude environnementale. Pour son projet de Yokosuka, TEPCo a répondu, sans vergogne, que c’était inutile car elle remplace une centrale au fioul sur le même site !

Mais bon, rien à craindre, puisque le pays promet les JO les plus verts de l’histoire…

La Haute cour d’Ôsaka déboute un plaignant qui demandait l’arrêt de la centrale d’Ôï

En 2017, un habitant de Kyôto avait saisi un tribunal d’Ôsaka pour demander l’arrêt de la centrale d’Ôï située dans la province voisine de Fukui, car il estimait qu’en cas de séisme majeur, les réacteurs ne tiendraient, ce qui menaçait la vie des riverains.

En mars dernier, il avait été débouté en première instance. Il avait fait appel et la Haute cour d’Ôsaka vient, à son tour, de le débouter.

Les réacteurs 3 et 4 d’Ôï, exploité par Kansaï Electric, avaient été remis en service en 2018.

Premier déchargement de combustible MOx à la centrale de Takahama

Kansaï Electric a commencé à décharger, pour la première fois, du combustible MOx d’un de ses réacteurs nucléaires. Ce combustible contient du plutonium issu du retraitement des combustibles usés. 8 assemblages de MOx sur 28 seront retirés du réacteur Takahama-3. Ils avaient été introduits en décembre 2010… et seront remplacés par du combustible classique à base d’uranium naturel enrichi. 73 autres assemblages classiques seront aussi déchargés.

Les réacteurs 3 et 4 de Takahama sont actuellement à l’arrêt pour maintenance.

Après le réacteur Ikata-3, où ont été déchargés, il y a quelques jours, 16 assemblages de combustible MOx, ce n’est que la deuxième fois que du MOx est retiré d’un réacteur dans le cadre du programme “pluthermal”. Cela en dit long sur le faible taux de recyclage des combustibles usés.

Sur les 9 réacteurs nucléaires remis en service depuis le renforcement du référentiel de sûreté suite à la catastrophe de Fukushima, seulement 4 utilisent du combustible MOx : Takahama 3 et 4, Ikata-3 et Genkaï-3. Ikata-3 vient d’être suspendu par la justice. Genkaï-3 sera arrêté en août prochain à cause du retard dans la mise en place des mesures anti-terrorisme. De même pour Takahama-3 et 4, avant le 3 août et le 8 octobre 2020, respectivement.

D’ici octobre 2020, il n’y aura donc plus aucun réacteur utilisant du MOx au Japon, même si Kansaï Electric espère avoir fini les travaux en novembre 2020 pour remettre en service Takahama-3 le 22 décembre prochain. Takahama-4, quant à lui, devrait être relancé le 10 février 2021. Comme en France, il n’y a aucune solution pour ce type de combustible après son déchargement. Il finira en déchet, même s’il est classé en matières dites valorisables pour le moment.

Les réacteurs expérimentaux, Monju et Fugen, tous les deux mis à l’arrêt définitif, utilisaient aussi une autre type de combustible MOx. Pour une partie de ceux de Fugen, la solution trouvée a été de signer un contrat avec Orano pour les envoyer en France en attendant, sans perspective de retraitement, pour le moment.

Shikoku Electric ne fera pas appel de la décision de justice qui suspend son réacteur Ikata-3

Il y a quelques jours, la Haute Cour de justice de Hiroshima a, pour la deuxième fois, suspendu le réacteur n°3 de la centrale d’Ikata, dans la province d’Ehimé, car elle considère que les risques sismiques et volcaniques étaient sous-estimés. Shikoku Electric, l’exploitant, a finalement décidé de ne pas faire appel pour le moment.

Le réacteur était déjà à l’arrêt pour maintenance et les problèmes s’accumulent : lors du dernier en date, le 25 janvier 2020, il y a eu un coupure générale d’électricité sur toute la centrale et ses 3 réacteurs nucléaires. Les diesels de secours et d’autres sources ont pris le relais. Mais, pendant une dizaine de secondes, le réacteur n°3 s’est retrouvé en black-out. Le 20 janvier, une alarme a sonné dans la piscine de combustible, indiquant la chute d’un assemblage lors d’une opération de manipulation. Il n’y aurait pas eu de chute, mais un accrochage. Et, le 12 janvier, une barre de contrôle a été relevée par erreur, pendant 7 heures.

L’AIEA inspecte l’autorité de régulation nucléaire

L’Autorité de régulation nucléaire japonaise a demandé un nouvel audit à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA). Lors de sa précédente inspection, qui a eu lieu en 2016, l’AIEA avait salué la création d’une nouvelle autorité indépendante mais avait aussi pointé de nombreux progrès à faire pour atteindre les standards internationaux. L’Autorité de régulation nucléaire, par exemple, ne menait pas d’inspections inopinées.

Dans le communiqué publié à l’issue de cette nouvelle inspection qui a duré 8 jours, l’AIEA souligne que l’Autorité japonaise a renforcé ses inspections, mais que des progrès sont encore nécessaires, notamment pour la radioprotection des travailleurs. L’Agence internationale a aussi noté des lacunes dans le contrôle du transport des matières radioactives.

Un rapport sera publié d’ici trois mois et devrait être rendu public.

La justice japonaise suspend à nouveau l’exploitation du réacteur Ikata 3

La Haute cour de Hiroshima a suspendu l’exploitation de réacteur n°3 de la centrale d’Ikata, située dans la province d’Ehimé, sur l’île de Shikoku. Elle a donné raison à trois plaignants d’une île de la mer intérieure de Séto, dans la province de Yamaguchi, qui avaient été déboutés en première instance en mars 2019 par le tribunal d’Iwakuni.

La Haute cour a pris en compte les risques liés à une faille active dans la zone de la centrale et à un volcan situé à environ 130 km, le mont Aso. Pour les plaignants, les secousses liées à cette failles pourraient être plus fortes que ce qui a été considéré par l’exploitant et les autorités. La justice a estimé que la faille, située à moins de 2 km, n’a pas été suffisamment étudiée par l’exploitant, Shikoku Electric. Elle critique aussi la décision de l’Autorité de régulation nucléaire qui a donné une autorisation d’exploitation.

Les plaignants craignent aussi une éruption du Mont Aso, situé sur l’île de Kyûshû, qui pourrait entraîner des écoulements pyroclastiques accompagnés de nuées ardantes.

De par sa location, cette centrale pourrait barrer l’accès à la péninsule Sadamisaki et ses 5 000 habitants en cas d’accident nucléaire grave. D’une quarantaine de kilomètres de long, elle n’a que 800 m de large par endroits. Leur évacuation est prévue par la mer.

Shikoku Electric devrait faire appel et l’Autorité de régulation nucléaire, mise en cause, s’est défendue.

Ce n’est pas la première fois que cette centrale est supendue par la Haute cour de Hiroshima. Ce fût déjà le cas en décembre 2017, à cause des risques liés au mont Aso. Un autre juge de cette même cour avait ensuite révoqué cette injonction et le réacteur n°3 avait été remis en service en octobre 2018. Mais rien n’a changé depuis, dans la prise en compte des risques volcaniques.

Le réacteur n°3, mis en service pour la première fois en 1994, était à l’arrêt depuis décembre dernier pour maintenance. Il aurait dû être remis en service le 27 avril 2020. Le réacteur n°2 de cette centrale a été, quant à lui, mis à l’arrêt définitif en mars 2018. Le n°1 est en cours de démantèlement.

Si seulement 9 réacteurs nucléaires ont été remis en service depuis le nouveau référentiel de sûreté post-Fukushima, 6 fonctionnent actuellement. Et seuls 4 réacteurs utilisaient du combustible MOx, dont Ikata-3, qui vient d’être suspendu. Le recyclage du plutonium reste quasiment nul au Japon.

Lancé en 1997, le projet “pluthermal”, qui consiste à utiliser du combustible MOx à base de plutonium dans des réacteurs classiques, n’est pas un franc succès. Ikata-3 a, pour la première fois dans l’histoire du Japon, déchargé du MOx usé d’un cœur de réacteur le 14 janvier dernier (la totalité des 16 assemblages). La présente décision de justice a aussi un impact sur ce programme. Comme en France, il n’y a pas de filière pour ce combustible MOx usé

Le Japon a décidément du mal à justifier son usine de retraitement de Rokkashô, qui accuse déjà 24 années de retard dans sa mise en service.