KEPCo va porter plainte contre ses cadres dirigeants impliqués dans un scandale de corruption

La compagnie Kansaï Electric, ou KEPCo, a porté plainte contre 5 de ses anciens dirigeants, en réaction à l’investigation interne qui a fait suite au scandale de corruption. Selon le résultat de cette enquête, la corruption aurait entraîné 1,27 milliards de yens (11 millions d’euros) de dommages à la compagnie. Mais les dommages réclamés sont de 1,94 milliards de yens.

Parmi les dommages estimés par la commission d’enquête, composée d’anciens magistrats externes à la compagnie, il y a, notamment, pour plus de 360 millions de yens en relation à des ordres de construction inappropriés, 879 millions yens liés à la perte de l’accès à des commandes publiques depuis que le scandale a éclaté et 284 millions de yens en publicité “pour retrouver la confiance”.

KEPCo a puni 93 employés qui ont accepté des cadeaux de la part d’Eiji Moriyama, ancien maire adjoint de Takahama, dans la province de Fukui, qui est décédé. Le total de ses “cadeaux” atteint 360 millions de yens (3 millions d’euros). En échange, KEPCo a passé des marchés avec des compagnies liées à ce monsieur. L’argent provenait des compagnies qui bénéficiaient ainsi des commandes de KEPCo…

La plainte vise Makoto Yagi, ancien président (chairman) de Kansai Electric, Shigeki Iwané, ancien président, Hideki Toyomatsu, ancien vice-président exécutif, Ryohei Shirai, ancien directeur et Shosuke Mori, ancien conseiller. La compagnie leur reproche leur incapacité à exercer pleinement leur contrôle.

La plainte est déposée quelques jours avant l’assemblée générale des actionnaires, programmée le 25 juin 2020, qui s’annonce houleuse. En effet, KEPCo savait mais n’a rien fait pour mettre fin au scandale. Quand le service des impôts a découvert l’affaire, la compagnie a tardé à la rendre publique. Et elle a commencé par minimiser son ampleur, comme si ces “cadeaux” étaient normaux.

Avant leur démission, la seule défense des cadres corrompus avait été de dire qu’il avaient peur de l’ancien maire adjoint, connu pour ses colères. C’est un peu léger pour une des principales compagnies du pays, qui exploite des centrales nucléaires en plus !