COP26 : blablabla japonais

Pour garder la face, le Japon, comme les autres gros émetteurs de gaz à effet de serre, se devait de faire des annonces ambitieuses à la COP26, tout en essayant d’éviter des engagements contraignants. Rappelons que le projet annoncé lors du sommet sur le climat organisé par les Etats-Unis en avril dernier a pour but de réduire de 46% ses émissions de CO2 d’ici 2030 par rapport à 2013 et d’attendre la neutralité carbone en 2050. Le premier objectif est basé sur l’hypothèse que 30 réacteurs nucléaires seront remis en service d’ici 2030 alors que seuls 10 l’ont été depuis 2011… Ce n’est donc pas très réaliste. Le parti au pouvoir a, comme le gouvernement français, fait la promotion des petits réacteurs nucléaires modulaires, supposés plus sûrs. Mais qui peut croire qu’il va pouvoir développer un tel réacteur, trouver des sites et en construire plusieurs en moins de 10 ans !

Le nouveau gouvernement de Fumio Kishida a décidé, en amont de la COP26, de doubler la part des énergies renouvelables entre 2019 et 2030 afin d’atteindre de 36 à 38% des besoins en électricité. La part du nucléaire reste inchangée, de 20 à 22%. La part des énergies fossiles qui était de 76% en 2019 devrait passer à 41% en 2030, ce qui reste élevé. Cela inclut 19% produits à partir du charbon.

Comme l’on rapporté plusieurs médias (voir le Japan Times), le Japon aurait du lobbying auprès du GIEC pour exclure du rapport la proposition d’arrêter les centrales à charbon et à gaz d’ici 9 à 12 ans respectivement. Il aurait fait la promotion de la séquestration du carbone à la place.

Ce nouveau plan énergétique prétend réduire autant que possible la part du nucléaire tout en maintenant que le nucléaire reste une source d’énergie importante ! Si la construction de nouveaux réacteurs n’est pas explicitement mentionnée, elle n’est pas exclue pour autant. Quant au retraitement, il reste l’option choisie par le Japon même si l’usine n’a toujours pas été mise en service et qu’il n’y a pas de débouché pour le plutonium extrait. La part du nucléaire était de 6% en 2019. Il ne sera pas facile d’atteindre 20 à 22% en 2030.

Ce nouveau plan énergétique a été soumis à une consultation du public en ligne pendant un mois, mais aucune révision majeure n’a été effectuée.