Préparation à la levée des ordres d’évacuation à Futaba

Après Katsurao et Ôkuma en décembre, c’est au tour de Futaba de permettre aux anciens résidents de certaines zones de passer la nuit chez eux pour préparer leur retour. La décontamination et reconstruction n’ont été effectués que sur 780 hectares, soit 15% de la surface de la commune, situés autour de la gare. Il y avait 4 376 résidents dans cette zone avant l’accident. 3 613 y étaient encore enregistrés en décembre dernier, mais seulement 15, dans 11 foyers, ont demandé l’autorisation de passer la nuit chez eux à ce jour.

L’ordre d’évacuation avait déjà été levé en mars 2020 pour une toute petite partie de 220 hectares autour de la gare. Pour la zone étendue dont il est question ici, l’ordre d’évacuer devrait être levé en juin prochain. Et, pour les autres territoires habités de la commune, aussi classés en zone de retour difficile, le gouvernement compte lever les ordres d’évacuation dans la décennie à venir.

Le Japon et le charbon

Lors de la COP26 qui s’est tenue à Glasgow à l’automne dernier, le Japon a refusé de s’engager à arrêter le charbon d’ici 2030, ce qui lui a valu de fortes critiques de la part des personnes soucieuses du dérèglement climatique en cours, car le pays est un gros émetteur de gaz à effet de serre. L’époque du protocole de Kyôto est bien loin… Rappelons que dans la déclaration finale, les pays se sont finalement engagés à réduire progressivement (phase down) la part du charbon plutôt qu’à supprimer progressivement (phase out) cette source d’énergie très émettrice de CO2. Le Japon avance l’ammoniac pour gagner du temps dans l’arrêt du charbon, mais, comme nous l’avons déjà expliqué, ce n’est qu’une excuse pour maintenir cette source d’énergie extrêmement polluante. L’objectif de maintenir la hausse des température sous 1,5° par rapport au niveau pré-industriel ne pourra être tenu ainsi.

Comme signe de sa forte dépendance, le Japon a paniqué quand l’Indonésie a suspendu pendant un mois ses exportations de charbon pour faire face à une réduction de ses réserves. Depuis, les partis au pouvoir à Tôkyô ont reporté l’introduction d’une taxe carbone, qui sera juste mentionnée dans la loi comme un moyen d’atteindre la neutralité carbone. Le ministre en charge de l’environnement a déclaré à l’Associated press (repris par le Mainichi) : “Nous ne pouvons pas donner de détails sur ce que nous ferons des centrales au charbon d’ici 2030, mais nous ferons de notre mieux pour réduire les émissions.” On a connu plus enthousiaste comme engagement, car 2030, c’est demain. Pour paraphraser Greta Thunberg, “we want you to panic” !

Le Japon va collaborer avec les Etats-Unis sur le développement d’un surgénérateur refroidi au sodium

Le Japon va signer un accord de coopération avec les Etats-Unis pour construire un surgénérateur refroidi au sodium. Japan Atomic Energy Agency et Mitsubishi Heavy Industries, côté japonais, vont fournir une assistance technique à TerraPower, une compagnie fondée par Bill Gates, pour construire un prototype dans le Wyoming à partir de 2024. Le département d’état à l’énergie soutient financièrement le projet qui devrait être terminé en 2028 (si, si, par d’erreur de frappe !).

Dans le cadre de cet accord, le Japon va considérablement améliorer les fonctions de l’installation expérimentale AtheNa de la Japan Atomic Energy Agency située dans la province d’Ibaraki. 900 millions de yens vont y être injectés pour pouvoir effectuer des essais destinés à obtenir des données sur la circulation du sodium à haute température dans environ 200 mètres de tuyauterie. Il reste cependant à mettre au point un système de chauffage permettant d’élever la température du sodium à plus de 500°C, ce qui est proche des conditions de fonctionnement d’un réacteur nucléaire. 600 millions de yens ont déjà été engagés pour commencer les travaux d’installation du système de chauffage et modifier les tuyauteries et autres composants concernés. 300 millions de yens supplémentaires vont être engagés cette année pour les dépenses connexes. Le gouvernement compte remettre cette installation en service en 2023. Il n’y a pas d’équivalent aux Etats-Unis.

Le gouvernement japonais veut aussi remettre en service le petit surgénérateur expérimental Jôyô, lui aussi situé dans la province d’Ibaraki et refroidi au sodium. Mis en service en 1977, il est à l’arrêt depuis 2007 suite à un incident. Il n’a pas encore reçu d’autorisation de remise en service de la part de l’Autorité de régulation nucléaire. Le renforcement de la sûreté et de la résistance aux agressions extérieures comme les séismes devrait coûter 14 milliards de yens. Le gouvernement table sur une remise en service en 2024 au plus tôt.

Ces perspectives permettent au Japon de pouvoir prétendre démarrer un jour son usine de retraitement à Rokkashô-mura, qui accuse déjà 25 années de retard. Pour le moment, il n’a pas de débouchés pour le plutonium qui pourrait en être extrait. Cet acharnement à vouloir développer une industrie du plutonium n’est pas sans arrières pensées militaires.

Le concept des surgénérateurs refroidis au sodium date des années 1950. Plein de Superphénix auraient dû être construits en France avant la fin du siècle dernier. Monju, l’équivalent japonais, a finalement aussi été abandonné. Les règles de sûreté sont beaucoup plus exigeantes maintenant et la France a repoussé à la fin du siècle le développement de cette technologie. Un siècle de recherches et développements pour aboutir, ce n’est pas très prometteur. Bien que le projet de TerraPower soit complètement différent, rien ne dit qu’il aura plus de succès. Le sodium est un métal dangereux et corrosif.

Mise à jour du 28 janvier 2022 : lire l’éditorial cinglant de l’Asahi à ce sujet.

Pièce de théâtre censurée à Fukui

Une chaîne locale de télévision câblée a discrètement supprimé une pièce du club de théâtre d’un lycée lors de sa diffusion annuelle d’un festival, car le contenu était trop sensible pour être diffusé. Normalement, la chaîne diffuse toutes les pièces jouées par les établissements scolaires lors du festival annuel d’automne de la préfecture de Fukui. Et cette année, à cause de la pandémie, les 12 spectacles présentés du 18 au 20 septembre n’avaient pas de public. Ne pas être programmé lors de la diffusion télévisée qui a eu lieu en décembre signifie donc aucune audience. Qu’est ce qui pouvait provoquer une telle censure ? La pièce osait critiquer le nucléaire dans la province la plus nucléarisée du Japon (15 réacteurs) !

Selon l’Asahi, la pièce en question, intitulée “Tomorrow’s Hanako”, a été jouée par le lycée Fukui Norin, un établissement public spécialisé dans l’agriculture et la sylviculture. Elle retrace l’histoire de l’implantation de très nombreux réacteurs nucléaires dans la province et explore les sentiments mitigés des habitants à l’égard de ces installations à travers les échanges entre deux écolières. Le scénario, humoristique, a été écrit par Toru Tamamura, un ancien conseiller du club de théâtre, et a été choisi parmi d’autres par les membres du club lors d’un vote en juillet. Ce qui a servi de prétexte à la censure, est une citation du maire de Tsuruga en 1983 : “Certains enfants pourraient naître avec des handicaps dus aux effets des radiations, mais nous devrions attirer une installation nucléaire pour pouvoir recevoir des subventions de l’État.” Ces propos avaient fait scandale à l’époque. L’auteur de la pièce se défend d’avoir eu l’intention de discriminer les personnes handicapées et explique que la citation du maire est rapportée dans le contexte d’une critique.

La fondation Genden Fureai, créée par la Japan Atomic Power qui est le propriétaire de la centrale nucléaire de Tsuruga, subventionne chaque année des événements organisés par l’association culturelle des lycées de la province de Fukui. En 2021, son soutien s’élevait à 600 000 yens. L’industrie nucléaire fait aussi partie des annonceurs et mécènes de la chaîne câblée.

L’Asahi a essayé de comprendre comment on a pu en arriver là et personne ne semble vouloir endosser la décision de ne pas diffuser cette pièce de théâtre. Mais le financement de l’industrie nucléaire aurait été évoqué lors des réunions.

Une pétition en ligne pour protester contre la décision de ne pas diffuser la pièce a recueilli plus de 10 000 signatures. Le scénario a aussi été posté en ligne. Finalement, le comité de l’association culturelle a décidé, en décembre, d’autoriser uniquement les responsables de l’école et les membres des clubs de théâtre associés au festival à regarder la pièce de Fukui Norin sur un site Internet.

TEPCo ne sait que faire des déchets issus du traitement de l’eau contaminée

Le rejet en mer prévu de l’eau issue du refroidissement des combustibles fondus – le corium – a beaucoup attiré l’attention, tant au niveau national qu’international. En revanche, on sait peu de choses des déchets issus du traitement de cette eau. L’Asahi y consacre un article détaillé.

Premier problème non résolu : les conteneurs de stockage de la boue contaminée issue du traitement se dégradent sous l’effet des radiations et doivent donc être remplacés. Malgré l’urgence de la situation, peu de choses ont été faites pour résoudre le problème. TEPCo en a accumulé 3 373 depuis mars 2013, date à laquelle elle a commencé à conserver les boues dans des récipients spéciaux.

L’intérieur de chaque cuve, conçue spécialement pour stocker les boues radioactives, est revêtu de polyéthylène, tandis que l’extérieur à double paroi est renforcé par de l’acier inoxydable. La concentration en strontium dans les boues peut atteindre des dizaines de milliards de becquerels par litre. TEPCO et l’Autorité de régulation nucléaire estiment que les récipients auront atteint leur limite après une exposition cumulée de 5 MGy (5 millions de grays). TEPCO en a déduit que ces récipients devront être remplacés à partir de juillet 2025.

Mais, comme nous l’avons rapporté en juin dernier, l’Autorité de régulation nucléaire considère que TEPCo de sous-estime le problème de radiation en mesurant la densité de la boue à 20 centimètres au-dessus de la base du récipient lors de son évaluation de la dose. Or, la densité est plus élevée au fond. Par conséquence, suite à sa propre évaluation, l’Autorité avait indiqué à TEPCo que 31 conteneurs avaient déjà atteint la dose maximale et devaient être remplacés. 56 autres devaient être remplacés dans les deux ans. Elle avait aussi pressé TEPCo car le transfert de la boue prendra du temps.

TEPCo a effectué un test en août dernier avec des boues présentant des taux de radiation relativement faibles qui ont été transvasées d’un conteneur à un autre. L’opération a duré plus d’un mois en raison de problèmes mécaniques et d’autres raisons. Mais, en octobre, l’Autorité de régulation nucléaire a déclaré qu’il existait un risque inacceptable de rejet de substances radioactives dans l’air au cours du processus et a insisté pour que la méthode de remplissage soit radicalement revue et modifiée.

TEPCO étudie actuellement les mesures à prendre, notamment en recouvrant l’espace de travail de feuilles de plastique, sachant que les niveaux de strontium dans les boues qui doivent être transvasées sont plus de 1 000 fois supérieurs à ceux de l’essai effectué en août. Elle n’a pas de solution définitive alors que des conteneurs ont atteint leur limite.

Deuxième problème non résolu : celui des sacs de sable chargé en zéolites pour absorber le césium dont nous avons déjà parlé en mars 2020. Toujours selon l’Asahi, les 26 tonnes de ce produit sont toujours immergées dans l’eau contaminée stockée dans les sous-sols de deux bâtiments situés près du réacteur n° 4. Les sacs émettraient 3 à 4 sieverts par heure ! C’est une dose létale en quelques heures ! Un échantillon de sable prélevé avait une concentration en césium de 130 GBq/kg (130 milliards de becquerels par kilogramme). TEPCo prévoit d’introduire un robot télécommandé pour récupérer les sacs, au plus tôt à partir de 2023, sans indiquer combien de temps cela prendra ni où stocker les sacs récupérés.

Et bien sûr, TEPCo n’a toujours pas de solution non plus pour tous les déchets issus du démantèlement des réacteurs accidentés et notamment des 880 tonnes de corium extrêmement radioactifs. Elle a déjà accumulé 480 000 m3 de gravats radioactifs, de terre et de bois issus des arbres abattus pour faire la place aux cuves. Il est peu probable qu’elle ait terminé dans 30 ans.

Plan gouvernemental pour accompagner le rejet en mer de l’eau traitée

Le gouvernement a adopté un plan d’accompagnement des rejets en mer prévus à partir de 2023 de l’eau traitée qui s’accumule dans les cuves de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi, quelques jours après que TEPCo ait soumis son plan de rejet à l’Autorité de régulation nucléaire (lien vers le communiqué en japonais). Le gouvernement espère ainsi répondre à l’inquiétude des pêcheurs et agriculteurs locaux ainsi qu’au tourisme et commerce face à ce qui est qualifié de “rumeurs néfastes” par les autorités en établissant, d’ici un an, des normes de compensation pour les pertes éventuelles et en renforçant la capacité de surveillance et la transparence. Le gouvernement va également mettre en place un fonds de 30 milliards de yens pour acheter des produits de la mer lorsque la demande baisse et promouvoir la vente en ligne de ces produits par les pêcheurs.

Le plan prévoit également la réalisation d’enquêtes en ligne ciblant les consommateurs en Corée du Sud, à Taïwan, à Hong Kong et ailleurs, afin de comprendre leur perception de l’eau traitée et des produits alimentaires provenant de la préfecture de Fukushima. Le gouvernement compte aussi s’appuyer sur le rapport de l’AIEA.

Il n’est pas sûr que ces mesures suffisent car cela plus de dix ans que la région est sinistrée et que nombreuses activités économiques souffrent encore de l’impact des retombées radioactives. Les agriculteurs de Fukushima craignent que le rejet en mer de l’eau provenant de la centrale accidentée ne ravive les craintes de contamination et n’affecte à nouveau le prix de leurs produits, réduisant à néant une décennie de lent redressement après la catastrophe nucléaire.

Comme l’explique le Maïnichi, la production de rondins pour la culture de shiitakés, par exemple, n’a pas repris et c’est un savoir-faire qui risque de disparaître. Les montagnes d’Abukuma, dans l’est de la province de Fukushima, étaient autrefois l’une des principales sources de ce bois. En 2010, Fukushima était le troisième plus grand producteur au Japon, avec quelque 4,78 millions de rondins expédiés. Mais la catastrophe nucléaire a changé la donne et, aujourd’hui encore, la préfecture ne produit qu’environ 140 000 rondins de culture par an. En cause, des contaminations en césium encore comprises compris entre 100 et 540 Bq/kg alors que le maximum autorisé est de 50 Bq/kg. Les chênes pour la culture du shiitaké sont récoltés lorsqu’ils mesurent environ 15 centimètres de diamètre et il faut environ 20 ans pour atteindre cette taille. Mais si les troncs sont trop épais, il devient difficile pour les nouvelles pousses de sortir de la souche. 

Ainsi, la production de rondins de culture de shiitakés est en dormance, tout comme les traditions locales de partage de plantes sauvages comestibles, de champignons et autres. Certains résidents âgés s’inquiètent du fait qu’il n’y a personne pour prendre la relève et qu’il n’y a aucun espoir d’un avenir lié aux montagnes. Ainsi, l’accident nucléaire a changé la valeur des montagnes, et le lien qu’entretiennent les habitants avec elles est devenu très ténu. Aucune indemnisation ne pourra compenser cette perte.

Dans un communiqué, TEPCo assure qu’“en ce qui concerne la compensation, si une atteinte à la réputation se produit malgré ces contre-mesures, nous répondrons de manière appropriée tout en écoutant attentivement les opinions des parties concernées.” Pour les indemnisations liées aux évacuations cela n’a pas toujours été le cas, malgré les recommandations de la structure en charge des conflits. Et d’ajouter, qu’“en tant que partie responsable de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, TEPCO s’efforcera de rétablir la confiance qui est le fondement de [son] activité.” Cela pourrait commencer par autoriser des contrôles faits par des laboratoires choisis par les producteurs et consommateurs…

Travaux de soudure bâclés à la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa

Selon l’Asahi, TEPCo a découvert que des soudures ont été bâclées par un sous-traitant à sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa. La compagnie a déclaré avoir été informée anonymement à plusieurs reprises depuis le mois de mars dernier et les soudures devraient être refaites sur environ 1 220 sections, un processus qui prendra probablement jusqu’à l’été prochain. TEPCO avait prévu de reprendre l’exploitation du réacteur n° 7 à l’automne 2022, mais ce plan est désormais caduc.

Du gaz aurait dû être injecté dans la tuyauterie lors des soudures pour éviter l’oxydation, mais les soudeurs ne l’ont pas pas fait, entraînant des risques de détérioration rapide sur le long terme. Et comme cela concerne un équipement d’extinction des incendies, cela a une importance primordiale sur la sûreté. Sur 194 points de soudures contrôlé, TEPCo a trouvé des problèmes pour 74 d’entre eux, soit environ 40 %

TEPCO a interrogé 17 soudeurs et neuf ont reconnu ne pas avoir utilisé de gaz lors des travaux. Un soudeur a même déclaré avoir fait semblant d’injecter du gaz en insérant un tuyau dans la tuyauterie, sans en libérer. Les soudeurs auraient trouvé fastidieux de trimballer des bonbonnes de gaz et de les retirer du réacteur après avoir terminé. Au début, ils n’ont libéré qu’un petit volume de gaz et, par la suite, la plupart des soudeurs n’ont pas pris la peine d’utiliser le moindre gaz. En outre, ils ont falsifié leurs comptes-rendus de travail pour faire croire qu’ils avaient effectué leurs tâches correctement.

Aucun superviseur de Tokyo Energy & Systems, qui a sous-traité le travail, n’était présent sur le site pour vérifier que les soudures étaient effectuées correctement. L’entreprise ne disposait que des rapports falsifiés pour confirmer que le travail avait été effectué dans les règles de l’art.

TEPCO a déclaré que les 1 220 points soudés par le sous-traitant devaient être refaits. Elle a également déclaré que 317 autres points de soudure réalisés par trois autres sociétés avaient contrôlé de manière inexacte la concentration d’oxygène dans la tuyauterie, ce qui signifie que le travail devra également être refait.

Mais bon, TEPCo continue de proclamer que la sûreté est sa priorité n°1…

119ème versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 119ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 33,1 milliards de yens (257 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a reçu un total de 10 203,8 milliards de yens (79 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

TEPCo a soumis le plan de rejet de son eau traitée

TEPCo a soumis à l’Autorité de régulation nucléaire son plan de rejet en mer de l’eau traitée accumulée dans des cuves. Comme cela a déjà été dit, le rejet se fera, à partir d’avril 2023, via un tunnel d’un kilomètre de long pendant une trentaine d’années à cause de la limite de rejet du tritium fixée à 22 TBq. Le stock est presque de 1,3 million de mètres cube.

Préparation à la levée des ordres d’évacuer dans les zones dites de retour difficile

Après Katsurao le 30 novembre dernier, il est possible de passer la nuit pour préparer son retour dans d’autres zones dites de retour difficile où le gouvernement devrait lever les ordres d’évacuation l’an prochain. Pour des communes comme Ôkuma et Futaba, qui sont presque entièrement classées en zone de retour difficile, outre les niveaux de radiation qui restent élevés, il n’y a pas de commerces ou médecins.

A Ôkuma, 7 600 personnes vivaient avant la catastrophe dans les zones où les ordres d’évacuer seront levés prochainement. Le gouvernement y espère la présence d’environ 2 600 personnes dans les 5 ans à venir. Mais, à ce jour, seulement 31 résidents dans 15 foyers ont demandé l’autorisation d’y passer la nuit. D’un autre côté, 1 150 habitations y ont été détruites. Et, comme nous l’avons déjà rapporté, la délimitation des zones qui seront rouvertes crée la confusion chez les anciens résidents.

Selon l’Asahi, les habitants se sont résignés et savent qu’ils ne retrouveront jamais les communautés et les conditions de vie d’il y a 11 ans.