Cancer de la thyroïde chez les jeunes de Fukushima : 162 cas confirmés sur 198 suspectés

Avec presque un mois de retard, voici les derniers résultats concernant le dépistage du cancer de la thyroïde chez les jeunes de Fukushima qui ont été rendus public en japonais le 18 juin dernier. Un résumé officiel en anglais est aussi disponible. Et comme d’habitude, Fukushima Voices a publié son résumé en anglais.

Ainsi, au 31 mars 2018, il y avait 162 cas de cancers de la thyroïde confirmés sur 198 suspectés, plus toujours un seul cas qui s’est révélé bénin après la chirurgie. C’est deux de plus pour les confirmés et deux de plus pour les suspectés par rapport à la publication précédente.

Rappelons que les autorités en sont à la troisième campagne de dépistage par échographie. Contrairement à la fois précédente, les données relatives aux deux premières campagnes sont en ligne après une mise à jour. Le nombre de cancers confirmés ou suspectés à l’issue des deux premières campagnes n’ont pas changé, même si le nombre d’examens complémentaires a augmenté (données en japonais pour la première campagne et pour la deuxième campagne). Voir aussi le tableau ci-dessous.

La troisième campagne a concerné 216 358 jeunes de moins de 18 ans au moment de l’accident sur 336 368 concernés, ce qui fait un taux de dépistage de 64,3%. Il y a eu 803 examens complémentaires d’effectués sur 1 367 recommandés et 689 ont eu leurs résultats. Les 35 cytoponctions effectuées ont permis de découvrir 12 cas de cancers suspectés, soit deux de plus que la fois précédente. 9 d’entre eux ont été confirmés après chirurgie, ce qui fait deux de plus que la fois précédente.

Le bilan des trois campagnes de dépistage donne :

Première campagne Deuxième campagne Troisième campagne
Dépistage avec résultat

300 472

270 540

216 358
Examens complémentaires effectués 2 130 1 874 689
Cytoponctions 547 207 35
Nombre de cancers suspectés 116 71 12
Nombre de cancers confirmés 101 52 9

 

Déjà 4 compagnies ont envoyé des stagiaires vietnamiens en zone contaminée

Suite au scandale des apprentis vietnamiens envoyés illégalement sur des chantiers de décontamination ou à la centrale de Fukushima daï-ichi, le ministère de la justice a débuté une enquête auprès de 1 002 compagnies du bâtiment dans 8 ou 9 provinces qui prennent part au programme de formation de stagiaires étrangers. Selon un bilan provisoire, sur 182 compagnies, 4 auraient envoyé des stagiaires étrangers sur des chantiers de décontamination.

Par ailleurs, pour ce qui concerne la compagnie de Morioka dans la province d’Iwaté, par qui le scandale est arrivé, elle n’est plus autorisée à prendre des stagiaires dans le cadre de ce programme pendant 5 ans. Le ministère précise qu’elle a envoyé plusieurs apprentis vietnamiens décontaminer la zone évacuée alors que ce n’était pas dans leur programme de formation et qu’elle ne leur a pas versé de prime de risque. Ils recevaient 2 000 yens (15€) par jour alors que le gouvernement versait à la compagnie une prime de risque de 6 600 yens (51€) par jour et par personne.

Si telle est la sanction, cela signifie que ce programme de formation est très avantageux pour les compagnies, alors qu’il devrait d’abord bénéficier aux apprentis… Pour les trois autres compagnies, deux à Fukushima et une à Chiba, la sanction n’a pas encore été décidée.

L’enquête devrait se terminer fin septembre prochain. De nombreux autres cas pourraient être découverts d’ici là.

Selon l’AFP, le Japon comptait un peu plus de 250 000 de ces apprentis fin 2017. Ils sont cependant de plus en plus nombreux à quitter leur employeurs de manière précipitée (7 089 l’an dernier, contre 2 005 en 2012). Beaucoup ont justifié leur départ par la faible rémunération perçue.

Trois actionnaires saisissent la justice pour que TEPCo cesse de financer Tôkaï-2

Trois actionnaires de TEPCo ont saisi un tribunal de Tôkyô pour que la compagnie cesse de financer le renforcement de la sûreté de Tôkaï-2. Ils estiment que les intérêts de TEPCo et de ses actionnaires seront menacés qui un soutien financier est fourni à la Japan Atomic Power Co (JAPCo) qui possède Tôkaï-2.

Bien que l’Autorité de régulation nucléaire vienne d’estimer que Tôkaï-2 satisfaisait au nouveau référentiel de sûreté, le réacteur va avoir 40 ans en novembre et il ne peut espérer obtenir qu’une extension de la durée d’exploitation de 20 ans tout au plus. Et même si cette extension était accordée, les plaignants estiment que TEPCo ne pourra jamais être remboursée. Les travaux à effectuer, en cas d’avis positif de l’Autorité de régulation nucléaire, atteignent 174 milliards de yens (1,3 milliard d’euros).

Selon la loi japonaise, les compagnies ne doivent pas prendre des décisions qui peuvent nuire aux actionnaires. Mais TEPCo et les 4 autres compagnies qui possèdent JAPCo craignent la faillite de cette dernière si Tôkaï-2 ne redémarre pas.

Comme l’Etat est actionnaire majoritaire de TEPCo, la décision est aussi politique. L’opposition réclame que TEPCo utilisent cet argent pour indemniser les victimes de la catastrophe, plutôt que d’investir à fonds perdus dans Tôkaï-2.

Les microparticules riches en césium perdent leur radioactivité à haute température

Nous avons déjà mentionné à plusieurs reprises ces microparticules vitreuses riches en césium rejetées lors de l’accident nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi. Et, comme nous l’avons déjà signalé, elles peuvent facilement être remises en suspension et inhalées. Elle restent alors plus longtemps dans les poumons et peuvent avoir un impact sanitaire plus pénalisant. La télévision publique japonaise avait consacré un documentaire.

Selon une étude récente, disponible en libre accès, une fois chauffées à haute température dans un incinérateur, le césium radioactif a tendance à se désorber, ce qui entraîne une baisse significative de sa concentration. Pour cela, les auteurs ont chauffé entre 600 et 1 000°C six microparticules et ont mesuré leur radioactivité et ont trouvé qu’il y avait une baisse à partir de 600°C et qu’elle avait presque disparu à 1 000°C. Voir la figure ci-dessous extraite de l’article :

Cela signifie que lors de l’incinération des déchets organiques issus de la décontamination, le césium contenu dans ces microparticules est libéré et n’est pas piégé dans les cendres.

Tôkaï-2 satisfait aux nouvelles règles de sûreté

L’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) a estimé que le réacteur Tôkai-2, situé dans la province d’Ibaraki, satisfaisait aux nouvelles règles de sûreté. Cet avis va être soumis à la consultation du public sur Internet pendant un mois, comme d’habitude. C’est ici pour participer.

La demande d’autorisation de redémarrage avait été déposée en mai 2014. Mais la remise en service n’est pas pour tout de suite car ce réacteur aura 40 ans en novembre 2018. Son exploitant, la Japan Atomic Power Co (JAPCo), filiale de plusieurs compagnies d’électricité japonaises, a déposé une demande « exceptionnelle » de prolongation de 20 ans de la durée d’exploitation en novembre 2017. La procédure d’évaluation est toujours en cours. Et même en cas d’avis favorable, le réacteur ne pourra pas être remis en route avant 2021 car il faudra effectuer les travaux de renforcement de la sûreté. Il y en a pour 180 milliards de yens (1,4 milliard d’euros). TEPCo et Tôhoku Electric devraient prendre en charge une partie de ces coûts. C’est choquant pour TEPCo, qui a de graves problèmes financiers depuis la catastrophe nucléaire.

Il s’agit d’un réacteur à eau bouillante, comme ceux de Fukushima, et d’une puissance de 1 100 MWe. C’est le 15ième réacteur à satisfaire au nouveau référentiel de sûreté et le 3ième à eau bouillante, après Kashiwazaki-Kariwa 6 et 7.

La remise en service de ce réacteur relève de l’acharnement thérapeutique. Outre ses équipements vétustes, comme les kilomètres de câbles inflammables, il a subi les séisme et tsunami de 2011. La vague de tsunami faisait 5,4 m de hauteur et un générateur diesel de secours a été endommagé. Il a fallu 3 jours et demi pour l’arrêter grâce aux deux autres générateurs.

Et puis, il y a presque un million d’habitants dans un rayon de 30 km, dont Mito, la capitale de la province d’Ibaraki. En cas d’accident grave, il sera difficile d’évacuer les populations. Le plan d’urgence doit encore être établi. Seules 3 communes sur 14 ont un plan d’évacuation. La ville de Mito, avec ses 270 000 habitants, a trouvé un abri pour seulement 90 000 d’entre eux. Mais, avoir un plan d’urgence, n’est pas une condition requise pour remettre en route un réacteur.

Mais la compagnie, filiale de 5 énergéticiens japonais, n’a plus que ce réacteur : Tsuruga 1 et Tôkaï 1 ont été arrêtés définitivement, et Tsuruga-2 est sur une faille sismique considérée comme active par l’Autorité de régulation nucléaire.

Une haute cour rejette la suspension des réacteurs d’Ôï

En 2014, la justice avait suspendu la remise en service de la centrale d’Ôï dans la province de Fukui car elle estimait que les risques sismiques avaient été sous-évalués. Furieux, le PDG de KEPCo, l’exploitant, avait alors annoncé vouloir passer outre cette décision. La compagnie avait fait appel de cette décision qui s’oppose au redémarrage des réacteurs 3 et 4 de sa centrale d’Ôï. Tant que la procédure suivait son cours, le jugement n’était pas suspensif.

Le tribunal de Kanazawa de la Haute cour de Nagoya vient de débouter les plaignants et a annulé l’injonction de suspendre la remise en service de deux réacteurs de cette centrale nucléaire. Les plaignants estimaient que l’exploitant avait sous-estimé le risque sismique et avaient présenté, comme témoin, Kunihiko Shimazaki, un ancien membre de l’Autorité de Régulation Nucléaire, qui a expliqué devant le tribunal que KEPCo pourrait sous-estimer l’amplitude de séisme de référence.

Ces deux réacteurs ont été remis en service récemment : mars 2018 pour le 3 et mai 2018 pour le 4. Rappelons que les réacteurs 3 et 4 d’Ôï avaient redémarré durant l’été 2012, avant même le nouveau référentiel de sûreté entré en vigueur le 8 juillet 2013, pour être arrêtés à nouveau en septembre 2013. Cela avait provoqué de fortes manifestations au Japon.

Le gouvernement japonais valide un plan énergie complètement irréaliste – inquiétudes pour le plutonium

En août 2017, le gouvernement a lancé les discussions pour réviser le plan énergie de 2015 et, en mai 2018, le ministère de l’économie avait finalement décidé de ne rien changer, malgré des objectifs irréalistes. Le gouvernement vient d’entériner ce “nouveau” plan qui vise toujours 20 à 22% d’électricité nucléaire à l’horizon 2030 et 22 à 24% d’électricité renouvelable. Ce ne sera pas possible pour le nucléaire car cela obligerait à exploiter une trentaine de tranches. Or, seulement 9 réacteurs ont été remis en service depuis la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi et 19 arrêtés définitivement. Le plan maintient aussi le vœux contradictoire de réduire la part du nucléaire autant que possible.

Aucun chiffre n’est donné pour l’horizon 2050, un des objectifs du Japon dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat avec une baisse promise de 80% des émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 2013. En attendant, ce sont les énergies fossiles qui dominent et les économies d’énergie ne semblent pas faire partie de la stratégie du pays. Comme avant la catastrophe de Fukushima, il fait de nouveau froid dans de nombreux restaurants, magasins… tellement la climatisation est forte. La réduction de la consommation est déjà oubliée.

Le gouvernement continue à miser sur l’exportation de sa technologie nucléaire, même si le marché est très réduit. Il voit là un moyen de soutenir l’économie du pays. Mais le plan n’aborde pas la construction de nouveaux réacteurs au Japon, sujet tabou car peu populaire. Il maintient en revanche, la politique de retraitement, même si l’usine de Rokkashô-mura a déjà 24 ans de retard pour sa mise en service potentielle et qu’il n’y a pas assez de réacteurs pour consommer le plutonium extrait. Seulement 4 réacteurs utilisent du MOx actuellement au Japon dans une partie de leur cœur et un tel réacteur ne consomme que 400 kg de Pu par an. Sur les 10 réacteurs autorisés à utiliser ce combustible qui contient du plutonium de retraitement, combien redémarreront dans les années à venir ? Il y a parmi les six réacteurs restants, il y a Kashiwazaki Kariwa-3, Shika-1, Hamaoka-4, Tomari-3 et Onagawa-3 qui ne redémarreront pas de sitôt, voire jamais.

Mais comme le stock de plutonium du Japon ne faiblit pas et que les perspectives d’utilisation restent très réduite, ce sujet préoccupe la communauté internationale. Trois ONG japonaises ont aussi envoyé une lettre ouverte à l’AIEA à ce propos le 21 juin dernier. Alors, le plan mentionne pour la première fois de son histoire que le Japon va faire des efforts pour réduire son stock évalué à 46,9 tonnes actuellement, dont 16,2 tonnes sont en France, 20,9 tonnes en Grande-Bretagne, et 9,8 tonnes au Japon. Mais il reste flou sur les moyens pour y arriver. La réduction du stock n’est pas pour tout de suite.

Le 10 juin dernier, le Nikkei rapportait que les Etats-Unis avaient demandé au Japon de réduire son stock de plutonium dans un contexte où ils essayaient de convaincre la Corée du Nord d’abandonner son arsenal nucléaire. En réponse, le Japon se devait d’annoncer un plan de réduction du stock. Le gouvernement s’est donc naturellement retourné vers les compagnies d’électricité et leur a demandé d’augmenter le nombre de réacteurs qui peuvent utiliser du MOx. Plus facile à demander qu’à faire…

Selon le Nikkei, l’idée du gouvernement est d’utiliser du plutonium extrait de combustibles appartenant à TEPCo et Chûbu Electric dans des réacteurs de Kyûshû Electric et Shikoku Electric, qui eux ont déjà redémarré. Il n’est pas sûr que les compagnies et les élus locaux acceptent.

Depuis l’arrêt définitif du surgénérateur Monju, qui devait consommer une partie du plutonium pour en créer la même quantité, il n’y a plus de justification d’en maintenir un stock élevé. Le Japon voulait participer au projet français Astrid pour remplacer Monju et justifier sa politique nucléaire. Il devait en payer la moitié. Mais le CEA pourrait réduire drastiquement la puissance du prototype, qui passerait de 600 MWe à 200 voire 100 MWe, ce qui déplait au Japon, car cela ne fait que reculer l’échéance de voire la génération IV réaliser les prouesses que ses promoteurs promettent. Et si le Japon voulait développer son propre prototype, il est fort probable qu’il ne puisse pas trouver de site. Dans un éditorial daté du 17 juin, l’Asahi appelle donc le gouvernement japonais à abandonner ses projets de surgénérateur et de retraitement.

Si l’usine de retraitement devait finalement démarrer un jour, sa capacité devrait permettre d’extraire 8 tonnes de plutonium par an. Le tonnage de combustibles traité sera forcément limité par les possibilités d’utilisation du plutonium alors que l’usine a déjà coûté environ 2 900 milliards de yens (22 milliards d’euros). Cette usine pourrait donc ne jamais démarrer, d’abord à cause des problèmes techniques de l’étape de vitrification mise au point sur place, puis à cause des risques de prolifération. La dernière raison est économique.

Le Japon fait tout pour tenter de satisfaire à la demande américaine car il craint que les Etats-Unis dénoncent leur accord commun qui leur permet de tenter de retraiter les combustibles usés. Le pacte doit être renouvelé tacitement à partir du 16 juillet prochain.

Niveaux de dose encore trop élevés dans le bâtiment réacteur n°2

TEPCo a envoyé un robot mesurer les niveaux de dose dans le bâtiment réacteur n°2 avant de lancer les travaux de retrait du combustible usé de la piscine. A cette fin, un trou avait été percé en mai dernier, avec quelques images mises en ligne.

Les niveaux de dose en 19 points, principalement à proximité de l’ouverture, restent trop élevés pour y envoyer des travailleurs : ils atteignent 59 mSv/h alors la limite de dose est de 50 mSv par an. La compagnie doit encore déterminer sa stratégie pour reprendre ces combustibles usés, même si elle maintient un début des opérations en 2023.

Inauguration d’un centre commercial à Naraha

L’ordre d’évacuer a été levé en septembre 2015 à Naraha et l’école a rouvert en avril de cette année. 47% des habitants seraient rentrés à la fin mai 2018. Un nouveau centre commercial vient d’être inauguré, en remplacement du centre provisoire en préfabriqués. Il rassemble une dizaine de commerces, dont un super-marché et est située à proximité d’un nouveau lotissement, avec de nombreuses maisons toutes neuves.

 

TEPCo veut reprendre la construction de la centrale nucléaire de Higashidôri

Il y a deux centrales de Higashidôri dans la province d’Aomori, qui sont adjacentes : une avec un réacteur à l’arrêt et un autre en projet. La première appartient à Tôhoku Electric et l’autre est un projet de TEPCo, avec deux réacteurs. La construction du premier a débuté en janvier 2011 et est suspendue depuis mars 2011.

TEPCo veut reprendre la construction de sa centrale, mais elle doit d’abord réévaluer le risque sismique car des failles passent tout près. Elle va donc lancer en avril prochain une étude géologique approfondie qui devrait durer jusqu’en 2020.Cela devrait se faire, notamment, grâce à un tunnel de 2 km de long.

La centrale voisine exploitée par Tôhoku Electric est toujours à l’arrêt à cause du risque sismique. Une faille, qui passe sous des équipements importants pour la sûreté, pourrait être active : Bien entendu, l’exploitant a conclu qu’elle n’était pas active. L’Autorité de Régulation Nucléaire n’est pas d’accord et a estimé, en décembre 2014, qu’une des failles pourrait être active. Cet avis a été confirmé un an plus tard. Cette centrale est aussi exposée au risque volcanique. Enfin, en cas d’accident grave, il faudrait plus de deux jours pour évacuer toute la population avoisinante dans un rayon de 30 km, selon une étude.

Comme TEPCo n’a plus les moyens de payer, elle a demandé à d’autres exploitants de se joindre au projet. Elle espère une réponse de Tôhoku Electric, Chûbu Electric, Kansaï Electric et Japan Atomic Power Co. en 2021. Elle vise toujours la construction de deux réacteurs à eau bouillante, comme ses autres réacteurs, d’une puissance totale de 2 770 MWe.