Mise en place de l’installation pour retirer le combustible du réacteur n°3

Alors que la reconstruction du réacteur n°3 se poursuit, TEPCo nous gratifie de quelques images de l’arrivée et de la mise en place du pont roulant qui va servir à retirer les combustibles de la piscine. La pièce fait 72 tonnes.

Pour l’arrivée, la vidéo est sans le moindre intérêt. Il y a une autre vidéo montrant la mise en place sur le réacteur n°3 où l’on voit beaucoup de monde pour la mise en place. TEPCo ne donne aucune information sur les débits de dose au sommet du réacteur n°3, ni sur les doses prises lors de cette opération.

La piscine, située à 36 m au dessus du niveau du sol, contient 566 assemblages. Le retrait des combustibles devrait avoir lieu à partir du milieu de l’an prochain.

Voir Futaba la nuit

La ville de Futaba, presque entièrement située en zone de retour difficile demeurent donc évacuée. Si les habitants peuvent obtenir une autorisation pour retourner dans leur ancienne maison, il est interdit d’y passer la nuit. L’Asahi a mis des caméras en plusieurs lieux en une nuit de pleine lune afin de voir Futaba, la ville fantôme, de nuit.La vidéo est sur le site du quotidien.

Les commentaires sont en japonais.

Réouverture d’un tronçon de la ligne de train Jôban, entre Naraha et Tomioka

La ligne de chemin de fer Jôban, qui longe le littoral a été endommagée par le séisme de 2011, partiellement détruite par le tsunami et fortement contaminée, par endroits, par les rejets radioactifs de la centrale de Fukushima daï-ichi. Sa remise en service partielle, tronçons après tronçons, est un marqueur des efforts de reconstruction et c’est un symbole fortement médiatisé pour les politiques. A Minami-Sôma, la réouverture partielle de la ligne avait accompagné la levée de l’ordre d’évacuer en juillet 2016. Plus au Nord, la ligne a été surélevée dans les zones proches du littoral à cause des tsunamis, et a rouvert en décembre 2016.

C’est une nouvelle portion de cette ligne qui vient de rouvrir, entre la station Tatsuta à Naraha et Tomioka, où l’ordre d’évacué a été levé fin mars 2017. Cette nouvelle portion fait 6,9 km et il y a 11 aller-retours par jour.

Le littoral de Tomioka, détruit par le tsunami, est devenu, à proximité de la centrale de Fukushima daï-ni, un centre de gestion des déchets radioactifs issu de la décontamination des territoires, avec entreposage, tri, incinération et bétonnage des cendres (voir notre reportage en photos). La nouvelle ligne passe à proximité, comme on peut le voir dans les médias japonais. Voir, par exemple, cette photo reprise du Maïnichi :

Fukushima 311 Voices signale que cette photo a disparu de la version japonaise du Maïnichi sous la pression de lecteurs. Voir aussi les explications de Nos Voisins Lointains 3.11.

L’ancienne gare a été détruite par le tsunami :

gare_Tomioka

La nouvelle ligne passe au même endroit, sans être sur-élevée comme c’est le cas plus au Nord. Surélever le train tout en laissant les déchets en bas aurait paru trop ridicule ? Voir d’autres photos du Maïnichi.

Sur cette autre photo du Maïnichi, le train passe à proximité d’un des incinérateurs de déchets issus de la décontamination, qui est situé le long du littoral, dans la zone ravagée par le tsunami :

Comme nous l’avons déjà signalé, le taux de retour des habitants à Tomioka est très faible et la ligne sera peu usitée : fin août, seulement 200 habitants, sur 13 300 avant la catastrophe sont rentrés.

Après Tomioka, vers le Nord, il reste une portion de 21 km qui passe par les zones dites de « retour difficile » et pour laquelle la compagnie Japan Rail (JR) espère une réouverture avant la fin mars 2020, juste avant les jeux olympiques. En attendant, un service de bus fait la liaison.

Des poupées de chiffon pour peupler les commerces et lieux publics déserts des anciennes zones évacuées

Ce reportage de France24, qui montre la vie, ou l’absence de vie, dans les territoires où l’ordre d’évacuation a été levé, montre que le chemin de la reconquête est encore long. A Naraha, l’une des premières villes à avoir rouvert, un groupe de personnes âgées s’est mis à fabriquer des poupées grandeur nature pour peupler des commerces et des lieux publics toujours déserts. Et, à défaut des anciens habitants, c’est une nouvelle population qui est en train d’investir l’ancien no man’s land. Des milliers d’ouvriers en décontamination, en construction ou encore des ingénieurs en nucléaire cherchent ainsi à habiter plus près de leur lieu de travail. Ils s’installent dans des bâtiments neufs ou bien dans les anciennes habitations des réfugiés du nucléaire, ravis de céder leur bien.

Du nouveau à propos de l’intérieur des réacteurs 1, 2 et 3

TEPCo a mis en ligne de nouvelles informations relatives à l’intérieur des enceintes de confinement des réacteurs 1, 2 et 3.

Recherche du corium dans le réacteur n°1

TEPCo a analysé les images et les mesures de débit de dose prises en mars dernier dans l’enceinte de confinement du réacteur n°1 à l’aide d’un robot. Un premier bilan avait alors été mis en ligne.

La compagnie a utilisé des méthodes de traitement d’image afin d’améliorer l’auscultation des objets observés. Dans ce document, elle présente quelques clichés qui montrent qu’il n’y a pas de dommages majeurs près du point D0 et quelques débris métalliques.

TEPCo a ensuite analysé les débits de dose en fonction de l’épaisseur d’eau qui fait écran en plusieurs points. Elle a d’abord choisi deux points où il n’y a a priori pas de corium, ce mélange de combustible fondu puis solidifié et de débris, mais juste un dépôt essentiellement dominé par le césium-137. Ses calculs peuvent expliquer les mesures faites. Elle a ensuite utilisé ce résultat pour analyser deux autres points où elle soupçonne la présence de corium. Mais, comme elle ne connaît pas l’épaisseur de sédiments qui recouvrent le corium éventuellement présent et qui font écran, elle ne peut rien conclure.

Réévaluation des doses dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2

En janvier et février dernier, TEPCo et ses sous-traitants avaient envoyé des robots ausculter l’intérieur de l’enceinte de confinement du réacteur n°2. Ils avaient rapporté des images et des niveaux de débit de dose record. Les premières images de janvier étaient prises par une simple caméra vers l’entrée et le débit de dose atteignait déjà 73 Sv/h, ce qui est énorme. D’autres images prises sous la cuve à l’aide d’une caméra faisaient apparaître des amas granuleux que TEPCo soupçonnait d’être du corium. Quelques jours plus tard, outre de nouvelles images, TEPCo annonçait des débit de dose record, atteignant 530 Sv/h. Cette évaluation était faite à partir de l’impact des radiations sur les images.

Puis un premier robot nettoyeur n’a tenu que deux heures à l’intérieur de l’enceinte et les débits de dose enregistrés à partir des traces laissées sur les images atteignaient un nouveau record à 650 Sv/h. Le robot scorpion qui a suivi n’a tenu longtemps et n’a rapporté que peu de résultats.

TEPCo avait déjà effectué une « endoscopie » de l’enceinte de confinement du réacteur n°2 en mars 2012 et août 2013. En mars 2012, les débits de doses les plus élevés relevés étaient de 73 Sv/h, ce qui est très élevé, mais moins que les estimations de 2017. En août 2013, TEPCo n’avait pas publié de valeurs.

TEPCo a analysé les débits de dose déduits des traces laissées sur les images lors des dernières explorations et donne de nouveaux chiffres moins élevés. Dans ce document, elle prétend avoir fait une erreur de calibration. Par ailleurs, la calibration a été effectuée avec une source de cobalt-60 alors que le césium-137 domine dans l’enceinte. Cela introduit une autre correction. Ainsi, in fine, les débits de dose à l’intérieur de l’enceinte de confinement du réacteur n°2 sont :

Lieu Valeurs de mars 2017 avant correction Nouvelles valeurs après correction
Echaffaudage 30 Sv/h (10-60) moins de 10 Sv/h
Près des barres de contrôle 530 Sv/h (370-690) 70 Sv/h (50-90)
Sous la cuve 20 Sv/h (0-40) moins de 10 Sv/h
Lors du retrait des sédiments 650 Sv/h (450-850) 80 Sv/h (50-100)

Les valeurs entre parenthèses indiquent l’intervalle d’incertitude. Les valeurs corrigées restent très élevées et peuvent être létales en moins quelques minutes. Le robot envoyé avait aussi des dosimètres intégrateurs qui ont donc donné la dose totale reçue lors de l’exploration. Il se trouve que l’un d’entre eux donnait des valeurs beaucoup plus élevées que les trois autres. En réanalysant les valeurs enregistrées au cours du temps, TEPCo en déduit un débit de dose corrigé de 70 Sv/h contre 210 Sv/h avant correction.

Scan du réacteur n°3 à l’aide de muons cosmiques

Comme pour les deux autres réacteurs accidentés, de TEPCo a effectué une « radio » du cœur du réacteur n°3 en utilisant des muons, qui sont des particules cosmiques très pénétrantes. C’était de février à septembre 2015 pour le réacteur n°1 et de mars à juillet 2016 pour le n°2. Des chercheurs de l’université de Nagoya avaient fait de même pour le réacteur n°2 en 2015. Voir aussi la vidéo pédagogique de TEPCo sur cette technologie.

D’après ce document de présentation des résultats, pour le réacteur n°3, la mesure a débuté en mai 2017. Le corium, très dense, devrait absorber plus les muons. Les images ne mettent pas en évidence de zone absorbante en bas de la cuve et TEPCo en conclut qu’il n’y a pas de grande quantité de corium dans la cuve. Il est cependant possible qu’il en reste un peu. La plus grande partie du corium serait donc dans l’enceinte de confinement, plus bas.

Pour le réacteur n°1, TEPCo avait conclu que la quasi-totalité du combustible en fusion avait percé la cuve. Pour le réacteur n°2, elle avait conclu qu’une petite partie reste dans la cuve. Pour le réacteur n°3, s’il en reste dans la cuve, c’est moins que pour le réacteur n°2.

Les images de l’intérieur de l’enceinte de confinement du réacteur n°3 montrent le corium

Depuis le 19 juillet dernier, TEPCo effectue une inspection de l’enceinte de confinement du réacteur n°3 à l’aide d’un robot. Des images sont mises en ligne sur son site Internet.

L’utilisation des robots dans la centrale accidentée bénéficie d’une communication privilégiée car l’industrie japonaise veut mettre en avant son savoir faire. Dans le cas présent, le robot, présenté en mai dernier, se déplace dans l’eau qui remplit le fond de l’enceinte. Il est équipé de lampes, de deux caméras et d’un dosimètre. La caméra à l’arrière est fixe et celle à l’avant peut pivoter sur 180 degrés. Ce robot doit pouvoir supporter une dose cumulée de 200 Sv, qui serait fatale pour un humain.

Les calculs de TEPCo l’ont conduit à considérer que la quasi-totalité du combustible usé, mélangé à des débris, le fameux corium, est au fond de l’enceinte de confinement, sous plus de 6 m d’eau. Le niveau d’eau y est plus élevé que dans les réacteurs 1 et 2.

Contrairement aux explorations du réacteur 1 en mars dernier et du réacteur 2 en février 2017 par des robots, TEPCo ne publie aucun résultat de mesure de débit de dose. Pour ces deux autres réacteurs, le valeurs extrêmement élevées, avaient été reprises par les médias du monde entier. Cette fois-ci, TEPCO entend mieux contrôler sa communication.

La vidéo diffusée le 19 juillet montre la plongée du robot et met en évidence une eau assez opaque à travers laquelle la visibilité est assez réduite. L’exploration a duré trois heures et a montré qu’un échafaudage métallique installé sous la cuve semble avoir disparu, probablement emporté par le combustible en fusion. La grille de la plateforme aurait dû être sur la partie gauche de cette photo. La compagnie pense pouvoir envoyer le robot plus profondément pour chercher le corium. Voir les explications succinctes de la compagnie.

Le 21 juillet, TEPCo a rendu publique une nouvelle série de photographies et une vidéo  assorties de quelques explications qui confirment la disparition de la grille de l’échafaudage. Les stalactites qui apparaissent à gauche sur cette photo pourraient être du combustible fondu resté pendu sous la cuve à la structure qui conduit les barres de contrôle. Sur cette autre photo, de la matière qui semble avoir fondu avant de solidifier apparaît sur le piédestal en béton qui soutient la cuve. Il se peut qu’elle contienne du combustible. C’est plus clair sur la vidéo où l’on peut voir des amas et de la matière qui pend.

TEPCo devrait indiquer les débits de dose à proximité pour aider à la compréhension et confirmer ses hypothèses.

Le robot submersible a fait une nouvelle plongée plus profonde. Il semble résister plus longtemps aux radiations que ses prédécesseurs.

Le 22 juillet, TEPCo a mis en ligne une troisième série de photographies et une vidéo assorties de quelques explications qui font aussi clairement apparaître de la matière accumulée au fond de l’enceinte de confinement. Sur cette photo, ou cette autre, plus floue, cela ressemble à des sédiments et du gravier. Il y a aussi des morceaux de plateforme et de tuyaux. Tous ces débris contenant le corium auraient une épaisseur de 1 à 2 mètres. La vidéo est assez impressionnante : elle montre clairement débris tombés au fond et la matière plus ou moins granuleuse qui s’y accumule (certaines images sont prises avec la caméra située à l’arrière).

Ces images du corium au fond de l’enceinte de confinement sont une première. Le trouver au fond du réacteur n’est pas une surprise. Mais, s’il y en a aussi un peu partout sous forme de stalactites et d’amas, la reprise de ce matériau extrêmement radioactif sera plus complexe.

TEPCo avait annoncé, en avril 2017, le scan du réacteur n°3 à l’aide de muons, des particules cosmiques particulièrement pénétrantes. La mesure devait débuter en mai et les résultats se font attendre.

Toujours concernant le réacteur n°3, TEPCo a convoyé une partie du nouveau toit à la fin juin. Des images sont en ligne sur son site.

Contamination radioactive des poussières suite à l’incendie du mont Juman en zone de retour difficile

Le 29 avril dernier, un incendie de forêt s’était déclaré au Mont Juman (十万山), dans un territoire fortement contaminé et classé en zone dite de « retour difficile ». Il avait fallu 12 jours pour l’éteindre. Le feu s’était propagé vers Futaba et 75 hectares de forêt ont été détruits. Il n’y a pas eu de victime ni de blessé.

Pour rassurer les populations, les autorités avaient affirmé que l’incendie n’avait pas entraîné une augmentation significative du débit de dose ambiant. Mais les informations étaient très réduites sur la contamination des cendres et poussières qui peuvent être inhalées. Greenpeace Japon avait relevé quelques données qui montrent une augmentation de la contamination des poussières à Namié et dans les environs. Cela pourrait être attribué aux cendres radioactives.

Chikurin-sha, le laboratoire associatif créé avec le soutien de l’ACRO, avait rapidement mis en place une surveillance citoyenne de la contamination des poussières avec un système simple et accessible à tous qui consiste à étendre un linge dans une zone exposée. Ce projet avait été soutenu par plusieurs autres associations.

Chikurin a publié les résultats en japonais et devrait bientôt rencontrer les autorités de Fukushima. Une vidéo de présentation en japonais est aussi disponible. Sur la carte ci-dessous, on peut voir l’emplacement de la centrale accidentée en bas à gauche sur la côte, le site de l’incendie, marqué par une étoile, les stations de surveillance des poussières de la province de Fukushima (en jaune) et l’emplacement des linges exposés par Chikurin, en bleu. L’association, qui a aussi installé un préleveur de poussières, a effectué une surveillance plus étendue que les autorités.

Les résultats des des analyses sont rapportés dans ce document pour plusieurs stations de prélèvement. Il en ressort

  • que les préleveurs de poussière de la province de Fukushima ont enregistré une contamination de l’air allant jusqu’à 30 mBq/m3 le 12 mai ;
  • que Chikurin a mesuré à proximité jusqu’à 125 mBq par mètre carré de linge et par heure d’exposition. Une synthèse des valeurs maximales est sur la carte ci-dessous.

Comme on pouvait s’y attendre, l’incendie a donc entraîné une contamination significative des poussières qui ont pu être inhalées par les secours et les personnes vivant dans les environs. Bien évidemment, les autorités doivent mettre en place une politique de prévention des incendies de forêt, et renforcer les mesures de la contamination des masses d’air.

Incendie de forêt à Namié, en zone de « retour difficile »

Un incendie de forêt s’est déclaré le 29 avril dernier à Namié, suite à un éclair tombé sur la montagne Jûmanyama (十万山), dans un territoire fortement contaminé et classé en zone dite de « retour difficile ». 20 hectares de forêt auraient brûlé depuis. Le 1er mai, les pompiers luttaient toujours contre l’incendie.

Le site est à une dizaine de kilomètres de la centrale de Fukushima daï-ichi, qui n’est pas menacée. Voir la carte, adaptée de la cartographie officielle de la pollution radioactive :

Namié a fait l’objet d’une cartographie indépendante avec Chikurin comme partenaire, le laboratoire fondé avec le soutien de l’ACRO, mais elle ne couvre pas les zones de montagnes. Voir la carte en japonais, les explications et sa traduction en français sur le site de Nos Voisins Lointains 3.11.

Il n’y a, officiellement, aucune augmentation de la radioactivité ambiante dans la partie urbanisée de Namié. La balise fixe de Safecast située à Namié, ne met pas en évidence d’augmentation significative du débit de dose ambiant.

Chikurin et les associations locales ont étendu des linges à Namié pour collecter les poussières en suspension et mesurer leur radioactivité.

Voir les images sur le site du Maïnichi.

Réacteur n°1 : premier bilan de l’exploration de l’enceinte de confinement

TEPCo a envoyé un robot pour explorer l’enceinte de confinement du réacteur n°1, qui a plongé une caméra dans l’eau au fond, sans pour autant trouver le corium. La compagnie propose un premier bilan, avec une vidéo des plongées en différents points.

Il apparaît que le débit de dose est très élevé, jusqu’à 10 Sv/h sur la passerelle et 11 Sv/h au fond, mais pas autant que dans le réacteur n°2. Le rayonnement se voit sur les images de la vidéo. Plus la caméra plonge, plus le débit de dose augmente. Les valeurs dépendent des points à partir desquels les mesures sont faites.

On voit aussi quelques débris tombés au fond de l’enceinte de confinement. TEPCo envisage de faire des prélèvements pour en savoir plus.

Depuis, TEPCo a mis en ligne une vidéo montrant les travailleurs.