Fausses nouvelles et vrais mensonges sur Fukushima

Le Blog de Fukushima vient de publier une série en trois épisodes sur les nombreuses infox relatives à l’accident de Fukushima. Il s’agit d’un gros travail, très utile.

A lire :

Réacteur n°3 : le retrait des combustibles semble avoir repris à un rythme régulier

Le 25 janvier dernier, TEPCo avait fini par retirer tous les combustibles neufs de la piscine du réacteur n°3, ainsi que 4 assemblages usés. Depuis, sur la page officielle, la compagnie annonce avoir retiré 7 assemblages usés supplémentaires. Elle semble avoir repris un rythme régulier. Espérons que cela continue ainsi.

Réacteur n°3 : tous les combustibles neufs ont été déchargés de la piscine

TEPCo a commencé, en avril 2019, à retirer les combustibles de la piscine du réacteur n°3. Elle a débuté par 7 assemblages neufs, puis, plus rien jusqu’en juillet, où les opérations ont repris. TEPCo avait alors mis en ligne vidéo, avant de suspendre à nouveau les travaux car une douzaine d’assemblages étaient endommagés, jusqu’en décembre dernier.

Lors de la dernière mise à jour de sa page de suivi des opérations, TEPCo annonce avoir terminé de retirer les 52 assemblages neufs de la piscine du réacteur n°3 et avoir retiré 4 assemblages usés sur 514 :

Vidéo sur les conditions à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne une nouvelle vidéo pour vanter les progrès à la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi (voir son communiqué de presse).

Sur une musique apaisante, la compagnie explique qu’elle se prépare à retirer les combustibles des réacteurs 1 et 2, en “oubliant” de préciser qu’elle est en retard sur son programme. Un nouveau report des opérations a pourtant eu lieu il n’y a même pas un mois. Pour le réacteur n°2, le retrait des combustibles usés sera effectué rassurer les habitants de la région. Quel dévouement !

Pas grand chose de neuf le long du littoral, si ce n’est la construction en cours d’un mur pour faire face à un nouveau tsunami. Après 9 années ! Rien de neuf, non plus, concernant les travailleurs ou l’eau contaminée pour laquelle la compagnie explique que le traitement réduit la contamination, ce qui est bien la moindre des choses, mais “oublie” de rappeler que ce n’est pas suffisant pour 80% du stock !

Bref, la vidéo n’a pas grand intérêt. Elle est aussi disponible sur Youtube :

Vidéo de l’intérieur du bâtiment réacteur n°3

L’autorité de régulation nucléaire a mis en ligne une vidéo qu’elle a prise lors d’une inspection à l’intérieur du bâtiment réacteur n°3. Les images datent du 12 décembre 2019.

Le “blog de Fukushima” publie des images extraites de la vidéo.

Les inspecteurs cherchaient notamment à comprendre l’origine de l’explosion hydrogène qui a soufflé le bâtiment. Par où est passée la vapeur d’eau qui a entraîné l’accumulation d’hydrogène au tout début de la catastrophe ?

La vidéo de 16 minutes est impressionnante. Elle commence par une description des équipements de protection (3 épaisseurs de gants, masque intégral…). A l’arrivée au 2ième niveau (2F), vers 1:18, des débris jonchent le sol. La montée au troisième niveau se fait en marchant sur des gravats. Arrivé au troisième niveau, ce sont de gros débris qui entravent la route. A 6:40, on voit une poutre en béton effondrée.

Les inspecteurs n’ont pas pu aller plus haut que le 3ième niveau (2ième étage), à cause des débris qui bloquaient le passage (poutres, tuyaux…). Le démantèlement de la partie supérieure est allé jusqu’au 5ième niveau. Tout au long du périple, les débits de dose sont régulièrement annoncés : ils sont tous de quelques milisieverts par heure, sachant que la limite de dose est d’un millisievert par an pour le public et 20 mSv/an pour les travailleurs du nucléaire. Des points chauds ont été relevés à chaque niveau, de 20 à 50 mSv/h au troisième, allant jusqu’à 150 mSv/h au deuxième.

Les inspecteurs auraient pris une dose totale de 3,72 mSv. Si l’intervention a duré 15 minutes, comme le film, cela fait une moyenne de 15 mSv/h dans le bâtiment réacteur. Difficile d’y envoyer des hommes travailler.

Le rapport de cette investigation est attendu pour le début 2020.

Report du retrait des combustibles des piscines des réacteurs 1 et 2

Le gouvernement a décidé de reporter le retrait des combustibles des piscines des réacteurs 1 et 2. Ce n’est pas le premier report. Selon le précédent planning, les opérations auraient dû commencer en 2023. Ce sera, au mieux, 2027 pour le réacteur n°1, voire 2028, et aux alentours de 2024 et 2026 pour le réacteur n°2. La première date envisagée pour commencer ce retrait était 2018. Le gouvernement espère que le retrait des combustibles des 6 réacteurs sera terminé en mars 2032 (4 741 assemblages).

Les raisons invoquées sont les délais pour construire une nouvelle structure pour le réacteur n°1 et la décontamination afin de faire baisser les niveaux de dose ambiants pour le réacteur n°2.

En novembre dernier, TEPCo a donné des indications sur la méthode envisagée pour le réacteur n°2, dont le bâtiment réacteur n’a pas été détruit par une explosion hydrogène. SimplyInfo en a fait une analyse en anglais. Les niveaux de dose empêchent l’accès aux humains. Trois options étaient envisagées : un démantèlement de la partie haute du réacteur et la construction d’une nouvelle structure, à l’instar de ce qui a été fait pour les réacteurs 3 et 4 ; ou le retrait du toit seul  afin d’accéder à la piscine de combustible ; ou, enfin, pas de démantèlement. C’est cette dernière option qui aurait les faveurs de l’exploitant. Une structure adjacente au bâtiment réacteur a été construite. Elle permet de retirer des débris et de décontaminer. Une nouvelle grue, de petite taille devrait être installée pour retirer les combustibles :

Pour le réacteur n°3, le retrait ne se passe pas comme prévu : le nombre d’assemblages neufs retirés, tel qu’il est affiché sur le site de TEPCo, est soudainement passé à 35, alors qu’il était de 28 jusqu’au 24 juillet dernier. A l’époque, TEPCo avait même diffusé une vidéo pour vanter ses progrès

Selon TEPCo, douze assemblages neufs seraient endommagés dans la piscine du réacteur n°3. Ils sont dans la zone où la grue est tombée. Voir aussi l’analyse en anglais de SimplyInfo.

En attendant, ces piscines de combustible constituent une menace car elles ne sont pas protégées par une enceinte de confinement et elles contiennent plus de matières radioactives qu’un cœur de réacteur. Si une brèche due à un nouveau séisme ou une autre aggression externe entraînait une de perte du refroidissement, une catastrophe nucléaire beaucoup plus grave pourrait avoir lieu.

Malgré tous ces problèmes, TEPCo maintient qu’elle finira le démantèlement complet en 40 ans. C’est de moins en moins crédible alors que l’on entre bientôt dans la dixième année de la catastrophe. En effet, il est difficile de croire qu’un quart du travail a déjà été fait, sachant que la technologie pour la partie la plus complexe – le retrait du corium – n’existe pas encore. Mais le gouvernement maintient un début des opérations en 2021 pour le retrait du corium, ce magma de combustible fondu et de débris, en commençant par le réacteur n°2, dont le bâtiment réacteur n’a pas été détruit.

Pour ce faire, TEPCo envisage d’insérer un bras articulé dans l’enceinte de confinement et de retirer petit morceau par petit morceau de l’ordre d’un gramme  la fois. La compagnie espère pourvoir ensuite retirer plusieurs kilogrammes par jour, comme l’explique le Maïnichi. Cela va donc prendre des années, puisqu’il y a environ 237 tonnes de corium dans ce réacteur. Il y en aurait 880 tonnes en tout, selon les estimations de la compagnie.

L’Autorité de Régulation Nucléaire demande des comptes à TEPCo à propos de Fukushima daï-ichi

L’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) va inspecter le management de la centrale de Fukushima daï-ichi suite à une série de problèmes liés à des violations des règles de sûreté et d’erreurs.

En juin dernier, par exemple, il y a eu de la fumée suite à un mauvais branchement électrique sur les réacteurs 5 et 6. Des fontaines à eaux ont aussi été placées depuis 4 ans dans des zones où des matières radioactives sont entreposées. Et l’eau, probablement contaminée, a été consommée. Enfin, le retrait des combustibles du réacteur n°3 est à l’arrêt. Le nombre de combustible retirés n’a pas changé depuis le 24 juillet dernier, à cause de problèmes mécaniques.

Les commissaires de la NRA ont demandé un rapport à leurs inspecteurs basés sur place pour savoir si TEPCo travaille correctement. Ils vont aussi interroger les dirigeants de la compagnies, car ils craignent que cette accumulation de petits problèmes ne conduisent à un gros problème.

Le manque de personnel pour des raisons d’économie est mis en avant pour expliquer ces manquements aux règles de sûreté.

Retrait des combustibles de la piscine du réacteur n°3 : vidéo de TEPCo

TEPCo annonce avoir mis en ligne une vidéo de présentation en anglais de ses opérations de retrait des combustibles de la piscine du réacteur n°3. La présentation présente le retrait des débris, la mise en place de la nouvelle structure et le retrait des combustibles. Il y a à la fois des images de synthèse et de vraies images.

Elle est aussi sur Youtube :

TEPCo en est désormais à 28 assemblages neufs retirés, sur 52. C’est 7 de plus que la dernière fois (15 juillet). Cela avance donc à un bon rythme. Les opérations devraient prendre deux ans, peut-on entendre dans la vidéo.

21 assemblages neufs retirés de la piscine du réacteur n°3

TEPCo annonce, sur sa page dédiée, avoir retiré 7 nouveaux assemblages neufs de la piscine du réacteur n°3 et arrive ainsi à un total de 21 assemblages retirés.

Il s’était passé un mois entre le premier transport de 7 assemblages et le deuxième, le 9 juillet dernier. Les travaux semblent avoir repris un rythme normal.