Le maire favorable au site d’enfouissement des déchets nucléaires réélu à Suttsu

Des élections municipales ont eu lieu à Suttsu, un des deux villages de Hokkaïdô à s’être porté candidat à des investigations géologiques dans le but d’accueillir un site d’enfouissement des déchets radioactifs. Et c’est le maire sortant, initiateur de la candidature, qui a remporté le scrutin. Âgé de 72, il briguait un sixième mandat et pour la première fois depuis qu’il est maire, quelqu’un s’est présenté contre lui : il s’agit d’un opposant au site d’enfouissement âgé de 70 ans, qui a reconnu, après sa défaite, n’avoir pas de projet pour l’avenir de la commune.

Le village de pêcheurs de 2 800 habitants demeure très divisé sur le sujet. Avec 84%, le taux de participation a été élevé et le maire sortant a obtenu 56% des suffrages exprimés. Un référendum sera organisé à l’automne 2022, à l’issue de la première phase d’investigation géologique qui est uniquement bibliographique.

Arrêt de Mihama-3 à cause du retard dans la mise en place de mesures anti-terroristes

Le réacteur n°3 de la centrale de Mihama, située dans le province de Fukui, avait été remis en service en juin dernier. C’est le dixième réacteur qui redémarre depuis la catastrophe de Fukushima, mais le premier qui a plus de 40 ans. Il vient cependant d’être arrêté car son exploitant, Kansaï Electric, n’a pas renforcé les mesures anti-terroristes dans les temps. En 2019, l’Autorité de régulation nucléaire avait refusé d’accorder un délai supplémentaire et plusieurs centrales ont dû être arrêtées temporairement.

L’autorisation de prolongement de l’exploitation au-delà de 40 ans de Mihama-3 avait été demandée en avril 2015 et obtenue en novembre 2016. Kansaï Electric a donc eu 5 ans pour faire les travaux de renforcement de la sûreté entre temps, mais n’a pas fait ceux concernant la sécurité. Ils devraient prendre un an environ et la re-remise en service est prévue pour octobre 2022.

Mihama-1 et 2 ont été arrêtés définitivement en avril 2015.

COP26 : blablabla japonais

Pour garder la face, le Japon, comme les autres gros émetteurs de gaz à effet de serre, se devait de faire des annonces ambitieuses à la COP26, tout en essayant d’éviter des engagements contraignants. Rappelons que le projet annoncé lors du sommet sur le climat organisé par les Etats-Unis en avril dernier a pour but de réduire de 46% ses émissions de CO2 d’ici 2030 par rapport à 2013 et d’attendre la neutralité carbone en 2050. Le premier objectif est basé sur l’hypothèse que 30 réacteurs nucléaires seront remis en service d’ici 2030 alors que seuls 10 l’ont été depuis 2011… Ce n’est donc pas très réaliste. Le parti au pouvoir a, comme le gouvernement français, fait la promotion des petits réacteurs nucléaires modulaires, supposés plus sûrs. Mais qui peut croire qu’il va pouvoir développer un tel réacteur, trouver des sites et en construire plusieurs en moins de 10 ans !

Le nouveau gouvernement de Fumio Kishida a décidé, en amont de la COP26, de doubler la part des énergies renouvelables entre 2019 et 2030 afin d’atteindre de 36 à 38% des besoins en électricité. La part du nucléaire reste inchangée, de 20 à 22%. La part des énergies fossiles qui était de 76% en 2019 devrait passer à 41% en 2030, ce qui reste élevé. Cela inclut 19% produits à partir du charbon.

Comme l’ont rapporté plusieurs médias (voir le Japan Times), le Japon aurait fait du lobbying auprès du GIEC pour exclure du rapport la proposition d’arrêter les centrales à charbon et à gaz d’ici 9 à 12 ans respectivement. Il aurait fait la promotion de la séquestration du carbone à la place.

Ce nouveau plan énergétique prétend réduire autant que possible la part du nucléaire tout en maintenant que le nucléaire reste une source d’énergie importante ! Si la construction de nouveaux réacteurs n’est pas explicitement mentionnée, elle n’est pas exclue pour autant. Quant au retraitement, il reste l’option choisie par le Japon même si l’usine n’a toujours pas été mise en service et qu’il n’y a pas de débouché pour le plutonium extrait. La part du nucléaire était de 6% en 2019. Il ne sera pas facile d’atteindre 20 à 22% en 2030.

Ce nouveau plan énergétique a été soumis à une consultation du public en ligne pendant un mois, mais aucune révision majeure n’a été effectuée.

117ème versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 117ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 7,4 milliards de yens (56 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a reçu un total de 10 159,1 milliards de yens (77 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Le communiqué de TEPCo est accompagné d’un tableau avec les sommes versées au titre des indemnisations, mais sans explications.

43ème réunion du comité de suivi sanitaire à Fukushima : 6 nouveaux cas de cancer de la thyroïde dépistés

Les autorités régionales de Fukushima ont mis en ligne les données présentées à la 43ème réunion du suivi sanitaire qui inclut la campagne de dépistage des cancers de la thyroïde chez les jeunes de la province. Les résultats détaillés sont ici en japonais. Une traduction officielle en anglais des principales données devrait être bientôt disponible et le blog Fukushima voices devrait proposer son propre résumé en anglais. Pour en savoir plus, lire ou relire notre revue de littérature scientifique sur le sujet.

Rappelons que tous les jeunes de Fukushima, qui avaient moins de 18 ans lors de la catastrophe nucléaire ou qui étaient encore dans le ventre de leur mère (nés entre le 2 avril 1992 et le 1er avril 2012), peuvent bénéficier d’un dépistage tous les deux ans par échographie. Même si le taux de participation baisse, certains en sont à leur 5ème examen médical. Après 20 ans, le dépistage suivant se fait à l’âge de 25 ans.

Les données précédentes, publiées lors de la 42ème réunion sont ici, à titre de comparaison. A noter que les dernières données mises à jour pour les quatrièmes et cinquièmes campagnes sont à la date du 30 juin 2021, alors pour les jeunes ayant plus de 25 ans pour lesquels c’est toujours à la date du 31 mars 2021. Les dernières données sont synthétisées dans ce document en japonais et font apparaître six nouveaux cas depuis la dernière fois.

Lors de la quatrième campagne de dépistage, dont les résultats sont détaillés ici en japonais, 3 nouveaux cas de cancer suspecté sont apparus, pour atteindre un total de 36 cas. Parmi eux, 29 ont été confirmés par une intervention chirurgicale, soit 2 de plus que la dernière fois. Ces résultats sont à la date du 30 juin 2021.

Lors de la cinquième campagne de dépistage, dont les résultats sont détaillés ici en japonais, 3 cas de cancer de la thyroïde ont été découverts, dont 1 a été confirmé suite à une intervention chirurgicale.

On arrive donc à un total de 266 cas de cancers de la thyroïde suspectés chez les jeunes de Fukushima, dont 221 ont été confirmés lors d’une intervention chirurgicale (carcinome papillaire : 218 ; carcinome peu différencié : 1 ; carcinome folliculaire : 1 ; autre carcinome thyroïdien : 1). Il n’y a toujours qu’un seul cas qui s’est révélé être bénin après l’intervention (première campagne).

Le nombre de cas nouveaux, qui n’ont été détectés qu’à partir de la seconde campagne de dépistage (150), est plus élevé que le nombre de cas détectés lors de la première campagne (116), qui peut inclure des cancers qui existaient déjà avant la catastrophe nucléaire.

Le tableau ci-dessous synthétise les données issues du dépistage officiel. Le taux de dépistage diminuant au fur et à mesure des campagnes, le nombre de cas réels est forcément plus élevé. De plus, les cas de cancer détectés en dehors du programme de suivi ne sont pas comptés, même si l’intervention chirurgicale a eu lieu à l’université de médecine de Fukushima, en charge du suivi… Enfin, le dépistage gouvernemental n’a lieu que dans la province de Fukushima alors que les provinces voisines ont aussi été touchées par les retombées radioactives. Les cas de cancer de la thyroïde qui pourraient y apparaître échappent aussi aux données officielles.

  Dépistages avec résultat Examens complémentaires terminés Cytoponctions Nombre de cancers suspectés Nombre de cancers confirmés
Première campagne 300 472 2 091 547 116 101
Deuxième campagne 270 552 1 834 207 71 55
Troisième campagne 217 922 1 068 79 31 29
Quatrième campagne 183 338 991 87 36 29
Cinquième campagne 24 882 144 7 3 1
Plus de 25 ans 7 260 227 17 9 6
Bilan des campagnes de dépistage du cancer de la thyroïde chez les jeunes de Fukushima au 30 juin 2021 pour les quatrième et cinquième campagnes, 31 mars pour les autres.

Le bilan synthétique indique aussi que 9 de ces enfants avaient moins de 5 ans au moment de l’accident. Les très jeunes enfants ont été particulièrement touchés par les retombées radioactives de Tchernobyl. Lors des premières années de la catastrophe de Fukushima, l’absence de cas de cancer chez les très jeunes enfants était utilisé comme argument pour prétendre que la radioactivité n’était donc probablement pas à l’origine de l’élévation significative du nombre de cancers de la thyroïde chez les jeunes. Ce point est passé sous silence maintenant que des cas ont aussi été découverts à Fukushima.

Rappelons que ce rapport en japonais mentionne qu’au 31 décembre 2018, 180 des patients ont été opérés de la thyroïde à l’Université de médecine de Fukushima. Sur ces 180 patients, 161 ont été adressés suite à au programme de dépistage de la thyroïde et 19 ont été adressés par d’autres sources. Ce qui signifie que ces 19 cas, qui représentent environ 10% des interventions, ne sont pas pris en compte dans les données ci-dessus.

Sur ces 180 cas, 175 étaient des carcinomes papillaires, 2 des carcinomes folliculaires, 1 un carcinome peu différencié et 2 autres types de cancers de la thyroïde. Une thyroïdectomie totale a été réalisée dans 8,9 % des cas et une unilobectomie dans 91,1 % des cas. Le nombre de cas à très faible risque qui auraient pu bénéficier d’un suivi non opératoire était très faible. Le rapport mentionne aussi que des métastases des ganglions lymphatiques ont été trouvées dans 72 % des cas, une invasion du tissu périthyroïdien dans 47 % des cas et des métastases pulmonaires dans 1,7 % des cas.

Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies reconnaît que disposer d’un environnement propre, sain et durable est un droit humain

Dans sa résolution 48/13 (texte en anglais et en français), le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a reconnu, pour la première fois, que disposer d’un environnement propre, sain et durable est un droit humain et a appelé les États du monde entier à travailler ensemble pour mettre en œuvre ce droit nouvellement reconnu. Lire le communiqué de presse en français et en anglais. La question va maintenant être soumise à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, pour un examen plus approfondi. Le communiqué rappelle que, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 24 % de tous les décès dans le monde, soit environ 13,7 millions de décès par an, sont liés à l’environnement, en raison de risques tels que la pollution atmosphérique et l’exposition aux produits chimiques.

Selon le compte-rendu en anglais, la résolution été adoptée par 43 voix pour et 4 abstentions de la Russie, de l’Inde, de la Chine et du Japon. Le message du Japon est donc clair pour les habitants de Fukushima : il préfère se retrouver en compagnie de pays gouvernés par des régimes peu démocratiques plutôt que de reconnaître ce droit à un environnement propre, sain et durable.

Le texte reste, pourtant, très général : il “considère que l’exercice du droit de bénéficier d’un environnement sûr, propre, sain et durable est un élément important de la jouissance des droits de l’homme” et engage les États à “renforcer leurs capacités en matière de protection de l’environnement”, à “continuer de mutualiser les bonnes pratiques observées” et à “adopter des politiques visant à permettre l’exercice du droit à un environnement sûr, propre, sain et durable”. Il ne traite pas des indemnisations pour lesquelles il y a de nombreuses actions judiciaires en cours.

Nouveau premier ministre au Japon

Fumio Kishida vient de remporter la présidence du parti au pouvoir, le Parti Libéral Démocrate et va devenir le nouveau premier ministre du pays. D’habitude cette désignation résulte d’une lutte de clans. Cette fois-ci, une procédure plus ouverte a été organisée avec débats télévisés entre plusieurs prétendants. Si les membres du parti s’exprimaient au premier tour, seuls les parlementaires, redevables des instances du parti pour leur circonscription, votaient au deuxième tour…

Lors des débats, l’avenir énergétique du pays a été abordé. Ancien ministre des affaires étrangères, Kishida a défendu les petits réacteurs modulables (SMR) – japonais, bien-sûr – prétendument moins chers et la fusion nucléaire afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Il n’y a pas de prototype de SMR pour le moment, ni de filière industrielle. Quant à la fusion, personne ne sait si on pourra un jour en tirer de l’électricité. Cela en dit long sur le niveau du débat et des propositions…

Tarô Kôno, qui avait la faveur des sondages car plus moderne, était plus critique envers l’énergie nucléaire et voulait favoriser le développement des énergies renouvelables. Selon l’Asahi, il voulait notamment abandonner le projet de retraitement des combustibles usés, actant ainsi l’échec de l’usine de Rokkashô-mura qui accuse déjà 25 ans de retard. Les trois autres candidats, dont le futur premier ministre, s’accrochent à ce programme, avec des arguments plus qu’étonnants : les centrales nucléaires japonaises ne pourraient pas tourner sans le retraitement, comme le rapporte le Japan Times. Et c’est ces gens qui doivent trancher le futur énergétique du Japon !

Ce quotidien rapporte aussi le lobbying de Kansaï Electric, qui a une forte influence dans la région, en faveur de Kishida et de son soutien à l’énergie nucléaire.

116ème versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 116ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 57,5 milliards de yens (440 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a reçu un total de 10 151,7 milliards de yens (78,4 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Le communiqué de TEPCo est accompagné d’un tableau avec les sommes versées au titre des indemnisations, mais sans explications.

Les Etats-Unis et l’Union européenne lèvent des restrictions à l’importation de produits alimentaires du Japon

Les Etats-Unis ont décidé de lever les restrictions à l’importation de produits alimentaires en provenance de 14 provinces japonaises qui avaient été affectées par les retombées radioactives durant l’accident nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi. Mentionnant des mesures de contrôle rigoureuses, l’administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments, a estimé que le risque était très faible pour les Américains qui consommeraient des aliments contaminés par la radioactivité importés du Japon. Voir son communiqué en anglais.

Les 14 provinces où des restrictions étaient en place sont Fukushima, Aomori, Iwaté, Miyagi, Yamagata, Ibaraki, Tochigi, Gunma, Saitama, Chiba, Niigata, Yamanashi, Nagano et Shizuoka.

L’Union européenne a aussi décidé récemment de modifier ses règles d’importation de produits alimentaires en provenance du Japon (document en pdf). Elle maintient les limites maximales de radionucléides sur les valeurs établies par la législation japonaise en vigueur, qui sont plus strictes que les normes européennes. Elle considère aussi que l’obligation d’échantillonner et d’analyser les produits avant leur exportation vers l’Union doit être maintenue ou établie pour certains produits, mais peut être levée pour d’autres. La liste est notamment étendue aux champignons sauvages et à leurs produits dérivés originaires des préfectures d’Iwate, Nagano, Niigata et Ibaraki, aux poissons et produits de la pêche originaires de la préfecture de Gunma, à la fougère grand aigle sauvage et à ses produits dérivés originaires de la préfecture de Fukushima et à la fougère royale japonaise et à ses produits dérivés originaires de la préfecture de Miyagi. Par contre, cette obligation peut être levée pour les pousses d’Aralia et leurs produits dérivés originaires des préfectures de Fukushima, Miyagi et Gunma, les bambous et leurs produits dérivés originaires de la préfecture de Fukushima, les champignons et leurs produits dérivés originaires de la préfecture de Gunma, le koshiabura et ses produits dérivés originaires des préfectures de Shizuoka, Yamanashi et Yamagata.

L’UE note aussi que “les contrôles officiels effectués à l’entrée dans l’Union montrent que les conditions particulières prévues par le droit de l’Union sont correctement mises en œuvre par les autorités japonaises et aucun cas de non-conformité au droit de l’Union n’a été constaté lors des contrôles officiels des importations depuis plus de neuf ans. Par conséquent, il y a lieu de conserver la fréquence peu élevée des contrôles officiels à l’entrée dans l’Union des denrées alimentaires et des aliments pour animaux soumis au présent règlement.”

Ces restrictions ne s’appliquent pas aux produits contenus dans les bagages personnels de passagers et destinés à leur consommation personnelle ou à leur usage personnel.

Le règlement d’exécution contient la liste de tous les produits pour lesquels des restrictions demeurent.

Enfin, selon le Japan Times, le Japon fait pression sur Taiwan pour que le pays lève aussi ses restrictions concernant 5 provinces japonaises, s’il veut rejoindre l’accord de libre-échange du Partenariat Trans-Pacifique.

Encore des problèmes de sûreté et de sécurité à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa

TEPCo répète tout le temps que la sûreté est sa priorité n°1, mais la succession de scandales montre que ce n’est malheureusement pas le cas. Le dernier en date concerne une centaine de détecteurs de fumée mal placés à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, située dans la province de Niigata. Les défauts de la protection incendie avaient déjà fait scandale en juin dernier, et TEPCo avait promis, comme d’habitude, qu’elle ne recommencerait plus et que patati et patata…

Les nouvelles règles de sûreté imposent de mettre les détecteurs de fumée à plus de 1,5 m des bouches d’aération et d’autres ouvertures. En février dernier, des inspecteurs de l’Autorité de régulation nucléaire ont découvert un détecteur de fumée situé à environ 1 m de la ventilation de la pièce d’entreposage des batteries du réacteur n°7. La compagnie l’a déplacé et a contrôlé les autres détecteurs. Mais, lors d’une autre inspection en avril, deux autres détecteurs étaient mal placés ! TEPCo a donc effectué une vérification complète des quelques 2 000 détecteurs de fumée de sa centrale et en aurait trouvé une centaine qui ne respecteraient pas les règles de sûreté, selon ce qu’elle a rapporté à l’Autorité de régulation nucléaire le 16 septembre dernier.

Mais bon, TEPCo s’était engagée, par écrit, à respecter un nouveau code de sûreté en 7 points et l’Autorité de régulation nucléaire en avait déduit que la compagnie était apte à exploiter du nucléaire. En mars dernier, cette même Autorité avait interdit à TEPCo d’exploiter une centrale nucléaire à cause de failles dans la sécurité cette fois-ci et, en juillet, la compagnie s’était, une nouvelle fois, engagée à réformer sa gouvernance…

Et le 22 septembre, TEPCo a remis son rapport à l’Autorité de régulation nucléaire dans lequel elle admettrait presque ne pas être en mesure de mettre en œuvre les mesures de sécurité requises pour exploiter une centrale nucléaire, selon l’Asahi. Le document concerne une série de dysfonctionnements des équipements antiterroristes du réacteur n° 7. TEPCO aurait identifié trois causes principales des problèmes qui ont affecté l’installation : une conscience insuffisante des risques liés à la protection des matières nucléaires, l’incapacité des cadres supérieurs à comprendre la situation de l’usine de Niigata et l’incapacité générale de l’entreprise à se corriger.

L’un des principaux problèmes mis au jour dans le rapport concerne les dysfonctionnements des équipements destinés à détecter les intrusions dans la centrale. Au moins 10 sites ont connu des défaillances d’équipement qui n’ont pas été corrigées pendant au moins 30 jours.

Dans l’intervalle, des caméras de sécurité ont été utilisées pour garder un œil sur les personnes qui entraient dans les différentes pièces, mais plutôt que d’affecter des employés à la surveillance constante de ces images vidéo, on a demandé à un employé de balayer un certain nombre d’écrans différents tout en effectuant d’autres tâches en même temps. Le rapport indique aussi que le personnel avait supposé que les mesures temporaires mises en place signifiaient qu’il n’était pas nécessaire de réparer rapidement les équipements de détection défectueux.

Le rapport a également noté que la centrale de Kashiwazaki-Kariwa présentait un nombre nettement plus important de problèmes avec son équipement de détection d’entrée et qu’il fallait beaucoup plus de temps pour effectuer les réparations par rapport aux autres centrales nucléaires. L’une des principales causes de ce retard tient aux mesures de réduction des coûts mises en œuvre par TEPCO.

Le directeur de TEPCo, Tomoaki Kobayakawa, et Shigenori Makino, directeur général de chargé de superviser les opérations nucléaires, verront leurs salaires réduits de 30 % pendant trois mois. S. Makino a également été démis de ses fonctions de chef de la division de l’énergie nucléaire. Quant à Takeo Ishii, le directeur de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, il a été relevé de ses fonctions.

Lors d’une conférence de presse, le président de TEPCO, Yoshimitsu Kobayashi, a présenté ses excuses et a déclaré : “Nous mettrons en œuvre des mesures (pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise) en sachant que ce sera notre dernière chance.”

Lire communiqué de presse en anglais de TEPCo et les documents présentés lors de la conférence de presse.