Arrivée du MOx envoyé par la France à Takahama

Du combustible MOx envoyé par la France est arrivé à la centrale de Takahama située dans la province de Fukui. Le dernier envoi de MOx remonte à 2017. Les 16 assemblages, qui incluent du plutonium issu du retraitement des combustibles usés, ont quitté Cherbourg le 9 septembre dernier et sont destinés aux réacteurs 3 et 4.

L’utilisation de ce combustible est récente au Japon puisque les premiers déchargements ont eu lieu en janvier 2020 et seulement 4 réacteurs y fonctionnent actuellement avec du MOx : Takahama 3 et 4, Genkai-3 et Ikata-3 (voir l’état du parc nucléaire japonais).

TEPCo modélise l’impact du rejet en mer de l’eau traitée

TEPCo a publié le résultat de calculs d’impact du rejet en mer prévu de l’eau traitée contenue dans les cuves. Voir son communiqué de presse et les documents attachés : une présentation des principaux résultats et un rapport d’une soixantaine de pages. Il y a aussi une vidéo montrant le panache calculé dans l’océan. Il est possible d’envoyer un commentaire avant le 18 décembre.

TEPCo confirme que l’eau sera filtrée de façon à ce que la concentration résiduelle de 62 radioéléments soit inférieure aux limites. Ce n’était pas le cas il y a quelques années et la compagnie doit filtrer à nouveau 67% de son stock d’eau qui s’élève à presque 1,3 millions de mètres cube. Elle mentionne des contrôles sur 64 radioéléments avant rejet, les 62 filtrés plus le carbone-14 et le tritium (hydrogène radioactif).

Le tritium, qui ne peut pas être filtré, sera dilué : la concentration des effluents ne dépassera pas 1 500 Bq/l et la quantité annuelle restera inférieure à 22 TBq, comme avant la catastrophe. Et le rejet se fera via un tunnel qui fait environ 1 km de long. Pour son calcul d’impact, la compagnie a retenu deux scénarios : un basé sur les seuls radioéléments mesurés et un basé sur une eau hypothétique constituée de 8 radioéléments qui dominent la dose des consommateurs de fruits de mer et sur-estime leur concentration : Sn-126, Sn-123, Sn-119m, Fe-59, Cd-115m, Cd-113m, C-14 et Ag-110. A l’exception du carbone-14, ces éléments n’ont pas été identifiés, mais il est supposé qu’ils sont présents. TEPCo ajoute ensuite le Zn-65, qui est le neuvième radioélément le plus pénalisant, pour atteindre la limite autorisée.

TEPCo suppose ensuite un rejet continu tout au long de l’année et modélise la dispersion du tritium en supposant que les autres radioéléments se comportent de la même façon, ce qui n’est pas nécessairement correct. La concentration en tritium au-dessus de l’exutoire du tunnel de rejet devrait être inférieure à 30 Bq/L. La dilution fait rapidement chuter cette concentration quand on s’éloigne.

Deux régimes alimentaires sont pris en compte dans le calcul de dose : un mangeur moyen de produits de la mer, et un gros mangeur. La dose la plus élevée avec la contamination mesurée de l’eau est de 0,31 µSv/an pour les adultes gros mangeurs et de 2,1 µSv/an avec l’eau hypothétique. C’est inférieur à l’objectif limite fixé à 0,05 mSv/an (50 µSv/an).

Il est important de noter que cette évaluation ne prend pas en compte la pollution existante, ni les fuites continues via l’eau souterraine qui se rejette dans la mer.

Dans la note explicative, TEPCo signale que les rejets en sortie de cuve sont limités à 500 m3 par jour. C’est optimiste, puisqu’avec une concentration en tritium de 200 000 Bq/L, TEPCo dépasserait l’autorisation annuelle de rejet. Pour les cuves où la concentration en tritium est de 820 000 Bq/L, le rejet ne pourra pas dépasser 73 m3 par jour. C’est moins que la quantité d’eau accumulée quotidiennement et cela ne permet pas de réduire le stock d’eau : il croît juste moins rapidement, comme nous l’avons déjà souligné.

Cette consultation coïncide avec une nouvelle visite d’une délégation de l’AIEA, réduite à 6 personnes à cause de la pandémie. La dernière visite a eu lieu en septembre dernier. TEPCo a mis en ligne des photos sans intérêt. A noter qu’une autre équipe serait venue faire des prélèvements, selon un communiqué de l’AIEA.

Pour rappel, le portail de TEPCo sur l’eau contaminée est ici en anglais.

Mise à jour du 16 décembre 2021 : Greenpeace Japon a soumis une analyse critique de ce travail à retrouver ici en anglais.

Les procureurs renoncent à inculper les anciens responsables de Kansai Electric

Neuf anciens cadres de Kansaï Electric (KEPCo) ne seront pas inculpés suite au scandale de corruption, par manque de preuve… Ils avaient pourtant reconnu avoir reçu de nombreux cadeaux de la part d’Eiji Moriyama, un ancien maire adjoint de Takahama. La compagnie avait porté plainte contre 5 de ses anciens cadres dirigeants. Mais l’enquête faisait suite à une plainte déposée par un groupe de citoyens. 

Un groupe d’experts indépendants, mandatés par KEPCo, avait conclu que 83 personnes, dont les anciens dirigeants, avaient reçu de l’argent et des cadeaux d’une valeur de 370 millions de yens pendant plus de 30 ans de la part de Moriyama. Ces auditeurs avaient également découvert que la compagnie avait versé un total de 260 millions de yens pour compenser la réduction de la rémunération de ses directeurs de juillet 2016 à octobre 2019 et avait également pris des dispositions pour que les administrateurs de l’époque soient remboursés pour la perte de revenus après leur départ à la retraite et leur parachutage dans des postes à temps partiel en tant que conseillers de l’entreprise ou à un autre titre.

Les procureurs ont conclu que l’attribution de projets de construction à des entreprises liées à Moriyama ne  constituait pas un acte de corruption ou un abus de confiance aggravé au sens de la loi sur les sociétés faute de preuves que Moriyama avait “fait des demandes illégales” à ces responsables. Cela s’est avéré impossible après la mort de Moriyama.

En ce qui concerne la compensation des administrateurs pour leurs pertes de rémunération, les autorités fiscales ont déterminé en juillet que cela revenait à “dissimuler des revenus” et ont ordonné à la société de payer un lourd impôt supplémentaire. Toutefois, les enquêteurs ont conclu que les anciens directeurs avaient assumé certaines responsabilités dans le cadre de leurs fonctions à temps partiel et que la décision de la direction de verser des paiements ne constituait pas un abus de confiance aggravé.

Frustré par la décision de non-inculpation, le groupe civique prévoit de demander le réexamen des affaires par un comité d’enquête du ministère public.

Fin progressive de la prise en charge des soins de santé pour les personnes déplacées de Fukushima

Selon l’Asahi, l’Agence de reconstruction veut cesser progressivement la prise en charge des soins médicaux des personnes déplacées par la catastrophe nucléaire et a entamé des discussions avec les autorités locales, comme l’a reconnu le ministre en charge du dossier.

Actuellement, les résidents de 13 municipalités de Fukushima qui ont dû évacuer obligatoirement ou par recommandation bénéficient d’une réduction totale ou partielle de leurs frais de santé ou de soins infirmiers. Le nombre de personnes évacuées de ces municipalités s’élevait à 150 000 en août 2011. Cette assistance devrait être réduite progressivement à partir de 2023 pour les personnes des zones où les ordres d’évacuer ont été levés avant avril 2017. Elle serait encore maintenue pour les 22 000 personnes originaires des zones dites de retour difficile.

Dans certaines communes, comme Minami-Sôma ou Tamura, les seuls bénéficiaires sont les personnes qui ont dû évacuer. Les “évacués volontaires”, qui sont partis d’eux-mêmes, n’en bénéficient pas. 

La fin des aides inquiète certains qui ont vu leurs conditions de santé s’aggraver suite à l’évacuation. Elles devraient être mieux ciblées vers les personnes qui en ont besoin, quel que soit leur statut d’origine.

Un tribunal rejette la demande d’arrêt du réacteur nucléaire d’Ikata

Sept habitants des provinces d’Ehimé et de Hiroshima avaient saisi la justice pour obtenir l’arrêt provisoire du réacteur n°3 de la centrale d’Ikata. Ils ont été déboutés et devraient faire appel. L’affaire portait sur la question de savoir si l’exploitant, Shikoku Electric, avait pris en compte une vibration sismique suffisamment forte. Le tribunal a estimé que les résidents devaient apporter la preuve qu’il existe un risque tangible qu’un tremblement de terre plus important que le séisme de référence se produise. Ce séisme de référence conduirait à une secousse de 650 gals.

D’autres décisions de justice avaient entraîné la suspension de l’exploitation de ce réacteur. Les deux autres réacteurs de cette centrale sont arrêtés définitivement.

La future levée partielle des ordres d’évacuation à Ôkuma crée la confusion

La commune d’Ôkuma, sur laquelle est installée une partie de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi, est classée en zone dite de “retour difficile” et est toujours évacuée. Le gouvernement, qui a toujours promis un retour aux habitants, ne veut pas rayer cette commune de la carte. Il a donc engagé des travaux de décontamination et s’apprête à y lever les ordres d’évacuer. Mais la nouvelle frontière divise les communautés et crée de la confusion, selon l’Asahi.

Le quartier Machi va être partiellement rouvert dans quelques mois. Les habitants de l’enclave réhabilitée pourront rentrer chez eux et leurs voisins, parfois juste de l’autre côté de la rue, non, ou, pas avant la fin de la décennie. Sur les quelques 140 hectares de la zone, seuls 20 ont été décontaminés. Il y avait 90 foyers en tout dans ce district avant la catastrophe nucléaire et la moitié environ seront autorisés à rentrer. Selon un sondage effectué au mois de mai dernier, seulement 11 foyers souhaitaient revenir chez eux, mais tous ne le pourront pas.

Ce district est situé le long de la nationale 6, à 3 km au Sud-Est de la gare d’Ôno, qui était au centre ville. La route, qui longe le centre d’entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination, est empruntée par de nombreux camions et des voitures, mais l’accès aux rues adjacentes demeure interdit. La plupart des 860 hectares de terrains décontaminés pour permettre la reconquête de la ville sont situés près de la gare et Machi est à l’écart, comme on peut le voir sur la carte de l’Asahi :

Les élus d’Ôkuma souhaitaient une décontamination de toutes les zones qui étaient habitées avant la catastrophe, mais le gouvernement n’y était pas favorable à cause du coût. Le découpage actuel résulte donc d’un compromis entre le gouvernement et le conseil municipal. Et c’est le gouvernement qui a proposé d’inclure une partie de Machi dans le périmètre, car c’est là qu’était située la commune de Kumamachi, avant sa fusion avec d’autres communes pour former Ôkuma.

Les travaux de décontamination n’ont pas permis d’abaisser partout le débit de dose ambiant au-dessous du seuil fixé par les autorités japonaises, à savoir 3,8 µSv/h, ce qui correspond à une dose annuelle de 20 mSv (lire nos explications sur les limites de dose) : sur 1 269 sites, ou 2,7% des points de contrôles, le débit de dose était plus élevé que la limite.

La municipalité voulait autoriser les habitants à dormir chez eux pour pouvoir préparer leur retour, mais l’autorisation d’accès, prévue pour octobre, a dû être repoussée.

La zone dite de retour difficile couvre 33 700 hectares en tout, sur 7 communes. Au printemps prochain, l’ordre d’évacuer devrait être levé sur à peine 1 510 hectares situés dans les communes d’Ôkuma, Futaba et Katsurao. Il devrait être levé dans 3 autres communes (1 237 hectares) en 2023.

A Futaba aussi, le débit de dose dépasse la limite sur 563 sites ou 1% des points de contrôle. Il faudra donc redécontaminer. La remise en état des services (eau, électricité…) est plus lente que prévu et l’ordre d’évacuer ne sera probablement pas levé avant juin 2022.

Le Japon promet des centrales à charbon décarbonées !

Le Japon qui est très dépendant des énergies fossiles et du charbon en particulier a refusé de s’associer aux pays qui se sont engagés à ne plus l’utiliser (sans pour autant réduire l’utilisation du pétrole !). Fumio Kishida, le nouveau premier ministre, a fait le voyage à la COP26 de Glasgow pour promouvoir ses centrales à charbon “décarbonées”. Le Réseau Action Climat International lui a remis son deuxième “fossile du jour” le 3 novembre. Le Japon avait déjà reçu ce prix en 2015 à Bonn.

Dans son communiqué, l’ONG explique que “Kishida s’est fait des illusions en rêvant d’utiliser l’ammoniac et l’hydrogène comme “énergie thermique à émission zéro”. Il doit se réveiller et comprendre que ces technologies nouvelles et coûteuses sont liées à l’extraction de combustibles fossiles et ne laisseraient que peu de chances d’atteindre les objectifs mondiaux de 1,5 °C. Nous avons besoin d’engagements concrets pour stopper la hausse des températures et d’une élimination progressive du charbon d’ici 2030, et non de cauchemars liés aux combustibles fossiles.”

Quel est cet ammoniac miracle qui doit réduire les émissions de CO2 du Japon ? Il s’agit du gaz NH3, à ne pas confondre avec l’ammoniaque qui est la solution aqueuse, connu pour son odeur désagréable et sa toxicité. Comme l’hydrogène, c’est un “vecteur énergétique” qui permet de stocker et de transporter l’énergie pour l’utiliser quand on en a besoin. L’ammoniac est plus simple à stocker et à transporter (lire ces explications très claires) et a déjà été utilisé pour faire avancer des véhicules. Comme on ne trouve ni hydrogène ni ammoniac dans la nature, il faut les fabriquer. Si leur utilisation n’émet pas de gaz à effet de serre, il en est tout autre pour leur fabrication. Et le moyen le plus courant pour fabriquer l’ammoniac de nos jours utilise des énergies fossiles ! Si le procédé utilisé (Haber-Bosch) est l’un des plus efficaces et performants de l’industrie chimique, il consomme (en raison des hautes pressions et températures requises pour la réaction) à lui seul près de 1% de la production énergétique mondiale ! Ce procédé représenterait ainsi plus de 17% de l’énergie consommée par le secteur chimique et pétrochimique (source). Bref, la production d’une tonne d’ammoniac à partir de gaz naturel engendre l’émission de deux tonnes de CO2. C’est le double à partir du charbon (source).

Alors le Japon veut importer de l’ammoniac dit “bleu”, c’est à dire fabriqué à partir de gaz naturel dans des installations équipées d’un système de stockage du CO2, une technologie qui est loin d’être maîtrisée. Les fournisseurs seraient l’Arabie saoudite (source), l’Egypte (source) et la Russie (source). Mais, comme l’explique à l’AFP, Shigeru Muraki, vice-président exécutif du Green Ammonia Consortium, dans un premier temps le Japon utilisera de l’ammoniac gris, c’est à dire polluant, parce que l’ammoniac bleu ne sera pas disponible dans les prochaines années en quantité suffisante, et l’ammoniac vert (produit à partir d’énergies renouvelables) encore moins. Bref, on est encore loin de la solution écologique !

Le Japon pourrait fabriquer l’ammoniac sur son territoire, mais ce doit sûrement être moins cher à produire dans des pays aux salaires bas et aux contraintes environnementales légères. Et les émissions de CO2 ne sont pas au Japon qui pourra afficher un meilleur bilan !

Une fois transporté au Japon, il faut des installations pour consommer cet ammoniac et le transformer en électricité. C’est là que les centrales à charbon entrent en jeu, car elles pourraient être partiellement reconverties. L’entreprise Jera, qui produit 30% de l’électricité du Japon, annonce, dans un communiqué, des essais dans sa centrale à charbon d’Hekinan située dans la province d’Aïchi : à terme, 20% du charbon de l’unité n°4 pourrait être remplacé par de l’ammoniac. Le charbon, quant à lui, reste tout aussi polluant !

La solution mise en avant par le Japon pour continuer à exploiter ses centrales à charbon n’est que de la poudre aux yeux. La conversion de toutes ses centrales entraînerait la consommation de 10% de la production mondiale d’ammoniac. Et il faudra éviter d’importantes émissions d’oxydes d’azote. Les projets énergétiques du Japon sont complètement irréalistes et le premier ministre ne connaît rien au sujet, comme il l’avait montré durant les débats qui ont précédé son investiture.

Mise à jour : Voir, à ce sujet, la note en anglais de l’ONG japonaise Kiko network, qui lutte contre le dérèglement climatique. Kimiko Hirata, directrice internationale, a reçu le prix Goldman en juin 2021.

Les trois anciens dirigeants de TEPCo plaident toujours non coupable en appel

Les trois anciens dirigeants de TEPCo avaient été acquittés en première instance en septembre 2019 par le tribunal de Tôkyô, qui avait estimé que Tsunéhisa Katsumata, Ichirô Takékuro et Sakae Mutô, n’étaient pas coupables de négligences ayant entraîné la mort et des blessures. Il avait notamment jugé qu’“il serait impossible d’exploiter une centrale nucléaire si les exploitants étaient obligés de prévoir toutes les éventualités liées aux tsunamis et de prendre les mesures nécessaires”. Les avocats commis d’office, agissant en qualité de procureurs, avaient requis 5 ans de prison en décembre 2018, la peine maximale, et les trois anciens dirigeants avaient plaidé non coupables, mais c’étaient excusés… Les trois accusés ont été inculpés pour avoir continué à exploiter la centrale alors qu’ils étaient en mesure de prévoir les dangers du tsunami, ce qui a, notamment, entraîné la mort de 44 patients d’un hôpital voisin qui ont dû être évacués en raison de l’accident.

Lors du procès en appel, qui vient de débuter, les anciens dirigeants ont encore plaidé non coupable. Tsunéhisa Katsumata était absent pour raison de santé. Le débat tourne toujours autour du fait de savoir si l’ampleur du tsunami qui a déclenché l’accident nucléaire était prévisible et si TEPCo a été négligente en ne renforçant pas les mesures de protection. Les avocats des accusés ont expliqué que même si les travaux avaient été lancés, ils n’auraient pas été terminés à temps.

Point sur les doses prises par les travailleurs à la centrale accidentée

TEPCo publie tous les mois un tableau avec des données statistiques sur les doses prises à la centrale de Fukushima daï-ichi. Mais elle remet tous les compteurs à zéro tous les cinq ans. Suite au dixième anniversaire, elle vient donc de repartir pour une nouvelle période de cinq années. Une telle pratique est surprenante.

Comme nous le rappelions dans notre dernier bilan chiffré annuel, pour la première période allant du 11 mars 2011 au 31 mars 2016, 46 956 travailleurs ont été exposés aux rayonnements ionisants sur le site de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi, dont 42 244 sous-traitants. Ce sont les sous-traitants qui ont pris les doses les plus élevées, avec une moyenne qui varie de 0,51 à 0,56 mSv par mois entre Janvier et Février 2016. C’est entre 0,18 et 0,22 pour les salariés de TEPCo.

Les données publiées en avril 2021 permettent de connaître le nombre de travailleurs qui ont été exposés entre le 1er avril 2016 et le 31 mars 2021 : 25 024 dont 90% de sous-traitants (22 568). Sur ces cinq années, la dose externe moyenne reçue par les sous-traitants est de 6,96 mSv, alors qu’elle est de 3,28 mSv pour les employés de TEPCo. Les sous-traitants ont donc pris 95% de la dose externe collective correspondante, qui est de 165 hommes.sieverts. C’est aussi un sous-traitant qui a pris la dose externe la plus élevée : 88,63 mSv sur ces 5 années, sachant que la limite maximale autorisée est de 100 mSv (soit 20 mSv/an en moyenne). 59 sous-traitants ont reçu une dose externe supérieure à 75 mSv et 350, une dose comprise entre 50 et 75 mSv. Seuls deux employés de TEPCo ont reçu une dose externe comprise entre 50 et 75 mSv.

10 319 travailleurs ont été exposés lors de la dernière année, allant du 1er avril 2020 au 31 mars 2021, dont 87% de sous-traitants (8 982). La dose externe moyenne sur cette année reçue par les sous-traitants est de 2,84 mSv, contre 0,98 mSv pour les employés de TEPCo. Et c’est encore un sous-traitant qui a reçu la dose externe la plus élevée : 19,31 mSv.

Il est impossible de savoir combien parmi toutes ces personnes ont déjà été exposées durant les cinq premières années ni leur dose cumulée.

5 942 travailleurs ont été exposés aux rayonnements ionisants en avril 2021, qui est le 1er mois de la troisième période de cinq ans, dont 84% de sous-traitants (4 973) qui ont pris 94% de la dose collective. Le document donne aussi la dose estimée à la peau et à l’œil.

Sur ces trois derniers mois (juillet – août – septembre 2021), il y a eu entre 6 279 et 6 464 travailleurs exposés chaque mois. En septembre 2021, deux sous-traitants ont reçu une dose externe supérieure à 10 mSv, la plus forte des deux étant de 11,30 mSv !

Incinération d’une partie des déchets radioactifs à Tochigi

Après avoir échoué à trouver des sites de stockage des déchets radioactifs dans les provinces autres que Fukushima qui ont aussi été touchées par les retombées radioactives, les autorités veulent incinérer les déchets dont la contamination résiduelle en césium est passée sous le seuil de 8 000 Bq/kg. Cette limite avait été introduite après la catastrophe nucléaire. Dans le cadre du démantèlement des installations nucléaires, au-delà d’une concentration de 100 Bq/kg, les matériaux doivent être considérés comme déchets radioactifs. Selon le ministère de l’environnement, environ 20% du stock dépasse les 8 000 Bq/kg.

En attendant, ces déchets doivent être entreposés sur les sites de 6 incinérateurs. Selon le Tôkyô Shimbun traduit par le blog Fukushima 311 watchdogs, La commune de Nasushiobara est la première à appliquer ce plan où les 53 agriculteurs ont accumulé 1 216 tonnes de déchets radioactifs.