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L’ACROnique de Fukushima vous propose un suivi régulier des évènements liés à la catastrophe nucléaire en cours au Japon ainsi qu’une reconstitution des évènements des premiers jours. Ce travail est effectué par l’ACRO, association dotée d’un laboratoire d’analyse de la radioactivité qui s’est beaucoup investie pour venir en aide aux populations affectées par les deux accidents majeurs qui ont eu lieu à Tchernobyl et Fukushima. Elle a notamment fortement soutenu la création d’un laboratoire similaire à Tôkyô.

Pour suivre la situation en Ukraine, allez sur le site de l’ACRO

L’association a aussi analysé les plans d’urgence de plusieurs pays en cas d’accident nucléaire grave.

Nos autres sites Internet :

ACRO Tchernobyl, 30 ans après Transparence nucléaire


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Fin du transfert des terres radioactives de Fukushima vers le centre d’entreposage centralisé

Les travaux de décontamination ont entraîné l’accumulation de tonnes de terres radioactives pour lesquelles un entreposage centralisé est en cours de remplissage autour de la centrale de Fukushima daï-ichi. La loi impose que tous ces déchets, répartis un peu partout où il y a eu des chantiers de décontamination, soient transférés sur le site d’entreposage centralisé situé dans sur les communes d’Ôkuma et Futaba avant le 31 mars 2022, qui correspond à la fin de l’année fiscale 2021. La page dédiée en anglais du ministère de l’environnement, qui permet de connaître l’avancement, n’a pas été mise à jour depuis juillet 2020…

Selon l’Asahi, le transport est bloqué pour les terres de quelques 830 sites de la province de Fukushima. Cela représente un total de 8 460 m3 alors sur un total de l’ordre de 14 millions de mètres cubes de déchets accumulés à Fukushima. Pour la moitié des cas recensés lors d’une enquête effectuée en septembre 2021 auprès des communes, une habitation a été construite sur le terrain où les déchets étaient enfouis. Environ 30 % des cas résultent du refus des propriétaires fonciers de prendre en charge les frais de transport, tandis qu’environ 10 % sont dus à l’incapacité des autorités à contacter les propriétaires fonciers. Au fil du temps, la propriété des parcelles de terrain a changé en raison de transactions de vente et de questions d’héritage. Certains propriétaires n’avaient aucune idée que leurs parcelles contenaient des matériaux radioactifs. Mais les communes se veulent rassurantes : sur tous ces sites, le débit de dose ambiant est inférieur à 0,23 µSv/h, seuil à partir duquel il faut effectuer des travaux de décontamination.

Le gouvernement et les autorités régionales de Fukushima sont en négociation depuis 18 mois sur le sort à réserver aux sols contaminés qui ne pourront pas être déplacés dans les temps impartis. Le ministère de l’Environnement a demandé aux communes de continuer à les gérer, conformément à une directive de décembre 2020 qui les rend responsables des déchets issus des travaux de décontamination qu’elles ont menés. Les communes, quant à elles, demandent au gouvernement de prendre en charge ces déchets car leurs moyens sont limités.

L’entreposage centralisé n’est prévu que pour trente ans. Après 2045, tous ces déchets doivent être repris pour être stockés en dehors de la province de Fukushima. Faute de pouvoir trouver un site, le gouvernement veut les “recycler”, à savoir les utiliser pour la construction de digues, routes… Mais, en dix ans, la mémoire de certains déchets a été perdue. Qui se souviendra d’eux dans ils auront été dispersés dans tout le pays ?

L’ACRO avait rédigé un cahier d’acteur sur le sujet, dans le cadre du débat national sur le plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) qui a eu lieu en 2019.

Doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

A l’approche du 11ème anniversaire de la catastrophe nucléaire, voici un bilan sur le nombre de travailleurs exposés aux rayonnements ionisants à la centrale de Fukushima daï-ichi et des doses qu’ils ont prises. TEPCo publie tous les mois un tableau avec des données statistiques et notre dernier bilan remonte à octobre 2021. Rappelons que la compagnie remet les compteurs à zéro tous les cinq ans. Ainsi, suite au dixième anniversaire, elle vient de repartir pour une nouvelle période de cinq années. Une telle pratique est surprenante.

Les dernières données publiées sont à la date du 31 janvier 2022 et montrent qu’environ 6 800 travailleurs sont exposés chaque mois. La dose moyenne mensuelle reçue varie de 0,32 à 0,37 mSv, sachant que la limite annuelle est de 20 mSv en moyenne sur 5 ans. Ce sont les sous-traitants qui prennent les doses les plus fortes avec un maximum de 10,28 mSv sur le seul mois de janvier.

D’avril 2021 à janvier 2022, 9 628 ont été exposés, avec, comme toujours, une majorité de sous-traitants qui prennent les plus fortes doses : la dose moyenne des employés de TEPCo sur cette période est de 0,69 mSv et celle des sous-traitants de 2,31 mSv, avec un maximum à 17,08 mSv. Le tableau donne aussi les doses à la peau et à la cornée.

Pour mémoire, comme nous le rappelions dans notre dernier bilan chiffré annuel, pour la première période allant du 11 mars 2011 au 31 mars 2016, 46 956 travailleurs ont été exposés aux rayonnements ionisants sur le site de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi, dont 42 244 sous-traitants. Et les données publiées en avril 2021 permettent de connaître le nombre de travailleurs qui ont été exposés entre le 1er avril 2016 et le 31 mars 2021 : 25 024 dont 90% de sous-traitants (22 568). Sur ces cinq années, la dose externe moyenne reçue par les sous-traitants est de 6,96 mSv, alors qu’elle est de 3,28 mSv pour les employés de TEPCo. Les sous-traitants ont donc pris 95% de la dose externe collective correspondante, qui est de 165 hommes.sieverts.

121ème versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 121ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 19,7 milliards de yens (151,5 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a reçu un total de 10 226,2 milliards de yens (79 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Taïwan assouplit l’interdiction d’importation de produits alimentaires japonais

Taiwan a assoupli l’interdiction d’importation de produits alimentaires japonais des provinces de Fukushima, Ibaraki, Gunma, Tochigi et Chiba. Mais certains produits, comme les champignons et le gibier demeurent interdits. Cela devrait faciliter son accès à l’accord de libre échange transpacifique.

Visite d’une délégation de l’AIEA à propos du rejet en mer de l’eau traitée accumulée

La nouvelle visite d’une délégation de l’AIEA, du 14 au 18 février, a été fortement médiatisée car elle fait partie de la stratégie des autorités pour faire accepter le rejet dans l’océan de l’eau traitée qui est accumulée dans des cuves à la centrale de Fukushima daï-ichi. Elle est composée de 15 membres, dont des représentants de la Corée et de la Chine.

TEPCo a mis en ligne des photos et une vidéo de la visite sans aucun intérêt, avec quelques explications. En amont, elle a aussi mis en ligne une brochure en plusieurs langues qui explique son étude d’impact des rejets prévus. Le gouvernement, quant à lui, a annoncé, selon l’Asahi, vouloir accroître sa surveillance de l’environnement en faisant passer le nombre de points de prélèvement d’une douzaine à une cinquantaine. Ils seront situés, pour la plupart, à moins de 10 km de l’émissaire. La fréquence, trimestrielle, devrait être augmentée, une fois les rejets commencés. Mais le gouvernement ne parle que de contrôle du tritium alors qu’il y a tous les autres radioéléments, qui ont été mal filtrés ou le carbone-14, qui n’est pas filtré. Il n’évoque pas non plus de contrôles indépendants. Tant que les autorités rabaisseront le sujet à un problème d’image, elles ne répondrons jamais aux préoccupations des personnes concernées.

Les autorités ne répondent pas non plus au fait que, malgré les rejets, l’eau devrait continuer à s’accumuler, comme nous l’avons déjà expliqué, à un rythme moins soutenu et qu’il faudra donc trouver de la place supplémentaire.

Lydie Evrard a expliqué, lors d’une conférence de presse, que l’AIEA ne prendrait pas position, car la décision est du ressort et de la responsabilité de chaque pays. C’est à l’Autorité de régulation japonaise d’accepter ou non ces rejets. L’AIEA est d’aider les pays à appliquer les recommandations internationales en termes de sûreté et radioprotection. Elle est à l’écoute des inquiétudes. Mais, à la question de savoir si la délégation avait rencontré des opposants au rejet en mer, Gustavo Caruso a répondu que c’était le gouvernement japonais qui choisissait leurs interlocuteurs…Pourtant, le but de la visite de 5 jours était, selon les éléments de communication, de mener une inspection “objective, crédible et scientifique [qui] contribuera à envoyer un message de transparence et de confiance à la population du Japon et d’ailleurs”…

Leur rapport sera publié en avril.

Rappelons que le rejet doit se faire à un kilomètre de la berge via un tunnel, mais les travaux ont déjà du retard, comme le souligne l’Asahi, et il est peu probable que l’installation soit prête pour avril 2023.

Images de l’intérieur de l’enceinte de confinement du réacteur n°1

TEPCo a envoyé un robot dans l’enceinte de confinement du réacteur n°1 et a publié des images de ce qui pourrait être du corium, ce mélange de combustibles fondu et de gravats, car c’est juste en dessous de la cuve. Une première tentative, en janvier 2022, avait dû être suspendue car un radiamètre dysfonctionnait.

Dans une première vidéo, prise le 8 février 2022, on voit l’installation d’anneaux pour empêcher les câbles attachés au robot de ce tordre. Les explications, sont ici en anglais.

Les images de la deuxième vidéo sont beaucoup plus impressionnantes : elles montrent un monde englouti depuis presque 11 ans avec des dépôts qui pourraient être du corium. Les explications sont ici en anglais. La vidéo a aussi été mise sur Youtube par le Blog de Fukushima :

 

Dépôts :

Il n’y a aucun niveau de dose indiqué sur les images mises en ligne, mais TEPCo évoque des valeurs pouvant atteindre 2 Sv/h, ce qui est une dose létale en quelques heures.

TEPCo espère pouvoir retirer quelques grammes de corium du réacteur n°2 avant la fin de l’année.

Reprise du soutien financier au combustible MOx

Le ministère de l’économie prévoit de rétablir son programme de subventions pour les régions qui acceptent que du combustible MOx, à base de plutonium recyclé, soit utilisé dans les centrales nucléaires de leur territoire. Selon l’Asahi, la fédération des compagnies d’électricité prévoit 12 réacteurs Moxés en 2030 alors que seulement 10 réacteurs ont été remis en service depuis l’accident nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi, dont 4 consomment du MOx. Le gouvernement espère donc accélérer le calendrier grâce aux subventions.

Par le passé, les provinces qui avaient accepté le programme MOx, appelé pluthermal au Japon, avant 2008 pouvaient recevoir jusqu’à 6 milliards de yens de subventions. Et celles qui avaient accepté avant 2014 pouvaient recevoir un maximum de 3 milliards de yens. Huit provinces, dont Fukui, Ehimé et Saga, en ont bénéficié. Le gouvernement souhaite relancer ce mécanisme qui n’existe plus.

Au Japon, à chaque problème, une subvention, comme si l’argent pouvait tout régler ! Cela ne suffira pas pour accélérer la remise en service des réacteurs nucléaire ni le démarrage de l’usine de retraitement de Rokkashô-mura, qui a déjà 25 ans de retard.

Six personnes portent plainte contre TEPCo après un cancer de la thyroïde

Six personnes de Fukushima, qui avaient entre 6 et 16 ans en mars 2011 et qui ont développé un cancer de la thyroïde, ont porté plainte contre TEPCo car elles pensent que cette maladie est due aux retombées radioactives de la catastrophe nucléaire. Elles réclament 616 millions de yens d’indemnisation. Certains plaignants ont eu des difficultés à accéder à l’enseignement supérieur et à trouver un emploi, et ont même dû renoncer à leurs rêves d’avenir.

Selon l’Associated Press, Une plaignante a déclaré : “Je ne pouvais parler à personne de mon cancer car j’avais peur d’être victime de discrimination. Mais j’ai décidé de me manifester et de dire la vérité dans l’espoir d’améliorer la situation de près de 300 autres personnes qui souffrent également comme nous.” Et un des avocats d’ajouter que ceux qui s’expriment sont accusés d’entraver les efforts de redressement de la région. La mère d’un plaignant a déclaré lors de la conférence de presse, comme le rapporte l’Asahi, que plusieurs entreprises ont refusé d’embaucher son fils après qu’il leur a parlé de son cancer pendant sa recherche d’emploi.

Leur cancer a été diagnostiqué entre 2012 et 2018. Pour un des cas, le cancer a été découvert en dehors du programme de dépistage officiel mené par Université de médecine de Fukushima. Quatre de ces patients ont eu une ablation complète de la thyroïde et certains ont subi plusieurs interventions chirurgicales. Pour une de ces personnes, le cancer s’est propagé dans les poumons.

Le Tôkyô shimbun, traduit par l’association Nos voisins lointains, a recueilli de témoignage de cette dernière. On lui a diagnostiqué un cancer de la thyroïde en mars 2013, juste avant qu’elle ne commence sa troisième année de lycée, à l’âge de 17 ans. « On m’a dit que si je ne me faisais pas opérer, je risquais de ne pas vivre jusqu’à mes 23 ans. J’ai essayé de croire que tout irait bien, même si je me demandais : Pourquoi moi ? » Sa mère regrette de ne pas avoir quitté la province de Fukushima. Puis, elle a rechuté avec un développement du cancer sur le lobe restant de la glande thyroïde et dans les poumons. Elle a quitté l’université à l’âge de 19 ans pour se concentrer sur son traitement. Les deux opérations chirurgicales et une biopsie furent des épreuves difficiles à supporter. Elle a dû suivre trois séances de curiethérapie lors desquelles elle a été placée à l’isolement. « Je ne peux pas penser au mariage, à la naissance d’un enfant ou à quoi que ce soit d’autre à l’avenir », déclare-t-elle au journal.

Une autre patiente, diagnostiqué à l’âge de 19 ans en 2015, qui habite maintenant à Tôkyô, a dû faire de nombreux allers retours entre Fukushima et la capitale pour subir des examens, car la province de Fukushima prend entièrement en charge les frais médicaux couverts par l’assurance maladie, mais pas les frais de transport. Elle prenait donc des bus à longue distance, moins chers que le train à grande vitesse, mais ces déplacements devenaient physiquement de plus en plus éprouvants, selon le Tôkyô shimbun traduit par Nos voisins lointains. Après le diagnostic, en raison de sa méfiance à l’égard des hôpitaux de Fukushima, elle a préféré se faire opérer et subir des examens médicaux à Tôkyô. Chaque fois, ses parents l’ont accompagnée. Elle a dû payer de sa poche la totalité des frais de la chirurgie endoscopique destinée à réduire au maximum les cicatrices sur son cou, car celle-ci n’était pas couverte à l’époque par l’aide préfectorale. Avec toutes les contraintes imposées par son traitement, elle a omis de faire une demande de renouvellement de sa bourse d’études universitaires, et à partir de sa troisième année d’études, elle a dû régler l’ensemble de ses frais de scolarité. La jeune femme, qui a toujours peur d’une récidive, se sent très angoissée de ce qui lui arrivera à l’avenir et réclame donc un supplément d’aides.

L’Université de médecine de Fukushima et les autorités prétendent que l’on ne peut pas démontrer le lien entre les retombées radioactives et l’augmentation observée du nombre de cas et avancent un effet du dépistage. Mais, statistiquement, on ne peut pas exclure que certains cas soient dus au l’exposition aux rayonnements (voir notre revue de la littérature scientifique à ce sujet) et ce n’est jamais dit par les autorités. Suite à la pollution de la Baie de Minamata par du mercure, la compagnie responsable des rejets toxiques avait dû indemniser les victimes car elle n’avait pas pu prouver qu’il n’y avait pas de lien entre les maladies des plaignants et la contamination.

Le gouvernement a à peine mentionné les dommages sanitaires liés à l’exposition aux radiations dans ses directives provisoires sur l’indemnisation des victimes de la catastrophe nucléaire de 2013. En fonction de la décision de la justice, le gouvernement pourrait devoir revoir ses critères et offrir une réparation aux patients atteints d’un cancer de la thyroïde.

C’est la première fois qu’une plainte est déposée à propos des cancers de la thyroïde. Pour un avocat, “il y a une forte pression sociale pour croire que ce cancer n’est pas causé par l’accident, donc il a fallu beaucoup de courage aux six plaignants pour déposer plainte.”

Les dernières données officielles sur le nombre de cas ont été publiées en octobre dernier.

120ème versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 120ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 2,7 milliards de yens (21 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a reçu un total de 10 206,5 milliards de yens (79 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Quatre tonnes de liquide réfrigérant ont fui

TEPCo utilise un liquide réfrigérant à -30°C, une solution de chlorure de calcium, pour geler le sol sur 1,4 km tout autour des quatre réacteurs accidentés de Fukushima daï-ichi afin de limiter les infiltrations d’eau souterraine. Ce liquide est stocké dans quatre cuves. Le 16 janvier dernier, le niveau a baissé dans deux de ces cuves et une fuite a été découverte. La compagnie a estimé que 4 tonnes de liquide réfrigérant se sont échappées. Cela n’aurait eu aucun impact sur le mur gelé qui mettrait plusieurs mois pour fondre en cas d’arrêt du refroidissement. De plus, la solution n’aurait pas d’impact environnemental.

Ce serait la huitième fuite. La dernière a eu lieu en décembre 2019, lors de laquelle 16 tonnes auraient fui.