Vidéo de TEPCo sur l’avancement des travaux

TEPCo a mis en ligne une vidéo pour vanter les progrès à la centrale de Fukushima daï-ichi. Certes, des progrès ont été accomplis et c’est bien heureux, il reste de nombreux défis qui ne sont pas abordés. Certains accomplissements présentés datent de plusieurs années. Et pour l’eau contaminée, la présentation est bien optimiste…

Par ailleurs, TEPCo communique sur l’installation sur le toit du réacteur n°3 d’une pièce destinée à recevoir la nouvelle structure en construction que l’on voit dans la vidéo.

La compagnie se prépare à insérer un robot dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2. Il devrait faire des mesures et prendre des images. Voir quelques explications en japonais. Les opérations sont prévues pour février.

Maire pronucléaire réélu à Ôma

Le maire d’Ôma, dans la province d’Aomori, qui soutient la construction du réacteur nucléaire, vient d’être réélu pour un quatrième mandat. Il a obtenu 79% des voix. Le réacteur d’Ôma, qui doit ne consommer que du combustible MOx, est en construction malgré une plainte déposée par une commune voisine située sur l’île de Hokkaïdô. Le chantier avait débuté en 2008 et a été suspendu en 2011 pour reprendre en octobre 2012.

Kansaï Electric doit limiter le temps de travail de ses cadres après un suicide

L’inspection du travail a demandé au président de Kansaï Electric de limiter le temps de travail après le suicide d’un employé en avril dernier, lié à la pression subie et aux heures supplémentaires. Cet employé était en charge de la supervision des dossiers remis à l’Autorité de Régulation Nucléaire pour la prolongation de la durée d’exploitation des réacteurs 1 et 2 de la centrale de Takahama dans la province de Fukui.

Il est assez exceptionnel que l’inspection du travail s’adresse directement au président de la compagnie en cas de “karoshi”, où décès par excès de travail. Il lui est demandé de contrôler le temps de travail de tous les cadres. La personne qui s’est suicidée, âgée d’une quarantaine d’années, faisait de 100 à 200 heures supplémentaires par mois pour finir à temps les dossiers de demande d’extension de la durée d’exploitation des réacteurs 1 et 2 de Takahama. La compagnie va devoir aussi rapporter les heures effectuées à la maison. Kansaï Electric n’a violé aucune loi, mais doit payer les heures supplémentaires et les limiter.

Si Kansaï Electric n’avait pas terminé la procédure dans les temps, elle aurait dû arrêter définitivement les réacteurs 1 et 2 de cette centrale.

L’Autorité de Régulation Nucléaire demande des garanties sur le recyclage des terres radioactives

La décontamination devrait engendrer 22 millions de mètres cubes de déchets radioactifs après incinération des végétaux. Il s’agit essentiellement de terre contaminées. Voir le dernier bilan mis en ligne par les autorités, page 23. Ils représentent un problème sans fin.

Officiellement, ils vont être entreposés une trentaine d’année sur un site de 16 km2 autour de la centrale de Fukushima daï-ichi avant de trouver mieux. Et comme les autorités ne savent pas où les mettre après, elles veulent recycler les terres contaminées pour faire des routes, digues… ce qui suscite de fortes inquiétudes. Mais le ministère de l’environnement n’a pas d’autre solution à proposer, il s’obstine et met en avant les économies réalisées grâce à cette option.

Selon le Maïnichi, le ministère de l’environnement a sondé l’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) à propos d’une saisie du “Radiation Council”. C’est obligatoire pour fixer des niveaux de référence en radioprotection. La NRA a refusé car le ministère n’a pas pu apporter les informations et garanties requises.

Le seuil envisagé pour la réutilisation serait, au maximum, de 8 000 Bq/kg, ce qui correspond au seuil introduit après la catastrophe de Fukushima à partir duquel ces déchets sont considérés comme radioactifs. Avant la catastrophe, le seuil de libération pour chaque césium était de 100 Bq/kg… La NRA a donc demandé au ministère des précisions sur la gestion des sols réutilisés et la durée de la surveillance. Elle voulait aussi en savoir plus sur les contrôles pour éviter les détournements et les stockages sauvages. La NRA s’inquièterait de l’utilisation de ces terres radioactives dans des cours, jardins ou pour des habitations etc… où il y aurait un risque plus grand d’exposition.

La NRA demande donc des garanties quant à la réutilisation de ces sols radioactifs avant d’autoriser la saisie du Radiation Council.

Dans un autre article, le Maïnichi a aussi révélé que la ministère de l’environnement avait coupé des passages gênants des verbatims des réunions qu’il a tenu à propos de la réutilisation des sols radioactifs avant de les publier pour répondre aux demandes d’accès à ces documents. Il apparaît aussi que le ministère a tout fait pour maintenir un seuil de recyclage élevé, malgré les risques calculés de dépasser 1 mSv/an.

Aide au logement pour les déplacés de la catastrophe nucléaire : disparités entre provinces

La province de Fukushima a décidé de cesser l’aide au logement pour les « auto-évacués » ou « évacués volontaires » de la catastrophe nucléaire à partir du mois de mars prochain. Mais ce n’est pas le cas pour toutes les provinces qui accueillent ces personnes. Le Yomiuri a enquêté sur le sujet.

Après la catastrophe nucléaire, la province de Fukushima a traité de la même façon les déplacés « volontaires » et les déplacés forcés pour ce qui concerne le logement en prenant à sa charge le loyer à hauteur de 60 000 yens par mois. De nombreuses autres provinces du Japon ont fait de même. Au 31 octobre 2016, il y avait encore 10 524 foyers ou 26 601 personnes qui bénéficiaient d’un logement gratuit. 13 844 personnes réparties dans 5 230 foyers vivent en dehors de la province de Fukushima. Nombre d’entre eux ne souhaitent pas rentrer à Fukushima pour le moment.

Il y a de nombreuses autres personnes déplacées qui n’ont pas demandé d’aide au logement et qui échappent aux statistiques.

Contrairement aux déplacés forcés, les déplacés « volontaires » ne bénéficient d’aucune autre aide financière et se font donc beaucoup de soucis pour leur avenir quand ils n’auront plus de logement gratuit.

24 provinces autres que Fukushima vont prendre à leur charge ces aides au logement. Cela concerne 3 607 foyers. Plusieurs communes vont faire de même. A Hokkaïdô, par exemple, ce sont 34 foyers sur 229 qui bénéficieront d’une prolongation d’un an. A Hyôgo, où 44 foyers sont concernés, cela va s’arrêter en mars 2017.

Pour favoriser le retour, la province de Fukushima va réserver des logements aux déplacés de la catastrophe et fournir une aide financière de 100 000 yens pour chaque foyer qui reviendrait d’une autre province. C’est 50 000 yens pour une personne célibataire. Les foyers qui ont évacué dans la province de Fukushima recevront aussi une aide au retour.

Les 19 provinces où les aides cesseront (1 237 foyers) : Iwaté, Miyagi, Ibaraki, Tochigi, Gunma Toyama, Ishikawa, Hyôgo, Wakayama, Okayama, Yamaguchi, Tokushima, Kôchi, Saga, Nagasaki, Kumamoto, Ôïta, Miyazaki et Kagoshima
Les 24 provinces qui fourniront une aide (3 607 foyers) : Hokkaïdô, Aomori, Akita, Yamagata, Saïtama, Tôkyô, Kanazawa, Niigata, Fukui, Yamanashi, Nagano, Gifu, Aïchi, Shiga, Kyôto, Ôsaka, Nara, Tottori, Shimané, Hiroshima, Kagawa, Ehimé, Fukuoka et Okinawa.
Les 3 provinces qui considèrent fournir une aide (386 foyers) : Chiba, Shizuoka, Mié.

Selon le Maïnichi, la province de Tottori va continuer à fournir un logement gratuits aux victimes de la catastrophe de Fukushima qu’elles soient déjà installées ou qu’elles décident d’y venir. A Yamagata proposera des logements gratuits pris sur son parc destiné aux fonctionnaires territoriaux aux foyers les plus modestes. A Kyôto, les évacués “volontaires” bénéficieront d’un logement gratuit pendant 6 années après leur emménagement et pourront y rester après pour toute la durée du bail. Niigata va donner 10 000 yens par mois aux foyers les plus modestes qui sont dans le parc locatif privé pour que les enfants n’aient pas à changer d’école.

TEPCo et ses autres centrales nucléaires

Que faire de la centrale de Fukushima daï-ni et ses quatre réacteurs qui ont aussi été inondés par le tsunami ? Les autorités régionales ne veulent entendre parler de redémarrage. Le 21 décembre dernier, l’assemblée régionale a adopté, à l’unanimité, une résolution demandant au gouvernement son démantèlement rapide avec comme argument qu’elle est un obstacle à la revitalisation de la région. Depuis 2011, cette même assemblée a déjà demandé à maintes reprises le démantèlement de tous les réacteurs de Fukushima.

Le gouvernement estime que c’est à TEPCo de décider et il n’a pas les moyens légaux d’ordonner l’arrêt définitif. Il craint aussi que s’il répondait favorablement pour Fukushima daï-ni, il serait alors submergé de demandes similaires pour les autres réacteurs du pays. Mais, en tant qu’actionnaire majoritaire de TEPCo, il a les moyens d’influencer les décisions de la compagnie.

TEPCo a fort à faire avec la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi et ne peut pas s’engager actuellement dans le démantèlement de Fukushima daï-ni. Même à Fukushima daï-ichi, le démantèlement des réacteurs 5 et 6 n’a pas débuté et celui du réacteur n°4 a été suspendu après le retrait des combustibles usés de la piscine de décroissance.

Cette histoire peut encore traîner quelques années, jusqu’à ce que les réacteurs de Fukushima daï-ni, mis en service entre avril 1982 et août 1987, aient atteint l’âge limite de 40 ans.

A Kashiwazaki-Kariwa, dans la province de Niigata, TEPCo compte toujours sur un redémarrage « rapide » des réacteurs 6 et 7 pour des raisons économiques. Mais, aucun des sept réacteurs n’est autorisé à redémarrer pour le moment. Lors d’une rencontre entre la direction de TEPCo et le gouverneur, Ryuichi Yonéyama, ce dernier a rappelé son opposition à tout redémarrage tant que toute la lumière n’a pas été faite sur les causes de l’accident à la centrale de Fukushima daï-ni et que le plan d’urgence n’a pas été évalué. Il estime que cela prendra plusieurs années.

Il y a aussi le projet de centrale nucléaire à Higashidôri, dans la province d’Aomori, qui est dans les limbes. Mais TEPCo l’a pris en compte dans ses biens et dans ses factures d’électricité. Une partie a servi à rémunérer ses actionnaires. Cela a coûté 2,2 milliards de yens par an aux consommateurs…

2017, année du grand retour

En 2015, le gouvernement japonais a annoncé la levée de tous les ordres d’évacuation à la fin mars 2017, sauf dans les zones qualifiées de “retour difficile”. Le retour est espéré dans l’année qui suivra et l’indemnisation s’arrêtera en mars 2018. Pour les “auto-évacués”, qui avaient quitté d’eux mêmes les zones contaminées, sans en recevoir l’ordre, ce sera la fin des logements gratuits mis à leur disposition. Les autorités espèrent aussi leur retour à Fukushima.

La motivation gouvernementale est double : il y a, bien entendu, le coût des indemnisations, mais aussi une décision prise sans concertation de reconquête totale des territoires contaminés, quel qu’en soit le prix, pour des raisons idéologiques.

La date approche et 2017 va être une année difficile pour toutes ces personnes concernées. Là où les ordres d’évacuer ont déjà été levés, le taux de retour reste faible (voir notre synthèse de mars 2016). Cela montre l’inadéquation de la politique gouvernementale par rapport aux attentes d’une bonne partie de la population (la dernière carte des zones d’évacuation est dans ce document, page 6). Selon le correspondant de l’Asahi à Iwaki, cette politique conduit les personnes concernées à se sentir “petites”. C’est leur dignité qui est en jeu.

Devant les instances internationales, le Japon promeut l’implication des parties prenantes, mais ne l’applique pas chez lui : le cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe adopté lors de la troisième Conférence mondiale de l’ONU tenue à Sendai au Japon le 18 mars 2015, rappelle qu’“il est essentiel de permettre aux femmes et aux personnes handicapées de jouer publiquement un rôle de chef de file et de promouvoir des activités d’intervention, de relèvement, de remise en état et de reconstruction soucieuses de l’équité du traitement des hommes et des femmes et accessibles à tous.” On en est loin au Japon.

Comme l’accident est loin d’être terminé, une partie des populations concernées ne souhaite pas rentrer et fait de la résistance. Certaines familles, séparées, n’ont pas les moyens de payer un deuxième loyer loin de chez elles. Des fonctionnaires font donc du porte à porte pour leur expliquer qu’elles doivent libérer leur logement avant la fin mars. Ils téléphonent souvent. Selon des témoignages recueillis par le député Yamamoto et traduits en français par Nos Voisins lointain 3.11, cela s’apparente à du harcèlement.

Pour certaines familles, le retour signifiera un nouveau déplacement et une nouvelle déchirure : les enfants se sont intégrés dans leur nouvelle école, les parents ont retrouvé du travail, même précaire… Dans certains hameaux isolés, la vie ne sera pas possible si les voisins ne rentrent pas aussi. Tous savent que la vie dans leur lieu d’origine ne sera jamais comme avant. Même la partie de Minami-Sôma, qui n’a pas été évacuée durablement, est transformée depuis l’accident. C’est le cas aussi à Iwaki.

Selon le Fukushima Minpo, la province de Fukushima va donner la priorité aux personnes issues des zones où l’ordre d’évacuer a été levé pour les logements publics. A Fukushima, les logements gratuits du parc régional seront disponibles jusqu’en mars 2018 pour les personnes originaires des zones évacuées. Par pour les “auto-évacués”. Toujours selon ce même quotidien régional, la commune de Naraha, où seulement 10% de la population était rentrée un an après la levée de l’ordre d’évacuer, ne veut pas prolonger ce soutien.

Les zones de retour sont loin d’être accueillantes. Le principal problème est lié à la pollution radioactive. La limite de dose retenue pour le retour est la plus élevée des recommandations internationales et n’est pas acceptée par une partie de la population, surtout par les familles avec enfants. La dernière carte officielle de la contamination effectuée par hélicoptère a un an. Les dernières données de l’Autorité de régulation nucléaire sont plus récentes. Pour les zones situées à moins de 20 km de la centrale accidentée, c’est ici. Et puis, il y a tous ces déchets radioactifs qui s’accumulent, dont la gestion semble sans fin et pour lesquels de nouveaux problèmes surgissent.

L’année 2017 s’annonce donc très difficile pour les personnes déplacées de la catastrophe nucléaire.

Le gel du sol autour des réacteurs pas aussi efficace que prévu

Ce devait être l’ultime solution pour lutter contre les infiltrations d’eau souterraine dans les sous-sols des réacteurs accidentés, où elle se mélange à l’eau de refroidissement très contaminée. D’un coût total de 34,5 milliards de yens (283 millions d’euros) payés par les contribuables japonais, ce projet gouvernemental d’une dimension inégalée devait confirmer les affirmations du premier ministre en 2013 devant le comité olympique que la “situation est sous contrôle“.

Débuté en juin 2016, le gel du sol tout autour des quatre réacteurs accidentés devait limiter les infiltrations d’eau souterraine et les fuites d’eau contaminée. Comme les zones avec les plus forts courants phréatiques ne gelaient pas, TEPCo a dû bétonner certaines zones. Mais les résultats se sont fait attendre et TEPCo demandait toujours plus de temps pour que le projet fasse ses preuves. Selon l’Asahi, l’Autorité de Régulation Nucléaire, la NRA, doute sérieusement de l’efficacité de cette technique qu’elle considère désormais comme secondaire. Les actions médiatiques ne suffisent pas.

En effet, selon la NRA, malgré les faibles précipitations, la quantité d’eau pompée dans les sous-sols des réacteurs et dans les nappes phréatiques contaminées autour du mur ne baisse pas assez. Elle considère donc que la solution passe par le pompage, pas le mur. En réponse, TEPCo s’est engagée à doubler ses capacités de pompage pour atteindre 800 m3 par jour dans les nappes phréatiques à l’automne prochain.

La NRA a aussi autorisé le gel complet du sol en amont des réacteurs, même s’il n’a pas bloqué les écoulements en aval. Selon les cartes de température du sol publiées par TEPCo début décembre ou plus récemment, certaines portions n’étaient toujours pas gelées en amont. Selon ce dernier document, TEPCo injecte toujours des produits chimiques dans le sol là où il ne gel pas. Elle donne aussi le planning des travaux à venir. Il faudra attendre février 2017 pour obtenir le gel complet en amont.

Le gel du sol sur une telle distance pendant des années est une technologie très complexe à mettre en œuvre. TEPCo signale une fuite du liquide réfrigérant découverte le 19 décembre dernier sans que la cause soit connue.

Comme le rappelle la compagnie, le but premier de ces opérations est de réduire les infiltrations d’eau souterraine afin de ralentir l’augmentation du stock d’eau contaminée dans des cuves sur le site. Selon l’Asahi, avant le gel du sol, TEPCo pompait en moyenne 300 m3 par jour d’eau contaminée dans les sous-sols des réacteurs en plus de l’eau injectée pour le refroidissement. C’est passé à 130 m3 par jour, ce qui est toujours plus que les 70 m3 par jour visés. Les dernières données publiées par TEPCo font apparaître une remontée à 176 m3 par jour à la fin décembre auxquels il faut ajouter l’eau souterraine trop contaminée ou salée pour être traitée directement et qui est donc mélangée à l’eau des sous-sols. Cette dernière est en baisse à 58 m3 par jour. Le total atteint les 234 m3/jour. L’impact du gel du sol n’est pas flagrant sur ce graphe.

A noter que TEPCo injecte quotidiennement une centaine de mètres cubes d’eau dans chacun des trois réacteurs accidentés pour refroidir le combustible. Et cette eau, très contaminée, fuit vers les sous-sols. Le dernier bilan de TEPCo fait état d’un stock d’eau contaminée partiellement traitée qui atteint presque le million de mètres cubes auquel il faut ajouter 60 000 m3 dans les réacteurs et 9 156 m3 de déchets liquides.

Par ailleurs, TEPCo a mis en place des capteurs à la sortie du port devant la centrale accidentée pour mesurer en continue la concentration en césium et en bêta total dans l’eau de mer. Les données sont ici en anglais.

59ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 59ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 399,7 milliards de yens (3,3 milliards d’euros). Cet argent est prêté sans intérêt.

Ce versement est particulièrement élevé alors que le gouvernement vient de revoir à la hausse le coût de la catastrophe.

TEPCo a déjà reçu un total de 6 607 milliards de yens (54 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Cancers de la thyroïde chez les enfants de Fukushima : 10 cas supplémentaires

L’université médicale de Fukushima a publié les derniers résultats de sa campagne de dépistage des cancers de la thyroïde chez les jeunes de Fukushima. Ils peuvent être téléchargés ici en japonais. La traduction officielle en anglais sera disponible ici. Le site Fukushima Voices devrait aussi présenter bientôt les principaux résultats en anglais.

Au 30 septembre 2016, il y a un total de 145 cas confirmés dont 44 détectés lors de la deuxième campagne de dépistage. Cela fait 10 de plus que lors de la précédente publication qui s’arrêtait au 30 juin 2016.

Il y a déjà eu 2 campagnes de dépistage par échographie, qui ont débuté respectivement en octobre 2011 et mai 2014. Une troisième campagne est en cours depuis mai 2016.

Lors de la deuxième campagne de dépistage, 270 454 jeunes ont été examinés, ce qui représente 70,9% des 381 282 personnes concernées car nées entre le 2 avril 1992 et le 1er avril 2012. Parmi eux 270 431 ont reçu les résultats. C’est à peine 76 examens de plus que la dernière fois. A titre de comparaison, 81% des jeunes avaient été examinés lors de la première campagne.

A l’issue de cette deuxième campagne de dépistage, 2 222 jeunes étaient éligibles à des examens supplémentaires. C’est 5 de plus que la dernière fois. 1 685 ou 76% ont déjà subi ce deuxième examen, dont 189 une ponction à l’aiguille fine dans la glande. Cela a révélé 68 cas de cancer potentiel de la thyroïde (31 garçons et 37 filles) âgés de 9 à 23 ans. C’est 9 de plus que la dernière fois.

Lors du premier dépistages, ces 68 cas potentiels avaient été classés

  • A1 (pas de kyste ou nodule) pour 31 d’entre eux,
  • A2 (nodule inférieur à 5 mm ou kyste inférieur à 20 mm) pour 31 d’entre eux,
  • B (nodule supérieur à 5 mm ou kyste supérieur à 20 mm) pour 5 d’entre eux.

Il s’agit donc de cas nouveaux dans leur grande majorité qu’il est difficile d’expliquer par le seul dépistage systématique. Pour 44 jeunes, le cancer a été confirmé après chirurgie. C’est 10 de plus que la dernière fois. Il y a 43 cancers papillaires et un d’un autre type.

En ce qui concerne la troisième campagne de dépistage, seulement 49 387 jeunes sur 336 609 ont été examinés par échographie et 30 253 ont reçu les résultats au 30 septembre 2016. Parmi eux 211 sont classés B et doivent subir des examens complémentaires dont les résultats ne sont pas connus. Il n’y a donc pas de nouveau cas de cancer détecté lors de cette campagne.

SI l’on inclut les résultats de la première campagne de dépistage, à savoir 115 cas potentiels, dont 101 confirmés, on arrive donc à un total de 183 cas potentiel dont 145 confirmés. A cela, s’ajoute toujours un cas qui s’est révélé être bénin après l’intervention.

Selon le Maïnichi, un membre du comité de pilotage de cette étude a demandé la mise en place d’un groupe indépendant pour analyser ces résultats.