Report de la date de retrait des combustibles usés de la piscine du réacteur n°3

TEPCo venait de communiquer sur l’avancement des travaux sur le réacteur n°3 en postant des images de la pose d’une des premières pièce de la structure qu’elle veut construire autour du réacteur pour pouvoir y retirer les combustibles usés.

La compagnie vient d’annoncer un report de l’achèvement des travaux et donc du début du retrait des combustibles à cause des débits de dose trop élevés. Elle dit privilégier la protection des travailleurs, ce que l’on ne peut pas lui reprocher. Voir ce document en japonais, avec le nouveau planning, des photos et des débits de dose. Cela dépasse, par endroit, les 50 mSv/h à 1,2 m du sommet.

La compagnie a mis en ligne une carte du site avec des débits de dose. C’est vers les réacteurs, et en particulier, vers le réacteur n°3 que les niveaux sont le plus élevés : jusqu’à 0,35 mSv/h quand la limite annuelle est de 20 mSv en moyenne pour les travailleurs.

C’est le deuxième report et la construction devrait prendre deux années environ.

Cette piscine contient 514 assemblages usés et 52 neufs, dont du MOx.

60ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 60ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 33,8 milliards de yens (276 millions d’euros). Cet argent est prêté sans intérêt.

Le versement précédent était 10 fois plus élevé alors que le gouvernement vient de revoir à la hausse le coût de la catastrophe.

TEPCo a déjà reçu un total de 7 006,9 milliards de yens (57,3 milliards d’euros au cours actuel) et cela ne suffira pas.

Du lait en provenance de Naraha mis sur le marché

La commune de Naraha, située à moins de 20 km de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi, avait été entièrement évacuée en 2011. L’ordre d’évacuer a été levé en septembre 2015, mais seulement 10% des habitants étaient rentrés un an plus tard.

Pour la première fois depuis la catastrophe nucléaire, du lait produit dans une zone qui a été évacuée vient d’être collecté pour être mis sur le marché. Des contrôles de la radioactivité ont été effectués depuis mai 2016 et la contamination n’a jamais dépassé la limite légale de 50 Bq/kg. Elle était même systématiquement inférieure à la limite de détection.

Il y a 18 vaches dans cette ferme qui ne vont jamais à l’herbe, comme c’est généralement le cas au Japon, mais sont plutôt nourries avec des aliments importés.

Encore des cas de brimades envers de enfants évacués de Fukushima

Une mère de famille qui a évacué “volontairement” à Tôkyô a témoigné devant la justice des brimades subies par son enfant. Le Maïnichi rapporte qu’on lui disait qu’il allait mourir bientôt d’une leucémie. L’enseignant aurait ajouté, sur le ton de la plaisanterie, que l’enfant serait probablement décédé avant la fin de l’école primaire. Un camarade l’aurait aussi poussé dans les escaliers en disant “tu vas mourir, de toutes façons”.

Cette famille est partie prenante d’une plainte collective contre TEPCo et le gouvernement. La mère estime que son enfant a subi des brimades à cause de son statut d’évacué et que c’est un stress de devoir cacher que l’on est évacué.

Une fois au collège, des camarades de classe ont forcé l’enfant à leur payer pour 10 000 yens de bonbons et sucreries. Ce cas fait actuellement l’objet d’une investigation des autorités pédagogiques de district de Chiyoda.

Le Maïnichi rapporte aussi qu’à Niigata, une collégienne a cessé d’aller à l’école en décembre dernier à cause des brimades subies. Des camarades l’appelaient “microbe”. Cela a commencé au primaire, mais elle ne s’en est ouvert à ces parents qu’à la mi-décembre. Les parents ont alerté l’école et les enfants concernés ont dû s’excuser. Certains savaient que la collégienne était évacuée de Fukushima mais prétendent que cette appellation n’était pas liée.

Une grue s’effondre sur la centrale de Takahama

Le 20 janvier, vers 21h50, une grue de 113 m de haut est tombée sur le réacteur n°2 de la centrale de Takahama dans la province de Fukui. Le toit du bâtiment qui abrite les combustibles usés est endommagé, mais il n’y a pas eu de blessé. Il y a 259 assemblages dans la piscine et la flèche de la grue, qui est tombée, pèse 270 tonnes. Il n’y aurait aucun débris dans la piscine de combustibles.

Ce serait dû aux vents violents, mais les chiffres annoncés sont de 54 km/h au moment de l’accident. Ce n’est pas exceptionnel comme vitesse. Il est donc inquiétant que cet accident ait pu se produire.

Les 4 réacteurs de la centrale de Takahama sont à l’arrêt. Les réacteurs 1 et 2, âgés de plus de 40 ans, sont en travaux pour renforcer leur sûreté. Le redémarrage du réacteur n°2 n’était pas prévu avant 2020. Quatre grues ont été installées en décembre dernier pour ajouter un dôme de protection en béton sur le réacteur.

Le communiqué en japonais de la compagnie reste très laconique. Il y a des images sur le site de l’Asahi.

Dossiers de sûreté validés pour deux réacteurs de Genkaï

En novembre dernier, l’Autorité de régulation nucléaire (NRA) avait jugé que les réacteurs n°3 et 4 de la centrale de Genkaï, exploitée par Kyûshû Electric dans la province de Saga, satisfaisaient aux nouvelles règles de sûreté introduites après la catastrophe à la centrale de Fukushima daï-ichi. L’avis a été soumis à la consultation du public sur Internet pendant un mois.

La NRA avait notamment demandé de renforcer les mesures de protection contre les séismes et tsunamis. Kyûshû Electric avait pris en compte une secousse maximale avec une accélération de 540 gal (cm/s2) et une vague de 3 m, mais a dû revoir sa copie et passer à 620 gal et 4 m.

La NRA a reçu 4 200 avis et commentaires, mais a conclu que les deux réacteurs étaient bons pour le service. Le redémarrage n’est pas pour tout de suite car il y a des travaux à faire. Le maire d’Imari, commune de 57 000 habitants, située à moins de 30 km de la centrale nucléaire de Genkaï, a tenu une conférence de presse l’an dernier pour exprimer son opposition au redémarrage de cette centrale. Mais il n’aura pas voix au chapitre, car seule la commune qui héberge la centrale, et qui touche les subsides, est consultée.

Jusqu’à présent, seuls 10 réacteurs ont obtenu l’accord de la NRA pour une remise en service, mais seulement deux sont en activité. Il y avait 54 réacteurs de production d’électricité avant la catastrophe de Fukushima. 12 ont été arrêtés définitivement ou détruits depuis.

200 kilogrammes de déchets radioactifs déclassés à Yamagata

Environ 200 kg de déchets radioactifs entreposés à Yamagata peuvent désormais être traités comme des déchets ordinaires car leur contamination est passée sous le seuil fixé à 8 000 Bq/kg pour les deux césiums.

La limite de libération d’avant la catastrophe était de 100 Bq/kg pour chaque césium. Cette nouvelle limite, mise en place après l’accident nucléaire sans avoir jamais été débattue, est bien plus élevée.

Des déchets radioactifs ont déjà été déclassés à Chiba.

Il y aurait environ 180 000 tonnes de déchets radioactifs dus à la catastrophe nucléaire au Japon. Ces 200 kg ne sont donc qu’une goutte d’eau.

La centrale d’Onagawa fissurée

La centrale d’Onagawa située dans la province de Miyagi a été bien secouée en mars 2011. En revanche, un digue a permis d’arrêter la vague du tsunami. L’exploitant, Tôhoku Electric veut reprendre l’exploitation, mais cela semble difficile pour le moment à cause de nombreuses fissures dans la structure.

1 130 fissures ont été repérées dans le bâtiment du réacteur n°2, qui a ainsi perdu 70% de sa rigidité. Mais la compagnie veut renforcer sa centrale pour pouvoir la redémarrer un jour. Mais cela risque de prendre beaucoup de temps par l’Autorité de Régulation Nucléaire a exigé une inspection des fissures au préalable.

Le 11 mars 2011, l’intensité de la secousse a atteint 604 gal alors que le réacteur n’a été construit pour supporter une secousse que de 594 gal (ou cm/s2). C’est dans la partie haute du bâtiment qu’il y a le plus de fissures où la rigidité, c’est à dire sa capacité à faire face à un nouveau séisme, a baissé de 70%. La baisse serait de 25% dans la partie basse, selon l’exploitant.

On n’ose pas imaginer l’état de la centrale de Fukushima daï-ni qui a subi en plus le tsunami. TEPCo n’a toujours pas décidé de l’arrêter définitivement et de la démanteler.

Réacteurs nucléaires japonais : contrôles insuffisants

Les exploitants au Japon n’auraient jamais contrôlé sérieusement les tuyaux d’amenée de l’air des systèmes de ventilation des salles de contrôle des réacteurs nucléaires. Le contrôle, effectué dans deux centrales seulement, aurait été fait sans enlever l’isolant thermique, ce qui ne permet pas de connaître l’état du tuyau.

Chûgoku Electric a découvert de la corrosion et 19 trous, dont un de 30 cm sur 100 cm, dans le réacteur n°2 de sa centrale de Shimané. C’était la première fois que la compagnie retirait l’isolant thermique depuis 1989… En cas d’accident, le système de ventilation doit prévenir la pénétration de radioactivité dans la salle de contrôle afin qu’elle reste utilisable.

Sur les 5 réacteurs qui ont été autorisés à redémarré, dont les deux en activité actuellement, aucun n’a subi un contrôle avec retrait de la gaine isolante.

En 2003, Hokuriku Electric avait aussi trouvé de la rouille dans le réacteur n°1 de sa centrale de Shika située dans la province d’Ishikawa. Le problème aurait donc dû être connu. Et comme tous les réacteurs sont en bord de mer, le problème pourrait être plus général.

Le 18 janvier dernier, l’Autorité de Régulation Nucléaire, la NRA, a donc ordonné le contrôle de tous les réacteurs. Si une fissure est détectée, l’exploitant a 10 jours pour la colmater. Autrement, il doit arrêter le réacteur. L’usine de retraitement et le surgénérateur Monju, tous les deux à l’arrêt, sont aussi concernés par ces contrôles.

15 travailleurs de Fukushima atteints d’un cancer

Selon une note en japonais que TEPCo a mis en ligne, 15 travailleurs ont développé un cancer depuis qu’ils ont été engagés à des travaux sous rayonnements ionisants à la centrale de Fukushima daï-ichi. Un lien avec la radioactivité ne peut pas être exclu.

Sur ces 15 personnes, il y a 8 cas de leucémie. Trois travailleurs ont déjà vu leur cancer reconnu comme maladie professionnelle, dont un cas de cancer de la thyroïde. Les deux autres cas sont des leucémies (premier et deuxième cas).

Repéré par Fukuleaks.