Le Japon va réduire le budget de la reconstruction liée à la triple catastrophe de mars 2011

Le gouvernement japonais a décidé de réduire drastiquement le budget dédié à la reconstruction des zones frappées par le séisme, le tsuami et la catastrophe nucléaire du 11 mars 2011. La somme allouée pour les années 2021 – 2026 est de 1 500 milliards de yens (12,5 milliards d’euros), alors qu’il aura dépensé plus de 31 000 milliards de yens (260 milliards d’euros) durant les 10 premières années.

L’Agence de reconstruction, créée en février 2012, a récemment été reconduite pour 10 ans, jusqu’en mars 2031. Placée directement sous le contrôle du Premier ministre, elle regroupe environ 500 personnes qui sont presque toutes payées par des ministères ou d’autres agences.

Par ailleurs, les deux partis au pouvoir ont entamé des discussions sur les réductions fiscales dont bénéficient les entreprises situées dans les zones touchées par la triple catastrophe. Les exemptions fiscales expirent en mars 2021 et les zones où elles seront prolongées pourraient être réduites. Actuellement, toutes les entreprises de Fukushima, et des zones côtières d’Aomori, Iwaté, Miyagi et Ibaraki touchées par le tsunami en bénéficient.

Nouvelle décision de justice suite à une plainte de personnes déplacées : indemnisation minimale requise

Selon le Maïnichi, 734 personnes déplacées dans la province de Yamagata, appartenant à 201 foyers, ont saisi la justice pour obtenir une meilleure indemnisation de la part de TEPCo et de l’Etat. Il s’agit, à 90% de personnes originaires de parties de Fukushima où il n’y a pas eu d’ordre d’évacuation. Elles réclamaient 11 millions de yens par personne (92 000€), ce qui est la somme la plus élevée jamais réclamée suite à la catastrophe de Fukushima.

La cour de Yamagata a décidé, le 17 décembre 2019, que TEPCo devait verser un total de 440 000 yens (3 700€) à 5 personnes seulement, tout en exonérant l’État japonais de toute responsabilité. La somme allouée est très faible par rapport aux 8 milliards de yens réclamés. Les plaignants ont annoncé qu’ils feraient appel.

La décision précise qu'”il y a une limite” à la prédiction de la catastrophe naturelle qui a déclenché l’accident nucléaire et que l’État japonais n’était donc pas tenu de verser des indemnités aux personnes déplacées. Le tribunal a également estimé que, bien que TEPCO ait été responsable de certains dommages, “nous ne pouvons pas conclure que la société a commis une négligence grave”

C’est la treizième décision de justice suite à une plainte déposée par des personnes déplacées par la catastrophe de Fukushima. Parmi celles-ci, 10 procès ont été intentés contre le gouvernement et TEPCO, et l’État a été jugé responsable dans six d’entre elles.

La rénovation de Tôkaï-2 va coûter plus cher que prévu

Tôkaï-2 est un vieux réacteur qui a été partiellement noyé par le tsunami de 2011 et que son exploitant, Japan Atomic Power Co (JAPCo), veut redémarrer coûte que coûte. Officiellement, sa remise aux normes de sûreté coûtera près de 3 milliards d’euros. TEPCo devrait prendre en charge plus de la moitié de cette somme, alors que la compagnie serait en faillite sans un financement public et rogne sur toutes ses dépenses, y compris sur les indemnisations.

Mais, selon l’Asahi, cela va coûter près de 70 milliards de yens de plus (580 millions d’euros) selon les devis déposés par les compagnies sous-traitantes. Et comme JAPCo veut choisir les contractants d’ici mars 2020, elle n’aura pas d’autre choix que d’accepter les devis.

Il reste des points chauds à J-Village, selon Greenpeace

Greenpeace est allé faire des mesures de débit de dose à J-Village, l’installation sportive située à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi. Le site, qui a servi de base à TEPCo au début de la catastrophe, a été rendu aux sports et devrait accueillir la cérémonie de départ de la flamme olympique. Des équipes sportives devraient aussi être basées à J-Village lors des JO de 2020.

Dans un premier communiqué daté du 4 décembre 2019, Greenpeace fait état d’un niveau général de radiation ambiante assez faible, mais déplore la présence de points chauds pouvant atteindre 71 µSv/h au contact et 1,7 µSv/h à 1 m. C’est plus que le seuil entraînant la décontamination fixé à 0,23 µSv/h par les autorités japonaises (voir nos explications sur les seuils). L’organisation a alerté le ministre de l’environnement et le comité olympique.

Dans un communiqué daté du 12 décembre 2019, le ministère de l’environnement reconnait la présence du point chaud et annonce en avoir découvert un autre. TEPCo aurait mené des travaux de décontamination : Voir son communiqué du 4 décembre.

Dans un autre communiqué daté du 17 décembre 2019, Greenpeace souligne que cela ne suffit pas car il reste des zones avec des débits de dose ambiants assez élevés, notamment à proximité d’un parking.

Corruption chez KEPCo : rapport d’étape de la commission d’enquête

La commission d’enquête indépendante, sur le scandale de corruption chez Kansaï Electric (KEPCo), qui a déjà entraîné la démission de 5 dirigeants de la compagnie et qui ne cesse d’enfler depuis, ne pourra pas rendre ses conclusions avant de la fin de l’année, comme cela avait déjà été annoncé le mois dernier. Ce n’est même pas sûr qu’elle puisse terminer ses travaux en mars 2020.

Lors d’une conférence de presse, elle a précisé avoir déjà interrogé plus de 700 personnes. Plus d’une centaine d’employés de KEPCo ont été auditionnés. Les autres personnes ont été interrogées par écrit.

KEPCo a admis que 20 cadres de la compagnie ont reçu des “dons” de la part d’Eiji Moriyama, ancien maire adjoint de Takahama, aujourd’hui décédé. L’Asahi, a trouvé quinze autres personnes qui avaient aussi reçu ses “dons”. Le quotidien a contacté une soixante de personnes qui ont eu des postes de dirigeant dans les trois centrales nucléaires de la compagnie, à Takahama, Ôï et Mihama. Des dirigeants de la branche de Fukui de KEPCo ont aussi été interrogés. 15 ont admis avoir reçu des “dons”, dont cinq sont devenus des dirigeants de la compagnie par la suite. 29 ont prétendu n’avoir rien reçu et 7 ont refusé d’être interrogés. Pour les autres, la rencontre n’a pas encore pu avoir lieu.

Les cadeaux avaient une valeur de 100 000 à 200 000 yens (de 800 à 1 700 euros). Certains auraient renvoyé un cadeau de la même valeur. Plusieurs ont admis qu’Eiji Moriyama leur demandait que KEPCo accorde plus de contrats aux compagnies qu’il soutenait. Il aurait même menacé d’interférer dans le fonctionnement des centrales nucléaires s’il n’avait pas satisfaction.

Un article du Japan Times revient sur la génèse de cette affaire et prétend que les grands médias ont ignoré ce scandale jusqu’à ce qu’un lanceur d’alerte leur adresse une lettre. Et ce n’est qu’une fois que l’agence Kyodo a révélé l’affaire qu’ils ont réagi. La lettre, qui aurait d’abord été adressée au président de la compagnie le 10 mars 2019, accusait la compagnie de couvrir la découverte du bureau des impôts de Kanazawa. Le lanceur d’alerte demandait la démission des 20 cadres mis en cause et a menacé d’envoyer sa lettre à l’extérieur s’ils ne réagissaient pas.

Dans une interview pour une webradio citée par le japan Times, Jirô Hayami, un ancien cadre de KEPCo, explique que ces échanges d’argent et de cadeaux étaient dus à l’obsession de la compagnie de maintenir l’énergie nucléaire dans la région.

Un groupe de 3 272 personnes a porté plainte contre 12 cadres de KEPCo.

Reprise du démantèlement de la cheminée commune aux réacteurs 1 et 2

TEPCo a repris le démantèlement de la cheminée de rejet commune aux réacteurs 1 et 2. D’une hauteur de 120 m, elle est très contaminée suite aux rejets radioactifs qui ont eu lieu lors de l’accident. Son démantèlement est donc complexe.

La compagnie a mis en ligne des photos et des vidéos les 3 et 4 décembre dernier :

Contrairement à la vidéo précédente datée de septembre 2019, des humains ont dû intervenir pour finir la découpe.

Les travaux sont plus complexes que prévu. Ils avaient dû être reportés en mai dernier suite à une erreur de calcul sur la hauteur de la grue. Puis, les premières opérations ont eu lieu en août 2019. La lame d’une scie circulaire s’est alors coincée. D’autres images avaient été publiées en japonais uniquement en novembre 2019.

Cette fois-ci, TEPCo vient d’annoncer à l’Autorité de régulation nucléaire qu’elle n’aura pas fini en mars 2020 comme prévu. La compagnie espère finir en mai 2020.

Article scientifique de revue sur la décontamination des sols

Un article scientifique de revue fait le point sur la décontamination au Japon. Il est en libre accès. Voir aussi le communiqué de presse du CEA. Ce travail de revue se base sur une cinquantaine de publications scientifiques et ne prend pas en compte la littérature grise, à savoir les rapports officiels que l’on peut trouver en ligne sur les sites internet de différents ministères ou organisations internationales. Il n’apporte pas d’information nouvelle.

Le césium, qui est le contaminant majeur à Fukushima, se fixe sur les sédiments argileux et se trouve essentiellement sous forme particulaire dans l’environnement. Cet article scientifique ne prend en compte que cette forme et ignore, par exemple, les microparticules vitreuses qui concentrent la radioactivité qui ont été détectées un peu partout.

Rappelons que les zones décontaminées ou à décontaminer ne concernent que les parties habitées ou agricoles. Il n’y a pas d’intervention dans les forêts, qui couvrent près de 75% des zones contaminées, mis à part quelques zones où il y a eu des coupes à blanc pour produire de la biomasse, comme ici, sur cette photo de l’ACRO :

Ces forêts constituent un réservoir potentiel à long terme de césium et elles peuvent recontaminer les zones habitées comme à la suite de typhons, par exemple.

Il y a aussi eu une division entre les zones évacuées et les zones non-évacuées. Ces dernières, qui correspondent aux zones où le débit de dose dépassait 0,23 µSv/h, couvraient 7 800 km2 sur 102 communes dans 8 provinces et concernaient environ 1,7 million d’habitants.

Les méthodes utilisées sur les terrains agricoles dépendaient des zones et du niveau de contamination. Le retrait de la couche supérieure sur 5 cm là où la contamination dépassait 5 000 Bq/kg, avec parfois la mise en place d’une nouvelle couche, ou simplement un labour profond pour retourner le sol avec ajout de potassium et de zéolites, là où la contamination était inférieure à 5 000 Bq/kg. La deuxième méthode ne génère pas de déchets. L’article donne une évaluation des coûts et de la quantité de déchets engendrés en fonction des méthodes retenues (voir le tableau ci-dessous).

L’efficacité de ces mesures est très variable et dépend des situations. Par exemple, certaines rizières étaient recontaminées par des champs en amont non encore traités.

La lisière des forêts à proximité des habitations et des routes n’a été décontaminée que sur 20 m :

En ce qui concerne les déchets engendrés par ces pratiques, on retrouve ce qu’il y a dans les synthèses de l’ACRO, comme celle-ci, en images. L’article précise que la gestion des déchets est responsable de 50% du coût total de la décontamination.

En guise de conclusion, nous reprenons un extrait du tableau 2 de l’article pour les terrains agricoles :

Méthode Efficacité Coût par hectare
Nombre de sacs de déchets par hectare
Coupe des herbes, retrait de 5 cm de sol, ajout de sol frais 0,34 – 0,80 9,5 MY (7600€) 815
Coupe des herbes, retrait de 5 cm de sol 0,34 – 0,80 6,25 MY (5000€) 815
Echange entre la couche superficielle et couche profonde 0,34 – 0,80 3,10 MY (2500€) 0
Labour avec ajout de zéolite et potassium 0,21 – 0,50 0,33 MY (265€) 0

Bien que critiqué pour son soutien au charbon, le Japon persiste

Le Japon a été critiqué à l’occasion de la COP25 pour son utilisation et soutien du charbon. Des ONG lui ont décerné le prix “fossile du jour”. Les Nations Unies ont aussi demandé au pays de ne plus construire de centrale à charbon. Le Japon a fortement investi dans cette énergie pour palier à l’arrêt de son parc nucléaire suite à la catastrophe de Fukushima. Le ministre de l’industrie a répondu en disant qu’il souhaitant garder le charbon en option, mais que promis juré, le Japon se tournerait vers les énergies renouvelables, dans l’avenir…

Selon la coalition “coal exit”, trois banques japonaises, Mizuho, Mitsubishi et Sumitomo-Mitsui dominent le soutien financier au charbon à travers le monde. A elles seules, elles ont couvert 32% des prêts accordés pour la construction de nouvelles centrales thermiques au charbon depuis 2017. Mizuho arrive en tête avec 16,8 milliards de dollars, suivie par Mitsubishi avec 14,6 milliards de dollars. Sumitomo-Mitsui est en troisième position avec 7,9 milliards de dollars. Une fois construite une centrale à charbon est utilisée durant des décennies.

Paradoxalement, le Japon souffre des conséquences du réchauffement climatique. Les canicules et typhons sont plus fréquents et plus forts. Mais cela ne semble pas avoir d’effet sur le comportement de la population et du gouvernement. Bien au contraire, ce dernier tient à son rôle de leader dans le développement du charbon, car la demande serait forte, selon l’agence Kyodo reprise par le Japan Times.

Le ministre de l’environnement n’avait rien de concret à annoncer lors de son intervention à la COP25 qui a eu lieu à Madrid. Il a donc fait un discours creux et sans intérêt.

Il y a une centaine de centrales à charbon au Japon qui fournissent environ 33% de l’électricité et une vingtaine sont en construction ou plannifiées. Ce n’est pas l’énergie nucléaire qui va le remplacer. Seulement 9 réacteurs ont redémarré depuis 2011 et quatre devront être arrêtés l’an prochain.

Autorisation de remise en service d’Onagawa-2, à Miyagi

Tôhoku Electric a indiqué avoir reçu l’autorisation de l’Autorité de régulation nucléaire de remettre en service son réacteur Onagawa-2, situé dans la province de Miyagi. Cette décision va être soumise à la consultation du public. La demande avait été déposée en décembre 2013.

Il s’agit d’un réacteur à eau bouillante, comme à Fukushima daï-ichi. La centrale d’Onagawa était la plus proche de l’épicentre du séisme du 11 mars 2011 et ses sous-sols ont été inondés par le tsunami. Heureusement, de l’électricité était toujours disponible sur le réseau électrique, ce qui a permis de maintenir le refroidissement des réacteurs. L’autorisation de remise en service inquiète, car le séisme de 2011 a endommagé la centrale.

Les travaux de renforcement de la sûreté devraient coûter 340 milliards de yens (2,8 milliards d’euros). Il faut notamment rehausser la digue de protection contre les tsunamis pour qu’elle atteingne 29 m de haut. Il faudra ensuite ajouter les protections contre le terrorisme, qui ne sont pas inclues dans cette somme. Les travaux vont prendre du temps, puis il faudra obtenir l’accord des élus locaux. La centrale est sur deux communes : Onagawa et Ishinomaki. Le redémarrage ne pourra pas avoir lieu avant 2021. Mais ce pourrait être le premier réacteur à eau bouillante à repartir.

Il n’y a pas encore de plan d’évacuation réaliste des populations autour ce cette centrale, située au début d’une péninsule, mal déservie par les routes (voir sur une carte). Un accident nucléaire barrera le chemin aux personnes habitant au-delà de la centrale. Par ailleurs, comme le souligne l’Asahi, 30% de la population d’Onagawa et d’Ishinomaki a plus de 65 ans et ne peut pas évacuer par ses propres moyens. Il y a 210 000 habitants dans un rayon de 30 km.

Onagawa-1 a été arrêté définitivement et Tôhoku Electric n’a pas encore décidé pour Onagawa-3.

Avec Onagawa-2, 16 réacteurs nucléaires ont reçu une autorisation d’exploitation au Japon, mais seulement 9 ont été remis en service depuis 2011, tous des réacteurs à eau sous pression (voir notre état des lieux du parc nucléaire japonais). Plusieurs vont être suspendus car les exploitants ont tardé à implémenter des mesures contre le terrorisme.

Le scandale de corruption continue d’enfler chez Kansaï Electric

Suite au scandale de corruption mis à jour récemment, la compagnie Kansaï Electric (KEPCo) a mis en place un comité de magistrats qui doit faire la lumière sur cette affaire. Il devait rendre ses conclusions avant la fin de l’année, mais les investigations prendront beaucoup plus de temps. La presse ne dit pas si le directeur, qui avait promis de démissionner une fois l’enquête terminée, va rester plus longtemps à son poste.

En attendant, les révélations continuent dans la presse japonaise. Eiji Moriyama, ancien maire adjoint de Takahama, maintenant décédé, a aussi fait des dons à un dirigeant de la branche de Kyôto de KEPCo. Selon des cadres à la retraite, cités par le Maïnichi, il lui aurait remis un sac avec 100 000 yens en liquide. Ce dernier aurait rendu l’argent. Eiji Moriyama aurait fréquenté les bureaux de KEPCo à Kyôto pendant une trentaine d’année et plusieurs cadres auraient bénéficié de sa “générosité”. En échange, il était transporté par un véhicule de KEPCo. On se donnait le mot dans la compagnie : il fallait traiter Eiji Moriyama avec déférence pour faciliter la construction des centrales nucléaires.

Toujours selon le Maïnichi, la commission d’enquête a demandé aux 20 000 employés de KEPCo de lui signaler tous les dons supérieurs à 10 000 yens qu’ils auraient pu recevoir. Elle a aussi fait appel à des spécialistes de l’informatique pour tenter de récupérer les mails et les fichiers effacés des ordinateurs des cadres de KEPCo.

Quant à la commission d’enquête mise en place par la province de Fukui, où sont implantées les centrales nucléaires de KEPCo, elle a révélé que 109 fonctionnaires ont reçu des dons de la part d’Eiji Moriyama durant une vingtaine d’années. Parmi eux, 21 auraient reçu plus que ce qui est considéré comme “raisonnable”, selon l’Asahi. Le cadeau le plus élevé serait de 200 000 yens (1 700 euros). Le total des dons atteindrait 1,22 millions de yens (10 000 euros). Un ancien gouverneur aurait aussi reçu des cadeaux. Ces deux successeurs ont affirmé n’avoir rien reçu.

Les cadeaux étaient parfois sous forme de cash, de pièces d’or ou de bons d’achat. Plusieurs personnes concernées ont dit avoir fait un cadeau d’une somme équivalente en retour. Toutes ont affirmé n’avoir accordé aucun avantage à Eiji Moriyama ou aux compagnies qu’il “aidait”.

Ces révélations ne relèvent que de la bonne foi des personnes concernées qui ont avoué les faits, et pas d’une investigation poussée. Il n’y a pas eu de vérification, comme le souligne l’Asahi. Par ailleurs, Eiji Moriyama aurait travaillé pour les autorités régionales comme conseiller aux droits de l’homme (sic), ainsi qu’à la construction et aux travaux publics.

La ville de Takahama, où Eiji Moriyama a été maire adjoint, n’était en reste. Elle aurait reçu pour 4,3 milliards de yens (36 millions d’euros) de “dons” de la part de KEPCo. On ne sait pas à quoi a servi cet argent. 3,48 milliards de yens auraient fait l’objet de 10 versements directs à partir de 1970. Il y a eu aussi 4 versements anonymes. En 1980, KEPCo a donné 1,02 milliards de yens à Takahama, pour la construction des réacteurs 3 et 4. Elle a ensuite donné un total de 1,7 milliard de yens jusqu’en 1985, année de leur mise en service. A noter qu’en 2019, Takahama a reçu 2,4 milliards de yens du gouvernement pour les quatre réacteurs nucléaires.

Bien évidemment, in fine, ce sont les consommateurs qui n’avaient pas d’autre choix que de se fournir en électricité chez KEPCo, qui ont payé.