94ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 94ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 10,4 milliards de yens (87 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a déjà reçu un total de 9 257,7 milliards de yens (77 milliards d’euros au cours actuel), en incluant le présent versement et cela ne suffira pas.

Le communiqué de TEPCo est accompagné d’un tableau avec les sommes versées au titre des indemnisations, mais sans explications. La somme totale dépasse les 9 230 milliards de yens (77 milliards d’euros). 60% sont allés aux entreprises et propriétaires, le reste aux individus évacués. Le total des indemnisations versées aux “auto-déplacés” n’évolue plus car ils ne sont plus soutenus financièrement. Le total versé aux autres individus et en compensations liées à l’activité commerciale continuent à augmenter.

Point sur les déchets radioactifs issus de la décontamination

Les autorités ont fini les travaux de décontamination en 2018, sauf dans les zones dites de retour difficile. Il reste maintenant les déchets à gérer…

Le dernier bilan du ministère de l’environnement, indique toujours un volume de 17 millions de mètres cube de sols contaminés pour lesquels il faut trouver une solution. Pour les sols de Fukushima (16,5 millions de mètres cube), un entreposage a ouvert sur une surface de 16 km2 autour de la centrale accidentée, sur les communes d’Ôkuma et de Futaba : il s’agit de l’Interim Storage Facility. Au 7 novembre 2019, 4,7 millions de mètres cube de sols contaminés y auraient été déposés. Le transport se fait par camion de 10 tonnes.

Le ministère de l’environnement espère avoir atteint la cible de 14 millions de mètres cube entreposés à la fin 2021. L’entreposage n’y est prévu que pour 30 ans. Pour après, le ministère reste flou : il ne fait qu’indiquer les recherches menées et son programme sans calendrier. Il veut toujours “recycler” ces sols contaminés, c’est à dire les utiliser pour construire des routes, digues et autres infrastructures. Il n’y a aucune information nouvelle depuis le début de l’année 2019 (voir les chiffres clé pour le 8ième anniversaire).

Les déchets organiques, quant à eux, ils sont incinérés dans des incinérateurs dédiés :

Enfin, le centre de stockage pour les déchets spéciaux (ex-Fukushima Eco Tech Clean Center) aurait reçu 86 820 sacs à la fin juillet 2019.

Le renforcement de la sûreté nucléaire va coûter 45 milliards d’euros

Selon une enquête du Maïnichi, le coût du reforcement de la sûreté des réacteurs nucléaires va coûter plus de 5 380 milliards de yens (45 milliards d’euros). C’est plus de 5 fois plus que la précédente estimation de 2013. A l’époque, juste avant la mise en place des nouvelles règles de sûreté, les compagnies d’électricité qui exploitent du nucléaire avaient alloué un total de 998,7 milliards de yens aux mesures de sûreté exigées.

C’est TEPCo qui dépense le plus, avec 1 170 milliards de yens (9,75 milliards d’euros), alors qu’elle n’a plus qu’une seule centrale nucléaire qui pourrait produire de l’électricité, à Kashiwazaki-Kariwa. C’est 17 fois plus que ce qu’elle avait estimé en 2013 (70 milliards de yens)…

Kansaï Electric arrive en deuxième position, avec 1 020 milliards de yens (8,5 milliards d’euros) pour trois centrales nucléaires (Takahama, Ôï et Mihama). C’est 3,6 fois plus que ce qu’elle avait estimé en 2013.

Kyûshû Electric arrive en troisième position avec 900 milliards de yens (7,5 milliards d’euros) pour deux centrales nucléaires (Sendaï et Genkaï). C’est 4,5 fois plus qu’en 2013.

Ces coûts pourraient encore augmenter car certaines compagnies n’ont toujours pas estimé combien leur coûtera la mise en place de mesures de protection contre le terrorisme.

Le renforcement de la sûreté aurait du être mis en place avant la catastrophe de Fukushima. L’industrie nucléaire ne fait que rattraper son retard. Et c’est TEPCo qui semble avoir le plus de retard !

Données sur les doses reçues par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

Comme cela faisait longtemps que nous n’avons pas relayé les données publiées par TEPCo sur les doses reçues par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi, voici les données relatives au dernier relevé.

En juillet, août et septembre 2019, environ 6 000 travailleurs ont été exposés chaque mois aux rayonnements ionisants à la centrale accidentée. Les doses moyennes reçues sont de 0,30 mSv par mois environ. La dose la plus élevée était de 9,7 mSv en un mois. A titre de comparaison, les doses reçues ne doivent pas dépasser 20 mSv par an en moyenne.

Les employés de TEPCo ne représentent que 15% des personnes exposées. En revanche, ils n’ont reçu que 5,5% de la dose collective sur 3 mois qui est de 5,89 hommes.sieverts.

TEPCo a remis à zéro tous les compteurs en avril 2016. Entre avril 2016 et septembre 2019, 21 777 personnes ont été exposées aux rayonnements ionisants. Elles ont reçu, une dose totale moyenne de 5,64 mSv. La dose la plus élevée est de 79,90 mSv et c’est un sous-traitant qui l’a reçue.

Le document mis en ligne contient beaucoup d’autres données, par année ou par classe d’âge.

Reconduction de l’Agence de reconstruction pour 10 ans

Le gouvernement japonais devrait reconduire l’agence de reconstruction pour dix ans. Etablie en février 2012, elle devait financer la reconstruction du Tôhoku pendant une dizaine d’années. Les cinq premières années (2011-2015) correspondaient à une “reconstruction intensive”, avec un budget de 25 000 milliards de yens (208 milliards d’euros) et les cinq suivantes (2016-2020) à une période de “revitalisation”, avec un budget de 6 500 milliards de yens (54 milliards d’euros).

La décision gouvernementale de prolonger cette agence doit encore être approuvée par le parlement. L’aide pour les zones affectées par les séisme et tsunami devrait s’arrêter dans 5 ans, ce qui inquiète déjà les élus locaux. Dans ses attributions, elle aura notamment le soutien au démantèlement de la centrale de Fukushima daï-ichi, à la gestion de l’eau contaminée et l’aide au retour des habitants. Et là, 10 ans ne suffiront pas !

33 ans après la catastrophe de Tchernobyl, l’Ukraine a toujours une agence en charge de la zone d’exclusion.

Nouveau bilan : 91 sacs de déchets radioactifs emportés par le typhon Hagibis – 40 n’ont pas été retrouvés

Le ministère de l’environnement a publié un nouveau décompte du nombre de sacs de déchets radioactifs issus de la décontamination qui ont été emportés par les flots lors du passage du typhon Hagibis (document repéré par Enerwebwatch). Le précédent décompte est ici. Rappelons que ce typhon a fait d’énormes dégâts et de nombreuses victimes.

L’énorme chantier de décontamination lancé par les autorités japonaises pour reconquérir les territoires contaminés par la catastrophe de Fukushima a engendré d’énormes volumes de déchets mis dans des sacs d’un mètre cube environ. Les déchets organiques doivent être incinérés et les sols entreposés sur un site de 16 km2 qui entoure la centrale de Fukushima daï-ichi. En attendant, ils sont éparpillés partout sur des sites temporaires à proximité des chantiers. Dans les zones évacuées les chantiers de décontamination et les déchets engendrés sont sous la responsabilité du gouvernement et dans les zones non évacuées, sous la responsabilité des communes.

Selon le dernier décompte, il y a encore 5,02 millions de m3 de sols contaminés dans des sacs sous la responsabilité du gouvernement auxquels il faut ajouter 5,35 millions de m3 sous la responsabilité des communes. Il y aussi les déchets qui ont déjà été transportés sur le site centralisé où ils sont plus en sécurité.

Le ministère de l’environnement a fini de contrôler les 236 sites sous sa responsabilité. De plus les 716 sites sous la responsabilité des communes à Fukushima et les 44 autres en dehors de cette province ont aussi été contrôlés. Selon le Japan Times, cela s’est fait en envoyant des équipes longer les rivières ou à l’aide de drones pour les zones inaccessibles. Un hélicoptère aussi effectué des recherches le 23 octobre dernier.

Il ressort qu’environ 90 sacs ont été emportés dans la province de Fukushima, dans les communes d’Iitaté (1), Nihonmatsu (15), Tamura (30) et Kawauchi (44), et 40 sont toujours manquants. De plus, un sac a été emporté à Nasu, dans la province de Tochigi. 24 sacs récupérés étaient vides et 25 autres étaient “intacts”.

Le ministère de l’environnement a fait effectuer des mesures de débit de dose ambiant et des analyses de l’eau. Il n’a pas détecté d’augmentation significative des débits de dose ambiants, sachant que les sites sont déjà contaminés. Quant à l’eau des rivières où les sacs ont été retrouvés, les contaminations en césium sont toutes sous les limites de détection qui sont assez élevées (de l’ordre de de 4 à 7 Bq/L). Des tableaux et des cartes avec les résultats sont disponibles.

La NHK a diffusé des images d’un site et les sacs qui sont restés ne sont pas en bon état.

Sur le site de la centrale accidentée, TEPCo a dû faire face à une forte augmentation des infiltrations des eaux souterraines et des eaux de pluie dans les bâtiments réacteur et turbine, comme on peut le voir sur ce document. Le volume d’eau à stocker a dépassé les 600 m3 en une journée, contre une centaine de mètres cube par jour avant l’arrivée du typhon.

Livre en anglais avec la collection de 6 années de surveillance citoyenne de la radioactivité des sols au Japon

Le réseau de laboratoires et de station de mesure indépendants, Minna no data (les données de tous), avait lancé un appel à souscription pour éditer un livre rassemblant les données de 6 années de surveillance citoyenne de la contamination des sols au Japon. Chikurin, le laboratoire que l’ACRO a co-fondé au Japon est membre de ce réseau.

Le livre est paru en novembre 2018 et une version résumée est désormais disponible en anglais. On peut la commander ici pour soutenir ce réseau. La version japonaise a reçu un prix. A noter que de nombreuses autres données sont disponibles en anglais sur le site internet du réseau.

4 000 bénévoles ont contribué à ce travail. 3 400 sites ont été contrôlés dans 17 provinces. Selon l’Asahi, qui consacre un article à cet ouvrage, 15 000 exemplaires de la version japonaise ont été vendus.

TEPCo va injecter 220 milliards de yens dans le vieux réacteur Tôkaï-2

Tôkaï-2 est un vieux réacteur qui a été partiellement noyé par le tsunami de 2011 et que son exploitant, Japan Atomic Power Co (JAPCo), veut redémarrer coûte que coûte. Filiale de plusieurs compagnies d’électricité, JAPCo ne fait, ou plutôt faisait qu’exploiter deux centrales nucléaires. Tôkaï-2 a été autorisé à fonctionner jusqu’à 60 ans, mais la compagnie n’a pas les moyens de ses ambitions. Il y a quelques jours, la presse japonaise annonçait que JAPCo devrait recevoir 350 milliards de yens (presque 3 milliards d’euros) pour remettre Tôkaï-2 au niveau de sûreté exigé depuis la catastrophe de Fukushima.

TEPCo, qui serait en faillite sans un financement public et qui rogne sur toutes ses dépenses, y compris sur les indemnisations, vient de confirmer qu’elle allait mettre la main à la poche en versant plus de 220 milliards de yens (1,8 milliards d’euros), selon l’Asahi. TEPCo a refusé de confirmer la somme et n’a pas donné le coût de rachat de l’électricité produite. Cela correspond à plus de 60% du coût total, estimé à 350 milliards de yens (presque 3 milliards d’euros).

JAPCo espère relancer son réacteur en mars 2021, qui devra être mis à l’arrêt définitif en 2038, après 60 années. Si l’on rapporte l’investissement à la quantité d’électricité qui devrait être encore produite, le coût du kWh n’est pas compétitif. Mais, c’était cela ou la faillite de JAPCo qui n’a aucun espoir de redémarrer un autre réacteur nucléaire. Alors, c’est l’option de la fuite en avant qui a été choisie.

TEPCo et ses partenaires ont pris un risque énorme en investissant dans Tôkaï-2. En cas d’échec du redémarrage, la facture va être lourde. TEPCo qui a été sauvée par les contribuables utilise une partie de cet argent pour tenter de sauver une autre compagnie, sans que le gouvernement n’y trouve à redire.

L’Autorité de Régulation Nucléaire demande des comptes à TEPCo à propos de Fukushima daï-ichi

L’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) va inspecter le management de la centrale de Fukushima daï-ichi suite à une série de problèmes liés à des violations des règles de sûreté et d’erreurs.

En juin dernier, par exemple, il y a eu de la fumée suite à un mauvais branchement électrique sur les réacteurs 5 et 6. Des fontaines à eaux ont aussi été placées depuis 4 ans dans des zones où des matières radioactives sont entreposées. Et l’eau, probablement contaminée, a été consommée. Enfin, le retrait des combustibles du réacteur n°3 est à l’arrêt. Le nombre de combustible retirés n’a pas changé depuis le 24 juillet dernier, à cause de problèmes mécaniques.

Les commissaires de la NRA ont demandé un rapport à leurs inspecteurs basés sur place pour savoir si TEPCo travaille correctement. Ils vont aussi interroger les dirigeants de la compagnies, car ils craignent que cette accumulation de petits problèmes ne conduisent à un gros problème.

Le manque de personnel pour des raisons d’économie est mis en avant pour expliquer ces manquements aux règles de sûreté.

93ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 93ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 12,1 milliards de yens (100 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a déjà reçu un total de 9 247,3 milliards de yens (76,4 milliards d’euros au cours actuel), en incluant le présent versement et cela ne suffira pas.

Le communiqué de TEPCo est accompagné d’un tableau avec les sommes versées au titre des indemnisations, mais sans explications. La somme totale dépasse les 9 000 milliards de yens (74 milliards d’euros). 61% sont allés aux entreprises et propriétaires, le reste aux individus évacués. Le total des indemnisations versées aux “auto-déplacés” n’évolue plus car ils ne sont plus soutenus financièrement. Le total versé aux autres individus et en compensations liées à l’activité commerciale continuent à augmenter.