Réacteur n°2 : un robot va aller toucher le corium

Le réacteur n°2 a subi un fusion de son cœur, tout comme les réacteurs 1 et 2. Les images prises à l’intérieur de l’enceinte de confinement par un robot montrent que le corium, ce mélange de combustible fondu et de débris jonche le sol de l’enceinte de confinement. TEPCo veut y envoyer un nouveau robot qui doit aller toucher le corium pour déterminer s’il est solide ou plutôt de type sédiment. C’est nécessaire pour concevoir les robots qui iront chercher ce corium.

Les opérations devraient avoir lieu cet automne au plus tôt. Il n’est pas question de retirer des débris pour le moment. Ce n’est qu’en 2019 que des échantillons pourraient être prélevés pour analyse.

TEPCo a aussi envoyé un robot à proximité de la chambre de suppression, cette pièce toroïdale qui entoure la base du réacteur, ainsi qu’à l’intérieur. Equipé de caméra, de lasers pour mesurer les distance et de dosimètre, il a entièrement filmé et repéré son parcours. La Japan Atomic Energy Agency (JAEA) a ensuite reconstitué l’intérieur afin de permettre de se déplacer virtuellement à l’intérieur. Cela devrait permettre aux intervenants de s’entraîner dans une chambre de réalité virtuelle avant de pénétrer, afin de limiter la dose prise.

Ayant fait un déplacement virtuel dans le laboratoire de la JAEA de Naraha, les débits de dose enregistrés pouvaient, de mémoire, atteindre 400 mSv/h, ce qui est gigantesque quand on sait que la limite annuelle est de 20 mSv en moyenne pour les travailleurs. C’était plutôt de l’ordre de 50 mSv/h dans la chambre. L’envoi de personnes n’est pas pour demain. De fait, peu de personnes ont utilisé cet outil pour le moment. Surtout des chercheurs ou des étudiants, pas des intervenants, selon la JAEA.

Exercice de crise à Kashiwazaki-Kariwa : TEPCo obtient la note la plus basse

L’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) a effectué des exercices de crise avec les exploitants du nucléaire en 2017 et TEPCo a obtenu la note la plus basse pour sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa. Pour un membre de la NRA, que la compagnie responsable de l’accident à la centrale de Fukushima daï-ichi obtienne la note la plus basse est impardonnable.

Pour la NRA, le partage d’information est un point crucial dans son évaluation car la crise de 2011 a été aggravée par des lacunes graves en ce domaine. TEPCo ne semble donc pas en avoir tiré les leçons. Lors de la crise, le personnel sur place a pris des mesures pour rétablir la situation sans en informer le siège à Tôkyô. Cela n’empêche pas la compagnie de vouloir redémarrer les réacteurs 6 et 7 de cette centrale.

Quant à Fukushima daï-ni, qui n’était pas encore arrêtée à l’époque, elle a obtenu une note moyenne.

Deux nouveaux bateaux garde-côtes pour protéger les centrales nucléaires

Le Japon, qui n’a officiellement pas d’armée, mais des forces d’auto-défense qui sont équipées et entraînées comme une vraie armée, va investir dans plusieurs patrouilleurs afin de protéger les centrales nucléaires du terrorisme. Les deux premiers bateaux seront déployés en 2019 et 2020 dans le mer du Japon, au large de la province de Fukui, qui concentre de nombreuses centrales nucléaires. Ils coûtent chacun 6 milliards de yens (46 millions d’euros).

Ces patrouilleurs devaient aussi être utilisés pour lutter contre la pêche illégale par la Corée du Nord dans les eaux japonaises et pour évacuer des populations en cas d’accident nucléaire grave.

78ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 78ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 13,4 milliards de yens (103 millions d’euros au cours actuel). Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 8 362 milliards de yens (plus de 64,3 milliards d’euros au cours actuel) si l’on prend en compte le présent versement et cela ne suffira pas.

24 plages ont rouvert depuis le tsunami dans les zones dévastées

24 plages ont rouvert dans les zones endommagées, voire dévastées par le tsunami du 11 mars 2011 sur les 70 utilisées avant la catastrophe. Pour cela, il a fallu construire une digue, planter des arbres, nettoyer les plages et préparer un plan d’évacuation en cas de tsunami.

A Fukushima aussi, quatre plages ont rouvert : Haragamaobama à Sôma et trois autres à Iwaki, alors que 14 plages restent fermées dans la province. Pour certaines, ce pourrait être définitif.

Aucune contamination n’aurait été détectée dans l’eau de mer. L’eau du Pacifique près de Fukushima est donc moins contaminée que La Manche avec ses nombreuses installations nucléaires, comme le montrent les résultats de la surveillance citoyenne effectuée par l’ACRO.

Hong-Kong lève partiellement l’interdiction d’importer des aliments du Japon

Après la catastrophe à la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi, Hong-Kong avait, à l’instar de nombreux autres pays, interdit l’importation d’aliments de plusieurs provinces japonaises à cause de la contamination radioactive. Une partie de ces interdictions viennent d’être levées.

Les produits alimentaires d’Ibaraki, Tochigi, Chiba et Gunma sont maintenant autorisés, avec un certificat attestant que le niveau de contamination radioactive ne dépasse pas les niveaux maximum admissibles. Les produits de Fukushima restent interdits.

Hong-Kong serait le premier marché à l’export pour l’industrie agroalimentaire japonaise.

Vidéos de TEPCo sur les progrès réalisés

TEPCo a mis en ligne deux vidéos sur les progrès réalisés à la centrale de Fukushima daï-ichi.

La première en anglais, donne un aperçu général des travaux de sécurisation du site. Les images du tout début de la catastrophe sont toujours aussi impressionnantes. Tout se passe bien et le mot “radioactivité” n’est utilisé que quand il y a une solution, comme pour les débris le long du littoral, qui ont été retirés depuis et pour l’eau qui est traitée. La phrase de conclusion est de la belle langue de bois : “Nous allons continuer à démanteler de façon sûre”, comme si tout avait été fait de façon sûre jusqu’à maintenant…

La deuxième vidéo, sous-titrée en anglais, traite de l’eau contaminée. Cette vidéo n’explique pas le traitement de l’eau radioactive, ni de ce qui est envisagé pour le million de mètres cubes d’eau accumulée. La seule donnée, est que la quantité d’eau accumulé quotidiennement a été divisée par 4.

Analyse des notions de confiance et d’expertise dans le domaine du nucléaire

L’IRSN a mis en ligne un premier rapport du projet de recherche Shinraï qui s’intéresse aux conséquences politiques et sociales de l’accident de Fukushima daï-ichi, au Japon. Le rapport consiste en une revue de la littérature sur les notions de confiance et d’expertise dans le domaine du nucléaire.

Selon le résumé, la notion de confiance est une des clefs pour analyser la gestion post-accidentelle et ses conséquences sociales et politiques. Ce rapport tranche avec tout ce qu’a publié l’IRSN jusqu’à présent, car il aborde la perte de confiance envers les autorités japonaises et leurs experts et la lie, est notamment, à une politique qui ne reconnait pas suffisamment l’incertitude des connaissances sur les faibles doses et leurs effets. Retenir l’hypothèse la plus « optimiste » ou la moins « précautionneuse » (pas de risque en dessous de 100 mSv) est dénoncé par de nombreux citoyens comme un choix délibéré de servir d’autres intérêts, que la préservation de la santé des populations.

De plus, ce rapport met en avant l’émergence d’une contre-expertise associative ou citoyenne, porteuse de visions différentes, qui s’est développée face à un type de scientifique ou d’expert apparaissant comme insuffisamment soucieux de la prise en compte des intérêts des individus. Selon ce rapport, cette contre-expertise est apparue plus digne de confiance car elle intègre implicitement une forme de précaution dans un contexte d’incertitudes. La principale caractéristique de ces contre-experts, au-delà de leur diversité, est qu’ils ne sont jamais apparus comme visant d’abord à rassurer sur le risque radiologique. Pour certains citoyens, les contre experts ont été considérés comme les seuls acteurs prenant en compte leurs intérêts dans une situation à risque.

Waouh. L’IRSN reconnaît que l’ACRO peut être plus digne de confiance pour certains citoyens… Le rapport mentionne que cette émergence d’une contre-expertise et les interactions qu’elle entretient avec l’expertise institutionnelle seront approfondies dans la suite du projet.

Le rapport complet est ici au format pdf.

Centrale d’Ôï : les plaignants ne feront pas appel et le transfert de combustibles vers d’autres réacteurs autorisé par la NRA

Au début du mois, la branche de Kanazawa de la haute cour de Nagoya a annulé l’injonction d’un tribunal de Fukui de suspendre le redémarrage de la centrale d’Ôï. Les plaignants ont décidé de ne pas faire appel auprès de la Cour suprême. Cette décision de justice est donc définitive.

Par ailleurs, l’Autorité de régulation nucléaire, la NRA, vient d’autoriser Kansaï Electric, l’exploitant, à transférer des assemblages de combustible des réacteurs 1 et 2 d’Ôï, qui sont arrêtés définitivement, vers les réacteurs 3 et 4 qui ont redémarré. La compagnie veut ainsi récupérer 264 assemblages sur les 629 qu’il y avait dans les réacteurs les plus anciens. De plus, 216 assemblages neufs, préparés pour les tranches 1 et 2, seront utilisés dans les tranches 3 et 4.

Reconduction du pacte américano-japonais concernant le plutonium

En juillet 1988, les Etats-Unis et le Japon avaient signé un pacte autorisant ce dernier à enrichir l’uranium et extraire le plutonium des combustibles usés. D’une durée de 30 ans, ce pacte a été reconduit tacitement le 16 juillet 2018.

Chaque partie peut désormais se retirer avec un préavis de 6 mois, ce qui rend la situation instable pour le Japon, qui est le seul pays ne possède pas l’arme atomique à pouvoir extraire le plutonium. Mais, comme nous l’avons signalé récemment, le Japon a des problèmes avec son plutonium qui s’accumule sans réelle perspective de voir le stock se réduire rapidement.