Nouveaux déboires du parc nucléaire japonais

La compagnie Kôbé Steel a reconnu avoir falsifié des rapport de qualité de ses produits manufacturés. Neuf réacteurs nucléaires utilisent des boulons de cette compagnie, dont Takahama 3 et 4 et Sendaï 1 et 2 qui sont en service. Les autres réacteurs sont Ôï 3 et 4, Genkaï 3 et 4 et Ikata 3, tous à l’arrêt. TEPCo en utiliserait aussi pour ses cuves d’eau contaminée. Les exploitants affirment que leurs produits ne sont pas touchés par le scandale et qu’il n’y a donc pas de problème de sûreté. L’Autorité de Régulation Nucléaire, la NRA, a cependant demandé des contrôles. De nombreuses autres industries japonaises sont touchées par ce scandale.

A la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, qui appartient à TEPCo, 60 percements ne sont pas assez étanches en cas d’incendie. Il y a de nombreux trous dans les bâtiments réacteurs pour faire passer des tuyaux, câbles, gaines… Quand un mur pare-feu est traversé, il faut s’assurer que le passage est bien rempli. Ce n’était pas le cas pour 60 d’entre eux, en violation des règles de sûreté. TEPCo s’est engagée à tout boucher convenablement au début 2018.

Kansaï Electric (KEPCo) a fait sensation le 7 janvier avec ses projets pour ses combustibles usés. Elle a promis au gouverneur de Fukui, où il y a tous ses réacteurs nucléaires, de les entreposer en dehors de cette province, mais elle ne sait pas où. Le PDG a donc annoncé un projet d’entreposage à Mutsu dans la province d’Aomori, tout au Nord de l’île principale, dans une installation qui est déjà construite. Un millier de kilomètres séparent les deux provinces.

L’installation d’entreposage de Mutsu a été construite par la Recyclable-Fuel Storage Co., une filiale de TEPCo et de la Japan Atomic Power Co. pour leurs propres combustibles usés et a une capacité de 5 000 tonnes. Bien que terminée depuis 2013, elle n’a pas encore obtenu l’autorisation d’ouvrir et les dossiers de sûreté sont toujours instruits suite aux nouvelles règles post-Fukushima. KEPCo envisage de prendre des parts dans cette installation. Dès le lendemain de l’annonce, le maire de Mutsu, qui n’a pas été consulté, a tenu une conférence de presse pour expliquer que ce serait non. KEPCo a immédiatement démenti.

Pour le moment, les combustibles usés de KEPCo sont entreposés sur les sites des centrales, mais les piscines sont pleines à 70%. Les 30% restant seront remplis en 7 ans si les réacteurs sont exploités.

La Japan Atomic Power Co. (JAPC), qui exploitait les réacteurs de Tsuruga et de Tôkaï a expliqué qu’elle avait utilisé des données erronées sur la longueur des barres de combustible de Tôkaï 2 depuis 1974, avant même sa mise en service en 1978. Il y a environ 5 cm d’écart entre la valeur supposée et la valeur réelle. C’est l’Autorité de Régulation Nucléaire qui s’en est rendu compte. Et dire que la compagnie veut exploiter ce réacteur jusqu’à 60 ans

La Japan Atomic Energy Agency (JAEA) devrait commencer à retirer le combustible du surgénérateur Monju à partir de juillet 2018. Il y a 370 assemblages dans le cœur et 160 dans une piscine de désactivation. L’opération devrait prendre 5 ans en commençant par la piscine.

Il n’y a toujours que 4 réacteurs nucléaires en activité au Japon et les compagnies d’électricité on massivement investi dans le charbon qui est un fort émetteur de gaz à effet de serre. Le charbon couvre maintenant 30% de la production d’électricité au Japon et cela augmente encore. Si tous les projets aboutissent, cela devrait atteindre 40%… alors que décembre 2017 marquait les 20 ans du protocole de Kyôto. A noter que les émissions de CO2 du Japon augmentaient 1,4% par an avant la catastrophe nucléaire et que le pays ne tenait ses engagements qu’en achetant des permis d’émission et grâce à ses forêts.

A la fin septembre 2017 et depuis l’ouverture du marché, 8% des clients avaient quitté les fournisseurs d’électricité historiques pour s’approvisionner chez les nouveaux venus. La part des nouvelles compagnies atteint 12%. Les producteurs historiques font donc tout freiner l’accès au réseau électrique qu’ils contrôlent. Selon une étude effectuée par une université de Kyôto, les capacité de transmission ne sont utilisées qu’à 19% en moyenne, alors que les propriétaires des réseaux disent être proche de la saturation. Voir l’Asahi pour plus de détails.

 

Tomioka : l’école et le collège vont rouvrir avec peu d’élèves

Tomioka est une commune le long du littoral à moins de 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi qui a été entièrement évacuée. La ville héberge la centrale de Fukushima daï-ni et, depuis la catastrophe, un complexe de traitement des déchets radioactifs issus de la décontamination. L’ordre d’évacuer y a été levé le 1er avril 2017 et le taux de retour reste très faible.

La municipalité compte sur la réouverture d’une école et d’un collège pour attirer les habitants et revitaliser la commune. Le complexe scolaire devrait donc servir de centre et faciliter les rencontres intergénérationnelles. Elle a lancé un programme de transmission des savoirs et compte faire venir des intervenants extérieurs. D’autres mesures, comme la gratuité des études, un renforcement de l’anglais et des nouvelles technologies sont aussi prévues pour attirer les familles.

Mais cela ne semble pas suffisant et la commune attend très peu d’enfants pour la première rentrée depuis l’accident nucléaire en avril prochain. Selon le Fukushima Minpo, il y avait 1 400 enfants scolarisés dans deux écoles et deux collèges avant la catastrophe nucléaire. 900 sont encore enregistrés. Un établissement scolaire de substitution à ouvert à Miharu, à une soixantaine de kilomètres de Tomioka, avec seulement 11 élèves à l’école primaire et 19 au collège.

Une enquête a été menée auprès des familles en juin 2017. Sur 485 familles qui ont répondu, seules 9 envisagent de rentrer. C’est à peine 1,9%. 55 familles (11,3%) ne peuvent pas se décider et 421 (86.8%) ne peuvent pas rentrer.

Quand la NRA discute de l’avenir des territoires contaminés, elle propose de changer les normes pour faciliter la reconstruction

L’autorité de régulation nucléaire a étudié la situation dans les zones dites de retour difficile et le verbatim est en ligne en japonais uniquement. Les discussions, aussi disponibles en vidéo, s’apparentent à une conversation de pause café. Voir la page de la réunion.

Les experts commencent à regarder une carte de la contamination basée sur des relevés effectués à partir d’une voiture et à pied. Quelques points chauds en bord de route sont pris en compte et sont représentés par des triangles. La valeur la plus élevée atteint 8,48 µSv/h à Futaba, ce qui est très élevé. Que la NRA se contente de quelques relevés alors qu’il y a de nombreux autres résultats de mesure disponibles est pour le moins surprenant. Presque sept années depuis le début de cette catastrophe, il n’existe aucune synthèse officielle de toutes les données de la contamination qui intègrerait les mesures citoyennes au plus proche des préoccupations des populations. A noter qu’un réseau de laboratoires indépendants auquel appartient Chikurin, le laboratoire fondé avec le soutien de l’ACRO, a sa base de données commune.

Se contenter de quelques relevés effectués le long des routes et rues n’est pas suffisant : quid des terrains agricoles, jardins, aires de jeu… La variété des situations et des expositions éventuelles doit être évaluée sérieusement avec les personnes potentiellement concernées.

Comme les niveaux de pollution restent élevés et que la décontamination est peu efficace, certains commissaires de la NRA proposent de revoir le calcul de dose. Comme nous l’avons expliqué dans un article dédié, les normes internationales sont en sievert par an, et la mesure sur le terrain est en sievert par heure. Pour passer de l’un à l’autre, il faut considérer un budget temps. Le modèle fixé au début de l’accident pour effectuer le calcul entre les deux suppose que les résidents passent 8 heures par jour à l’extérieur et qu’à l’intérieur, le débit de dose est réduit de 60%. Ainsi, la limite de dose en situation normale, fixée au niveau international à 1 millisievert (mSv) par an correspond ainsi à un débit de dose moyen de 0,23 microsievert (µSv) par heure. Ce calcul est certes conservateur, mais la limite de 1 mSv n’est pas une limite d’innocuité, mais une limite à ne pas franchir. Il faut rester bien en dessous. Viser 1 mSv/an avec un calcul conservateur permet de s’assurer  que les doses réellement reçues seront bien inférieures.

Des commissaires veulent remettre en cause ce calcul sous le prétexte que les personnes équipées de dosimètres ont enregistré des doses à 15% de celles obtenues par calcul. Et donc on peut accepter un débit de dose plus élevé. Là encore, cette affirmation ne repose sur aucune étude sérieuse : il s’agit d’un chiffre moyen et l’on doit protéger tout le monde. Les tests ont été effectués sur des personnes volontaires qui font attention à leur exposition, d’autant plus que leur dose est enregistrée et surveillée. Rien ne permet d’affirmer que toute la population se comportera de la même façon. Enfin, comme nous l’avons expliqué dans le rapport pour les 5 ans de la catastrophe les dosimètres et les radiamètres de terrain ne mesurent pas la même chose. Il y a 30 à 40% d’écart entre les deux. Et cela n’avait jamais été expliqué aux personnes concernées, comme nous l’avions révélé en janvier 2015, ce qui avait déplu à l’IRSN.

Le seul problème pour ces commissaires, qui proposent de passer à 0,8 voir 1 µSv/h au lieu de 0,23 µSv/h, c’est l’acceptabilité sociale du changement de méthode de calcul ! Avec aussi peu de sérieux dans l’évaluation et l’argumentation, pas étonnant que le public n’ait pas confiance.

Cette volonté de changer de thermomètre est un aveu d’échec. Ce qu’il y a d’inquiétant dans cette histoire, c’est que la NRA soit plus préoccupée par la reconstruction que par la protection des populations concernées. Jamais, il n’est question des enfants qui sont plus sensibles aux radiations par exemple.

Rappelons que la limite de 1 mSv/an est un objectif à long terme, sans calendrier précis, fixé par les autorités japonaises et que la politique de retour est basée sur une limite 20 fois plus élevée, qui correspond à la valeur haute des recommandations de la CIPR relatives à ce qui est généralement nommé « une situation existante », à savoir une pollution difficile à réduire. 20 mSv se traduisent par une limite de 3,8 microsieverts par heure (µSv/h) par la même méthode de calcul.

L’enjeu de la proposition de la NRA concerne donc la limite pratique à très long terme. Dit autrement, cela signifie accélérer la fin de la catastrophe en changeant la limite acceptable ou réduire les exigences en terme de décontramination. Selon nos informations, ce sujet est à l’ordre du jour du prochain « National Radiation Council » du MEXT, à savoir le ministère en charge des sciences et technologies.

Il y a fort à parier qu’une fois le calcul changé, il va être appliqué à la limite haute de 3,8 µSv/h qui ne fera pas plus 20 mSv/h, mais peut-être 5 mSv/an. Ainsi les autorités auront réduit la limite apparente pour le retour des populations sans rien changer sur place par une simple modification des règles de calcul !

72ième versement financier pour TEPCo : plus de 8 000 milliards de yens prêtés sans intérêt

TEPCo annonce avoir reçu le 72ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 293,5 milliards de yens (2,2 milliards d’euros au cours actuel). Cette somme est environ 10 fois plus élevée que la dernière fois et cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 8 032,1 milliards de yens (59,5 milliards d’euros au cours actuel) si l’on prend en compte le présent versement et cela ne suffira pas.

Début du retrait des débris sur le réacteur n°1

TEPCo a commencé à retirer les débris qui jonchent le sommet du réacteur n°1 afin de pouvoir accéder à la piscine de combustible. Il y en aurait environ 1 500 tonnes. Comme pour le réacteur n°3, cela doit se faire à l’aide d’engins télécommandés car le niveau de dose sur place interdit le travail humain. Deux photos sont en ligne sur le site de TEPCo.

Suite au scandale du rejet de poussières radioactives lors du retrait des débris sur le réacteur n°3, la compagnie insiste sur les mesures de prévention mises en place cette fois-ci. Promis, elle arrêtera le chantier s’il y a trop de poussières.

Il faudra ensuite reconstruire un nouveau bâtiment réacteur. Le retrait des 392 assemblages de la piscine ne devrait pas commencer avant 2023, avec trois ans de retard.

Images du corium dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2

Comme annoncé, TEPCo a de nouveau envoyé une sonde dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2 et a mis en ligne des images de ce qui pourrait être du combustible fondu qui jonche le fond de l’enceinte.

La compagnie avait déjà envoyé un robot dans cette enceinte de confinement, il y a moins d’un an. Les premières images de janvier 2017 étaient prises par une simple caméra vers l’entrée. D’autres images prises sous la cuve à l’aide d’une caméra faisaient apparaître des amas granuleux que TEPCo soupçonnait d’être du corium. Quelques jours plus tard, d’autres images étaient mises en ligne. Certaines ont fait l’objet d’un traitement afin de pouvoir en tirer plus d’informations. On voyait notamment le trou fait par le corium dans la grille située sous la cuve :

Cette fois-ci, au fond de l’enceinte de confinement, TEPCo a fait la découverte d’un objet qui semble être un bout d’assemblage de combustibles :

Cela signifie qu’il y a un trou suffisamment large dans la cuve pour laisser passer un assemblage de combustible et que les gravats qui entourent cet objet doivent être du combustible fondu. Mais TEPCo n’aurait pas vu de trou dans la cuve.

Sur la vidéo ajoutée par la suite, que l’on peut regarder en ligne ou télécharger, il apparaît que ce corium, à savoir un mélange de combustible fondu et métaux, n’est pas noyé, mais simplement arrosé. Des traces dues à la radioactivité balayent l’image.

Il y a quelques explications supplémentaires dans ce document en anglais. TEPCo a aussi mis en ligne une image des manipulateurs, mais ne donne aucune information sur les doses qu’ils ont prises :

Les US Marines déboutés de leur plainte contre TEPCo et GE

157 US Marines ont saisi la justice américaine pour obtenir de TEPCo et General Electric (GE), le constructeur de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi, la création d’un fond d’indemnisation de 5 milliards de dollars afin de couvrir les frais médicaux découlant des dommages physiques, moraux et financiers qu’ils disent avoir subis. Ils viennent d’être déboutés par la justice de Californie par manque de juridiction adéquate. La décision est accessible ici.

Ces marines avaient participé à l’opération « Tomodachi » d’aide aux victimes du tsunami et on été exposés aux retombées radioactives lors qu’ils croisaient au large de la centrale accidentée à bord du USS Ronald Reagan. Plus de 420 Marines ont saisi la justice dans plusieurs « class-actions ».

L’Autorité de Régulation Nucléaire demande une décision dans l’année pour le rejet en mer de l’eau contaminée

L’eau contaminée par le combustible nucléaire fondu qu’il faut refroidir continuellement reste un défi majeur pour TEPCo. Outre l’eau injectée, qui s’infiltre ensuite dans les sous-sols, celle des nappes phréatiques s’infiltre aussi et se mélange à l’eau de refroidissement, contaminée. Au début de la catastrophe, TEPCo accumulait chaque jour 400 m3 d’eau contaminée dans des cuves. C’est passé à 100 m3 par jour suite au gel du sol tout autour des réacteurs accidentés. Lors de fortes pluies, c’est plus.

Cette eau est partiellement décontaminée : TEPCo retire 62 radioéléments, mais il reste notamment le tritium, de l’hydrogène radioactif, qu’il est difficile de séparer. Le stock d’eau traitée, accumulé dans les cuves qui couvrent le site de la centrale, dépasse le million de mètres cubes. Cette situation n’est pas pérenne et pose même des risques en cas de séisme.

TEPCo et les autorités veulent rejeter cette eau en mer, mais cela n’est pas si simple. La concentration en tritium serait d’un à cinq millions de becquerels par litre, ce qui est plus que la limite autorisée, fixée à 60 000 Bq/L. Mais, il suffit de diluer, comme cela est fait en fonctionnement normal. Le problème est plutôt du côté du stock total, estimé à 3,4 PBq (3,4 milliards de millions de becquerels), ce qui représente de l’ordre de 150 années de rejet à la limite autorisée. Comment faire accepter une augmentation des autorisations de rejet aux Japonais et aux autres pays du Pacifique ?

A titre de comparaison, l’autorisation de rejet en mer de l’usine Areva de La Hague est, pour le tritium, de 18,5 PBq et les rejets effectifs de ces dernières années variaient entre 11,6 et 13,4 PBq par an. Le stock de tritium de Fukushima représente donc 3 mois et demi de rejets à La Hague. De quoi rendre jalouses les autorités japonaises !

Selon le Japan Times, Toyoshi Fuketa, le président de l’Autorité de Régulation Nucléaire, a demandé à ce qu’une décision soit prise cette année, en précisant que le rejet en mer est la seule solution. La préparation du rejet devrait prendre deux à trois ans, selon lui, et TEPCo va rapidement manquer de place.

TEPCo et les autorités devraient commencer par faire preuve de plus de transparence. On ne connaît pas la contamination résiduelle des autres radioéléments dans l’eau traitée. Difficile, dans ces conditions, de se faire une opinion. On ne peut pas se satisfaire d’incantations relatives à la non nocivité « scientifiquement prouvée » des rejets et de la mise en cause de rumeurs néfastes.

Les pêcheurs sont très inquiets. Actuellement, la moitiés seulement du milliers de pêcheurs de la région prend la mer deux fois par semaine, même si plus d’une centaine d’espèces de poissons sont dans la limite de commercialisation fixée à 50 Bq/kg, la moitié de la limite gouvernementale. 2 000 tonnes ont été pêchées près de la côte en 2016, soit 8% des prises avant la catastrophe. Pour la pêche profonde, c’est 50%.

Fukushima, où en est-on ?

Série de conférences publiques données par l’ACRO pour l’université inter-âges de Normandie.

En janvier

  • 8 janvier 2018 à Caen, salle de la colline, 28 rue Bailey à 14h15 ;
  • 15 janvier 2018 à Flers, salle Madeleine Louaintier, 3 square Delaunay, à 14h30 ;
  • 19 janvier 2018 à Alençon, salle Baudelaire, rue Porchaine à 14h30 ;

En mars :

  • 26 mars 2018 à la Ferté-Macé, lycée des Andaines, 3 place du général de Gaulle à 14h00 ;

En avril :

  • 5 avril 2018 à Argentan, Ecole Marcel PAGNOL, 4 rue Guy Deverre à 14h30.

C’est bien le PDG de TEPCo qui a interdit l’utilisation de l’expression « fusion du cœur » pendant la crise

Pendant la crise, il n’était alors question que d’endommagement du combustible. L’expression « fusion du cœur » (meltdown) n’a pas été utilisée. Ce n’est qu’en mai 2011, que TEPCo a admis qu’il y eu fusion du cœur dans les réacteurs 1, 2 et 3. Ni les autorités japonaises, ni l’AIEA, ni aucun autre organisme officiel d’expertise n’ont contredit TEPCo pendant ces 3 premiers mois.

Cinq ans plus tard, TEPCo a affirmé avoir découvert que son propre manuel d’urgence qualifiait de « fusion » un évènement avec au moins 5% du combustible fondu. La compagnie aurait donc dû utiliser cette expression. Face au scandale, TEPCo a diligenté une enquête interne confiée à des tiers dont les conclusions ont été rendues publiques en juin 2016 : le PDG de l’époque, Masataka Shimizu, aurait interdit l’emploi de cette expression. Et les enquêteurs d’ajouter : « Compte tenu de ces faits, il est vraisemblable que le Cabinet du Premier ministre a demandé Shimizu faire attention avant d’admettre une fusion en en public. » Mais, le gouvernement de l’époque n’a pas été interrogé lors de cette enquête. Le premier ministre de l’époque, Naoto Kan et le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano ont démenti toute pression contre la compagnie à propos de l’expression « fusion du cœur ».

Une nouvelle investigation a donc été lancée et les conclusions sont rapportées par l’Asahi. Elle était conduite conjointement par les autorités régionales de Niigata, où il y a la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, et TEPCo. Il ressort qu’il n’y aurait eu aucune pression gouvernementale et que c’est bien le PGD de TEPCo de l’époque, Masataka Shimizu, qui est à l’origine de la censure afin d’éviter la panique. Les autorités ne l’ont pas contredit.