TEPCo est venue présenter ses excuses après avoir été condamnée à dédommager un suicide

TEPCo a récemment été condamnée à indemniser la famille de Fumio Ôkubo, âgé de 102 ans, qui s’est suicidé le 12 avril 2011, après avoir appris qu’il devrait évacuer bientôt. Trois représentants de la compagnie ont rendu visite à la famille du défunt pour présenter leurs excuses. C’était une de ses revendications.

La belle fille du défunt a montré aux représentants de TEPCo le champ qu’il a cultivé toute sa vie : c’est devenu un site d’entreposage de déchets radioactifs issus de la décontamination.

Retrait de nombreux radiamètres à Fukushima

L’Autorité de Régulation Nucléaire veut retirer environ 80% des 3 000 radiamètres qui mesurent en continu le débit de dose un peu partout à Fukushima. Il y a plusieurs raisons derrière cette décision. D’abord, ils ont une durée d’utilisation limitée et ils doivent être bientôt remplacé. Leur entretien coûte 360 millions de yens (2,7 millions d’euros) par an. Et enfin, le débit de dose a diminué.

Ne devraient être enlevés, que les radiamètres en zone jamais évacuée où le débit de dose ambiant est passé sous la limite de 0,23 µSv/an, qui correspond à 1 mSv/an, selon les hypothèses faites pas les autorités japonaises. Selon l’Asahi, les 600 radiamètres qui resteront, auxquels il faut ajouter les balises de TEPCo et celles des communes, seront déterminés après discussions avec les riverains.

Reprise de l’instruction du dossier de sûreté de l’usine de retraitement de Rokkashô

L’usine dite d’extraction du plutonium des combustibles usés de Rokkashô-mura, dans la province d’Aomori, aurait être mise en service en 1997. Mais la date de démarrage a été repoussée 24 fois. Il y a déjà un retard cumulé de 24 ans.

Après l’accident nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi et le renforcement des normes de sûreté, l’exploitant, Japan Nuclear Fuel, a dû revoir son dossier de sûreté qu’il a soumis à l’autorité de régulation nucléaire en 2014.

Puis, en août 2017, 800 litres d’eau de pluie a fui d’un tuyau situé dans une galerie souterraine et a atteint une pièce avec un générateur diesel de secours. La compagnie s’est alors aperçue que la galerie n’avait pas été inspectée pendant 14 ans, c’est à dire depuis sa construction. Les rapports de sûreté mentionnaient pourtant qu’il n’y avait rien à signaler.

En réaction, la NRA avait suspendu l’instruction du dossier de sûreté en octobre 2017. Elle vient de décider la reprise.

Cette usine dite de retraitement a une capacité de traitement de 800 tonnes de combustibles usés par an, de quoi extraire 8 tonnes de plutonium. Plus de 2 000 milliards de yens (15 milliards d’euros) ont déjà été dépensés depuis le début des travaux en 1993. Son démantèlement devrait coûter 1 500 milliards de yens (11,5 milliards d’euros). Tout cela pour aucun service rendu actuellement !

La justice refuse d’arrêter la centrale de Takahama

Une cour d’Ôsaka a refusé d’arrêter la centrale de Takahama située dans la province de Fukui. Les plaignants avaient demandé son arrêt par crainte qu’un missile Nord-coréen la détruise. Mais la justice a jugé que la volonté de détruire cette centrale n’était pas établie.

Cette centrale avait été mise à l’arrêt par la justice en 2016, avant d’autoriser finalement sa remise en service en 2017. Les réacteurs 3 et 4 sont en activité.

Inauguration d’une usine à Namié

La ville de Namié est quasiment entièrement évacuée. En février, 516 habitants seulement y résidaient, alors qu’ils étaient 21 000 avant la catastrophe. 80 % du territoire est classé en zone de retour difficile. Les groupes japonais Nissan et Sumitomo ont décidé d’y implanter un site de recyclage des batteries des voitures électriques. Ils ont bénéficié d’aides financières pour cela et espèrent fournir des batteries recyclées à moitié prix par rapport aux neuves.

Le bâtiment reste sommaire et il n’y a que 10 employés pour le moment, mais l’usine ne devrait être mise en service qu’en mai prochain. 50 employés sont attendus en 2020.

A peine remis en service, Genkaï 3 est arrêté suite à une fuite de vapeur

A peine une semaine après son redémarrage, le 23 mars dernier, la production d’électricité du réacteur n°3 de la centrale de Genkaï vient d’être arrêtée à cause d’une fuite de vapeur sur le circuit secondaire. Il avait atteint 75% de sa puissance.

Kyûshû Electric, l’exploitant, a annoncé qu’un employé avait découvert la fuite vers 19h le 30 mars. La puissance du réacteur a été réduite progressivement à 13% et la production d’électricité stoppée. Le 1er avril, la compagnie a annoncé avoir trouvé un trou d’un centimètre sur un tuyau du circuit secondaire. Il n’y aurait pas de eu de rejet radioactif.

Le réacteur n’est pas arrêté, mais personne ne sait quand il pourra à nouveau produire de l’électricité. Quant au redémarrage du réacteur n°4, prévu en mai prochain, il pourrait être repoussé.

Il n’y a donc plus que 5 réacteurs nucléaires qui produisent de l’électricité au Japon.

Fukushima, où en est-on ?

Série de conférences publiques données par l’ACRO pour l’université inter-âges de Normandie.

En janvier

  • 8 janvier 2018 à Caen, salle de la colline, 28 rue Bailey à 14h15 ;
  • 15 janvier 2018 à Flers, salle Madeleine Louaintier, 3 square Delaunay, à 14h30 ;
  • 19 janvier 2018 à Alençon, salle Baudelaire, rue Porchaine à 14h30 ;

En mars :

  • 26 mars 2018 à la Ferté-Macé, lycée des Andaines, 3 place du général de Gaulle à 14h00 ;

En avril :

  • 5 avril 2018 à Argentan, Ecole Marcel PAGNOL, 4 rue Guy Deverre à 14h30.

Les travaux à la centrale de Fukushima daï-ichi coûtent 1,7 milliard d’euros par an

Pour la première fois depuis le début de la catastrophe, TEPCo et l’agence gouvernementale créée en soutien ont estimé le coût annuel des travaux en cours à la centrale de Fukushima daï-ichi et ont annoncé 220 milliards de yens (1,7 milliard d’euros) par an pour les trois prochaines années. Jusqu’à maintenant, TEPCo s’était refusée de rendre publics ces chiffres.

Selon l’agence Kyodo reprise par le Japan Times, pour l’année fiscale 2018, qui commence le 1er avril, ces 220 milliards de yens comprennent notamment :

  • 70 milliards de yens (534 millions d’euros) pour la gestion de l’eau contaminée ;
  • 30 milliards de yens (230 millions d’euros) pour retirer les combustibles usés des piscines ;
  • 4 milliards de yens (30 millions d’euros) en R&D pour trouver un moyen de retirer le corium des réacteurs accidentés.
  • Par ailleurs, 30 milliards de yens sont provisionnés pour faire face à des imprévus.

La relance de Tôkaï 2 malgré les nombreux obstacles

En novembre dernier, Japan Atomic Power Co (JAPCo), filiale de plusieurs compagnies d’électricité japonaises, a déposé une demande « exceptionnelle » de prolongation de 20 ans de la durée de vie de son réacteur Tôkaï 2, dans la province d’Ibaraki malgré les nombreux obstacles. Le but est d’atteindre 60 ans d’exploitation alors que ce réacteur aura 40 ans en novembre prochain.

Cette compagnie, qui a perdu quasiment tous ses réacteurs nucléaires est maintenue sous perfusion financière par 5 compagnies d’électricité. Comme les banques refusent de prêter les 174 milliards de yens (1,3 milliard d’euros) nécessaires au renforcement de la sûreté du réacteur Tôkaï 2, Tôhoku Electric et TEPCo vont, selon le Maïnichi, payer, ou plutôt garantir les emprunts. Face à la situation financière difficile de JAPCo, l’autorité de régulation nucléaire avait exigé un plan de financement.

TEPCo est, elle-même, exsangue financièrement et ne survit que grâce au soutien financier de l’Etat japonais qui l’a nationalisée après la catastrophe de Fukushima. Comme la probabilité que Tôkaï 2 redémarre est assez faible, y investir est très risqué. Cela en dit long sur l’état de l’industrie nucléaire au Japon qui est prête à risquer beaucoup d’argent sur un réacteur en piteux état. Il a été affecté par les séisme et tsunami de 2011 qui a noyé un de ses diesels de secours. Il avait alors fallu 4 jours pour arrêter le réacteur, qui est vétuste et a des kilomètres de câbles inflammables.

Afin d’obtenir l’assentiment des élus locaux, JAPCo a signé un accord avec 5 communes voisines, toutes situées à moins de 30 km, en plus de celle de Tôkaï. Il s’agit de Hitachi, Hitachinaka, Naka, Hitachiota et Mito, la capitale de la province. La compagnie s’engage à les consulter avant de démarrer son réacteur, mais l’accord n’est pas juridiquement contraignant. Les six communes peuvent mener des inspections et demander des garanties supplémentaires.

Selon l’Asahi, le président de JAPCo, Mamoru Muramatsu, a déclaré : « Nous écouterons les opinions [des municipalités] d’une manière sincère et nous mènerons des négociations ([avec elles] jusqu’à ce qu’elles acceptent notre position. » La concertation au Japon, c’est Décider – Annoncer – Défendre (DAD) !

Au Japon, seule la commune hôte a son mot à dire alors que toutes les communes situées à moins de 30 km doivent préparer un plan d’évacuation. C’est le précédent maire de Tôkaï, opposé au nucléaire, qui a pris l’initiative d’associer les communes voisines. Il faut dire qu’il y a 960 000 personnes qui vivent dans un rayon de 30 km.

L’accord signé entre JAPCo et les communes voisines risque de faire des jaloux. Le ministère de l’industrie a tenu à souligner que l’accord n’était pas contraignant.

Plan de démantèlement du surgénérateur Monju approuvé

L’Autorité de Régulation Nucléaire vient d’approuver le plan de démantèlement du surgénérateur Monju situé dans la province de Fukui. Cela devrait prendre 30 ans et coûter plus de 375 milliards de yens (2,9 milliards d’euros). Encore plus s’il faut renforcer la résistance aux séismes.

Rappelons que ce type de réacteur est refroidi au sodium liquide qui s’enflamme spontanément à l’air et explose au contact de l’eau. Le plan ne détaille pas l’extraction des 760 tonnes de sodium. On ne sait pas non plus ce qu’il sera fait du combustible nucléaire. Il devrait rester longtemps sur le site de la centrale.

Il n’a fonctionné que durant 10 mois depuis sa mise en service en 1994 et il a été arrêté définitivement suite aux graves défaillances en matière de sûreté de son exploitant.

Monju a déjà coûté plus 1 000 milliards de yens (7,6 milliards d’euros) aux contribuables japonais. Cela va donc dépasser les 10 milliards d’euros avec le démantèlement. Tout ça pour rien !