Plus de 3 000 demandes d’indemnisation dans le quartier de Watari

Le quartier de Watari dans la ville de Fukushima, à une soixantaine de kilomètre de la centrale nucléaire, a été particulièrement touché par les retombées radioactives : en plusieurs points chauds, l’exposition externe dépassait 20 mSv/an, mais les autorités ont toujours refusé de l’évacuer. Hors de question d’évacuer une partie de la capitale régionale. Encore maintenant, il reste des points où l’exposition dépasse les critères de décontamination.

3 107 habitants de ce quartier, soit 20% de sa population, ont déposé une demande d’indemnisation auprès de la commission ad-hoc pour l’inquiétude engendrée. Ils réclament 100 000 yens par personne et par mois, comme les personnes évacuées, et 200 000 yens pour les 6 premiers mois de la catastrophe.

90% des habitants du quartier d’Ônami avaient fait de même en novembre dernier.

Greenpeace dénonce la politique de retour du gouvernement japonais

Greenpeace a écrit aux autorités japonaises pour leur demander de reporter la date de retour des populations dans les territoires évacués à cause de la radioactivité. Comme nous l’avons signalé en mai dernier, le gouvernement a, en effet, récemment décidé que toute la population devrait être rentrée pour mars 2017 afin de cesser les indemnisations en mars 2018. Les personnes originaires des territoires classés en “zone de retour difficile” ne sont pas concernés par cette décision.

Pour Greenpeace, qui a fait tout une série de mesures à Iitaté, ce n’est pas possible. Les débit de dose relevés peuvent être encore très élevés, même à proximité de zones facilement accessibles. Les analyses de sol, effectuées par Chikurin, le laboratoire fondé avec le soutien de l’ACRO, mettent en évidence de fortes contaminations à proximité du barrage Gambé. Greenpeace a aussi mis en ligne une série de photos.

En effet, l’approche gouvernementale à propos des déplacés de la catastrophe nucléaire est, bien entendue, financière, mais aussi idéologique : il faut démontrer que la catastrophe est réversible. Certaines communes détruites par le tsunami sont reconstruites ailleurs, dans des villes nouvelles. C’est le cas, par exemple, de Tamaura-Nishi qui vient d’être inaugurée. Une telle approche semble exclue pour les territoires contaminés. Même le centre de stockage des déchets radioactifs, qui va couvrir 16 km2 autour de la centrale de Fukushima daï-ichi, avec environ 25 millions de tonnes de détritus, n’est officiellement là que pour 30 ans. Personne n’y croit, mais il ne faut surtout pas dire qu’il n’y aura pas de retour.

Le choix de rendre J-Village au foot est aussi purement idéologique. Il aurait été plus simple de créer un nouveau centre de formation et d’entraînement. Mais l’approche gouvernementale est “scientifique” et les réticences des habitants sont dues à des “rumeurs néfastes”…

Le Japon fait pression pour que les Philippines importent les aliments de Fukushima

Selon le Manila Times, dans le cadre des négociations de partenariat économique entre les deux pays, le Japon fait pression sur les Philippines pour qu’elles acceptent des produits agricoles de Fukushima. Mais ce n’est pas gagné. Dans de telles circonstances, tous les produits importés devraient être contrôlés par le Philippine Nuclear Research Institute (PNRI).

De leur côté, les Philippines demandent au Japon d’abaisser ses barrières douanières sur les produits agricoles.

Le coût élevé de la remise aux normes des réacteurs nucléaires japonais

Les 11 compagnies japonaises qui exploitent, ou plutôt, qui tentent d’exploiter des installations nucléaires, devraient investir plus de 2 400 milliards de yens (17,5 milliards d’euros), selon l’Asahi. Il y a un peu plus d’un an, nous rapportions le chiffre proche de 2 200 milliards de yens.

Sur les 43 réacteurs restant depuis la catastrophe du 11 mars 2011, une demande redémarrage n’a été déposée que pour 25 d’entre eux. Tous n’obtiendront pas un feu vert. Le sort des 18 autres n’est pas officiellement fixé encore. Beaucoup seront arrêtés définitivement.

Le 15 juillet prochain, cela fera exactement 22 mois consécutifs que tout le parc nucléaire japonais est à l’arrêt.

Condamnation à indemniser un suicide : TEPCo ne fera pas appel

TEPCo avait été condamnée à indemniser la famille d’une personnes qui s’était suicidée suite à la catastrophe nucléaire lors de l’été 2011. La compagnie vient d’annoncer qu’elle ne fera pas appel et qu’elle accepte le jugement. Le chef du bureau des indemnisations a déclaré que la cour a aussi pris en compte son point de vue, en estimant que la maladie chronique qui affectait la victime a contribué à son suicide.

Il ira rencontrer la veuve le 13 juillet prochain pour lui exprimer les excuses de la compagnie, conformément à son souhait.

TEPCo a finalement accepté de prendre en charge une partie de la décontamination des territoires non évacués

Les autorités japonaises se sont engagées dans un gigantesque chantier de décontamination des territoires contaminés. Dans les zones évacuées, c’est le gouvernement qui pilote et les majors du BTP qui sous-traitent les travaux à de nombreuses entreprises. Dans les zones non évacuées, là où l’exposition externe est comprise entre 1 et 20 mSv, ce sont les communes qui ont a charge des travaux et le gouvernement paye.

Dans les deux cas, le gouvernement compte sur un remboursement de la part de TEPCo, mais cette dernière refusait de rembourser pour les territoires non évacués, où la facture s’élève à 76,1 milliards de yens (555 millions d’euros).

Jusqu’à maintenant, la compagnie n’avait remboursé que 1,7 milliards de yens, soit 2% de la somme totale. Elle vient de signaler au ministère de l’environnement qu’elle était prête à prendre 60% de ce coût en charge, soit 43 milliards de yens (314 millions d’euros). Elle réfléchit encore pour les 40% restant. La loi de 2011 stipule pourtant que TEPCo doit payer pour la décontamination.

Concernant les zones les plus contaminées sous la responsabilité directe du gouvernement, TEPCo a déjà remboursé 90% du coût total estimé à 128,5 milliards de yens (938 millions d’euros).

TEPCo condamnée à indemniser un suicide

Kiichi Isozaki, 67 ans, originaire de Namié, commune entièrement évacuée suite à l’accident nucléaire, s’est suicidé en juillet 2011. Pour la famille, c’est lié à la dépression provoquée par l’évacuation. TEPCo refusait d’indemniser la famille sous le prétexte qu’il était déjà dépressif à cause de son diabète. Un tribunal de Fukushima vient de juger que le suicide était bien lié, à 60%, à l’accident nucléaire et demande à TEPCO de payer 27 millions de yens (presque 200 000 euros) à la famille. La famille demandait 87 millions. La veuve attend aussi des excuses de la part de TEPCo.

K. Isozaki et sa famille ont fui Namié le 12 juin 2011 et ont trouvé refuge dans un gymnase de Kôriyama le lendemain, où il faisait des insomnies. Un mois plus tard, ils sont allés dans un appartement à Nihonmatsu. Sa santé a recommencé à se détériorer en juin et il a fini par se suicider le 23 juillet 2011.

Cette même cour avait déjà demandé à TEPCo d’indemniser la famille d’une personne de Kawamata qui s’était suicidée. TEPCo n’avait, alors, pas fait appel.

A Fukushima, il y aurait 69 suicides reliés à l’accident nucléaire et tsunami.

Nouveau versement pour TEPCo

TEPCo a reçu son 41ième versement, le 24 juin dernier, qui s’élève à 158,7 milliards de yens (1,15 milliards d’euros). Rappelons que cet argent, prêté sans intérêt, sert à payer les indemnisations. Les intérêts sont à la charge du contribuable.

La somme totale reçue à se jour s’élève, selon la compagnie, à 5 058 milliards de yens (37 milliards d’euros). Mais cela ne suffira pas. TEPCo vient de demander 950 milliards de yens supplémentaires (6,9 milliards d’euros). C’est la neuvième requête de ce type.

Plan quinquennal de reconstruction du Tôhoku de 6 500 milliards de yens adopté

Le gouvernement a adopté le plan quinquennal de reconstruction du Tôhoku de 6 500 milliards de yens. Pour la première fois depuis le début de la triple catastrophe les pouvoirs locaux vont devoir mettre la main à la poche. Mais la contribution des provinces d’Iwaté, Miyagi et Fukushima sera d’environ 22 milliards de yens chacune, contre 30 milliards espéré initialement.

En ajoutant les sommes provisionnées pour les cinq premières années, le coût total va atteindre 32 000 milliards de yens (232 milliards d’euros).

Motions d’arrêt du nucléaire rejetées aux assemblées générales des compagnies d’électricité

Comme tous les ans, lors de l’assemblée générale des compagnies d’électricité, des actionnaires demandent l’arrêt du nucléaire et comme tous les ans ces motions sont rejetées. Lors de celle de TEPCo, l’ancien maire de Futaba, commune entièrement évacuée, a fait un plaidoyer pour l’arrêt définitif des réacteurs nucléaires et le PDG a défendu cette source d’énergie car elle permettrait d’avoir un approvisionnement stable et bon marché.

Il est sans vergogne : cela fait presque deux ans que tout le parc nucléaire japonais est à l’arrêt complet. C’est effectivement stable, mais en terme d’approvisionnement, ce n’est pas très efficace ! Quant au prix bon marché, si c’était réellement un soucis pour lui, le Japon n’aurait pas une des électricités les plus chères du monde.

Lors de l’AG de la compagnie de Kyûshû, des actionnaires ont demandé que le président soit remplacé car son obstination à vouloir utiliser du nucléaire coûte cher à la compagnie et rapporte peu de profits. Cette motion a aussi été rejetée.

Les villes d’Ôsaka et de Kyôto, qui sont des actionnaires de Kansaï Electric, ont aussi défendu une motion pour l’arrêt définitif des réacteurs nucléaires qui a aussi été rejetée.

Chûgoku Electric a réitéré son plan de construire une nouvelle centrale à Kaminoseki, dans la province de Yamaguchi. Rien n’a changé dans l’esprit des dirigeants.