Le renforcement de la sûreté nucléaire coûte de plus en plus cher aux exploitants

L’Asahi a essayé de connaître combien coûte le renforcement de la sûreté des réacteurs nucléaires et est arrivé à un total de 3 320 milliards de yens (30 milliards d’euros). C’est 935 milliards de yens (8,2 milliards d’euros) de plus qu’il y a un an et ce n’est pas tout car le centre de contrôle supplémentaire n’est pas pris en compte. Il devrait coûter quelques dizaines de milliards de yens, entraînant un coût global supplémentaire qui se compte en centaines de milliards de yens.

C’est Kansaï Electric qui a fait face à la plus forte augmentation depuis l’an dernier : 285 à 730 milliards de yens. C’est dû à la volonté de redémarrer deux réacteurs anciens de Takahama et un à Mihama.

Tout cela pour seulement deux réacteurs en activité sur 42 restant. Un troisième réacteur à la centrale d’Ikata devrait démarrer le 11 août prochain et les deux de Sendaï s’arrêter avant la fin de l’année. Et c’est tout pour le moment. Les compagnies espèrent bien rentrer dans leurs frais une fois les réacteurs redémarrés, mais ce n’est pas gagné.

Voir Fukushima : le problème sans fin des déchets radioactifs

En juin 2016, jusqu’à 15 500 personnes étaient engagées chaque jour dans des travaux de décontamination. Cela génère des déchets radioactifs, d’énormes quantités de déchets, qu’il faut gérer. La politique japonaise consiste en l’incinération pour réduire les volumes, puis en l’entreposage, voir le stockage définitif, en fonction des lieux et du niveau de contamination.

Petit voyage sur les lieux, de la production à l’incinération.

La décontamination consiste à racler les sols contaminés, émonder les arbres et arbustes, couper les herbes, ramasser les végétaux morts… et mettre le tout dans des sacs qui s’amoncèlent partout.

remplissage_sacs

Et après ?

Ils restent entassés partout. A Iitaté-mura, où la décontamination bat son plein, il y en a partout. Le village, où l’ordre d’évacuer n’a pas été levé, est devenu un vaste chantier avec quasiment que des décontamineurs partout et des déchets.

Iitate_gomi1

Iitate_gomi2

Les bâches qui couvrent les déchets sont pour protéger les sacs qui n’ont pas la vie longue. Ainsi, à Tomioka, où ils attendent depuis plus longtemps, de l’herbe repousse :

dechets_Tomioka_herbes

Les déchets des zones non évacuées sont pris en charge par la province de Fukushima. Le stockage est alors entouré d’une palissade, comme ici, à Minami-Sôma :

Minamisouma_gomi

Et après ?

C’est l’incinération qui est prévue. Le réseau des citoyens inquiets de l’incinération des déchets radioactifs a recensé une vingtaine de sites avec des incinérateurs en fonctionnement, en construction ou en projet à Fukushima. Voici la carte :

incineration_plants_Fukushima

La carte originale en japonais a été traduite en anglais dans la publication n°6 de FUKUDEN et reprise ci-dessus.

A Iitaté-mura, village dans les montagnes, il y a deux incinérateurs éloignés de tout. Le premier, appelé « Iitaté clear center » était déjà en service avant l’accident nucléaire. Ils incinérait les ordures ménagères. Il a été remis en service pour incinérer les déchets radioactifs.

Iitate_clear_center

schema_clear_center

Il peut incinérer 5 tonnes de déchets par jour.

debit_dose_clear_center

A titre de comparaison, 1 mSv/an, en supposant que l’on reste 8h par jour à l’extérieur et avec un facteur de réduction à l’intérieur, correspond à 0,23 microsievert par heure. Ici, c’est 0,929 µSv/h.

Ce centre est entouré de déchets à perte de vue. On peut en voir une partie sur les images satellite de Google ou de Bing. Une forêt a été rasée pour les entasser et les troncs sont restés là :

On voit que la cheminée de l’incinérateur fume. Au bout de la vidéo, les déchets continuent à s’entasser à perte de vue sous la ligne haute tension :

dechets_clear_center

Un deuxième incinérateur a été construit à Warabidaïra, dans la commune d’Iitaté-mura pour faire face aux volumes énormes de déchets. Il n’est pas encore sur les images satellite de Google.

new_incinerateur_Iitate

panneau_incinérateur_iitate_new

Autour du site, le débit de dose ambiant peu atteindre 2,6 µSv/h :

debit_dose_incinerateur_iitate

A Tomioka

La commune, encore entièrement évacuée, accueille la centrale nucléaire de Fukushima daï-ni. La décontamination est officiellement terminée dans la plupart de ses zones résidentielles. Ses finances dépendaient fortement du nucléaire. Le « community center », avec la bibliothèque, des salles d’activité et de réunion a été payé par TEPCo.

Cette commune fait face à la mer et le littoral a été détruit par le tsunami. La gare, au bord de l’eau, n’existe plus. Les autorités prévoient d’y construire une digue de protection et d’y planter une forêt pour se protéger :

littoral_Tomioka

Mais en attendant, le littoral accueille les déchets et des usines de traitement. Espérons qu’un tsunami ne viennent pas emporter tout cela. Commençons par une vue satellite copiée sur Google :

Google_maps_Tomioka

En utilisant « street view », on peut voir les déchets. La date de la prise de vue en voiture ne correspond pas à celle des satellites.

Ainsi, à Tomioka, outre des déchets, il y a un incinérateur de déchets radioactifs construit par Mitsubishi, derrière lequel on aperçoit la centrale de Fukushima daï-ni :

F2_incinerateur_Tomioka

Pour l’anecdote, une étude des lieux avec une caméra gamma pour trouver les points chauds a montré que c’était la cheminée de la centrale qui brillait le plus. Pas très loin, il y a un centre de tri des déchets, situé entre la gare de Tomioka dévastée par le tsunami et l’océan :

gare_Tomioka

Le tout est entouré d’amoncellements de déchets en attente de traitement. De l’autre côté de Fukushima daï-ni, sur la commune de Naraha, où l’ordre d’évacuation a été entièrement levé, c’est une autre usine qui est en construction. Elle devrait permettre de couler les cendres d’incinération dans du ciment :

usine_Tomioka

Le début des opérations est prévu en 2017. Avec, là encore, des déchets dans le prolongement de la vallée, vers l’océan :

dechets_Tomioka

Voir aussi une vidéo montrant cette usine en construction et les déchets qui s’entassent dans la vallée qui va vers l’océan :

Et après ?

Cela dépend de la nature des déchets et de la concentration en césium radioactif. Tomioka va continuer à accueillir définitivement une partie des déchets, dans le « Fukushima Ecotech Clean Center« . Avec un nom comme cela, il y a de quoi s’inquiéter… SItué à la frontière avec la commune de Naraha, ce centre de stockage de déchets industriels devrait recevoir des déchets radioactifs dont la contamination est inférieure à 100 000 Bq/kg. Il s’agit d’un stockage définitif. Sa capacité est trop faible pour les 22 millions de mètres cubes officiellement attendus.

Le gouvernement veut entreposer ces déchets sur 16 km2 tout autour de la centrale de Fukushima daï-ichi, pour une durée de 30 ans. Il s’agit essentiellement de sols contaminés. Mais, selon le dernier bilan officiel en anglais du ministère de l’environnement du Japon, les autorités n’ont pu signer de contrat avec les propriétaires terriens que pour 45 ha sur 1 600 nécessaires, soit 2,8% de la surface totale… Voici la carte du projet :

ISF

La carte originale en japonais du ministère de l’environnement a été traduite par Fukuden et reprise ci-dessus.

Il y aura aussi les déchets de démolition des maisons abandonnées dans les territoires contaminés. Le gouvernement espère avoir terminé leur destruction avant mars 2018. Il y en a 8 800 en tout à la date de juin 2016, dont 5 600 encore à démolir, selon le Fukushima Minpo.

Et encore après ?

Le gouvernement n’a pas encore trop d’idée sur ce qu’il va faire de ces déchets après 30 ans. La seule proposition concrète a été d’en recycler une partie dans des ouvrages de construction, comme des routes, digues… Il va rapidement perdre la mémoire de ces déchets disséminés partout qui seront radioactifs encore longtemps. Le gouvernement a adopté cette politique le 1er juillet 2016, malgré les réserves des experts consultés.

Dans la province de Chiba, des déchets radioactifs ont déjà été déclassifiés et ne sont plus considérés comme radioactifs, bien que leur contamination soit encore de 4 000 Bq/kg à 6 100 Bq/kg en moyenne.

Il y aura aussi tous les incinérateurs et autres usines de traitement des déchets à démanteler, car la province de Fukushima n’en a pas besoin d’autant… Que deviendront-ils ?

Si vous voulez voir d’autres déchets, avec des photos professionnelles, c’est par ici. Cliquer à droite ou à gauche du texte pour voir les photos.

TEPCo : baisse des profits, augmentation des coûts

TEPCo a publié ses résultats financiers du premier trimestre 2016, qui commence le 1er avril. La compagnie fait face à une forte baisse de ses profits et à une augmentation des coûts de sécurisation de la centrale de Fukushima daï-ichi et des indemnisations. Elle fait donc appel à l’aide aux autorités.

La baisse de 37% de son bénéfice d’exploitation est dû à une baisse de la demande et à la fuite de clients suite à l’ouverture du marché de l’électricité. TEPCo a perdu 762 500 clients au 30 juin 2016, ce qui reste encore faible par rapport au nombre total, qui est de 29 millions.

TEPCo reconnaît enfin que les réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa ne redémarreront pas de sitôt. La compagnie ne voit donc pas de nouvelle source de profit venir soulager ses difficultés à court et moyen terme. Elle veut entrer sur le marché du gaz l’année prochaine, quand il sera ouvert à la concurrence.

Côté dépenses à venir, la compagnie a provisionné 1 000 milliards de yens (8,8 milliards d’euros) pour le démantèlement des réacteurs accidentés de Fukushima daï-ichi. Et cela ne suffira pas : il faudrait plus du double. Les coûts, difficiles à estimer, augmentent partout. Il y a notamment la gestion de l’eau contaminée, alors que le sol gelé, payé par le gouvernement, ne tient pas ses promesses.

Le coût des indemnisations aussi explose. TEPCo a déjà payé 6 000 milliards de yens (53 milliards d’euros), alors qu’elle avait prévu 5 400 milliards de yens (47 milliards d’euros). La décontamination atteint coûtera plus que les 2 500 milliards de yens (22 milliards d’euros) prévus.

Le soutien financier de l’Etat, qui prête de l’argent sans intérêt à TEPCo, ne suffira pas à couvrir toutes les indemnisations et la décontamination. La compagnie va donc demander une aide supplémentaire.

Réacteur n°2 : le corium serait resté dans la cuve

TEPCo a mis en ligne le résultat d’une radiographie du réacteur n°2 de la centrale de Fukushima daï-ichi en utilisant les muons, des particules cosmiques particulièrement pénétrantes. Les images sont accessibles ici. Ce n’est pas la première fois que les muons sont utilisés. Ils avaient déjà permis de montrer que le corium (combustible fondu mélangé à d’autres matériaux) du réacteur n°1 avait probablement percé la cuve.

Dans le cas du réacteur n°2, TEPCo pense que la majorité du corium n’a pas percé la cuve et est accumulé au fond car il y a un matériau dense qui absorbe plus de muons à cet endroit. Sa masse serait de l’ordre de 160 tonnes. TEPCo estime aussi qu’une partie des matériaux denses, qui absorbent les muons, seraient restés accrochés plus haut dans la cuve. Il y en aurait entre 20 et 50 tonnes. Cette dernière affirmation n’est cependant pas complètement sûre. Cela fait donc un total de 180 à 210 tonnes. Comme il y avait 160 tonnes de combustible dans le réacteur, la masse du corium, qui inclut aussi les barres de contrôles et d’autres matériaux est estimée à 210 tonnes.

TEPCo en conclut que la plupart du combustible est resté dans la cuve. Cette découverte infirme l’idée que le corium l’avait percé pour se retrouver sur le radier de l’enceinte de confinement. Voir son communiqué laconique.

Des chercheurs de l’université de Nagoya avaient déjà fait une radiographie de ce réacteur à l’aide de muons, forcément avec l’accord de TEPCo. Cette dernière a d’abord eu des problèmes car les détecteurs utilisés pour le réacteur n°1 étaient trop grands pour le n°2.

TEPCo communique

TEPCo vient de tweeter pour dire que sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, dans la province de Niigata, était l’une des plus sûre au monde. Rien que ça ! Elle lui consacre un nouveau site Internet. Il n’est pas sûr que le gouverneur soit convaincu. C’est à l’initiative des autorités provinciales que TEPCo a fini par lire son manuel d’urgence pour se rendre qu’elle aurait dû reconnaître rapidement la fusion des cœurs de réacteurs.

La compagnie, qui veut favoriser le retour des habitants, annonce avoir mis au point une application qui permet d’enregistrer les doses sur un téléphone doté d’un GPS afin de les retranscrire sur une carte. Cela ne fait que 5 ans que Safecast propose le même service…

Ôï : pas de réévaluation du risque sismique

Suite à la récente polémique sur l’évaluation du risque sismique à la centrale nucléaire d’Ôï située dans la province de Fukui, l’Autorité de régulation nucléaire, la NRA, a finalement conclu que les estimations de l’exploitant, Kansaï Electric, étaient acceptables. Les contestations de Kunihiko Shimazaki, ancien commissaire de la NRA, ont été jugées « sans fondement ». Et la méthode de calcul qu’il a suggérée donnerait des résultats contradictoires et irréalistes et n’aurait pas atteint une maturité scientifique suffisante.

Il n’y a plus de sismologue parmi les commissaires. Shimazaki, quant à lui, avait inspecté cette centrale et ses failles quand il était en poste. Mais la NRA n’a pas prévu de pouvoir en compte les avis des experts extérieurs.

La crédibilité de la NRA est remise en cause par cette affaire.

Accident nucléaire grave en Europe : rendre le risque acceptable

Un accident nucléaire grave, de la même ampleur qu’à Fukushima, serait tout aussi ingérable en Europe, avec des conséquences désastreuses. Nos études sur les plans d’urgence en Belgique et en France le montrent. A long terme aussi.

Le sujet inquiète en plus haut lieu. Le European Nuclear Energy Forum, qui doit se réunir à Bratislava en octobre prochain, va consacrer une session à ce sujet. Un document préparatoire préliminaire explique que les plans d’urgence ont été revus en 2014 à la lumière de l’accident de Fukushima et qu’ils sont conformes aux recommandations internationales. C’est que ces recommandations ne sont pas très exigeantes… En revanche, le document reconnaît qu’il est nécessaire de démontrer que les mesures de protection seront effectives en pratique.

La note précise que des modifications ont été apportées aux plans d’urgence, mais qu’il reste une perception que ce n’est pas suffisant et que de meilleures garanties doivent être apportées au public. Dans un tel contexte, le European Nuclear Energy Forum va se poser toute une série de questions, parmi lesquelles :

Pourquoi le public en Europe continue d’avoir le sentiment que les dispositions prises pour sa protection en cas d’accident radiologique ou nucléaire sont insuffisantes et quelles mesures devraient être prises par les diverses parties prenantes pour améliorer la confiance du public ?

N’est-ce qu’un problème de perception du public ? Les études ACRO montrent que la Belgique et la France ne sont pas prêtes à faire face à un accident nucléaire grave. La dernière question du European Nuclear Energy Forum est un aveu :

Avons-nous les moyens, les capacités et les ressources nécessaires pour protéger convenablement tous les membres du public en cas d’accident comme à Fukushima en Europe, et ne serait-il pas préférable de concentrer les efforts sur l’éducation du public à propos des risques et des effets des rayonnements en comparaison aux autres risques industriels ?

La réponse à la première question étant négative, l’ancien directeur de l’IRSN a déjà commencé à appliquer la deuxième partie de la question en expliquant dans une vidéo, à l’occasion du cinquième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, qu’en cas d’accident nucléaire grave en France, nous appliquerions les mêmes principes qu’au Japon, basés sur le principe de précaution, et que cela conduirait aux mêmes conséquences néfastes pour les personnes déplacées. Il propose un autre paradigme qui pourrait être « restaurer la liberté individuelle, collective partout où c’est possible. Et ça veut dire […] qu’au lieu de chercher à administrer pendant des années des populations, il vaut mieux les accompagner dans leur choix personnels. […] Il faut aider ensuite ces populations, celles qui veulent rester, parce qu’il y en a, il faut effectivement mettre en place des mécanismes qui les aident à mesurer la radioactivité. » Car comprenez-vous, ces doses sont « faibles, mais ont un impact psychologique qu’il ne faut pas sous-estimer » (sic). Et les personnes qui veulent partir et se réinstaller, elles n’ont pas besoin d’aide et de soutien ?

Au niveau européen, un programme de recherche intitulé « CONFIDENCE » est en cours de préparation, en réponse à l’appel d’offre « CONCERT« . Dans un document de travail préliminaire, il pause d’emblée, comme principe de départ, dès la deuxième phrase du projet :

Pour protéger les populations, des hypothèses conservatives sont souvent prises qui peuvent résulter en plus de mal que de bien à cause des effets collatéraux comme cela a été observé après les accidents de Tchernobyl et Fukushima.

Bien sûr, on ne sait pas quelles sont ces « observations », ni qui les a faites. Pas un mot sur les mesures de protections insuffisantes, pourtant bien réelles, comme les évacuations tardives, le manque de prise en charge des personnes vulnérables ou les limites trop élevées. La priorité affichée est la minimisation des bouleversements des conditions de vie (et donc des coûts associés), pas la protection des populations. Ce texte a été remanié depuis, suite aux protestations de l’ACRO, mais le but du projet reste le même.

Tel est le monde post-accidentel que les autorités nous préparent en Europe.

Abris d’urgence vulnérables autour d’Ikata

Alors que Shikoku Electric s’apprête à redémarrer le réacteur n°3 de sa centrale d’Ikata dans la province d’Ehimé, il apparaît, selon le Maïnichi, que 4 des 7 abris d’urgence situés dans un rayon de 30 km sont vulnérables aux glissements de terrain. En cas de catastrophe complexe incluant des éboulements ou glissements de terrain, ces abris pourraient ne pas être utilisables.

Ces abris sont des structures médicales destinées aux personnes qui ne peuvent pas évacuer rapidement, comme les personnes malades ou les personnes âgées. Ils ont une structure renforcée pour résister aux séismes et sont équipés de filtres pour limiter la pénétration d’éléments radioactifs. Autour de la centrale d’Ikata, la rénovation et construction de ces centres, financée par le gouvernement, a coûté 738 millions de yens (6,4 millions d’euros).

Les cliniques de Kucho, Seto et Kushi, ainsi que l’établissement pour personnes âgées Seto Aiju sont situés dans des zones à risque. Pour Kushi, le risque est plus élevé. De plus, la clinique est sur une pente et pourrait s’effondrer. A Kucho et Seto Aiju il y a des risques d’écoulement de boue. A la clinique Seto, il y a les deux risques.

Le risque d’écoulement de boue était parfois connu au moment de la sélection des sites, mais il n’y avait pas d’autre choix possible. Le gouvernement, ne l’a pas retenu comme critère de sélection pour ne pas limiter les choix.

Encore des violations des règles de sûreté dans le surgénérateur Monju

L’exploitant du surgénérateur Monju avait été disqualifié par l’Autorité de Régulation Nucléaire, la NRA, suite à une accumulation de violation des règles de sûreté. Le gouvernement doit trouver un repreneur, mais il n’a personne pour le moment.

Cela continue, malgré l’avis inédit de la NRA. La Japan Atomic Energy Agency (JAEA) a, une fois de plus, failli à contrôler un appareil de mesure de la température du sodium et a ignoré une alarme le signalant pendant trois mois. Le contrôle aurait dû être fait avant la fin mars, mais ce n’est que le 27 mai que la JAEA s’en est rendu compte. Les écrans de la salle de contrôle indiquaient portant, depuis la fin février, que ce contrôle devait être fait.

La faute est reportée sur une personne qui venait d’être embauchée et qui n’a pas fait le contrôle comme prévu. Mais c’est tout le système de contrôle qui est à revoir si cela dépend d’une seule personne.

Une fois de plus, cette technologie est extrêmement dangereuse et demande plus de rigueur. Il est temps d’arrêter définitivement ce réacteur qui n’a même pas fonctionné un an depuis 1994.

Note IRSN sur les microparticules vitreuses riches en césium

Des médias français ont repris l’information concernant les microparticules vitreuses radioactives retrouvées dans les retombées de l’accident à la centrale de Fukushima daï-ichi. L’IRSN a réagi en publiant une note sur son site Internet.

La communication à un congrès qui a servi de base à l’information reprise sur ce site et dans les médias ne concerne que les retombées sur Tôkyô le 15 mars 2011 qui auraient été composées, à 89% de microparticules vitreuses. Les médias ont un peu vite extrapolé à tous les rejets, ce que conteste l’IRSN. L’institut se base sur une autre étude menée à Tsukuba et disponible en libre accès, pour conclure que « que de l’ordre de 20 à 30 % du césium radioactif émis dans l’environnement lors de l’épisode de rejet du 14 au 16 mars 2011 l’auraient été sous forme de microbilles de silice formées à haute température près des matériaux en fusion ». Mais il ne s’agit là que des retombées sur Tsukuba.

L’IRSN explique que ces microparticules vitreuses ont été formées lors de l’interaction du combustible en fusion (corium), ce qui n’est pas une surprise, mais on ne sait pas trop avec quoi. La communication au congrès mentionne le béton. L’IRSN avance aussi la laine de verre ou l’eau de mer. Bref, on n’en sait rien.

Enfin, en ce qui concerne l’impact sanitaire, l’IRSN explique qu’« il est difficile et prématuré de tirer des conclusions définitives quant à l’impact dosimétrique et sanitaire lié à l’incorporation de césium pour partie contenu dans des microbilles de silice. » 

Mais une autre étude réservée aux abonnés et repérée par Fukuleaks, mentionne la rétention dans les poumons de ces particules. Les auteurs ont effectué un suivi de 7 travailleurs fortement exposés à la centrale de Fukushima daï-ichi. La baisse de leur contamination corporelle diminuerait bien suivant les modèles proposés par la CIPR, mais au bout de 500 jours, l’élimination du césium ralentit, surtout au niveau de la poitrine. Les auteurs suggèrent donc qu’une forme insoluble du césium resterait plus longtemps dans le corps. On pense immédiatement à ces microparticules vitreuses…