Réouverture d’une portion de ligne de train Jôban

Une portion de 23 km de la ligne de train Jôban qui longe le littoral entre Sôma à Fukushima et Watari à Miyagi vient d’être rouverte. Elle avait été détruite par le tsunami et la nouvelle ligne a été éloignée du littoral et surélevée (voir la photo de l’Asahi). Trois nouvelles gares ont dû être construites. Cela a coûté 40 milliards de yens.

Une autre portion avait été réouverte à Minami-Sôma, à destination de la zone où l’ordre d’évacuation allait être levé.

D’autres portions de la ligne, à Iwaté ou à Fukushima n’ont pas encore été reconstruites. A Fukushima, c’est la portion qui traverse les zones les plus contaminées qui est encore coupée.

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Des épreuves des JO de 2020 à Fukushima ?

J-Village, situé à cheval sur Hirono et Naraha, à une vingtaine kilomètres de la centrale de Fukushima daï-ichi, était un centre de formation de footballeurs japonais construit et sponsorisé par TEPCo. Après la catastrophe, il a été transformé en centre d’accueil pour les milliers de travailleurs à la centrale accidentée. Il devrait retourner au foot avant les JO de 2020 au Japon. Le gouverneur de Fukushima a même lancé un appel pour financer ce centre.

Selon le Fukushima Minpo, TEPCo a rendu les clés du bâtiment principal de ce centre le 30 novembre dernier. Des travaux devraient être entrepris pour le rendre au football d’ici l’été 2018, avec une restitution complète avant avril 2019. Le site va continuer à être utilisé comme station de bus pour les travailleurs à la centrale nucléaire jusqu’en mars 2017. Ensuite, TEPCo utilisera la centrale de Fukushima daï-ni, située à une douzaine de kilomètres au sud de daï-ichi.

Le Comité olympique japonais avait aussi l’intension d’organiser des épreuves de baseball et de softball à Fukushima. Ces sports sont très populaires au Japon. Mais les négociations avec la fédération internationale de ces deux sports, basée à Lausanne en Suisse, patinent, selon le Yomiuri à cause du nombre de stades et des travaux de rénovation.

Kyûshû Electric redémarre le réacteur Sendaï 1

Kyûshû Electric a redémarré le réacteur Sendaï 1. Il a déjà fonctionné plus d’un an depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima et depuis le 6 octobre denier, il est en arrêt programmé. Il devrait être à nouveau en production commerciale à partir du 6 janvier 2017.

Le gouverneur de la province de Kagoshima, qui a été élu sur son programme d’opposition à cette centrale, a finalement donné son accord, après avoir renoncé à demander des garanties supplémentaires. A peine élu, il avait demandé, en vain, l’arrêt immédiat des réacteurs. Il n’a aucun pouvoir légal pour s’opposer au redémarrage, ce qu’il savait quand il était candidat, mais un avis négatif a un fort impact politique.

Le 28 novembre dernier, il a présenté un budget supplémentaire de 3 millions de yens (soit 24 500 euros) pour mettre en place un groupe de suivi de la sûreté de la centrale et des plans d’évacuation. Avec une somme aussi faible, c’est une sorte de CLI qu’il veut mettre en place…

Le réacteur n°2 a son arrêt programmé du 16 décembre au 27 février. En attendant, il y a 3 réacteurs en activité au Japon. Outre les deux de Sendaï, il y a aussi Ikata 3.

L’arrêt définitif de Monju ne signifie pas la fin des problèmes

Le surgénérateur Monju cumule les problèmes et les graves lacunes en terme de culture de sûreté de son exploitant, la Japan Atomic Energy Agency (JAEA), qui doit conduire à son arrêt définitif. En effet, l’Autorité de régulation nucléaire (NRA) a demandé au gouvernement de trouver un autre exploitant, mais Il n’y a aucun candidat et les coûts explosent.

Même l’abandon du projet ne signifie pas la fin des problèmes.

Comme le gouvernement ne veut pas perdre la face, il tergiverse. Il devrait annoncer, d’ici la fin du mois, l’arrêt définitif et le début du démantèlement, tout en continuant les recherches sur la sûreté… En particulier, il y a le sodium qui s’enflamme spontanément à l’air et explose dans l’eau. Il y en a 1 670 tonnes dont, 760 tonnes radioactives et les autorités ne savent qu’en faire. Et où mettre les 21 tonnes de combustible MOx qu’il contient ?

L’exploitant, qui n’a pas été capable d’exploiter ce réacteur, sera-t-il capable de le démanteler ? On peut en douter. La NRA vient de tancer la JAEA à propos de l’usine de retraitement de Tôkaï, arrêtée définitivement en 2014 et qui doit être démantelée. Selon l’Asahi, il y a environ 800 fûts de déchets dans une piscine sans surveillance. Il se peut que certains soient rouillés et fuient. Le débit de dose à la surface de la piscine serait de 3 mSv/h.

De 1977 à 1994, les travailleurs auraient soulevé les fûts au dessus de la piscine avec des câbles qui étaient ensuite sectionnés. Les fûts tombaient alors n’importe comment. Des câbles peuvent être emmêlés.

Il y a aussi 400 m3 de déchets liquides de haute activité que la JAEA ne sait pas traiter. Le débit de dose à proximité serait de 1,5 Sv/h (1 500 mSv/h !!!). Impossible d’y envoyer des humains. Une reprise a débuté, mais sans solution pour les fûts produits.

Cette situation perdure depuis des années.

Comme Monju servait d’alibi à la politique du plutonium issu du retraitement des combustibles usés que le gouvernement ne veut pas abandonner, une nouvelle stratégie est en cours d’élaboration, avec, à la clé, un nouveau projet de surgénérateur. L’abandon du retraitement entraînement le refus de la province d’Aomori d’accepter les combustibles usés. Comme en France avec le projet ASTRID, c’est donc la fuite en avant et si cela devait aboutir un jour, il aura fallu un siècle de R&D… une filière d’avenir qui le restera !

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Nouveau cas de brimades envers un enfant originaire de Fukushima

Le Maïnichi a rencontré la famille d’un enfant originaire de Fukushima victime de brimades (ijimé) à son école de Niigata. Même un enseignant l’a appelé “microbe”. Il ne va plus à l’école depuis la fin novembre.

La mère et son fil sont des “auto-évacués” qui ont quitté Fukushima dès le mois de mars 2011. Le père est resté à Fukushima. En mars 2016, au moment du cinquième anniversaire de la catastrophe nucléaire, enfant a raconté sa propre expérience quand le sujet a été évoqué en classe. Certains de ses camarades ont alors commencé à l’appeler “microbe”. Il s’en est plaint à l’enseignant en juin 2016, mais ne considérait pas cela comme du harcèlement. Après les vacances d’été, l’enseignant aurait aussi utilisé le mot “microbe” pour désigner l’enfant.

Ce n’est qu’au début novembre, quand le cas d’un autre enfant de Fukushima, réfugié à Yokohama où il a été victime de brimades, a été couvert par les médias, que l’enfant de Niigata a compris qu’il était, lui aussi victime. L’enfant de Yokohama était aussi appelé “microbe” par ses camarades.

Le 17 novembre dernier, l’enfant a de nouveau parlé de cela avec son enseignant et était fier d’avoir pu surmonter ce problème. Le 22 novembre, alors qu’un fort séisme a de nouveau secoué la province de Fukushima et que la famille était sans nouvelle du père, l’enseignant a de nouveau appelé l’enfant “microbe” devant toute la classe. Depuis, il refuse de retourner à l’école.

L’école a d’abord nié les faits. Puis, le 25 novembre, suite à coup de fil du père, en larmes, qui a expliqué que certains enfants se suicidaient à cause des brimades, l’école a commencé à réagir. L’enseignant se serait excusé froidement, mais l’enfant a refusé de le voir. Le directeur de l’école passe tous les jours pour tenter de régler cette affaire, mais c’est trop tard, le mal est fait.

Comme les autres “auto-évacués”, la mère et le fil devront quitter le logement gratuit mis à leur disposition avant la fin mars 2017. Ils voulaient d’abord rester dans le même quartier pour pouvoir rester dans le même école. Ils vont désormais changer d’école.

Selon les autorités scolaires de la ville de Niigata, il y a 291 enfants originaires de Fukushima dans les écoles de la ville et il n’y aurait pas eu d’autre cas d‘ijime.

Arrêt temporaire du refroidissement du cœur fondu du réacteur n°3

L’injection d’eau dans le réacteur n°3 pour refroidir le cœur fondu a été arrêté suite à une erreur humaine. C’est une alarme qui a donné l’alerte. TEPCo explique d’un travailleur a, par inadvertance, actionné l’arrêt d’une pompe avec son coude. L’injection d’eau a repris une heure plus tard.

Il y avait assez d’eau et aucune élévation de température n’aurait été notée.

Les interrupteurs sont situés de part et d’autre d’un passage étroit, large de seulement 85 cm. Le travailleur, équipé d’une combinaison complète et d’un masque, a perdu l’équilibre et a heurté l’interrupteur en arrachant la protection. Les explications en japonais de TEPCo et des photos sont ici.

TEPCo injecte 4,2 m3 d’eau par heure dans ce réacteur. Elle est passée à 4,4 m3/h juste après l’incident.

Durant la nuit, il y a aussi un arrêt temporaire du circuit de refroidissement des piscines de combustible des réacteurs n°1, 2 et 3. Le refroidissement a été remis en route 6 heures et demie plus tard. Les explications de la compagnie sont ici en japonais.

Statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne des statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi pour octobre 2016. Les données précédentes étaient beaucoup plus détaillées.

9 468 personnes ont travaillé à la centrale accidentée en octobre 2016, dont 8 467 sous-traitants (89,4%) qui prennent les doses les plus élevées. Sur le seul mois d’octobre 2016, la dose moyenne reçue par les 1 001 employés de TEPCo était de 0,13 mSv et celle des sous-traitants, de 0,38 mSv, et la dose maximale de 2,23 et 8,34 mSv respectivement. A titre de comparaison, la dose maximale admissible est de 100 mSv sur 5 ans sans dépasser 50 mSv sur un an.

Comme TEPCo a remis ses compteurs à 0 au 1er avril 2016, on n’a que les données cumulées depuis cette date. De même, au niveau individuel, TEPCo remet à zéro les doses reçues au 1er avril de chaque année, selon le manga “Au cœur de Fukushima“, au lieu de compter sur 12 mois glissants.

13 826 personnes ont travaillé sur le site entre le 1er avril et le 30 octobre 2016, dont 12 259 sous-traitants (88,7%). La dose moyenne cumulée sur 7 mois est de 0,74 mSv pour les employés de TEPCo et de 1,82 mSv pour les sous-traitants. Les valeurs maximales sont respectivement de 11,03 et 36,21 mSv.

Il y a aussi des données sur la dose à la peau et à la cornée.

Pétition pour le maintien des aides au logement pour les personnes déplacées

Le gouvernement japonais a une politique unique pour les personnes déplacées : leur retour, sauf dans les zones les plus contaminées, qualifiées de “retour difficile”. L’aide au logement pour les évacués “volontaires” qui ont quitté des territoires où il n’y avait pas d’ordre d’évacuer, cessera en mars 2017. Des mesures d’accompagnement financier sont prévues à la place. Une réunion entre ces familles et les autorités avait tourné au dialogue de sourds en février dernier. Il y en a eu une quarantaine en tout. S’il y a eu des retours, de nombreuses familles souhaitent rester là où elles sont et demandent la prolongation de l’aide au logement. En mars dernier, 70% des auto-évacués n’avaient pas décidé où ils iront.

De nombreux évacués forcés, originaires de zones où l’ordre d’évacuer a été levé, sont dans une situation similaire s’ils ne veulent pas rentrer. Et ils seront nombreux après mars 2017, date de la levée de tous les ordres d’évacuer, sauf dans les zones classées en “retour difficile”. Ceux originaires de zones où l’ordre d’évacuer a été levé en 2014 perdront aussi leur aide au logement en mars 2017. C’est le cas, par exemple, pour Kawauchi. Les habitants sont poussés au retour, mais ils résistent. A Naraha, seulement 10% environ étaient rentrés, un an après la levée de l’ordre d’évacuer de septembre 2015.

En tout, 12 000 foyers devraient perdre leur logement gratuit en mars 2017. Une partie de ces personnes se sont regroupées pour faire entendre leur voix. Selon l’Asahi, elles viennent de remettre aux autorités une pétition avec 200 000 signatures afin de demander une prolongation de l’aide au logement.

La fin de l’aide au logement entraînera des difficultés supplémentaires pour les familles qui ont de faibles revenus et qui ne veulent pas rentrer. Les “auto-évacués” ne reçoivent pas d’aide supplémentaire et certains ont beaucoup perdu : emploi, logement, lien social, voire familial car il y a eu de nombreux divorces… Les autorités devraient essayer de comprendre pourquoi les populations ne veulent pas rentrer plutôt que de prendre de telles décisions unilatéralement. Rappelons que les textes internationaux de l’ONU relatifs aux déplacés intérieurs leur garantissent des droits et enjoignent les autorités à associer pleinement ces personnes à la planification et à la gestion de leur retour ou de leur réinstallation (voir notre rapport pour le cinquième anniversaire de la catastrophe). Ce n’est pas le cas au Japon.

Dans un éditorial, le Japan Times, appelle à maintenir un soutien pour ces personnes.

Coût de la catastrophe : nouveaux chiffres à la hausse

Que le coût de la catastrophe nucléaire à Fukushima ne cesse d’augmenter, ce n’est pas un scoop. Le journal économique Nikkei a donné de nouveaux chiffres qui émanent du ministère de l’industrie et qui ont été largement repris par la presse. La facture totale a doublé depuis la précédente estimation de 2013 pour dépasser les 20 000 milliards de yens (170 milliards d’euros).

On savait déjà que le coût du démantèlement des 6 réacteurs de la centrale de Fukushima daï-ichi en incluant la gestion de l’eau contaminée allait largement dépasser les 2 000 milliards de yens (18 milliards d’euros) annoncés en 2013 pour atteindre plusieurs milliers de milliards de yens. Le journal n’est pas plus précis.

Pour la décontamination aussi les coûts dépassent largement les prévisions de 2013. Les nouveaux chiffres atteignent 4 à 5 000 milliards de yens (33 à 42 milliards d’euros), contre 2 500 milliards de yens en 2013.

Pour les indemnisations, l’estimation de 2013 avançait 5 400 milliards de yens (45 milliards d’euros), mais les fonds avancés par les autorités dépassaient déjà cette somme. TEPCo vient de recevoir son 58ième versement financier de 39,9 milliards de yens (333 millions d’euros) pour atteindre un total de 6 567,3 milliards de yens (55 milliards d’euros). Cet argent est prêté dans intérêts. Les nouvelles prévisions citées par le Nikkei sont de l’ordre de 8 000 milliards de yens (67 milliards d’euros), sachant que les indemnisations devraient s’arrêter en 2018.

Si l’on ajoute encore la gestion des déchets, dont le coût de 1 100 milliards de yens (9,2 milliards d’euros) n’a pas (encore ?) changé, le ministère de l’industrie arrive à un chiffre qui dépasse largement les 20 000 milliards de yens… jusqu’au prochain dépassement. Est-ce que cet argent a toujours été bien utilisé ? Faut-il aller décontaminer des zones où les populations ne rentreront pas ?

Qui va payer la facture ? TEPCo, nationalisée, ne peut pas couvrir tous ces frais. L’Etat hésite car les contribuables ne sont pas d’accord. Une autre idée était de forcer les nouveaux entrants sur le marché de l’électricité à mettre la main à la poche et d’ainsi reporter les coûts sur les consommateurs. Mais, selon le Maïnichi, le gouvernement vient de renoncer à cette dernière option

Début du fond de soutien aux enfants atteints d’un cancer de la thyroïde

Le fond de soutien aux enfants malades de la thyroïde dont nous avons déjà parlé a réussi à collecter 20 millions de yens (167 000 euros) depuis septembre dernier. Les familles peuvent faire une demande de soutien.

Ce « 3.11 Children’s Fund for Thyroid Cancer » peut verser 100 000 yens (840 euros) par patient âgé de moins de 25 ans dans 15 provinces de Nord-Est du Japon qui ont subi des retombées radioactives en mars 2011. 100 000 yens supplémentaires sont prévus pour les cas les plus graves.