Le sol gelé autour de la centrale accidentée pourrait avoir fondu par endroit

Afin de limiter les infiltrations d’eau souterraine dans les sous-sols des réacteurs accidentés, TEPCo a gelé le sol tout autour, sur une longueur totale de 1,4 km et sur plusieurs mètres de profondeur. Car, une fois infiltrée, cette eau se mélange à l’eau de refroidissement des combustibles fondus, qui est fortement contaminée. In fine, cela augmente le stock d’eau à gérer.

Le liquide de refroidissement qui maintient le sol gelé est à -30°C. Mais, à l’ouest du réacteur n°4, la température est positive depuis septembre 2021 et a même atteint 13,4°C le 18 novembre dernier. TEPCo a aussi trouvé de l’eau là où elle aurait dû trouver de la glace. La compagnie va intervenir en décembre pour tenter de colmater les infiltrations.

TEPCo modélise l’impact du rejet en mer de l’eau traitée

TEPCo a publié le résultat de calculs d’impact du rejet en mer prévu de l’eau traitée contenue dans les cuves. Voir son communiqué de presse et les documents attachés : une présentation des principaux résultats et un rapport d’une soixantaine de pages. Il y a aussi une vidéo montrant le panache calculé dans l’océan. Il est possible d’envoyer un commentaire avant le 18 décembre.

TEPCo confirme que l’eau sera filtrée de façon à ce que la concentration résiduelle de 62 radioéléments soit inférieure aux limites. Ce n’était pas le cas il y a quelques années et la compagnie doit filtrer à nouveau 67% de son stock d’eau qui s’élève à presque 1,3 millions de mètres cube. Elle mentionne des contrôles sur 64 radioéléments avant rejet, les 62 filtrés plus le carbone-14 et le tritium (hydrogène radioactif).

Le tritium, qui ne peut pas être filtré, sera dilué : la concentration des effluents ne dépassera pas 1 500 Bq/l et la quantité annuelle restera inférieure à 22 TBq, comme avant la catastrophe. Et le rejet se fera via un tunnel qui fait environ 1 km de long. Pour son calcul d’impact, la compagnie a retenu deux scénarios : un basé sur les seuls radioéléments mesurés et un basé sur une eau hypothétique constituée de 8 radioéléments qui dominent la dose des consommateurs de fruits de mer et sur-estime leur concentration : Sn-126, Sn-123, Sn-119m, Fe-59, Cd-115m, Cd-113m, C-14 et Ag-110. A l’exception du carbone-14, ces éléments n’ont pas été identifiés, mais il est supposé qu’ils sont présents. TEPCo ajoute ensuite le Zn-65, qui est le neuvième radioélément le plus pénalisant, pour atteindre la limite autorisée.

TEPCo suppose ensuite un rejet continu tout au long de l’année et modélise la dispersion du tritium en supposant que les autres radioéléments se comportent de la même façon, ce qui n’est pas nécessairement correct. La concentration en tritium au-dessus de l’exutoire du tunnel de rejet devrait être inférieure à 30 Bq/L. La dilution fait rapidement chuter cette concentration quand on s’éloigne.

Deux régimes alimentaires sont pris en compte dans le calcul de dose : un mangeur moyen de produits de la mer, et un gros mangeur. La dose la plus élevée avec la contamination mesurée de l’eau est de 0,31 µSv/an pour les adultes gros mangeurs et de 2,1 µSv/an avec l’eau hypothétique. C’est inférieur à l’objectif limite fixé à 0,05 mSv/an (50 µSv/an).

Il est important de noter que cette évaluation ne prend pas en compte la pollution existante, ni les fuites continues via l’eau souterraine qui se rejette dans la mer.

Dans la note explicative, TEPCo signale que les rejets en sortie de cuve sont limités à 500 m3 par jour. C’est optimiste, puisqu’avec une concentration en tritium de 200 000 Bq/L, TEPCo dépasserait l’autorisation annuelle de rejet. Pour les cuves où la concentration en tritium est de 820 000 Bq/L, le rejet ne pourra pas dépasser 73 m3 par jour. C’est moins que la quantité d’eau accumulée quotidiennement et cela ne permet pas de réduire le stock d’eau : il croît juste moins rapidement, comme nous l’avons déjà souligné.

Cette consultation coïncide avec une nouvelle visite d’une délégation de l’AIEA, réduite à 6 personnes à cause de la pandémie. La dernière visite a eu lieu en septembre dernier. TEPCo a mis en ligne des photos sans intérêt. A noter qu’une autre équipe serait venue faire des prélèvements, selon un communiqué de l’AIEA.

Pour rappel, le portail de TEPCo sur l’eau contaminée est ici en anglais.

Mise à jour du 16 décembre 2021 : Greenpeace Japon a soumis une analyse critique de ce travail à retrouver ici en anglais.

Filtres à air de la station ALPS : TEPCo a toujours une culture de sûreté défaillante

TEPCo a dû une nouvelle fois changer les filtres à air de sa station de traitement des eaux contaminées, ALPS, suite au déclenchement d’une alarme lors du transvasement de boues radioactives. 24 des 25 filtres étaient endommagés, selon l’Associated press.

Des photos sont disponibles dans ce document en japonais. Certains sont vraiment en mauvais état !

TEPCo avait déjà dû remplacer ces filtres il y a deux ans, suite à des dommages similaires, mais elle n’a pas cherché à comprendre pourquoi et n’a pas non plus renforcé la surveillance des ces filtres. Cela dénote, une fois de plus, d’un manque de culture de sûreté.

Pour l’Autorité de régulation nucléaire, le cœur du problème est l’attitude de TEPCo, qui aurait dû réagir plus rapidement afin de limiter les risques de fuites vers l’environnement. La compagnie précise qu’elle n’a détecté aucune fuite ni contamination des travailleurs.

Ce n’est, malheureusement, pas la seule défaillance de ce type. En février dernier, suite à un séisme, TEPCo avait reconnu qu’elle n’avait pas remplacé des sismographes en panne.

Rejet en mer : visite de l’AIEA

Une équipe de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) est en visite au Japon pour discuter du rejet en mer de “l’eau traitée” accumulée dans des cuves. Dirigée par Lydie Evrard, qui a été commissaire de l’Autorité de sûreté nucléaire française, l’équipe doit rencontrer des officiels japonais et visiter la centrale accidentée. Selon le communiqué de presse de l’AIEA, il s’agit d’aider le Japon à respecter les normes internationales pour le rejet, sans préciser, toutefois, à quelles normes il est fait référence et “fournir aux parties prenantes nationales et internationales des informations pertinentes et complètes, en temps utile, concernant la sûreté du rejet de l’eau”. Le but ultime étant de “contribuer à la transparence et, partant, à renforcer la confiance du public dans la sûreté des rejets”. Le communiqué est rédigé dans la même langue de bois que celle utilisée par les autorités japonaises…

L’AIEA a été invitée par le Japon, qui ne prend pas de risque. Car, comme elle l’explique elle-même, elle a pour but de promouvoir le nucléaire et souffre donc des mêmes défauts que la précédente autorité de sûreté japonaise (NISA). Elle n’a jamais contredit les autorités japonaises depuis le début de la catastrophe nucléaire : le Japon avait initialement classé l’accident au niveau 5 de l’échelle INES ou évité de parler de fusion (meltdown), sans que l’AIEA ne corrige.

Une équipe composée 11 personnes représentantes de plusieurs pays, dont la Chine et la Corée qui se sont opposées au rejet en mer, devrait revenir en décembre prochain, pour évaluer le plan de rejet en mer. Elle devrait aussi faire des prélèvements et écouter les parties-prenantes afin de leur apporter une réponse scientifique.

Le mois dernier, Christophe Xerri, qui a présidé des délégations de l’AIEA à Fukushima, a reconnu que personne ne pouvait prédire la date de fin des travaux car on n’a pas la technologie pour reprendre et gérer le corium. Une évidence. Mais, il y a tellement de non-dits et de tabous, que cette “révélation” a fait l’objet d’une dépêche AP. L’avantage, c’est que l’on pourra désormais l’affirmer sans être accusé de répandre des rumeurs néfastes !

Le rejet en mer se fera à un kilomètre via un tunnel sous-marin

TEPCo prévoit de creuser un tunnel sous-marin jusqu’à 1 km du rivage pour rejeter l’eau contaminée, pardon “traitée”, dans l’océan afin de permettre une meilleure dilution. Rappelons que cette eau sera déjà diluée en amont, avant rejet, de façon à avoir moins de 1 500 Bq/L de tritium, même si les contrôles ne seront faits qu’a posteriori. L’eau utilisée pour la dilution ne sera pas pompée dans le port, qui est contaminé, mais à proximité du réacteur n°5.

Un tunnel serait plus robuste qu’un simple tuyau en cas de séisme ou tsunami. Il devrait faire 2,5 m de diamètre. Les investigations géologiques devraient commencer en septembre et les travaux pourraient durer jusqu’en 2023. Les rejets ne débuteront qu’après cette date. Le coût d’un tel projet n’est pas donné. Voir ce document en anglais (copie) et celui-ci en japonais pour avoir des informations un peu plus détaillées.

TEPCo et le gouvernement espèrent ainsi réduire les “rumeurs néfastes” qui pourraient affecter les produits de la mer (lire le communiqué en anglais de TEPCo). Le but est plutôt de réduire la contamination près de la côte, mais ce mot est tabou ! Il s’agit, surtout, d’éloigner les rejets des prises d’eau de mer afin de ne pas repomper du tritium dans l’eau utilisée pour diluer le tritium des cuves.

Le gouvernement a aussi annoncé qu’il achèterait les invendus de la pêche pour les congeler si les ventes diminuent à cause de la “désinformation”. Pour les produits qui ne peuvent pas être congelés, il trouvera de nouveaux marchés. Le montant du fond d’aide et les conditions pour en bénéficier restent à déterminer. Et si ces efforts ne suffisent pas, TEPCo indemnisera les pêcheurs.

TEPCo s’était engagée à compenser les éventuelles baisses dans les ventes en faisant des études statistiques sur les marchés et en prenant en compte la crise sanitaire, comme l’explique l’Asahi. Voir aussi ce document en japonais. D’une manière générale, jusqu’à présent, c’est TEPCo qui indemnisait les pertes de revenus, mais la compagnie rechignait souvent à mettre la main à la poche, refusant même parfois de suivre les recommandations de la commission de conciliation. Les pêcheurs n’avaient donc pas confiance dans les promesses de TEPCo. Et donc, à la fin, ce sont les contribuables qui vont prendre en charge une partie des coûts éventuels qui auraient incomber à l’exploitant, comme le souligne l’Asahi.

Le gouvernement met aussi en avant les contrôles de l’AIEA qui seront faits de manière transparente. Cette agence de l’ONU n’a jamais rien trouvé à redire de l’action du Japon depuis le début de la catastrophe, même quand il minimisait le niveau de l’accident durant les premiers mois. Il n’y a donc rien à en attendre.

Le gouvernement avait déjà tenté, à l’aide d’une grande agence de communication, Dentsu, de faire passer le tritium pour un mignon petit poisson, ce qui avait fait scandale. La lutte contre les “rumeurs néfastes” n’est pas facile ! D’autant plus que l’on ne construit pas un tunnel sous-marin pour lutter contre ces rumeurs. C’est complètement ridicule. Il serait temps de bien nommer les choses afin de permettre le débat sur le sujet sans systématiquement stigmatiser les personnes qui expriment des inquiétudes.

En juillet dernier, TEPCo a publié une brochure d’une trentaine de pages en anglais qui présente 10 années d’efforts pour gérer l’eau contaminée. Cela vient compléter le portail internet dédié.

L’AIEA va examiner les rejets en mer de Fukushima

Le Japon et l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA) viennent de signer un accord à propos de l’eau contaminée de Fukushima qui doit être rejetée dans l’océan, conformément à la décision du gouvernement. Selon le communiqué de l’agence de l’ONU, cette dernière va examiner les différentes étapes du plan de rejet, à savoir :

  • la caractérisation des effluents avant rejet,
  • les aspects de sûreté,
  • la surveillance de l’environnement,
  • l’évaluation du calcul d’impact et
  • les contrôles du régulateur japonais.

L’accord n’est pas public, mais cela ressemble essentiellement à un examen de dossiers. TEPCo, dans son communiqué, parle de “revue”. Les médias japonais mentionnent que quelques prélèvements seront effectués lors des missions de l’AIEA sur place. Pas sûr que cela suffise à rassurer les Japonais et les autres pays, comme le prétend l’AIEA dans son communiqué. D’autant plus que l’agence n’a jamais rien trouvé à redire en 10 ans. Il n’y a donc pas grand chose à attendre de cet accord.

Rejets dans l’océan de l’eau contaminée : quels contrôles ?

TEPCo et les autorités ont décidé de rejeter dans l’océan l’eau contaminée qui s’accumule dans les cuves, après traitement. Pour le tritium, qui ne peut pas être filtré, la stratégie va consister à diluer cette eau de façon à ce que la concentration passe sous la limite de 1 500 Bq/L. Comment se fera le contrôle ?

TEPCo va d’abord effectuer une mesure de la contamination en tritium de l’eau qu’elle souhaite rejeter afin de déterminer le facteur de dilution à appliquer. Puis, une fois la dilution effectuée, des prélèvements auront lieu lors du rejet en mer. Mais, étant donné le délai nécessaire à la mesure, l’eau sera rejetée avant de connaître le résultat, selon le Maïnichi. Ce contrôle supplémentaire, en cours de rejet, a pour but de vérifier qu’il n’y a pas de dysfonctionnement et que la dilution dans de l’eau de mer se passe comme prévu. Pour attendre le résultat des contrôles avant rejet, il faudrait installer des cuves tampon qui vont compliquer les procédures et les rendre plus onéreuses. TEPCo préfère l’éviter. Elle doit soumettre sa procédure à l’Autorité de régulation nucléaire.

Mais, il n’y a pas que le tritium dans cette eau. Il faut aussi s’assurer que la contamination résiduelle de 63 autres radioéléments est bien inférieure aux limites autorisées. TEPCo a commencé à traiter une deuxième fois l’eau qui n’avait pas été traitée correctement. Les premiers tests étaient concluants et la compagnie a publié ses données relatives à la contamination résiduelle.

TEPCo a demandé à un laboratoire tiers, dont le nom n’est pas donné, de refaire les mesures et elle vient de rendre les résultats publics. Ils sont cohérents avec les siens. Mais le laboratoire tiers a mis deux mois pour analyser un échantillon, tout comme TEPCo. Ces délais doivent être réduits. Autre problème : comme il devra contrôler en continu, il doit s’assurer de bien disposer d’appareils redondants et de personnel qualifié en nombre suffisant afin de pouvoir faire face à une défaillance.

Les déchets issus de traitement de l’eau posent aussi un problème, comme nous l’avons rapporté. Leur contamination devrait aussi être contrôlée par des tiers…

TEPCo doit reprendre les déchets issus de la décontamination de l’eau

Les déchets issus de traitement de l’eau posent aussi un problème et TEPCo n’a pas de solution de gestion. Ils sont actuellement sous forme de boues radioactives mises dans des fûts en plastique qui font 1,9 m de haut et 1,5 m de diamètre. En avril dernier, il y en avait environ 3 000. Le plastique se détériore sous l’effet des rayonnements. TEPCo a calculé que la dose subie devait être inférieure à 5 MGy, ce qui leur permet de tenir jusqu’à au moins juillet 2025.

Mais, selon le Mainichi, l’autorité de régulation nucléaire a contesté la mesure faite par TEPCo de la contamination des boues. Elle estime que l’exposition aux rayonnements du plastique était plus élevée au fond des fûts à cause d’une plus forte densité. Et donc, 31 fûts ont leur date de préemption dépassée et doivent être remplacés. 56 autres devront aussi être remplacés dans les deux ans à venir. A noter qu’il n’y a pas eu de fuite constatée.

Nouvelles cuves pour l’eau contaminée

TEPCo a annoncé qu’elle allait ajouter 23 cuves pour entreposer l’eau traitée en attendant de pouvoir la rejeter en mer. Cela représente un volume de 30 000 m3, ou un peu plus de 200 jours de production. Le stock total pourra atteindre 1,4 million de mètres cube. Rappelons qu’avec les cuves existantes, la saturation est prévue pour l’automne 2022.

Selon l’Asahi, le ministère de l’industrie a affirmé que le gouvernement n’a pas prévu d’ajouter plus de cuves après cela. Mais, comme nous l’avons déjà signalé, même en rejetant de l’eau traitée dans l’océan, le stock continuera à augmenter, à un rythme moindre. Ces cuves supplémentaires ne seront donc pas de trop.

Même en rejetant l’eau tritiée en mer, TEPCo devra augmenter ses capacités de stockage

TEPCo va manquer de place à partir de 2022 pour ses cuves remplies d’eau contaminée sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi et la solution retenue par les autorités est le rejet en mer, comme cela a finalement été officiellement annoncé en avril dernier. Mais, comme le souligne l’Asahi, un simple calcul permet de montrer que cela ne suffira pas et que la quantité d’eau stockée va continuer à augmenter. Il faudra donc trouver de la place autour de la centrale.

La contamination résiduelle de l’eau qui va être rejetée, en supposant que TEPCo l’a correctement traitée cette fois-ci, est dominée par le tritium, de l’hydrogène radioactif que l’on peut difficilement séparer. La concentration moyenne est de 620 000 Bq/L et le stock total dans les cuves de 780 TBq (source). Or, l’autorisation de rejet annuelle est de 22 TBq. En supposant que les autorités ne comptent pas les rejets en tritium via les nappes phréatiques et que cette autorisation soit entièrement utilisée pour l’eau des cuves, TEPCo ne pourra se débarrasser que de 35 000 m3 par an, ou 97 m3 par jour pendant une trentaine d’années. C’est moins que la quantité journalière d’eau qui s’accumule.

En effet, sur son portail dédié à l’eau contaminée, TEPCo table sur une augmentation moyenne de 150 m3 par jour jusqu’en 2022 :

La quantité d’eau qui s’accumule dépend des précipitations et, ces derniers temps, les données hebdomadaires publiées font état d’une augmentation qui varie de 719 à 2 300 m3 par semaine, soit de 100 à plus de 300 m3 par jour.

Même avec le rejet en mer, le stockage va donc continuer à augmenter et TEPCo devra trouver de la place. La concentration de 620 000 Bq/L n’est qu’une moyenne et l’on imagine que TEPCo va commencer par l’eau la moins contaminée afin de se débarrasser de plus grands volumes au début. Il se peut aussi que l’autorisation de rejet soit relevée, une fois les rejets commencés. Mais, il y a de fortes chances pour que TEPCo doive trouver des terrains autour de sa centrale pour y mettre des cuves…

Le stock d’eau dans les cuves au 15 avril 2021 est, selon le portail, de 1 255 771 m3. Une grande partie a été traitée, mais mal traitée, et la contamination résiduelle dépasse les concentrations maximales autorisées pour un rejet en mer. Dans un document mis en ligne le 27 avril (copie), TEPCo vient de redéfinir sa terminologie pour qualifier l’eau entreposée dans les cuves. Ainsi, l’expression “eau traitée par ALPS” est désormais réservé à l’eau qui a été correctement traitée et dont la contamination résiduelle des 62 radioéléments retirés et du carbone-14 ne dépasse pas les concentrations maximales autorisées. Au 31 décembre 2020, cette eau représentait un volume de 323 900 m3 sur un total de 1 156 800 m3, soit à peine 28% ! Quant à l’eau qui doit être traitée une deuxième fois, majoritaire, elle n’a pas de nom officiel… Mais dans la suite du document, TEPCo parle d'”eau traitée par ALPS, etc”. Tout est dans le “etc” ! Cela doit faire partie des subtilités de la communication.