2 700 personnes rassemblées contre un projet de stockage de déchets radioactifs à Tochigi

Environ 2 700 personnes se sont rassemblées à Shioya, dans la province de Tochigi, pour s’opposer au projet de stockage de déchets radioactifs issus des travaux de décontamination, des stations d’épuration, etc… Parmi elles, Hirobumi Inomata, le maire de Kami dans la province de Miyagi, où des habitants ont récemment bloqué l’accès à un site envisagé pour le stockage des déchets. Elles ont adopté une résolution demandant l’abandon du projet.

En 2012, un site appartenant au gouvernement, situé dans la commune voisine de Yaita avait été envisagé, mais le projet avait dû être abandonné à cause de la forte opposition locale. Les autorités se sont donc rabattues sur Shioya, où il y aussi une forte opposition.

Il y a actuellement 170 sites d’entreposage provisoire de ces déchets à Tochigi.

La situation est tout aussi complexe dans les cinq provinces concernées par ces déchets : Tochigi, Miyagi, Chiba, Gunma et Ibaraki.

A Miyagi, l’accès au site envisagé pour le stockage des déchets bloqué par les riverains

Le gouvernement japonais peine à faire accepter ses projets pour le stockage définitif des déchets radioactifs issus des chantiers de décontamination, des boues de station d’épuration, de la paille contaminée… Dans la province de Miyagi, des riverains en colère ont bloqué l’accès au site envisagé près de Kami. Des experts doivent y mener des forages afin d’étudier le sous-sol. Deux autres sites potentiels doivent aussi être étudiés, à Kurihara et Taïwa. Les investigations n’ont pas pu avoir lieu sur ces deux autres sites non plus car les maires ont exigé qu’elles aient lieu simultanément. C’était une des conditions pour les accepter.

A Kami, environ 200 personnes, dont le maire, barraient la route d’accès avec des banderoles, dès 6h du matin. Quand les experts sont arrivés vers 8h, ils n’ont pas pu accéder au site. Les palabres ont duré une vingtaine de minutes. Face à la détermination des opposants, les experts et représentants du ministère sont repartis. Cela a entraîné un retrait sur les deux autres sites.

Le gouvernement espère pouvoir mener ces études avant la neige afin de pouvoir choisir le site le plus favorable avant la fin mars. Il y a actuellement 3 400 tonnes de déchets radioactifs à Miyagi, répartis sur 39 sites provisoires. La contamination en césium dépasse 8 000 Bq/kg.

Centre d’entreposage des déchets radioactifs de Fukushima : un quart des propriétaires de terrain acceptent de vendre

On le sait, le gouvernement veut entreposer les 22 millions de mètres cube de déchets radioactifs engendrés par l’accident nucléaire sur une surface de 16 km2 autour de la centrale de Fukushima daï-ichi. Officiellement, ces déchets doivent repartir après 30 ans sans que personne ne sache où. Les autorités sont à la peine avec les propriétaires des terrains. La moitié d’entre eux n’étaient identifiés en avril dernier. D’autres refusent de vendre car les déchets doivent repartir…

Selon le ministère de l’environnement, un quart des 2 365 propriétaires accepteraient de vendre leur terrain. 570 propriétaires sur 870 contactés auraient donné leur accord à des évaluations et des études sur leur parcelle, comme première étape. Ils auraient aussi accepté les règles de compensation.

De telles études auraient déjà été menées sur 300 parcelles, mais seulement cinq contrats de vente auraient été signé. A ce rythme, il n’est pas sûr que dans trente ans le gouvernement ait fini d’acheter les terrains et d’y transférer les déchets… Le ministère est plus optimiste et parle de 10 ans. Comment croire que ces déchets puissent être repris pour être stockés ailleurs dans 30 ans ?

 

Un éleveur porte plainte pour être mieux indemnisé

Un des plus gros éleveurs de la région de Fukushima vient de porter plainte contre TEPCo et le gouvernement. Il réclame 500 millions de yens (3,6 millions d’euros) pour compenser les pertes subies. La compagnie a près de 2 900 têtes de bétails dans plusieurs fermes de Kôriyama et Tamura. Elle doit faire face à la baisse des cours de la viande et au stockage du fumier qui ne peut plus être vendu comme engrais.

C’est la première fois qu’une plainte est déposée à propos du fumier. La compagnie en aurait accumulé 17 000 tonnes.

Greenpeace dénonce la politique de retour du gouvernement japonais

Greenpeace a écrit aux autorités japonaises pour leur demander de reporter la date de retour des populations dans les territoires évacués à cause de la radioactivité. Comme nous l’avons signalé en mai dernier, le gouvernement a, en effet, récemment décidé que toute la population devrait être rentrée pour mars 2017 afin de cesser les indemnisations en mars 2018. Les personnes originaires des territoires classés en “zone de retour difficile” ne sont pas concernés par cette décision.

Pour Greenpeace, qui a fait tout une série de mesures à Iitaté, ce n’est pas possible. Les débit de dose relevés peuvent être encore très élevés, même à proximité de zones facilement accessibles. Les analyses de sol, effectuées par Chikurin, le laboratoire fondé avec le soutien de l’ACRO, mettent en évidence de fortes contaminations à proximité du barrage Gambé. Greenpeace a aussi mis en ligne une série de photos.

En effet, l’approche gouvernementale à propos des déplacés de la catastrophe nucléaire est, bien entendue, financière, mais aussi idéologique : il faut démontrer que la catastrophe est réversible. Certaines communes détruites par le tsunami sont reconstruites ailleurs, dans des villes nouvelles. C’est le cas, par exemple, de Tamaura-Nishi qui vient d’être inaugurée. Une telle approche semble exclue pour les territoires contaminés. Même le centre de stockage des déchets radioactifs, qui va couvrir 16 km2 autour de la centrale de Fukushima daï-ichi, avec environ 25 millions de tonnes de détritus, n’est officiellement là que pour 30 ans. Personne n’y croit, mais il ne faut surtout pas dire qu’il n’y aura pas de retour.

Le choix de rendre J-Village au foot est aussi purement idéologique. Il aurait été plus simple de créer un nouveau centre de formation et d’entraînement. Mais l’approche gouvernementale est “scientifique” et les réticences des habitants sont dues à des “rumeurs néfastes”…

Des déchets radioactifs retirés de 5 écoles

Les écoles ont été les premiers lieux décontaminés, à la demande des parents d’élèves. Mais les déchets s’entassent souvent au fond de cour ou y ont été enterrés en attendant mieux. Cela restreint l’aire de jeu et c’est une source d’inquiétude pour les parents. Le ministère de l’environnement a annoncé qu’il allait profiter des vacances d’été pour reprendre ces déchets afin de les mettre dans le centre d’entreposage dédié en cours d’aménagement à proximité de la centrale de Fukushima daï-ichi. Mais seulement cinq écoles sont concernées pour cet été… et 3 000 m3 de déchets.

Fukushima refuse de discuter de la recherche de sites d’enfouissement des déchets nucléaires

Le gouvernement japonais n’arrive pas à trouver un site pour l’enfouissement des déchets les plus radioactifs. Pendant 13 ans, il a espéré qu’une région se porterait candidate, en vain, car l’opposition locale est forte.

Le gouvernement actuel a donc décidé de sélectionner le site sur des critères « scientifiques », puis espère pouvoir convaincre ensuite les élus locaux. Le ministère de l’industrie est en train de faire une tournée de consultations pour expliquer la démarche retenue. Mais, c’est une consultation très restreinte, puisque seuls les élus locaux sont conviés et que les réunions se tiennent à huis-clos.

Alors que des réunions ont déjà eu lieu dans 39 provinces sur 47, les élus de Fukushima ont refusé toute discussion car la province souffre déjà assez du nucléaire, ou plutôt des « rumeurs néfastes » selon la novlangue japonaise, et a déjà de grandes quantités de déchets issus de la décontamination. Ailleurs aussi, des élus locaux boycottent ces réunions.

Le groupe d’experts officiels mis en place par le ministère pour suivre ce dossier a, quant à lui, critiqué que les discussions ne soient pas ouvertes. Ce n’est pas ainsi que l’on peut obtenir l’assentiment des populations.

Par ailleurs, le gouverneur de Fukushima, va bientôt venir en Suisse avec une délégation pour, officiellement, “s’informer sur la politique énergétique de la Suisse et sur le développement des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique et des nouvelles technologies énergétiques en Suisse”. La province de Fukushima a, en effet, annoncé en 2014 sa volonté de couvrir l’intégralité de ses besoins en électricité à l’aide des énergies renouvelables à l’horizon 2040. Et que va visiter la délégation ? La centrale hydroélectrique de Chancy-Pougny et la centrale nucléaire de Mühleberg. Cette dernière est du même type que celle de Fukushima daï-ichi ! C’est de l’humour noir ?

Sacs de déchets radioactifs endommagés

Ce n’est pas un scoop : des sacs de déchets radioactifs issus des travaux de décontamination sont endommagés. Des photos tournent sur les réseaux sociaux. Parfois, les herbes ont recommencé à pousser. Mais, maintenant, c’est officiel : le ministère de l’environnement a trouvé des sacs avec des végétaux, de la terre… endommagés sur plusieurs sites temporaires.

Sur 580 sites inspectés, 78 présentent des sacs ou la couverture en plastique qui ne sont plus étanches. Sur 113 sites, le sol avait été emporté ou n’était plus stable. Le ministère n’est pas allé inspecter les zones évacuées.

La reprise de ces déchets n’est pas pour tout de suite car le site d’entreposage officiellement temporaire, mais probablement définitif n’est pas prêt car les négociations avec les propriétaires des terrains n’avancent pas.

En attendant, le ministère va poursuivre la surveillance et coopérer avec les pouvoirs locaux pour éviter les fuites.

Par ailleurs, l’organisme en charge des futurs sites de stockage de déchets radioactifs issus de la décontamination, Japan Environmental Storage & Safety Corp. (JESCO), vient de faire l’objet d’une attaque informatique. Son Intranet a été infesté par un virus. Les données concernant les propriétaires des terrains ne seraient pas stockées chez JESCO, mais au ministère de l’environnement.

Nouveau report en vue du démarrage de l’usine de retraitement

Japan Nuclear Fuel, qui a fait construire une usine d’extraction du plutonium des combustibles usés, généralement qualifiée d’usine de retraitement, a déjà reporté 21 fois son démarrage. La dernière date fixée, mars 2016, apparaît comme intenable et un 22ième report est en vue… Officiellement, ce sont les inspections par l’Agence de Régulation Nucléaire (NRA) qui prennent plus de temps que prévu. Le plan d’urgence interne en cas d’accident ne serait pas satisfaisant et les estimations sismiques insuffisantes.

L’exploitant estime qu’il lui faudra neuf mois pour mettre aux nouvelles normes l’usine, une fois le dossier de sûreté validé. Mais il s’accroche à son calendrier en prétendant pouvoir accélérer les travaux…

L’usine a déjà coûté 2 200 milliards de yens (16 milliards d’euros), soit le triple de la facture estimée initialement. Ses capacités d’entreposage, de 3 000 tonnes de combustibles usés, sont utilisées à 98%.

Nationalisation d’un site d’enfouissement de déchets radioactifs

Une fois l’ordre d’évacuer levé et les habitants rentrés, la vie dans les territoires contaminés devrait produire des déchets ordinaires qui peuvent être radioactifs. Ils devraient être pris en charge dans une filière spéciale si leur contamination en césium dépasse 8 000 Bq/kg. Il y a aussi des boues de station d’épuration, de la paille de riz contaminée, plus des débris du tsunami contaminés.

Il est prévu d’enfouir ces déchets à Tomioka sur un site de stockage de déchets industriels existant, qui appartient actuellement à Fukushima Ecotech. Le site a été retenu en 2013, mais les autorités locales ont demandé au gouvernement de l’acheter pour en prendre la responsabilité. Ce dernier vient d’accepter. Le ministre de l’environnement a aussi annoncé des mesures d’accompagnement économique au gouverneur de Fukushima, au maire de Tomioka et à celui de Naraha, commune traversée par la route d’accès.

Les déchets stockés sur ce site auront une contamination en césium comprise entre 8 000 et 100 000 Bq/kg. Les plus radioactifs devraient être coulés dans des fûts en ciment.