Les coûts de la décontamination dépassent largement les prévisions

Selon la télévision publique japonaise, les coûts de la décontamination sont beaucoup plus élevés que ce qui était prévu. La chaîne explique qu’à la fin mars 2016, 19,5 milliards de dollars avaient déjà été dépensés. Le ministère de l’environnement et l’agence de reconstruction estiment qu’il faudra payer 17 milliards de dollars supplémentaires.

C’est le gouvernement qui paye pour le moment, même s’il est prévu que TEPCo paye in fine. Cette dernière dernière rechigne. Le gouvernement veut maintenant se rembourser en vendant des actions TEPCo qu’il avait achetées en 2012, au moment de la nationalisation de la compagnie. Mais leur valeur devrait tripler pour pouvoir se rembourser.

Le ministère de l’industrie veut aussi faire payer les nouveaux entrants sur le marché de l’électricité, même s’ils n’exploitent pas l’énergie nucléaire en augmentant le coût du transport de l’électricité. Ces coûts seront alors reportés sur les consommateurs.

L’entreposage puis le stockage des déchets engendrés, à la charge du contribuable, devraient coûter quelques 10 milliards de dollars supplémentaires.

Travailleurs étrangers peut-être employés illégalement à Fukushima daï-ichi

Environ sept travailleurs étrangers ont été employés par des sous-traitants à la centrale de Fukushima daï-ichi. Selon le Maïnichi, leurs contrats n’étaient peut-être pas en règle et ils n’auraient pas reçu une formation suffisante en radioprotection. Il s’agit surtout de Brésiliens d’origine japonaise.

En 2014, TEPCo a fait construire de nombreuses cuves à la va-vite pour faire face à l’eau contaminée qui continue de s’accumuler jour après jours. La compagnie qui a remporté le contrat a sous-traité à une compagnie de soudure basée à Tôkyô qui n’avait pas assez de main d’œuvre. Elle a eu du mal à trouver assez de travailleurs japonais et a donc embauché environ 7 soudeurs étrangers intérimaires.

Un des travailleurs, d’origine brésilienne, a expliqué au quotidien que certains de ses camarades ne savaient pas lire le japonais alors que le manuel de radioprotection et le test sont rédigés dans cette langue. Il les a donc aidés à répondre aux questions.

Par ailleurs, la loi interdit le travail intérimaire quand il y a exposition aux rayonnement ionisant : l’employeur et le donneur d’ordre doivent être la même entité qui est responsable de la radioprotection. Les travailleurs étrangers ont été présentés comme étant salariés de l’entreprise de soudure alors que ce n’était pas le cas.

Selon la source du Maïnichi, il y avait un accord tacite dans le cadre d’une demande urgente. Chaque cuve était payée 2 millions de yens à l’entreprise de soudure.

Les boues de stations de lavage automobile radioactives à Fukushima

L’eau de lavage des automobiles est récupérée dans une fosse septique dont les boues sont devenues radioactives à Fukushima, au-delà de la limite de 8 000 Bq/kg fixée par les autorités après la catastrophe. Alors qu’il faut vidanger régulièrement ces fosses, où mettre les boues ? Dans plusieurs stations, la fosse est pleine.

Selon l’agence Kyodo, reprise par le Japan Times, Il y a quelques 1 700 stations de lavage à Fukushima où il y aurait plusieurs milliers de tonnes de boue accumulées. La contamination de monterait jusqu’à 57 400 Bq/kg pour les deux césiums radioactifs.

Dans certaines stations, les boues sont pelletées à la main pour éviter des débordements. Leur devenir n’est pas indiqué dans l’article. Les travailleurs prennent des risques ainsi, aussi bien bactériologiques, que chimiques et radioactifs.

Les associations professionnelles concernées en appellent à TEPCo et au gouvernement pour trouver une solution, en vain. Le fait que, plus de cinq ans et demi après la catastrophe, rien n’ai été fait pour stocker ces déchets est un scandale.

Augmentation du risque de démence chez les personnes âgées qui ont perdu leur logement après le tsunami

Une étude, en accès payant, met en évidence une augmentation du risque de démence chez les personnes âgées qui ont perdu leur logement suite au tsunami du Tôhoku de 2011 par rapport à celles qui ont pu rester chez elles. Voir la dépêche Reuters et l’article de MedicalXpress.

Une équipe médicale a suivi 3 556 personnes âgées de 65 ans ou plus d’Iwanuma dans la province de Miyagi qui ont survécu au tsunami. Presque la moitié de la ville a été inondée en mars 2011. 38,0% des participants ont perdu un ou des amis et/ou des membres de leur famille dans la catastrophe et les logements de 58,9% des participants ont subi des dommages matériels.

Avant le tsunami, 4,1% des personnes âgées avaient des symptômes de démence. C’est 11,5% deux ans et demi après. Par ailleurs, 2,8% des participants avaient eu un accident vasculaire cérébral (AVC) avant la catastrophe et presque 6,5% après.

La perte du logement et du lien social semble augmenter le risque de déclin cognitif selon cette étude. Plus la maison est endommagée, plus le risque est grand. 2,9% des personnes suivies ont déclaré n’avoir aucun contact avec les voisins, même pas une salutation dans la rue. C’était 1,5% avant la catastrophe.

En revanche, la perte d’un ami et/ou d’un membre de la famille ne semble pas affecter le risque de démence.

Le gouverneur de Kagoshima renonce à s’opposer au redémarrage de la centrale de Sendaï

Le nouveau gouverneur de Kagoshima avait fait campagne en s’opposant au réacteurs nucléaires de la centrale de Sendaï. A peine élu, il avait demandé leur arrêt immédiat, ce que Kyûshû Electric, l’exploitant, s’était, sans surprise, empressé de refuser.

Le réacteur n°1 a finalement été arrêté normalement le 6 octobre dernier, après 13 mois d’exploitation. Le gouverneur avait alors annoncé qu’il souhaitait des garanties supplémentaires avant d’autoriser un nouveau redémarrage. Selon l’Asahi, il vient de faire savoir, lors d’une conférence de presse, qu’il ne s’opposerait pas au nouveau redémarrage prévu le 8 décembre prochain, juste avant l’arrêt du réacteur n°2.

Comme excuse, il explique qu’un gouverneur n’a, légalement, pas le pouvoir de demander l’arrêt d’un réacteur ou de s’opposer à son redémarrage. Il le savait déjà avant de se faire élire… Mais, les compagnies d’électricité se targuent d’obtenir la compréhension des élus locaux. Une opposition du gouverneur a donc un poids politique fort. Celui de Kagoshima ajoute que Kyûshû Electric aurait, de toutes façons, redémarré, le réacteur, quel que soit son avis.

Il avait aussi promis de mettre en place un groupe d’experts pour examiner la sûreté de ces deux réacteurs afin de l’aider à prendre sa décision. Ce groupe n’a pas été formé et aucun calendrier n’a été donné lors de la conférence de presse. Il lui faut d’abord obtenir un budget pour cela et la demande n’a pas encore été soumise à l’assemblée régionale.

Le slogan pro-nucléaire de Futaba va finir au musée

Le slogan qui ornait la rue principale de Futaba :

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“le nucléaire, l’énergie d’un avenir radieux”, a été démonté car le portique était menaçant. Une pétition avait demandé sa conservation. Selon l’Asahi, le musée de Fukushima, situé à Aïzuwakamatsu l’a récupéré et pourrait l’exposer.

La commune de Futaba est classée en “zone de retour difficile”.

Le Japon a voté contre une résolution de l’ONU appelant au désarmement nucléaire

Le Japon, en tant que seul pays à avoir subi un bombardement nucléaire, est officiellement contre cette arme. Mais, il vient de voter contre une résolution de l’ONU appelant à des négociations en vue de son abolition.

123 pays ont voté en faveur de l’ouverture de discussions en 2017 afin d’aboutir à un traité abolissant l’arme nucléaire et 38 contre. Sans surprise, les Etats-Unis, la Russie, la France et le Royaume-Uni ont voté contre. Le Japon, l’Allemagne, l’Australie, la Corée, le Canada… qui bénéficient de la protection nucléaire américaine, aussi. La Chine et 15 autres pays se sont abstenus.

Le Japon a soutenu une autre résolution appelant à une réduction des arsenaux nucléaires, tout comme les Etats-Unis.

Indemnisation des familles d’écoliers emportés par le tsunami

A l’école élémentaire d’Ôkawa, dans la commune d’Ishinomaki, située dans la province de Miyagi, 74 écoliers et 10 enseignants ont été emportés par le tsunami. Elle était à 4 km de la côte. Il y avait 108 écoliers et 13 enseignants en tout dans cette école.

Les familles de 23 écoliers ont porté plainte et une Cour de Sendaï vient d’ordonner aux autorités d’Ishinomaki et de Miyagi de les indemniser car il aurait été possible de sauver les enfants et les enseignants. Après le séisme, les enfants et le personnel sont restés 45 minutes dans la cour de l’école. L’école a été alertée du tsunami 7 minutes avant son arrivée par des véhicules avec hauts-parleurs. La radio annonçait aussi une vague de 6 à 10 m. Le lieu choisi pour se réfugier, appelé Sankakuchitaï, n’était qu’à 7 m d’altitude alors qu’il y avait une colline à proximité. Il aurait été possible de s’y réfugier en une minute en courant. La vague faisait 10 m de haut.

De plus, des parents qui étaient venus chercher leurs enfants avaient demandé d’aller sur cette colline.

Les familles avaient demandé 2,3 milliards de yens (100 millions de yens ou 870 000 euros par enfant) et en ont obtenu 1,4 milliards (12 millions d’euros).

Les autorités locales s’étaient défendues en affirmant que l’école n’était pas dans une zone supposée inondable en cas de tsunami et avait même été désignée comme lieu de regroupement en cas de catastrophe naturelle.

La commune d’Ishinomaki devrait faire appel du jugement.

Plus de 600 enfants scolarisés et enseignants sont décédés ou disparus dans ce tsunami.

Le Japon persiste à vouloir redémarrer Monju

Monju, le surgénérateur japonais est un désastre industriel : il n’a fonctionné que quelques mois depuis 1994 et l’Autorité de Régulation Nucléaire avait, en novembre 2015, exigé que le gouvernement trouve un nouvel exploitant car l’actuel n’a pas la culture de sûreté requise. Une exigence rare dans le nucléaire, qui montre la gravité du problème. Même TEPCo est autorisée à exploiter du nucléaire…

Sans surprise, personne ne veut reprendre ce réacteur et le gouvernement doit se résigner à l’arrêter définitivement, sans perdre la face. Mais c’est sans compter sur l’obstination du ministère des sciences et technologie qui, selon le Japan Times, veut redémarrer Monju durant quatre mois courant 2019 avant de donner son accord pour un arrêt définitif en 2020. Le ministère espère obtenir un feu vert sans renforcer la sûreté, car la durée d’exploitation courte ! C’est complètement fou comme raisonnement.

Le coût du démantèlement des 6 réacteurs de Fukushima daï-ichi va dépasser largement les 18 milliards d’euros

Le gouvernement, qui a nationalisé TEPCo en 2012 pour lui éviter la faillite, veut se désengager, mais cela n’est pas facile tant les conditions sont difficiles. Un groupe d’experts du ministère de l’industrie a tenté d’estimer le coût du démantèlement des 6 réacteurs de la centrale de Fukushima daï-ichi en incluant la gestion de l’eau contaminée.

Il n’y est pas arrivé, mais la facture va largement dépasser les 2 000 milliards de yens (18 milliards d’euros) annoncés en 2013, auxquels il faut ajouter l’indemnisation, la décontamination, les aides économiques… Aucun chiffre n’est avancé pour l’instant.

Rappelons qu’en 2013, le gouvernement avait estimé à 5 400 milliards de yens les indemnisations (47,4 milliards d’euros), 2 500 milliards de yens la décontamination (22 milliards d’euros), 1 100 milliards de yens la gestion des déchets engendrés par la catastrophe (9,6 milliards d’euros… Il avait donc prévu d’avancer 9 000 milliards de yens à TEPCo (79 milliards d’euros). Il est admis officiellement maintenant que cela ne suffira pas et que la catastrophe coûtera beaucoup plus.

Les autorités n’ont jamais publié d’étude complète sur le coût déjà engagé de cette catastrophe encore en cours. Le démantèlement, ou plutôt la réduction de la menace des réacteurs accidentés, a déjà coûté 80 milliards de yens ces trois dernières années (plus de 700 millions d’euros).

La question est comment limiter la part payée par les contribuables. Une nouvelle réforme de TEPCo est envisagée, mais les perspectives de profit sont limitées. Le principal espoir de la compagnie est le redémarrage de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, mais ce n’est pas gagné car les réacteurs ne sont pas assez sûrs pour le moment. Il y a aussi la culture de sûreté à améliorer. Le nouveau gouverneur de Niigata sera intransigeant. Il l’a réaffirmé le jour de sa prise de fonction.

Le ministère a proposé quatre scénarios au groupe d’experts :

  • le gouvernement prend en charge le coût du démantèlement et des déchets de Fukushima daï-ichi ;
  • de l’argent public est avancé et TEPCo devra rembourser sur le long terme, ce qui implique un contrôle prolongé de l’Etat sur la compagnie ;
  • TEPCo est liquidée et les débiteurs ne sont pas remboursés ;
  • une nouvelle réforme de TEPCo augmente sa profitabilité afin de lui permettre de financer le démantèlement.

C’est cette dernière option qui a eu les faveurs du groupe d’experts et la piste proposée est de séparer l’activité nucléaire du reste de la compagnie afin de la vendre ou de la fusionner avec celle d’autres compagnies. Le but est d’accélérer le redémarrage d’un ou deux réacteurs de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa en regagnant la confiance du public et des élus locaux. TEPCo a déjà noué des alliances avec d’autres compagnies pour d’autres divisions. Pour le nucléaire, cela va être plus difficile car ce n’est pas qu’un problème d’image et de confiance. Les réacteurs ne sont pas autorisés à redémarrer pour l’instant.