Fukushima 50

Le film japonais “Fukushima 50“, réalisé par Setsurô Wakamatsu, vient de sortir au Japon. Il retrace les premiers jours de la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi. La date de sortie en Europe n’est pas encore connue. Il est basé sur le récit de Ryūshō KADOTA (門田 隆将), 死の淵を見た男 吉田昌郎と福島第一原発の五〇〇日, paru en 2012, traduit en anglais sous le titre “On the Brink: The Inside Story of Fukushima Daiichi“.

Ryūshō KADOTA a interrogé plus de 90 personnes, dont de nombreux travailleurs présents, ainsi que le directeur de l’époque, Masao Yoshida, maintenant décédé et le premier ministre Naoto Kan. Il a voulu rendre un hommage à ces travailleurs qui ont risqué leur vie pour sauver le Japon.

N’ayant pas vu le film, il est difficile d’en dire plus. C’est Ken Watanabe qui joue le rôle de Yoshida. Les autres personnages ont été recréés pour le film à partir de plusieurs travailleurs bien réels. Le film dure deux heures.

Voir la bande annonce internationale, sous-titrée en anglais :

Le parcours de la flamme olympique encore contaminé à Fukushima

Le gouvernement japonais a placé les jeux olympiques de 2020 sous le signe de la reconstruction, même s’ils auront lieu à… Tôkyô. Mais la flamme olympique partira de la province de Fukushima le 26 mars prochain.

Le parcours se fera sous la forme d’un relai : chaque personne portera la flamme sur 200 m environ. Une dizaine de personnes par commune traversée devraient donc être impliquées. Le transport se fera par voiture entre chaque commune. La flamme olympique va rester 3 jours à Fukushima. Voir son parcours sur le site du comité olympique, en japonais et en anglais, ainsi qu’une présentation en français.

Un collectif d’associations, auquel participait Chikurin, le laboratoire mis en place à Tôkyô avec le soutien de l’ACRO, a effectué des mesures de débit de dose ambiant et des prélèvements de sol tout le long du parcours de la flamme olympique. Les résultats ont été présentés lors d’une conférence de presse le 3 mars 2020. Voir la présentation faite.

Des mesures et des prélèvements ont été effectués sur 69 sites. Pour 43 site, le débit de dose ambiant à 1 m du sol dépassait 0,23 µSv/h, qui correspond au seuil à partir duquel le gouvernement japonais a engagé des travaux de décontamination. Cela correspond à 1 mSv/an. Voir nos explications sur les doses et les limites. Le site le plus contaminé a été trouvé à Iitaté : 0,85 µSv/h à 1 m du sol et une contamination surfacique de 2 140 000 Bq/m2. C’est plus que la limite normale d’1 mSv/an, mais c’est moins que la limite fixée à 20 mSv/an pour le retour des habitants par le gouvernement japonais.

L’exposition des relayeurs devrait être limitée car ils ne resteront pas longtemps sur place. Mais se pose tout de même la question de savoir ce qui justifie leur exposition. Les spectateurs, quant à eux, devraient très peu nombreux à cause du coronavirus. Le problème est pour les habitants qui sont là à l’année, car le parcours passe dans des zones où l’ordre d’évacuer a été levé.

Un livret en japonais présentant les résultats peut être commandé auprès de Chikurin (500 yens).

Voici plus d’information sur les sites investigués :

 

Ordre d’évacuer levé dans une toute petite partie de Futaba, d’Ôkuma et de Tomioka

Comme prévu, le gouvernement a levé l’ordre d’évacuer d’une toute petite partie de Futaba, commune entièrement évacuée. C’est la première qu’un tel ordre est levé dans une zone classée en “retour difficile”. L’exposition serait passé sous le seuil de 20 mSv/an, qui est encore très élevé.

Outre la dimension symbolique, le but principal est de rouvrir la voie de chemin de fer Jôban. L’ordre d’évacuer a été levé devant la gare. L’ordre d’évacuer sera aussi levé le 5 mars devant la gare d’Ôno, dans la commune d’Ôkuma et le 10 mars devant celle de Yonomori à Tomioka. Le train devrait reprendre du service dans ces gares à partir du 14 mars.

La surface totale des zones devant ces trois gares où l’ordre d’évacuer a été levé est de 0,54 km2. Personne ne va y vivre pour le moment.

Le gouvernement a aussi levé les restrictions d’accès de deux autres parties de Futaba, pour préparer le retour des habitants. Ils ne peuvent pas y habiter pour le moment, mais y aller dans la journée sans demander un permis. Cela ne représente que 4% de la superficie de la commune.

Il y avait 7 000 personnes à Futaba avant l’accident.

Le gouvernement veut faire passer la flamme olympique dans cette commune, à partir du 26 mars prochain. Mais, à cause du coronavirus, il devrait y avoir pas ou peu de spectateurs.

97ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 97ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 28,6 milliards de yens (240 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo a déjà reçu un total de 9 368,7 milliards de yens (78,7 milliards d’euros au cours actuel), en incluant le présent versement et cela ne suffira pas.

Le communiqué de TEPCo est accompagné d’un tableau avec les sommes versées au titre des indemnisations, mais sans explications. Le total s’élève à 9 331,4 milliards de yens (78,4 milliards d’euros).

Plus d’interdiction de pêche en mer à Fukushima

Les autorités japonaises ont levé les dernières restrictions concernant la pêche en mer au large de Fukushima, au-delà d’un rayon de 20 km de la centrale nucléaire accidentée. Comme les sédiments retiennent le césium, certains poissons plats, qui vivent au fond, ne pouvaient pas être mis sur le marché. Un spécimen avait dépassé la limite de 100 Bq/kg en janvier 2019. Cela ne s’est pas reproduit depuis.

Pour rappel, les concentrations maximales admissibles introduites par les autorités japonaises sont ici en anglais. Elles avaient été abaissées le 1er avril 2012.

Des restrictions demeurent sur des poissons de rivière et de lac (liste en japonais), ainsi que sur des produits agricoles, de la cueillette et de la chasse (liste en japonais).

Confirmation de l’autorisation de remise en service d’Onagawa-2

En novembre 2019, l’Autorité de régulation nucléaire avait indiqué vouloir autoriser la remise en service du réacteur n°2 de la centrale d’Onagawa située dans la province de Miyagi. Il ne restait plus qu’à soumettre cet avis à la consultation du public sur Internet.

Après la consultation, l’Autorité de régulation nucléaire a maintenu son avis : Onagawa-2 satisfait au nouveau référentiel de sûreté mis en place après la catastrophe nucléaire. Pourtant, le plus grand nombre des 979 avis déposés, s’opposaient à la remise en service du réacteur. La demande avait été déposée en décembre 2013.

C’est le 16ième réacteur à voir sa remise en service validée. Mais seuls 9 ont été remis en service depuis 2011, et aucun en 2019. Le nucléaire japonais est bloqué.

La remise en service n’est pas pour tout de suite, car cette centrale a subi les séismes et tsunami de 2011. Il reste, notamment, à mur à terminer le long du littoral. La compagnie espère terminer les travaux de renforcement de la sûreté pour mars 2021.

Il s’agit d’un réacteur à eau bouillante, comme ceux de la centrale de Fukushima daï-ichi.

TEPCo une nouvelle fois condamnée à indemniser des “auto-évacuées” de la catastrophe nucléaire

En avril 2016, 52 personnes ont saisi la justice pour être mieux indemnisées suite à la catastrophe nucléaire. Elles sont toutes originaires de zones où il n’y a pas eu d’ordre d’évacuer. Ils réclamaient un total de 99 millions de yens (820 000€) pour la souffrance psychologique qui a suivi leur évacuation spontanée et la crainte d’avoir été exposés aux retombées radioactives.

De nombreuses personnes ont d’abord saisi la commission de conciliation mise en place par le gouvernement pour traiter les demandes d’indemnisation. Mais TEPCo ayant refusé d’appliquer les recommandations de cette commission, les victimes se sont retouvées dans une impasse. Le dossier est remonté jusqu’au parlement et le ministre de l’industrie a demander à la compagnie d’être plus compréhensive, en vain. Elle ne veut pas se départir des règles fixées par le gouvernement, afin de limiter le coût des indemnisations, qui s’élève déjà à plus de 9 321 milliards de yens (77 milliards d’euros). Le gouvernement, actionnaire majoritaire, a les moyens de faire céder TEPCo, mais il ne semble pas prêt à cela, car c’est lui qui avance l’argent…

Dans le cas présent, un groupe de victimes a saisi la justice pour obtenir réparation. Selon l’Asahi, la cour a aussi tenté de trouver un compromis en décembre dernier, mais TEPCo a encore refusé. Elle vient donc de condamner la compagnie à payer 12,03 millions de yens (100 000 €) à 50 des 52 plaignants. Le juge a reconnu que les personnes qui sont parties étaient stressées à cause d’une situation incertaine et l’absence de perspectives pour leur avenir. Quant à celles qui sont restées, elles ne pouvaient pas se déplacer librement à cause de la crainte des radiations.

La cour a donc demandé à TEPCo de verser entre 22 000 (182€) et 286 000 yens (2 400 €) à chaque plaignant éligible, en plus des 120 000 yens (1 000 €) déjà reçus suivant la procédure normale.

Shikoku Electric fait finalement appel de la décision de justice qui suspend son réacteur Ikata-3

Shikoku Electric, qui a vu la justice suspendre une deuxième fois le réacteur n°3 de sa centrale nucléaire d’Ikata (à Ehimé) le 17 janvier dernier, a finalement décidé de faire appel. Elle avait reporté cette décision suite aux multiples problèmes survenus dans ce réacteur, dont une coupure généralisée de l’électricité pendant une dizaine de secondes.

Un autre juge de la même cour devrait être saisi du dossier.

Ikata-3 avait été remis en service en 2016. Il est à l’arrêt pour maintenance depuis le 26 décembre 2019 et il aurait dû redémarrer en avril 2020.

Japan Atomic Power Co accusée de falsifier les données sismiques

L’Autorité de régulation nucléaire (NRA) a accusé la Japan Atomic Power Co (JAPCo) d’avoir modifié les données sismiques utilisées pour déterminer si la faille qui passe sous sa centrale de Tsuruga, dans la province de Fukui, est active ou pas.

Le groupe d’experts de la NRA avait conclu, en mai 2013, que la faille qui passe sous la centrale de Tsuruga est active, ce qui interdit son exploitation. Cet avis avait été confirmé en novembre 2014, malgré les nouvelles données transmises par l’exploitant. Ce dernier ne veut pas admettre les faits et une demande de remise en service du réacteur n°2 a été déposée en novembre 2015. Le réacteur n°1 a été arrêté définitivement en mars 2015.

De nouvelles investigations géologiques ont été menées par l’exploitant et la NRA s’est aperçue que qu’une partie des données transmises le 7 février dernier avait été effacée et remplacée. Une telle attitude est inacceptable ! La compagnie a expliqué avoir remplacé des données anciennes par des données plus récentes, mais cela n’a pas convaincu la NRA qui lui demandé de lui transmettre toutes les données originales et de pointer toutes les modifications faites.