Futaba va garder les portiques avec ses slogans

Plusieurs slogans accueillaient les visiteurs au centre ville de Futaba. Celui sur la photo, ci-dessous, proclame : « le nucléaire, une énergie radieuse pour l’avenir ». La ville est actuellement entièrement évacuée, classée en zone de « retour difficile ».

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La mairie avait récemment décidé de les démanteler car ils menaceraient de s’effondrer. Cela a suscité une polémique. L’auteur du des slogans, qui était enfant à l’époque, a recueilli 6 500 signatures en faveur du maintien des portiques. Il s’agit pour lui de maintenir vivante la mémoire des erreurs du passé. Le maire a concédé leur maintien.

Financement de la reconstruction du Tôhoku

Le ministre de la reconstruction a présenté son plan de financement pour les années à venir, qui doit encore être adopté par le gouvernement. Il est prévu de dépenser 6 500 milliards de yens (46 milliards d’euros) pour les années 2016 à 2020. A titre de comparaison, le gouvernement a engagé 26 300 milliards de yens (presque 190 milliards d’euros) entre 2011 et 2015, même si tout n’a pas été dépensé.

Le gouvernement va aussi demander aux pouvoirs locaux de prendre en charge une partie des coûts de la reconstruction : ils devront prendre en charge jusqu’à 3,3% des coûts de certains projets. Cette participation avait été annoncée au début du mois : les trois régions les plus touchées, à savoir Iwaté, Miyagi et Fukushima devront débourser chacune 30 milliards de yens (214 millions d’euros) si l’on compte la contribution des communes.

Pour les routes nationales et les ports, la contribution devrait être de 1,7% alors qu’elle est de 26,7% dans les zones non touchées par la catastrophe. Pour le développement des infrastructures, ce sera 2,3% alors que c’est 36% ailleurs. La plus forte contribution est de 3,3% pour les installations de traitement des déchets, contre 66% dans les zones non affectées.

Le gouvernement devrait continuer à prendre en charge à 100% certains projets clé comme la reconstruction sur les hauteurs des villes côtières englouties ou les autoroutes. La reconstruction dans les zones évacuées va aussi être entièrement prise en charge par le gouvernement.

La somme totale prévue par le gouvernement inclut 3 400 milliards de yens pour la reconstruction des habitations détruites, 1 700 milliards de yens en soutien à des projets locaux et 500 milliards de yens à des mesures relatives à la catastrophe nucléaire.

Le ministre a annoncé aux médias que la reconstruction des zones touchées par le tsunami à Miyagi et Iwaté devrait être terminée dans les dix ans qui suivent la catastrophe naturelle.

Séparation de la production et du transport de l’électricité en 2020

Le parlement japonais vient d’adopter la loi séparant la production du transport de l’électricité. C’est la dernière étape de la libéralisation du marché de l’électricité.

Rappelons qu’actuellement dix compagnies d’électricité bénéficient de monopoles régionaux qui leur permettent de pratiquer des prix très élevés. Elles produisent, transportent et vendent le courant électrique. D’autres compagnies, souvent des filiales, produisent uniquement du courant qui est racheté par ces dix majors pour être revendu aux consommateurs.

Après la catastrophe nucléaire, le gouvernement de l’époque a décidé de revoir complètement l’organisation du secteur en introduisant une libre concurrence à l’image de la situation en Europe. La première étape du processus a vu la création, en avril dernier, d’un organisme indépendant chargé de coordonner la production d’électricité à l’échelle du pays. La deuxième étape aura lieu l’an prochain avec l’ouverture du marché à la concurrence pour les particuliers. Les gros consommateurs peuvent déjà choisir leur fournisseur. A cela, s’ajoute, une politique de rachat avantageuse de l’électricité d’origine renouvelable.

Les compagnies qui dépendent le plus du nucléaire sont les plus vulnérables car tout le parc est arrêté. Or, même à l’arrêt, les centrales nucléaires coûtent cher, alors qu’elles ne rapportent rien. Les compagnies font donc un lobbying intense pour maintenir leur position privilégiée. Elles soutiennent que le processus de libéralisation pourrait menacer la stabilité de l’offre. Le processus de libéralisation a commencé dans les années 1990 pour les gros consommateurs, mais il a fallu la catastrophe nucléaire pour qu’il soit accéléré. La nouvelle loi, cependant, contient une clause permettant au gouvernement de prendre les mesures nécessaires au regard de l’offre et de la demande au moment de la séparation de la production et de la distribution. Cela suggère que la réforme pourrait être reportée si les réacteurs nucléaires sont encore largement à l’arrêt en 2020, ce qui est fort probable.

Le marché du gaz de ville va aussi être libéralisé à partir de 2017.

Ordre d’évacuer levé en août à Naraha

Le gouvernement prévoit de lever l’ordre d’évacuer la commune de Naraha, située à moins de 20 km de la centrale, avant o-bon, la fête des morts qui est à la mi-août. Tous les 7 400 habitants (2 700 familles) ont dû partir à cause de l’accident nucléaire. Ils peuvent dormir chez eux depuis le 6 avril. Mais moins de 10% d’entre eux ont demandé à pouvoir en bénéficier. Ils ne sont qu’une centaine à demeurer dans leur maison. L’autorisation à rester la nuit va être étendue jusqu’au 5 août.

Un sondage effectué en novembre dernier a montré que seulement 45,7% des habitants de Naraha prévoyaient de rentrer chez eux après la levée de l’ordre d’évacuer. Des réunions de concertation avec les habitants vont avoir lieu d’ici la fin du mois pour aborder les problèmes liés à la contamination résiduelle et au manque de services publics, de structures de soin… La décision définitive sera prise à l’issue de ces réunions.

Ce sera la première commune entièrement évacuée où l’ordre va être levé. Dans les deux cas précédents, seule une partie des communes de Tamura et de Kawauchi était à moins de 20 km de la centrale.

Le 9 juin dernier, la réunion du conseil municipal a eu lieu dans les locaux de la mairie pour la première fois depuis la triple catastrophe. Elle a duré 3 jours. Il y avait eu des sessions extraordinaires, en janvier et février dernier.

Sacs de déchets radioactifs endommagés

Ce n’est pas un scoop : des sacs de déchets radioactifs issus des travaux de décontamination sont endommagés. Des photos tournent sur les réseaux sociaux. Parfois, les herbes ont recommencé à pousser. Mais, maintenant, c’est officiel : le ministère de l’environnement a trouvé des sacs avec des végétaux, de la terre… endommagés sur plusieurs sites temporaires.

Sur 580 sites inspectés, 78 présentent des sacs ou la couverture en plastique qui ne sont plus étanches. Sur 113 sites, le sol avait été emporté ou n’était plus stable. Le ministère n’est pas allé inspecter les zones évacuées.

La reprise de ces déchets n’est pas pour tout de suite car le site d’entreposage officiellement temporaire, mais probablement définitif n’est pas prêt car les négociations avec les propriétaires des terrains n’avancent pas.

En attendant, le ministère va poursuivre la surveillance et coopérer avec les pouvoirs locaux pour éviter les fuites.

Par ailleurs, l’organisme en charge des futurs sites de stockage de déchets radioactifs issus de la décontamination, Japan Environmental Storage & Safety Corp. (JESCO), vient de faire l’objet d’une attaque informatique. Son Intranet a été infesté par un virus. Les données concernant les propriétaires des terrains ne seraient pas stockées chez JESCO, mais au ministère de l’environnement.

Demande d’autorisation de redémarrage pour le réacteur n°3 de la centrale de Hamaoka

Chûbu Electric vient de déposer un dossier de demande d’autorisation de redémarrage du réacteur n°3 de sa centrale de Hamaoka située dans la province de Shizuoka. Rappelons que cette centrale avait été arrêtée sur ordre du premier ministre de l’époque en mai 2011 car elle est située près d’une faille sismique majeure et qu’un accident couperait les principaux axes de communication entre l’Est et l’Ouest du pays. Le réacteur n°3 était déjà à l’arrêt à cette époque.

L’exploitant avait déjà déposé une demande pour le réacteur n°4 de cette même centrale en février 2014. Il a fait construire une digue de 22 m de haut pour la protéger des tsunamis. Pour le réacteur n°3, les travaux de remises aux normes de sûreté devraient être terminés en septembre 2017. Mais, plusieurs communes proches sont opposées au redémarrage. Les autorités régionales sont aussi hésitantes.

Les réacteurs n°1 et 2 de cette centrale ont été arrêtés définitivement en 2009. De l’eau de mer est remontée dans la cuve du réacteur n°5, rendant son redémarrage plus difficile, voire impossible.

Rappelons que tout le parc nucléaire japonais est à l’arrêt complet depuis exactement 20 mois consécutifs.

15% des écoles de Fukushima ne sont pas aux normes anti-sismiques

Selon les données publiées par le ministère de l’éducation et rapportées par le Fukushima Minpo, 15,1% des écoles et des collèges Fukushima ne seraient pas assez résistants en cas de fort séisme. C’est 10,7 points de plus que la moyenne nationale. Sur 2 053 bâtiments, 310 doivent être rénovés et 47 pourraient s’effondrer si la secousse dépasse une magnitude de 6 sur l’échelle japonaise.

Il en est de même pour les écoles pour enfants handicapés.

Les communes concernées n’ont pas les fonds nécessaires car leur priorité est la décontamination et la reconstruction. Le coût des matériaux de construction a aussi fortement augmenté suite aux catastrophes naturelles. Même si les fonds étaient disponibles, il y a une telle demande dans le bâtiment, qu’il n’est pas sûr qu’il aurait été possible de trouver la main d’œuvre nécessaire.

Doses reçues par des enfants de Minami-Sôma en 2012

Une étude en libre accès, qui vient de paraître, rapporte l’exposition interne et externe de 881 enfants de Minami-Sôma en 2012. Ils étaient âgés, à l’époque, de 6 à 15 ans. La commune s’étend entre 10 et 40 km de la centrale nucléaire accidentée, au Nord.

Aucune contamination interne n’a été détectée chez 878 de ces enfants, soit 99,7%, sachant que la limite de détection est de 250 Bq pour le césium-137 pour le corps entier et 220 Bq pour le césium-134. Les trois enfants avec une contamination interne avaient respectivement 811, 816 et 1 016 Bq dans le corps entier pour les deux césiums. Selon l’étude, cela conduit à une dose comprise entre 0,025 et 0,085 mSv par an.

L’exposition externe a été enregistrée avec des « glass-badges » de la compagnie Chiyoda. L’exposition à la radioactivité naturelle retirée, les doses externe reçues par ces enfants allaient de 0 à 3,45 mSv/an.

En sommant les deux expositions, on arrive à une dose totale variant de 0,25 à 3,49 mSv/an. Rappelons que la limite à ne pas dépasser en temps normal est de 1 mSv/an. 80% des enfants ont reçu une dose inférieure à cette limite. L’exposition totale des trois enfants contaminés était respectivement de 0,92, 1,05 et 1,12 mSv/an.

Nouveau report en vue du démarrage de l’usine de retraitement

Japan Nuclear Fuel, qui a fait construire une usine d’extraction du plutonium des combustibles usés, généralement qualifiée d’usine de retraitement, a déjà reporté 21 fois son démarrage. La dernière date fixée, mars 2016, apparaît comme intenable et un 22ième report est en vue… Officiellement, ce sont les inspections par l’Agence de Régulation Nucléaire (NRA) qui prennent plus de temps que prévu. Le plan d’urgence interne en cas d’accident ne serait pas satisfaisant et les estimations sismiques insuffisantes.

L’exploitant estime qu’il lui faudra neuf mois pour mettre aux nouvelles normes l’usine, une fois le dossier de sûreté validé. Mais il s’accroche à son calendrier en prétendant pouvoir accélérer les travaux…

L’usine a déjà coûté 2 200 milliards de yens (16 milliards d’euros), soit le triple de la facture estimée initialement. Ses capacités d’entreposage, de 3 000 tonnes de combustibles usés, sont utilisées à 98%.

Confirmation de la cessation de l’aide aux déplacés « volontaires »

Les autorités régionales de Fukushima avaient annoncé qu’elles souhaitaient cesser la mise à disposition de logements gratuits pour les déplacés « volontaires » à la fin de l’année fiscale 2016, qui se termine le 31 mars 2017. Elles viennent de confirmer leur décision et disent réfléchir à une aide au retour, ainsi qu’à une aide au logement pour les revenus les plus faibles.

Officiellement, il y aurait environ 25 000 déplacés « volontaires », dont 20 000 partis vivre en dehors de Fukushima.

Rappelons qu’une pétition de soutien est en cours.