JAEA, l’équivalent du CEA français, envisage d’installer son centre de recherche sur le démantèlement des installations nucléaires à Tomioka, commune évacuée. Pour le moment, aucune date de retour des habitants n’est connue pour cette commune, autre que la date générale décidée par le gouvernement. Le centre ville est à 9 km de la centrale accidentée et cette commune n’a pas encore reçu d’installation liée à la reconstruction. La commune voit là une opportunité pour relancer l’économie locale.
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Les habitants de Katsurao et d’une partie de Minami-Sôma bientôt autorisés à dormir chez eux
Après Kawamata, les autorités ont décidé de permettre aux habitants de Katsurao et de la partie évacuée de Minami-Sôma seront autorisés à rester chez eux la nuit à partir du 31 août afin de leur permettre de se préparer à la levée de l’ordre d’évacuer. Pour ces deux zones, il est déjà autorisé de rentrer durant la journée, mais pas d’y passer la nuit.
A Minami-Sôma, sont concernés, les 11 700 habitants des districts Haramachi et d’Odaka. A Katsurao, 1 360 habitants sont concernés. Ils viennent s’ajouter aux 1 200 habitants de Kawamata qui auront les mêmes droits à la même date.
La date de levée de l’ordre d’évacuer n’est pas encore fixée. Cela dépendra de la situation sur place. La commune de Minami-Sôma vise avril 2016 et celle de Katsurao, le printemps 2016. Dans ces deux communes, les zones classées pudiquement en “zones de de retour difficile” ne sont pas concernées par ces décisions.
Par ailleurs, alors que l’on s’approche d’O-bon, c’est à dire la fête des morts, les habitants des zones évacuées sont autorisés à se rendre sur les tombes.
Les habitants de Kawamata bientôt autorisés à dormir chez eux
Les autorités vont autoriser les habitants de Kawamata à passer la nuit chez eux à partir du 31 août prochain. 1 192 personnes du district de Yamakiya, situé entre 30 et 40 km de la centrale sont concernées. Il s’agit de les aider à préparer leur retour.
Une partie ce ce district est classé en zone avec restriction de résidence car l’exposition externe était comprise entre 20 et 50 mSv par an. C’est la première fois que des habitants pourront dormir chez eux dans cette zone.
C’est officiel : l’ordre d’évacuer Naraha sera levé le 5 septembre 2015
L’information n’est pas nouvelle, mais est maintenant officielle : le gouvernement va lever l’ordre d’évacuer la commune de Naraha le 5 septembre prochain. Il s’agit de la première commune entièrement évacuée où cet ordre sera levé. 7 400 personnes et 2 700 foyers sont concernés. Tout n’est pas rétabli sur place et de nombreux habitants sont inquiets. Le nouveau mur anti-tsunami, par exemple, ne sera terminé qu’en 2018.
Début de la construction d’un mur anti-tsunami à Naraha
On le sait, les autorités veulent lever l’ordre d’évacuer la commune de Naraha le 5 septembre prochain alors que tout n’est pas prêt pour le retour. La pose de la première pierre d’un nouveau mur anti-tsunami vient juste d’avoir lieu, le précédent ayant été endommagé.
Le nouveau mur, d’une longueur de 1,8 km et d’une hauteur de 8,7 m sera plus éloigné de la côte que le précédent. Il devrait être terminé en mars 2018…
Greenpeace dénonce la politique de retour du gouvernement japonais
Greenpeace a écrit aux autorités japonaises pour leur demander de reporter la date de retour des populations dans les territoires évacués à cause de la radioactivité. Comme nous l’avons signalé en mai dernier, le gouvernement a, en effet, récemment décidé que toute la population devrait être rentrée pour mars 2017 afin de cesser les indemnisations en mars 2018. Les personnes originaires des territoires classés en “zone de retour difficile” ne sont pas concernés par cette décision.
Pour Greenpeace, qui a fait tout une série de mesures à Iitaté, ce n’est pas possible. Les débit de dose relevés peuvent être encore très élevés, même à proximité de zones facilement accessibles. Les analyses de sol, effectuées par Chikurin, le laboratoire fondé avec le soutien de l’ACRO, mettent en évidence de fortes contaminations à proximité du barrage Gambé. Greenpeace a aussi mis en ligne une série de photos.
En effet, l’approche gouvernementale à propos des déplacés de la catastrophe nucléaire est, bien entendue, financière, mais aussi idéologique : il faut démontrer que la catastrophe est réversible. Certaines communes détruites par le tsunami sont reconstruites ailleurs, dans des villes nouvelles. C’est le cas, par exemple, de Tamaura-Nishi qui vient d’être inaugurée. Une telle approche semble exclue pour les territoires contaminés. Même le centre de stockage des déchets radioactifs, qui va couvrir 16 km2 autour de la centrale de Fukushima daï-ichi, avec environ 25 millions de tonnes de détritus, n’est officiellement là que pour 30 ans. Personne n’y croit, mais il ne faut surtout pas dire qu’il n’y aura pas de retour.
Le choix de rendre J-Village au foot est aussi purement idéologique. Il aurait été plus simple de créer un nouveau centre de formation et d’entraînement. Mais l’approche gouvernementale est “scientifique” et les réticences des habitants sont dues à des “rumeurs néfastes”…
Nouvelle carte de la contamination
Les autorités japonaises viennent de mettre en ligne une nouvelle carte de la contamination des sols sur une zone allant du Nord de Tôkyô à Iwaté. Les données, datées de novembre 2014, ont été obtenues depuis un hélicoptère.
Grâce à la désintégration du césium-134, qui a une demi-vie de 2 ans, la contamination a baissé depuis 2011, mais évolue moins vite maintenant à cause du césium-137, qui lui, a une demi-vie de 30 ans. Il faut aussi ajouter le lessivage des sols qui entraîne une partie du césium, fixé sur les sédiments, dans les cours d’eau puis l’océan.
Un représentant de l’Agence de reconstruction a déclaré au Fukushima Minpo que “les niveaux de dose ont baissé significativement dans les régions de Nakadôri et Hamadôri, ce qui prouve que l’on n’est plus dans une situation où l’on doit évacuer les territoires situés en dehors des zones où il y a eu ordre d’évacuer”. Cela signifie-t-il que, jusqu’à maintenant, il aurait été nécessaire d’évacuer ? Ce commentaire, destiné à encourager le retour des déplacés “volontaires”, sonne comme un aveu.
Début des travaux de décontamination de J-Village
J-Village était un centre d’entraînement et de formation au football d’un cinquantaine d’hectares, situé sur les communes de Naraha et Hirono, à une vingtaine de kilomètres de la centrale de Fukushima daï-ichi. Il a été construit en 1997 par TEPCo qui finançait une partie de ses activités. Après la catastrophe nucléaire, il a été transformé en base pour les travailleurs à la centrale accidentée.
En novembre 2013, TEPCo a annoncé vouloir rendre le centre et les autorités veulent l’utiliser pour les JO de 2020. Puis, en janvier 2014, elle a promis d’accélérer les travaux, comme si elle n’avait rien de plus important à faire sur le site de la centrale nucléaire. Les travaux de décontamination, qui viennent de débuter, devraient durer jusqu’en mars 2016. Ils ne concernent que 6,9 hectares. TEPCo devrait avoir terminé sa nouvelle base d’accueil en mars 2017. Elle va ensuite décontaminer une partie des terrains de sport qui accueillent actuellement des préfabriqués et rendre J-Village avant mars 2018. Le centre devrait rouvrir comme centre d’entraînement et de formation de football en avril 2019, juste un an avant les JO.
La décision de récupérer le centre pour le football est purement politique : montrer au monde et aux Japonais que tout est rentré à la normale. TEPCo et les autorités devraient avoir d’autres priorités quand on sait que les ressources sont limitées. Le président de la fédération japonaise de football soutient ce retour. Il n’est pas sûr, cependant, que les équipes internationales acceptent d’y aller. Mais dans le monde du foot, l’argent permet de faire des miracles.
On peut se demander pourquoi les travailleurs n’ont pas eu droit à ces travaux de décontamination depuis plus de quatre ans.
Voyage en zone évacuée le long de la nationale 6
L’ordre d’évacuer Naraha levé le 5 septembre 2015
Le gouvernement japonais voulait lever l’ordre d’évacuer la ville de Naraha avant o-Bon, qui est à la mi-août. Ce sera finalement le 5 septembre. Le ministre de l’économie en a informé le maire qui a accepté.
Le conseil municipal avait estimé que début août était trop tôt car toutes les infrastructures n’auront pas été rétablies. Elles le seront un mois plus tard ? Des navettes gratuites pour accéder aux centres de soin seront proposées. Une superette est ouverte depuis janvier dernier.
Il y a encore beaucoup de maisons à réparer après quatre années à l’abandon. Sans médecins et commerces, comment vivre sur place ? Les zones détruites par le tsunami n’ont pas été reconstruites. Bref, la décision gouvernementale paraît prématurée pour beaucoup d’habitants.
Les travaux de décontamination sont officiellement terminés depuis mars 2014, mais les habitants ne sont pas tous convaincus du résultat et s’inquiètent. Ils avaient réclamé plus en travaux en mai 2014. La contamination des boues du réservoir d’alimentation en eau potable continue à poser problème. La concentration en césium atteignait jusqu’à 18 700 Bq/kg en juillet 2014. Mais, pour le vice-ministre de l’économie, c’est un problème “psychologique”. La remarque a choqué, selon le Maïnichi, qui rapporte ces propos.
Il reste aussi des points chauds qui inquiètent les familles. Comment éviter que les enfants passent trop de temps à proximité ?
Toute la population de la commune, à savoir 7 401 personnes réparties dans 2 704 foyers, a dû évacuer en mars 2011. Les habitants peuvent déjà dormir chez eux depuis le 6 avril dernier, s’ils le souhaitent. Mais seulement 688 en ont fait la demande, dans 326 foyers. Le nombre de personnes qui dorment effectivement chez elles est encore plus faible.