52ième versement financier pour TEPCo

TEPCo annonce avoir reçu le 52ième versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 62,9 milliards de yens (513 millions d’euros). Cet argent est prêté sans intérêt.

TEPCo a déjà reçu un total de 6 183,1 milliards de yens (50,5 milliards d’euros) et cela ne suffira pas.

Premières plantations de riz à Naraha

A Naraha, où l’ordre d’évacuer avait été levé en septembre 2015, 10 agriculteurs viennent, pour la première fois depuis le début de l’accident nucléaire, de planter du riz sur 4 hectares. Des engrais limitant l’absorption de césium ont été épandus.

Quelques tests avaient menés l’an dernier. Cette fois-ci, le riz, qui devrait être moissonné en octobre prochain, est destiné à la consommation humaine après contrôle de la radioactivité.

La commune espère que le riz sera cultivé sur une vingtaine d’hectares cette année, mais il y a pénurie de main d’œuvre car moins de 10% de habitants de Naraha sont rentrés. Cette surface ne représente qu’un trentième de celle cultivée avant l’accident nucléaire.

La province de Fukui veut taxer le combustible usé

La province de Fukui, la plus nucléarisée du pays, veut taxer le combustible usé afin de pousser les exploitants à le transférer rapidement vers d’autres régions du Japon. Elle envisage de fixer la taxe à 1 000 yens (8€) par kilogramme de combustible usé qui a déjà refroidi durant 5 années et qui peut être transporté. Elle veut aussi inclure les réacteurs à l’arrêt définitif qui doivent être démantelés, même si ce n’est pas possible pour le moment. Dans ce cas, la taxe serait réduite de moitié.

Si cette décision est validée par l’assemblée régionale, Fukui serait la première province japonaise à taxer le combustible usé. La ville de Kashiwazaki à Niigata le fait déjà.

Pour le moment, Fukui perçoit une taxe sur la puissance thermique dégagée par les réacteurs nucléaire qui s’élève à 6 milliards de yens (50 millions d’euros). Cette nouvelle taxe devrait augmenter les revenus annuels de la province de 3 milliards de yens par an.

Le Centre de Contrôle des Matériaux Nucléaire a mis plus d’un an avant de rapporter une cyberattaque

Le Centre de Contrôle des Matériaux Nucléaires, un organe gouvernemental qui supervise le plutonium et autres matériaux proliférants a subi une attaque informatique en février 2015 mais n’a rien dit avant avril 2016. C’est le centre de Tôkaï (Ibaraki) qui était visé.

La cyberattaque aurait dû être signalée à l’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA), mais cela n’a pas été le cas. Le directeur a expliqué qu’il n’a même pas envisagé une telle déclaration car l’attaque n’était pas grave. C’est une compagnie de sécurité informatique qui les avait prévenus le 19 février 2015.

En septembre 2015, un ordinateur de l’organisation s’était connecté sur un serveur externe alors qu’il n’en était pas autorisé et un logiciel de partage de fichiers y a été installé. Cela n’avait pas été signalé à la NRA non plus. Le Centre estime que la probabilité que des informations sensibles aient fui est très faible.

Des mesures de protection informatique ont été installées.

Statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale accidentée

Selon les dernières données mises en ligne, au 31 mars 2016, 46 956 travailleurs sont passé sur le site de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi, dont 42 244 sous-traitants. Ils sont un peu plus de 10 000 chaque mois à y travailler. Ce sont les sous-traitants qui prennent les doses les plus élevées, avec une moyenne qui varie de 0,51 à 0,56 mSv par mois entre Janvier et Février 2016. C’est entre 0,18 et 0,22 pour les salariés de TEPCo.

La dose la plus élevée qui a été enregistrée en mars 2016 est de 13,42 mSv sachant que la limite moyenne à ne pas dépasser en un an est de 20 mSv.

Il y a aussi 1 203 personnes qui ont une limite plus élevée pour pouvoir continuer à pénétrer sur le site. Leur dose moyenne cumulée depuis le début de l’accident est de 36,49 mSv et la valeur maximale de 102,69 mSv. Elles n’ont pas pris de dose entre janvier et mars 2016.

Aucune commune située à moins de 30 km de la centrale de Hamaoka n’est prête à son redémarrage

Selon une enquête du Maïnichi, aucune des 11 communes situées dans la zone de préparation à l’urgence nucléaire d’un rayon de 30 km autour de la centrale de Hamaoka ne souhaite son redémarrage. Cette centrale avait été arrêtée le 14 mai 2011 sur ordre du premier ministre de l’époque. L’exploitant, Chûbu Electric, a déposé une demande d’autorisation de redémarrage pour ses réacteurs n°3 et 4 et a effectué des travaux gigantesques pour construire une digue de protection de 22 m de haut contre les tsunamis.

Le Maïnichi a proposé 5 choix aux maires. 3 sont contre le redémarrage (Makinohara, Shimada et Yoshida), 5 ne peuvent pas se faire d’opinion. 4 ont coché « autre » et aucun n’a choisi qu’il était d’accord, ni même d’accord avec des réserves.

Certains maires justifient leur choix. Parmi ceux qui sont opposés, l’un pense qu’un accident nucléaire à cette centrale menacerait l’existence même de la nation. Un autre explique qu’il n’y a pas de plan d’évacuation réaliste.

Pour les autres, certains estiment qu’il faut déjà comprendre et résoudre ce qui s’est passé à Fukushima. D’autres ne veulent pas se prononcer avant l’autorité de régulation nucléaire ou avant d’avoir consulté la population. De toutes façons, seule la commune d’accueil de la centrale, Omaezaki, sera consultée avec le gouverneur de la province.

Levée prévue de l’ordre d’évacuer une partie de Minami-Sôma en juillet 2016

Environ 11 700 personnes ont été évacuées des parties Sud et Ouest de la commune de Minami-Sôma. Il s’agit du plus grand nombre de personnes déplacées à Fukushima. Le gouvernement veut lever l’ordre d’évacuer début juillet 2016 car la décontamination est terminée dans les zones résidentielles et les infrastructures devraient être rétablies. Il vise une date précédant le célèbre festival de Minami-Sôma qui a lieu fin juillet, qui pourrait être le 1er juillet.

Sont concernées les zones dites de « préparation au retour » où l’exposition externe était inférieure à 20 mSv/an avant la décontamination et celles où il y a des « restrictions de résidence », avec une exposition externe comprise entre 20 et 50 mSv/an avant décontamination. Sont exclues de la levée prochaine de l’ordre d’évacuer les zones dites de « retour difficile ».

10 967 habitants répartis dans 3 516 foyers devraient donc pouvoir bientôt rentrer chez eux. Des réunions vont débuter le 15 mai prochain et la date de levée de l’ordre d’évacuation devrait être fixée d’ici la fin du mois. Là encore, le taux de retour devrait être très faible. Les habitants peuvent déjà retourner chez eux pour préparer leur retour, et même dormir dans leur maison, mais seulement 1 870 en ont fait la demande.
Des personnes âgées originaires du district d’Odaka de Minami-Sôma, qui vivent actuellement dans les logements provisoires, veulent rester ensemble et envisagent une maison partagée. Peu veulent rentrer une fois l’ordre d’évacuer levé. Elles ont donc demandé à la commune une résidence avec des chambres privées et des espaces partagés afin de maintenir les liens qui se sont créés depuis l’évacuation.

Retourner chez elles ou se réinstaller dans des logements publics signifierait recommencer une nouvelle vie. C’est pour cela qu’elles ont envisagé cette solution originale. La mairie a dit qu’elle allait étudier le projet, tout en expliquant que cela serait complexe à mettre en œuvre car il n’y a pas de précédent.

A Tamura, où l’ordre d’évacuer a été levé en avril 2014, le taux de retour reste faible et l’école élémentaire Iwaisawa, située dans le district de Miyakoji, qui a 140 ans, va devoir fermer faute d’élèves. Ils ne sont plus que 19, alors qu’ils étaient 52 avant la catastrophe. Ils étaient 29 à la rentrée d’avril 2014. L’école va fusionner avec d’autres écoles.
A la fin avril 2016, 2 564 étaient encore enregistrées dans ce district, mais environ 1 600 y vivaient vraiment.

Le gouvernement veut stocker des déchets radioactifs à Tomioka

Le gouvernement veut enfouir les déchets les plus radioactifs issus de la catastrophe nucléaire à Tomioka. Sont concernés, quelques 730 000 tonnes de cendres radioactives, débris et autres déchets fortement contaminés à moins de 100 000 Bq/kg pour le césiul radioactif, mais plus de 8 000 Bq/kg. Les cendres issues de l’incinération des boues de station de traitement des eaux usées et des débris doivent être mises dans des fûts spéciaux dès la fin de cette année. D’autres cendres, plus radioactives doivent d’abord être transférées dans la commune voisine de Naraha pour y être coulées dans une matrice à base de ciment, dès 2017.

Si tout se passe comme prévu, le gouvernement espère avoir terminé en mars 2023.
Mais le gouvernement doit encore obtenir l’assentiment des élus locaux pour mettre ces déchets dans le « Fukushima Ecotech Clean Center ». Cela sonne bien, mais les habitants évacués ne sont pas dupes. Ce centre a été ouvert en 2001 pour y stocker des déchets industriels. Il y en aurait 220 000 m3. Son activité a cessé avec la catastrophe nucléaire et elle devrait reprendre pour les déchets radioactifs. Le volume total de déchets devrait atteindre 650 000 m3.

Un document officiel de présentation du site est disponible ici en japonais. En anglais, pour en savoir plus sur ce centre, voir Fukuden de décembre 2015.

Vue aérienne prise sur Google :

Ecotech-clean-bv

Panneau à l’entrée :

ecotechcleancenter

La date d’exploitation a été prolongée jusqu’au 31 mars 2028 (平成39年3月31日) sur le panneau.

Le désarroi des familles dont un enfant a un cancer de la thyroïde

En mars dernier, deux pères avaient parlé anonymement aux médias à propos du cancer de la thyroïde d’un de leurs enfants et avaient fondé une association de soutien : 311 Thyroid Cancer Family Group. Après l’Asahi, le Japan Times leur consacre un article.

Un des pères a raconté que sa fille, adolescente, a eu la voix modifiée par l’intervention chirurgicale et qu’elle est dépressive depuis. Mais le plus dur à supporter pour ces familles est le silence qui leur est imposé à propos de cette maladie alors qu’elles doivent faire face à de nombreuses questions sans réponse et tabous. Si les cancers sont liés à la catastrophe nucléaire, la famille pourrait être stigmatisée, mais aussi toute la région. La famille n’a dit à personne que leur fille eu un cancer de la thyroïde. Si la découverte précoce des cancers est due au dépistage systématique, comme le prétendent les autorités, était-ce nécessaire de retirer partiellement la thyroïde ? Le cancer papillaire, le plus diagnostiqué, est connu pour avoir une évolution très lente. Une surveillance aurait peut-être été préférable. Dans tous les cas, c’est terrible pour les familles.

Un médecin explique qu’elles sont complètement perdues lors de l’annonce et qu’elles culpabilisent. Ont-elle failli dans la protection de leur enfant ? Ont-elles pris la bonne décision quant au traitement ? Y aura-t-il une rechute, même après une intervention chirurgicale ?

A noter que l’International Society for Environmental Epidemiology a écrit aux autorités japonaises à propos de l’augmentation du nombre de cancers de la thyroïde chez les enfants à Fukushima. Voir la lettre en anglais qui se réfère à l’étude du Prof. Tsuda et al. que nous avons mentionnée. Il y est mentionné le grand intérêt de cette société pour l’étude en question qui appelle à la poursuite du dépistage systématique. Elle propose aussi ses services, mais il est peu probable que le gouvernement japonais y réponde positivement.

Voir aussi les explications du Prof. Tsuda que nous avions traduites en français.

Deux réacteurs de recherche autorisés à redémarrer

L’autorité de régulation nucléaire, la NRA, a autorisé le redémarrage de deux réacteurs de recherche dans la province d’Ôsaka. Il s’agit des réacteurs de l’université de Kyôto à Kumatori et de l’université du Kinki à Higashi-Ôsaka. Cette décision ne sera pas soumise à l’avis du public car leur puissance est très faible, de 100 et 1 W respectivement.

Le redémarrage devrait avoir lieu en juillet et septembre de cette année, respectivement. Il y a six autres réacteurs de recherche en attente d’autorisation de remise en service, dont un, toujours à l’université de Kyôto, qui a une puissance de 5 MW.

Cet arrêt prolongé a affecté la formation des étudiants.