Des déchets radioactifs retirés de 5 écoles

Les écoles ont été les premiers lieux décontaminés, à la demande des parents d’élèves. Mais les déchets s’entassent souvent au fond de cour ou y ont été enterrés en attendant mieux. Cela restreint l’aire de jeu et c’est une source d’inquiétude pour les parents. Le ministère de l’environnement a annoncé qu’il allait profiter des vacances d’été pour reprendre ces déchets afin de les mettre dans le centre d’entreposage dédié en cours d’aménagement à proximité de la centrale de Fukushima daï-ichi. Mais seulement cinq écoles sont concernées pour cet été… et 3 000 m3 de déchets.

Fukushima refuse de discuter de la recherche de sites d’enfouissement des déchets nucléaires

Le gouvernement japonais n’arrive pas à trouver un site pour l’enfouissement des déchets les plus radioactifs. Pendant 13 ans, il a espéré qu’une région se porterait candidate, en vain, car l’opposition locale est forte.

Le gouvernement actuel a donc décidé de sélectionner le site sur des critères « scientifiques », puis espère pouvoir convaincre ensuite les élus locaux. Le ministère de l’industrie est en train de faire une tournée de consultations pour expliquer la démarche retenue. Mais, c’est une consultation très restreinte, puisque seuls les élus locaux sont conviés et que les réunions se tiennent à huis-clos.

Alors que des réunions ont déjà eu lieu dans 39 provinces sur 47, les élus de Fukushima ont refusé toute discussion car la province souffre déjà assez du nucléaire, ou plutôt des « rumeurs néfastes » selon la novlangue japonaise, et a déjà de grandes quantités de déchets issus de la décontamination. Ailleurs aussi, des élus locaux boycottent ces réunions.

Le groupe d’experts officiels mis en place par le ministère pour suivre ce dossier a, quant à lui, critiqué que les discussions ne soient pas ouvertes. Ce n’est pas ainsi que l’on peut obtenir l’assentiment des populations.

Par ailleurs, le gouverneur de Fukushima, va bientôt venir en Suisse avec une délégation pour, officiellement, “s’informer sur la politique énergétique de la Suisse et sur le développement des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique et des nouvelles technologies énergétiques en Suisse”. La province de Fukushima a, en effet, annoncé en 2014 sa volonté de couvrir l’intégralité de ses besoins en électricité à l’aide des énergies renouvelables à l’horizon 2040. Et que va visiter la délégation ? La centrale hydroélectrique de Chancy-Pougny et la centrale nucléaire de Mühleberg. Cette dernière est du même type que celle de Fukushima daï-ichi ! C’est de l’humour noir ?

Début du chargement du réacteur n°1 de Sendaï

Kyûshû Electric veut commencer à charger le combustible dans le réacteur n°1 à partir du 7 juillet prochain. C’est Tanabata au Japon. La compagnie doit être superstitieuse…

Le chargement des 157 assemblages devrait prendre 4 jours. La compagnie va ensuite tester les équipements de secours comme les barres de contrôles ou l’injection d’eau de refroidissement. Il y aura aussi des exercices de crise internes. Le démarrage n’est pas prévu afin la mi-août, au plus tôt.

La NRA menace d’arrêter l’instruction du dossier de demande de redémarrage de la centrale de Mihama

Kansaï Electric, alias KEPCo, a demandé, en mars dernier, à être autorisée à redémarrer le réacteur n°3 de sa centrale de Mihama dans la province de Fukui. Rappelons que la compagnie a décidé d’arrêter définitivement les réacteurs n°1 et 2 de cette même centrale.

Le réacteur n°3 va avoir 40 ans en 2016, durée de vie maximale autorisée depuis l’accident nucléaire, sauf de demande « exceptionnelle » de prolongation de 20 ans. Ce qu’a fait la compagnie.

L’Agence de régulation nucléaire, la NRA, a demandé à l’exploitant de réviser le risque sismique maximal, mais la compagnie rechigne, car cela entraînerait des coûts supplémentaires. L’autorité de sûreté s’est donc fâchée et menace d’abandonner l’instruction du dossier si KEPCo n’a pas remis sa copie avant la fin août.

En effet, le calendrier pour la demande de prolongation est très serré : la NRA doit rendre son avis avant novembre 2016 et elle considère qu’il lui faut 15 mois pour étudier le dossier de sûreté. Il lui faut donc finaliser l’étude du risque externe avant août.

Actuellement, la compagnie a pris, comme référence, un épicentre à 4 km de profondeur alors que c’est 3 km pour ses deux autres centrales à Takahama et Ôï. La NRA demande de prendre aussi 3 km pour Mihama.

L’AIEA inspecte la centrale de Kashiwazaki-Kariwa à la demande de TEPCo

TEPCo a déposé une demande d’autorisation de redémarrage de deux réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa qui en compte sept sur la Mer du Japon, dans la province de Niigata. En demandant à l’AIEA, dont le but est la promotion du nucléaire, de venir inspecter, TEPCo ne prend pas de risque et entend ainsi faire pression sur les autorités locales qui sont plus que réservées.

L’Agence de régulation nucléaire, la NRA, met des mois à instruire le dossier. Prétendre pouvoir inspecter deux réacteurs en deux semaines n’est pas sérieux. Qu’une agence de l’ONU accepte une telle mission, qui vise à soutenir une société privée face aux autorités locales et à la population est vraiment douteux.

L’inspection des 12 membres de l’AIEA va durer jusqu’à la mi-juillet. Le rapport devrait être rendu trois mois plus tard.

TEPCo a finalement accepté de prendre en charge une partie de la décontamination des territoires non évacués

Les autorités japonaises se sont engagées dans un gigantesque chantier de décontamination des territoires contaminés. Dans les zones évacuées, c’est le gouvernement qui pilote et les majors du BTP qui sous-traitent les travaux à de nombreuses entreprises. Dans les zones non évacuées, là où l’exposition externe est comprise entre 1 et 20 mSv, ce sont les communes qui ont a charge des travaux et le gouvernement paye.

Dans les deux cas, le gouvernement compte sur un remboursement de la part de TEPCo, mais cette dernière refusait de rembourser pour les territoires non évacués, où la facture s’élève à 76,1 milliards de yens (555 millions d’euros).

Jusqu’à maintenant, la compagnie n’avait remboursé que 1,7 milliards de yens, soit 2% de la somme totale. Elle vient de signaler au ministère de l’environnement qu’elle était prête à prendre 60% de ce coût en charge, soit 43 milliards de yens (314 millions d’euros). Elle réfléchit encore pour les 40% restant. La loi de 2011 stipule pourtant que TEPCo doit payer pour la décontamination.

Concernant les zones les plus contaminées sous la responsabilité directe du gouvernement, TEPCo a déjà remboursé 90% du coût total estimé à 128,5 milliards de yens (938 millions d’euros).