Le coût élevé de la remise aux normes des réacteurs nucléaires japonais

Les 11 compagnies japonaises qui exploitent, ou plutôt, qui tentent d’exploiter des installations nucléaires, devraient investir plus de 2 400 milliards de yens (17,5 milliards d’euros), selon l’Asahi. Il y a un peu plus d’un an, nous rapportions le chiffre proche de 2 200 milliards de yens.

Sur les 43 réacteurs restant depuis la catastrophe du 11 mars 2011, une demande redémarrage n’a été déposée que pour 25 d’entre eux. Tous n’obtiendront pas un feu vert. Le sort des 18 autres n’est pas officiellement fixé encore. Beaucoup seront arrêtés définitivement.

Le 15 juillet prochain, cela fera exactement 22 mois consécutifs que tout le parc nucléaire japonais est à l’arrêt.

Condamnation à indemniser un suicide : TEPCo ne fera pas appel

TEPCo avait été condamnée à indemniser la famille d’une personnes qui s’était suicidée suite à la catastrophe nucléaire lors de l’été 2011. La compagnie vient d’annoncer qu’elle ne fera pas appel et qu’elle accepte le jugement. Le chef du bureau des indemnisations a déclaré que la cour a aussi pris en compte son point de vue, en estimant que la maladie chronique qui affectait la victime a contribué à son suicide.

Il ira rencontrer la veuve le 13 juillet prochain pour lui exprimer les excuses de la compagnie, conformément à son souhait.

Réacteur n°1 de Sendaï chargé

Kyûshû Electric a fini de charger les 157 assemblages de combustible dans le réacteur n°1 de sa centrale nucléaire de Sendaï à Kagoshima. Une cinquantaine de travailleurs ont fait les trois huit depuis le 7 juillet dernier.

La compagnie espère pouvoir démarrer le réacteur vers le 10 août et commencer les test de couplage au réseau trois jours plus tard. La production d’électricité est prévue pour septembre. Mais, comme réacteur est arrêté depuis mai 2011, c’est à dire depuis plus de quatre ans, il peut y avoir des surprises.

Kyûshû Electric espère charger le réacteur n°2 en septembre pour un démarrage en octobre.

Des nouvelles de Chikurin

Nous avions annoncé que Chikurin, le laboratoire citoyen d’analyse de la radioactivité mis en place au Japon grâce au soutien de l’ACRO, s’agrandissait pour faire face à la demande d’analyses. La deuxième chaîne de mesure vient d’être mise en service. Voir les photos sur la page dédiée.

La campagne d’analyse de la contamination des poussières par l’étendage de linge se poursuit. Les données peuvent être visualisées sur une carte. Les données sont aussi en ligne en japonais. Voir la présentation du projet en japonais.

De l’iode-131 dans les égouts

Fukushima dairy note que les résultats de la surveillance de la contamination des boues de station d’épuration à Fukushima font apparaître une forte contamination en iode-131 au mois de mai. Cela monte jusqu’à 794,4 Bq/kg sec le 23 mai 2015. La contamination s’est maintenue à des niveaux significatifs jusqu’à la fin de mois. Les données pour juin ne sont pas encore publiques.

Il s’agit, fort probablement, de rejets liés aux applications médicales de l’iode-131. Cet élément, qui a une demi-vie de 8 jours, avait récemment été aussi détecté dans l’eau potable à Chiba. Les rejets hospitaliers devraient être mieux contrôlés.

 

Voyage en zone évacuée le long de la nationale 6

Sur cette vidéo d’une quinzaine de minutes, qui filme la nationale 6 à travers la zone évacuée, on peut voir, notamment :
– les cheminées de la centrale de Fukushima daï-ichi à 7:54
– le panneau “le nucléaire, un avenir radieux” de Futaba à 11:11
Vidéo repérée par Nos voisins lointains 3.11.

Début du chargement du combustible dans le réacteur n°1 de Sendaï

Comme annoncé, la compagnie Kyûshû Electric a commencé à charger les 157 assemblages de combustible dans le réacteur n°1 de sa centrale de Sendaï, située à Kagoshima. Une centaine de personnes ont manifesté leur opposition devant la centrale.

Les opérations devraient prendre quatre jours en faisant les trois huit. Le redémarrage n’aura pas lieu avant la mi-août, au plus tôt. Le couplage au réseau électrique, pas avant la mi-septembre. Comme réacteur est arrêté depuis mai 2011, c’est à dire depuis plus de quatre ans, il peut y avoir des surprises.

Les inquiétudes relatives au risque volcanique et au plan d’urgence insuffisant demeurent car les populations n’ont pas des réponses satisfaisantes. Et puis, les autorités n’ont toujours aucune solution à proposer pour les déchets produits.

Le réacteur n°2 de cette même centrale devrait suivre en octobre prochain. Bien que 25 demandes d’autorisation de redémarrage ont été déposées, il est peu probable qu’il y ait d’autre remise en service cette année. En attendant, tout le parc nucléaire japonais est à l’arrêt depuis le 15 septembre 2013.

L’ordre d’évacuer Naraha levé le 5 septembre 2015

Le gouvernement japonais voulait lever l’ordre d’évacuer la ville de Naraha avant o-Bon, qui est à la mi-août. Ce sera finalement le 5 septembre. Le ministre de l’économie en a informé le maire qui a accepté.

Le conseil municipal avait estimé que début août était trop tôt car toutes les infrastructures n’auront pas été rétablies. Elles le seront un mois plus tard ? Des navettes gratuites pour accéder aux centres de soin seront proposées. Une superette est ouverte depuis janvier dernier.

Il y a encore beaucoup de maisons à réparer après quatre années à l’abandon. Sans médecins et commerces, comment vivre sur place ? Les zones détruites par le tsunami n’ont pas été reconstruites. Bref, la décision gouvernementale paraît prématurée pour beaucoup d’habitants.

Les travaux de décontamination sont officiellement terminés depuis mars 2014, mais les habitants ne sont pas tous convaincus du résultat et s’inquiètent. Ils avaient réclamé plus en travaux en mai 2014. La contamination des boues du réservoir d’alimentation en eau potable continue à poser problème. La concentration en césium atteignait jusqu’à 18 700 Bq/kg en juillet 2014. Mais, pour le vice-ministre de l’économie, c’est un problème “psychologique”. La remarque a choqué, selon le Maïnichi, qui rapporte ces propos.

Il reste aussi des points chauds qui inquiètent les familles. Comment éviter que les enfants passent trop de temps à proximité ?

Toute la population de la commune, à savoir 7 401 personnes réparties dans 2 704 foyers, a dû évacuer en mars 2011. Les habitants peuvent déjà dormir chez eux depuis le 6 avril dernier, s’ils le souhaitent. Mais seulement 688 en ont fait la demande, dans 326 foyers. Le nombre de personnes qui dorment effectivement chez elles est encore plus faible.

Statistiques sur les doses prises par les travailleurs à Fukushima daï-ichi : résultats contradictoires

TEPCo a mis en ligne les dernières statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi. Au 31 mai 2015, 43 601 personnes y ont travaillé depuis le début de la catastrophe, dont 39 115 salariés sous-traitant.

Nous avions signalé, qu’au printemps dernier, la dose moyenne reçue avait fortement augmenté, pour atteindre 1,22 mSv en mars pour les sous-traitants, puis s’était stabilisée à un niveau élevé en avril, avec 0,93 mSv.

Avec les dernières statistiques, pour le mois de mai 2015, il est difficile de conclure car les tableaux 1 et 3 n’indiquent pas la même chose. Si l’on croit le tableau 1, 10 791 personnes ont travaillé sous rayonnements ionisants à la centrale de Fukushima daï-ichi. C’est 12 575 dans le tableau 3. Le tableau 1 indique une dose moyenne reçue de 0,59 mSv en un mois, ce qui signifierait une baisse significative par rapport à mars ou avril, et le tableau n°3, 1,36 mSv, ce qui signifierait une nouvelle hausse.

Selon le tableau 1, personne n’a reçu plus de 10 mSv en mai 2015 et ils sont 94 dans le tableau n°3, tous sous-traitants. D’après le tableau n°1, 78 ont reçu entre 5 et 10 mSv en un mois, tous sous-traitants. Ils sont 718 dans le tableau n°3, dont 714 sous-traitants. Là encore, le tableau n°3 indique une aggravation des doses prises. Pas le 1. Lequel est juste ?

Il est fort possible que l’intitulé du tableau n°3 soit erroné. En effet, ce tableau donne généralement la dose cumulée sur les trois derniers mois. Espérons donc que le tableau n°1 est correct.

Rappelons que la dose limite est de 20 mSv en moyenne sur un an, avec une limite absolue de 50 mSv.

Hausse de la contamination de l’eau par endroit

TEPCo pompe de l’eau souterraine, bien en amont des réacteurs, mais en aval des cuves de stockage d’eau contaminée, et la rejette directement dans l’océan afin de réduire les infiltrations dans les sous-sols des réacteurs. La contamination en tritium dans le puits de pompage n°10 augmente continûment en battant trois records successifs, avec 1 300 Bq/L le 22 juin, 1 500 Bq/L le 29 juin et 1 700 Bq/L le 2 juillet. La compagnie s’est engagée à ne pas rejeter une eau qui dépasserait 1 500 Bq/L, mais elle compte sur la dilution avec l’eau des puits voisins, moins contaminée.

Rappelons que l’eau des cuves est fortement chargée en tritium, qui est de l’hydrogène radioactif, très difficile à contenir. Il s’échappe par évaporation avant de contaminer l’environnement en cas de pluie.

La contamination en césium de l’eau de mer à l’embouchure du port fluctue fortement en ce moment, pour dépasser le becquerel par litre. Là encore, ce peut être lié à la saison des pluies et au lessivage des sols fortement contaminés.