TEPCo a toujours une culture de sûreté défaillante

Selon l’Asahi, l’Autorité de Régulation Nucléaire, la NRA, vient de décider de lancer une enquête sur l’incapacité du siège de TEPCo à résoudre les problèmes signalés dans ses trois installations nucléaires, à savoir Kashiwazaki-Kariwa et Fukushima daï-ichi et daï-ni.

Les règles de sûreté internes de TEPCO stipulent que les incendies, les pannes de climatisation et autres problèmes dans les centrales nucléaires doivent être traités par le siège de la compagnie qui est tenu de trouver l’origine du problème et de prendre des mesures correctives pour assurer la sûreté de toutes ces installations nucléaires.

Mais, lors d’une inspection, la NRA a découvert que le siège de TEPCo avait négligé quatre problèmes qui étaient survenus à Fukushima daï-ni. Il s’agit notamment d’incendies dans les bâtiments de traitement des déchets des réacteurs 1 et 2 et de pannes du système de climatisation du réacteur n° 2. Un responsable de TEPCo a déclaré que l’entreprise avait reporté la résolution des problèmes parce que le délai pour traiter ces questions “n’était pas clairement indiqué”…

Ce n’est pas la première fois que cela arrive. Au cours des trois dernières années, il y aurait eu 17 négligences similaires à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, et 5 à Fukushima daiï-ichi.

TEPCo a envoyé un robot au contact du corium du réacteur n°2

Comme annoncé récemment, TEPCo a envoyé un robot dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2 afin d’évaluer la consistance du corium, ce mélange de combustible nucléaire fondu et de débris hautement radioactif. La compagnie ne rechigne pas sur la communication quand il s’agit de mettre en avant ses robots et les exploits techniques. Le jour même, elle a mis en ligne des photos, une fiche technique succincte et une vidéo impressionnante…

Les opérations ont duré presque huit heures. In fine, le robot a touché le corium à six endroits différents et a pu soulever cinq morceaux sur quelques centimètres avant de les laisser retomber. Chaque morceau faisait de 1 à 8 centimètres. En revanche, le dépôt sédimentaire au fond de l’enceinte semble collé à la paroi (lieu n°3). Il n’a pas pu être soulevé, ce qui signifie qu’il sera difficile de le retirer.

La deuxième partie de la vidéo montre des images prises sur la partie supérieure de la plateforme (les sous-titres indiquent プラットホーム上). Là encore, les dépôts semblent être soit des graviers faciles à prendre à un endroit, soit une masse compacte bien collée.

Au fond de l’enceinte de confinement, dans la première partie de la vidéo, on voit des gouttes d’eau tomber. On voit aussi les traces du rayonnement dû à la radioactivité sur les images enregistrées.

TEPCo est en train d’analyser les données recueillies (débit de dose, température, images…). Aucune indication n’est donnée pour le moment.

Rapport définitif de la quatrième mission de l’AIEA à Fukushima

Le rapport définitif de la quatrième mission de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) à Fukushima est public. Il y a aussi un communiqué de presse sans intérêt. Un rapport préliminaire avait été rendu public en novembre 2018.

Le rapport pointe le problème de l’eau contaminée dont la gestion n’est pas durable, ce que tout le monde sait. Il souligne aussi que le retrait du corium est un des plus grands défis. Tout le reste du rapport est du même acabit, sans le moindre intérêt. La mission de l’AIEA n’a rencontré aucune organisation critique durant sa visite.

Cinq ans de prison requis pour trois anciens dirigeants de TEPCo

Les avocats commis d’office, agissant en qualité de procureurs, ont requis 5 ans de prison pour les trois anciens dirigeants de TEPCo. Il s’agit de la peine maximale en cas de négligences ayant entraîné la mort. Pour eux, le risque tsunami était connu et les dirigeants n’ont rien fait. Il a été démontré lors du procès que la compagnie avait été informée par l’une de ses filiales en 2008 qu’un tsunami pouvant atteindre 15,7 mètres était possible, mais elle n’a pas immédiatement pris des mesures préventives.

Tsunéhisa Katsumata, 78 ans, président de la société au moment de la catastrophe, Ichirô Takekuro, 72 ans, et Sakaé Mutô, 68 ans, tous deux anciens vice-présidents, avaient plaidé non coupable. Ils ont nié leur responsabilité jusqu’au bout, malgré les évidences présentées lors des auditions, par un sismologue réputé et un ancien employé.

C’est un procès qui revient de loin : en 2012, un groupe de 5 700 citoyens japonais a porté plainte contre de nombreux dirigeants de TEPCo et du gouvernement. Puis, ils avaient focalisé leur action contre ces trois dirigeants. En septembre 2013, ils avaient été déboutés par les procureurs, arguant que les éléments du dossier étaient insuffisants. Mais un jury de citoyens leur avaient ensuite donné raison par deux fois. Ces trois dirigeants ont été mis en examen en février 2016. Le jury citoyen avait estimé qu’ils étaient responsables des blessures de 13 personnes suite aux explosions hydrogène et du décès de 44 patients de l’hôpital de Futaba.

Ouverture du musée de TEPCo dédié à l’accident nucléaire

Comme prévu, TEPCo a ouvert son musée de l’accident nucléaire, à Tomioka. L’étage est dédié aux premiers jours de la catastrophe et le rez de chaussée à la sécurisation et démantèlement des réacteurs. L’exposition devrait changer régulièrement.

L’accès est libre et la compagnie espère 20 000 visiteurs par an.

TEPCo envisage de réduire temporairement le refroidissement des réacteurs accidentés

Selon Reuters, TEPCo prévoit de réduire temporairement la quantité d’eau injectée dans les cuves des réacteurs accidentés de Fukushima daï-ichi. Cette eau sert au refroidissement du combustible fondu, pour éviter que la fusion reprenne, et fait écran aux radiations émises. Ces essais, prévus à partir de janvier 2019, devraient servir à déterminer la quantité et la localisation du combustible qui a fondu en étudiant l’élévation de température.

En janvier, TEPCo devrait réduire progressivement la quantité d’eau injectée dans le réacteur n°2, jusqu’à la moitié de la quantité injectée en une semaine. En mars, la compagnie prévoit d’arrêter complètement l’injection pendant sept heures afin de tester les modèles qui prédisent que le réacteur ne devrait pas chauffer.

TEPCo annonce de nouvelles digues contre les tsunamis à la centrale de Fukushima daï-ichi

Sept ans et demi après le tsunami qui a ravagé les côtes japonaises et provoqué un des plus graves accidents nucléaires de l’histoire, TEPCo se dit qu’elle devrait renforcer la protection contre les tsunamis à sa centrale de Fukushima daï-ichi. Et celle de daï-ni ?

TEPCo avait construit une nouvelle digue après l’accident nucléaire et prétendait que cela suffisait. Mais, à la réflexion, après que le gouvernement ait annoncé qu’un séisme majeur, de magnitude 8,8, provoqué par une faille au large de Hokkaïdô était probable dans les 30 à 40 prochaines années, la compagnie a reconnu que les protection actuelles ne seraient pas suffisantes.

De nouvelles digues devraient donc être construites, mais le calendrier n’est pas donné. TEPCo va-t-elle procrastiner comme elle avait procrastiné à ce sujet avant la catastrophe de 2011 ? La compagnie doit d’abord définir la hauteur, le coût et l’impact sur les autres travaux à la centrale.

Suspension de la vente de souvenirs à la centrale de Fukushima daï-ichi

Le 1er août dernier, TEPCo avait mis en vente des pochettes ornées de photos dans les supérettes de la centrale de Fukushima daï-ichi. Il s’agissait de souvenirs pour les travailleurs et les visiteurs. Face à la polémique, la compagnie a suspendu la vente.

En 2017, 12 500 personnes ont visité la centrale accidentée.

Le paquet de trois pochettes coûtait 300 yens (2,40€). TEPCo n’allait donc pas faire fortune avec cela. C’est surtout symbolique.

Une photo de la pochette a été mise en ligne par le Japan Times. C’est assez moche :

Vente de souvenirs à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a commencé à vendre des pochettes ornées de photos souvenirs dans les supérettes situées sur le site de la centrale nucléaire accidentée. Selon la compagnie, le prix est quasiment identique au coût. Ces souvenirs auraient été mis en vente à la demande de visiteurs et de travailleurs.

Certaines images représentent les réacteurs accidentés et d’autres des travailleurs en action.

TEPCo va ouvrir un musée de l’accident nucléaire à Tomioka

TEPCo veut ouvrir un musée de la catastrophe nucléaire et du démantèlement dans la ville de Tomioka. Sur deux niveau, ce musée devrait montrer de nombreuses images qui reconstituent différents évènements qui ont marqué et qui marquent la catastrophe nucléaire. Pas de doute qu’il sera à la gloire de TEPCo et des efforts qu’elle déploie.

L’ouverture est prévue pour Novembre prochain et l’entrée sera gratuite. La surface dédiée à l’exposition est de 1 900 m2.