Nombreuses violations du droit du travail pour les travailleurs engagés dans la décontamination

Le ministère de la santé, du travail et des affaires sociales a mis en ligne des statistiques sur les violations du droit du travail constatées sur des chantiers de décontamination. Entre janvier et juin 2015, 342 entreprises ont été contrôlées et 233 violaient la réglementation, soit 68,1%. Plus précisément, sur les 184 entreprises contrôlées qui interviennent dans la zone évacuée où la décontamination est sous la responsabilité du gouvernement, il y en a 109 qui violaient la réglementation (59,2%) et dans les communes non évacuées, c’est 124 sur 158, soit 78,4%.

Sur les 364 violations constatées, 134 concernaient la paye, les conditions de travail, les horaires… et 230 la santé et la protection. Ces chiffres sont en augmentation par rapport à l’année 2014. Pour la première catégorie de violations, c’est surtout lié au paiement du salaire et des primes de risque. En ce qui concerne la protection, voici quelques cas constatés :

  • la “personne représentative” qui porte le dosimètre quitte le chantier et la dose enregistrée n’est plus représentative ;
  • le dosimètre n’était pas porté correctement ;
  • le niveau de contamination n’a pas été mesuré avant le chantier ;
  • pas de contrôle des outils ou équipements en fin de chantier…

Le ministère a aussi listé les mesures mises en place pour garantir le respect de la loi.

Seulement 45% des entreprises veulent rentrer en zone évacuée

Une enquête effectuée auprès de 1 388 entreprises dans les 12 communes évacuées a montré que seulement 45% d’entre elles ont exprimé un espoir de pouvoir y continuer ou reprendre leurs activités. Ce n’est le cas que pour 19% d’entre elles pour le moment. 12% ont repris une activité ailleurs et espèrent pouvoir rentrer. Enfin 14% ont cessé leur activité et espèrent pouvoir la reprendre. On arrive ainsi à un total de 45%.

Les autorités régionales, quant à elles, se sont penchées sur les activités médicales qui ont été suspendues dans six communes du district de Futaba. 70 questionnaires ont été envoyé à 5 hôpitaux ou cliniques, 40 cabinets médicaux et 25 cabinets dentaires et 35 réponses ont été obtenues : 4 hôpitaux ou cliniques, 19 cabinets médicaux et 12 cabinets dentaires.

Sur les 35 réponses, 6 mentionnaient une réouverture et 14 un espoir de réouverture si les conditions le permettent. Les autorités y voient donc 60% d’attitude positive. Mais il n’y a que 17% de réponse positive ferme.

Nouveaux cas de cancer de la thyroïde à Fukushima

Selon les derniers résultats de la surveillance officielle mis en ligne, 11 nouveaux cas de cancer de la thyroïde ont été confirmés à Fukushima. Le nombre total de cancers confirmés est donc de 115 maintenant, sur 380 000 personnes de moins de 18 au moment des rejets d’iode radioactif. Ces 11 nouveaux cas sont tous des cancers papillaires de la thyroïde.

Rappelons qu’il y a deux campagnes de dépistage. Lors de la première campagne, 300 476 enfants ont subi une échographie de la thyroïde et 114 ont été diagnostiqués avec un cancer potentiel de la thyroïde. Lors de la deuxième campagne, au 30 septembre 2015, 182 547 enfants ont été auscultés et ont reçu leur résultats. Parmi eux, 1 483 ont eu un deuxième examen et 124 une cytoponction à l’aiguille fine. Il y a 39 autres cas potentiels de cancer de la thyroïde identifiés lors de cette deuxième campagne. Cela fait donc un total de 153, dont toujours un seul cas qui s’est révélé bénin après chirurgie.

Sur les 115 cas confirmés, il y en a maintenant 100 découverts lors de la première campagne (97 cancers papillaires et 3 difficilement différenciables) et 15 lors de la deuxième, tous des cancers papillaires. Les 37 autres cas sont en attente d’intervention chirurgicale.

En ce qui concerne la deuxième campagne, deux garçons avaient déjà été diagnostiqués avec un ou des nodules de taille importante lors de la première campagne. Mais 19 cas avaient été considérés comme sains lors de la première campagne.

Les précédents résultats sont ici sur notre site. Les statistiques officielles sont ici en japonais. La traduction officielle en anglais est annoncée pour bientôt. Comme d’habitude, le site Fukushima Voices a rapidement mis en ligne une traduction non officielle en anglais.

Les autorités continuent à affirmer que ce n’est pas lié aux retombées radioactives, sans plus de précision. Cette conclusion est remise en cause, même dans des publications scientifiques avec comité de lecture.