TEPCo ne prend pas en compte le rayonnement X émis par les cuves

TEPCo n’aurait pas mesuré les rayons X émis par ces cuves de stockage d’eau contaminée et le débit de dose à la limite de la centrale dépasse les limites imposées par la NRA. La compagnie s’est engagé à ce que la dose en bordure soit inférieure à 1 mSv/an alors que, dans les faits, elle peut dépasser les 8 mSv/an en prenant en compte les X (ces chiffres ne prennent pas en compte la contamination des sols qui entraînent une irradiation plus forte). Il n’y a personne qui habite près de la centrale. Le problème concerne donc surtout les travailleurs présents sur le site. TEPCo et la NRA devraient en parler vendredi prochain, pour tenter de trouver une solution.

La majorité du rayonnement émis par l’eau contaminée est de type bêta qui ne traverse pas le métal de la cuve, mais qui interagit avec le fer qui, lui, émet ensuite un rayonnement X qui traverse la cuve.

TEPCo a ignoré ce problème, mais durant l’été 2012, l’autorité de sûreté lui a demandé de le prendre en compte. Elle revu ses calculs en mars 2013 et doit maintenant trouver une solution car, le nombre de cuves augmentant, le problème s’aggrave.

Le débit de dose total ne dépassait pas 1 mSv en mars 2013 et est passé à 7,8 mSv/an en mai à cause des cuves mises près de la bordure.

Résultats cachés

TEPCo a caché 140 résultats de mesure du strontium dans l’eau souterraine et l’eau de mer entre juin et novembre 2013 car elle les considérait comme erronés. En effet, les concentrations en strontium dépassaient les valeurs en bêta total, ce qui n’est pas possible. Elle n’a pas publié ces valeurs, ni n’a mentionné le problème.

La compagnie s’est engagée à résoudre le problème, corriger les valeurs et les publier avant la fin du mois.

Reprise de la vidange de la piscine n°4

TEPCo avait arrêté le transfert de combustibles de la piscine du réacteur n°4 le 22 décembre dernier, pour les fêtes de fin d’année. Elle a repris et en était à 132 assemblages transférés à la date du 6 janvier. Il est toujours prévu de finir en décembre 2014.

TEPCo a mis en anglais des images de combustibles endommagés de cette piscine. Le document est daté du 27 décembre dernier. L’endommagement date d’avant la catastrophe nucléaire.

ALPS arrêtée

Les trois chaînes de la station de traitement de l’eau contaminée, ALPS, toujours en cours de test, sont de nouveau arrêtées à la suite d’une panne. Le palan pour retirer les cuves de déchets radioactifs pleins ne fonctionne plus. Le redémarrage pourrait prendre du temps.

Demande d’autorisation de mise en service de l’usine de retraitement

Japan Nuclear Fuel Limited, qui espère toujours pouvoir démarrer un jour son usine de “retraitement” des combustibles usés de Rokkashô-mura, a déposé une demande à l’autorité de sûreté, montrant qu’elle satisfaisait aux nouvelles règles de sûreté. Personne ne sait combien de temps l’instruction prendra. Au minimum 6 mois. Et ce n’est pas dit que l’usine, dont le démarrage a déjà été repoussé 20 fois, puisse fonctionner. Les travaux de construction de l’usine ont commencé en 1993 et elle n’a jamais marché… Enfin, les failles de la péninsule Shimokita doivent être réétudiées. Cela pourrait aussi changer la donne.

L’utilité de l’usine reste à démontrer car le surgénérateur Monju, qui doit utiliser le plutonium extrait, n’est pas au point. Les réacteurs traditionnels sont tous arrêtés. Pourront-ils utiliser du MOx ? Bref, le village nucléaire japonais ne veut pas admettre que la situation du nucléaire a changé et qu’il faudrait tout revoir.

Des employés de TEPCo évacués privés d’indemnisation, suite

Le Maïnichi revient sur les indemnités qui doivent être remboursées par les employés de TEPCo qui ont été évacués (cf 4 janvier dernier). Les 100 000 yens par mois (710 euros) sont reçus par chaque personne évacuée et TEPCo demande le remboursement pour tous les membres de la famille de ses employés !

Ainsi, TEPCo réclame plus de  30 millions de yens (214 000 euros) à une famille. Les membres de la famille des travailleurs ne sont pas responsables de la catastrophe et souffrent autant que les autres. Ils ont des frais similaires pour racheter ce qui a été abandonné lors de l’évacuation : meubles, vêtements…

La famille en question, deux adultes et deux enfants, vivaient dans une zone maintenant classée en “retour difficile” car l’exposition externe peut y dépasser 50 mSv/an. Elle avait droit, comme les autres habitants de ces régions, à demander une somme forfaitaire correspondant à 5 années d’indemnisation à partir de juin 2002, ce qu’elle a fait. Elle a donc reçu 24 millions de yens. Puis TEPCO a envoyé une demande de remboursement de plus de 30 millions de yens sous le prétexte que la famille avait trouvé à se reloger à partir de l’été 2011. Elle n’est donc plus considérée comme “évacuée”.

Rappelons que les autres habitants dans une situation similaire, mais qui ne sont pas employés par TEPCo, n’ont pas reçu de demande remboursement. Selon le quotidien, quatre familles avec un membre employé par TEPCo, ont aussi reçu des demandes de remboursement, qui, dans deux cas, dépassent les 10 millions de yens (71 000 euros).

Taches blanches sur des bovins

La chaîne australienne ABC mentionne le cas de M. Yoshizawa, éleveur à 14 km de la centrale accidentée, qui refuse que son troupeau soit abattu. Il pense qu’il est plus important que ses bovins, fortement contaminés, fassent l’objet d’études scientifiques sur l’impact de la radioactivité. Cette situation est illégale, mais il résiste. Certaines bêtes ont des taches blanches que l’on peut voir sur la vidéo et qu’aucun vétérinaire ne peut expliquer.

Ordinateur piraté à Monju

Un des 8 ordinateurs de la salle de contrôle du surgénérateur Monju, situé dans la province de Fukui, aurait été piraté depuis la Corée du Sud. Il y avait 42 000 mails et des rapports internes dans cet ordinateur, mais aucune information importante pour la sécurité, selon l’exploitant qui s’était déjà fait critiqué pour son manque de protection contre le terrorisme par la NRA.