Accord entre l’université médicale de Fukushima et l’AIEA

Selon le Tôkyô Shimbun du 31 décembre dernier, l’AIEA et l’université médicale de Fukushima, en charge de l’étude d’impact sanitaire dans la province de Fukushima, ont signé un protocole d’accord incluant des clauses de secret : selon le journal, il y est mentionné la possibilité que des informations ne soient pas publiées si elles peuvent attiser l’anxiété de la population.

Le texte signé est sur le site du ministère des affaires étrangères japonais. L’article 8 mentionne que les signataires publieront leurs résultats tout en respectant la confidentialité imposée par l’autre partie. C’est article est assez commun, mais suffisamment vague pour permettre des dérives. Dans le contexte actuel de défiance vis à vis des autorités sur un sujet aussi sensible et après le vote de la loi sur le secret, il aurait été bienvenu de mieux préciser les choses. Il aurait été préférable de dire que toutes les données seront rendues publiques tout en garantissant la vie privée des personnes concernées.

Parmi les sujets abordés par cet accord, il y a “la peur des radiations”…

Prime de risque et sous-traitance

TEPCo donne une prime de risque à tous les intervenants sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi. Mais elle ne parvient pas toujours aux employés des sous-traitants à cause des ponctions lors des étapes intermédiaires. Et comme le montant de cette prime, variable en fonction du travail, de l’exposition etc, n’est pas connu, les travailleurs ne peuvent pas faire valoir leurs droits.

Selon le Maïnichi, le 8 novembre dernier, TEPCo a révélé que la prime était de 10 000 yens par jour (un peu plus de 70 euros au cours actuel) et qu’elle allait la doubler à partir de décembre. Lors de la conférence de presse, le PDG de TEPCo a clairement annoncé que cette nouvelle prime, dont le montant est connu, devrait être intégralement reversée aux travailleurs. Mais, le 29 novembre, TEPCo a envoyé une note explicative à ses sous-traitants, où elle expliquait que l’augmentation de la prime de 10 000 yens par jour ne signifiait pas que les salaires devaient être augmentés d’autant.

Dans les faits, certains sous-traitants ont augmenté les salaires de 10 000 yens par jour, d’autres non. Sur place, c’est mal ressenti.

Des employés de TEPCo évacués privés d’indemnisation

TEPCO doit payer 100 000 yens par mois (714 euros par mois) à chaque personne forcée à évacuer pour compenser le stress et les frais engendrés par la nouvelle vie (voyage vers l’ancienne habitation, achat de meubles, habits, électroménager…). Mais, selon le Maïnichi, ce soutien financier a été arrêté pour une centaine d’employés de TEPCo qui ont dû évacuer. Pire, la compagnie réclame à au moins une quinzaine d’entre eux de rembourser une partie de ce qu’ils ont déjà reçu !

Un des employés concernés a déménagé dans un nouvel appartement qu’il loue. Comme il habitait avant dans un appartement en location, TEPCo juge qu’il s’agit d’un simple déménagement et qu’il n’est plus évacué. Elle a donc supprimé l’aide financière et lui réclame le trop versé. Les autres personnes évacuées, qui ne sont pas employées par TEPCo, continuent à toucher cette aide, même si elles ont emménagé dans le parc locatif.

L’employé en question a donc porté l’affaire devant la structure de conciliation qui a été mise en place pour gérer les conflits en matière d’indemnisation qui lui a donné raison. Il n’a pas à rembourser et doit même continuer à toucher les indemnisations. Mais TEPCo ne veut rien entendre et refuse cette décision qui n’est pas contraignante.

Dans un autre article, le quotidien présente plus précisément un de ces cas : la personne en question était à la centrale durant les premières heures de la catastrophe, a risqué sa vie pour rétablir la situation et a été exposée à de fortes doses. Cette attitude de TEPCo est donc extrêmement choquante et a cassé le moral des personnes qui se sont beaucoup données. Les salaires ont déjà été amputés de 20%. Cette mesquinerie est la goutte qui fait déborder le vase. De nombreux jeunes quittent donc la compagnie.

Un emploi à la centrale nucléaire pour les personnes qui rentrent

Le retour rapide des personnes évacuées, dont l’indemnisation coûte cher, est toujours la priorité du gouvernement japonais. Et pour que les gens rentrent, il leur faut aussi un emploi. Selon l’Asahi, le vice-ministre de l’industrie, qui est à la tête du groupe gouvernemental relatif à la catastrophe, a trouvé la solution : les impliquer dans le démantèlement de Fukushima daï-ichi ! Et comme le chantier va durer des décennies, c’est un emploi durable. Ainsi, ces personnes prendront des doses au travail et à la maison. Max 20 mSv/an à chaque fois. La comptabilité sera-t-elle séparée ou cumulée ?

Pas de calendrier pour le redémarrage des réacteurs

Selon l’Agence de Régulation Nucléaire, la NRA, aucun réacteur nucléaire ne pourra redémarrer rapidement car les exploitants sous-estiment encore l’amplitude des séismes potentiels qui pourraient secouer leurs installations. Le président de l’autorité nucléaire, qui a déjà tenu 65 réunions à propos de ces demandes, n’est pas capable de donner un calendrier.

TEPCo veut rendre J-Village au foot pour les JO de 2020

TEPCo veut accélérer la réhabilitation de J-Village. Ce complexe sportif, situé à une vingtaine de kilomètres de la centrale accidentée, propriété de TEPCo, de la Fédération japonaise de Football et des autorités locales, a été transformé en base pour la gestion de l’accident. TEPCo veut le rendre en 2018, juste deux ans avant les JO. Elle va le décontaminer pour qu’il puisse accueillir à nouveau des camps d’entraînement de foot.

La station ALPS génère beaucoup de déchets

La station ALPS de traitement des eaux contaminées qui s’accumulent jour après jour à la centrale de Fukushima daï-ichi devait être initialement prête pour septembre 2012. Depuis, on ne compte plus les reports. TEPCo a officiellement admis que ce ne sera pas avant avril 2014, sans donner de date. Il y a eu des problèmes de corrosion après seulement quelques mois de test. TEPCo les aurait réglés et repris les tests. Qu’est-ce qui coince ?

Ex-skf a déniché et partiellement traduit un document officiel sur le site du ministère de l’industrie, où il apparaît qu’ALPS produit trop de boues radioactives.  Une des premières étapes du procédé, qui consiste en une co-précipitation avec des ions fer et carbonates, produit à elle seule 95% des déchets. Le document suggère de remplacer cette étape par un procédé qui utilise une autre technique. Laquelle ? C’est ce qui semble coincer.

Il apparaît que 93% du césium est sous forme de colloïdes et 5% de particules. Le reste est sous forme d’ions. Pour les autres émetteurs bêta, dont le très toxique strontium, 59% est sous forme de colloïdes et 37% de particules.

Et donc l’étape de co-précipitation des boues et particules forme des boues très radioactives pour lesquelles il n’y a pas de solution par la suite. Les résines échangeuses d’ions, qui devaient retirer la majorité des éléments radioactifs, n’en retirent donc qu’une faible partie.