Succès du retrait de la pièce de 20 tonnes de la piscine du réacteur n°3

Suite à l’annonce faite le 29 juillet dernier, TEPCo et ses sous-traitants ont réussi à retirer une partie du pont roulant qui était tombé dans la piscine du réacteur n°3 . Les opérations ont d’abord été reportées à cause du brouillard. Puis, le retrait de la pièce a duré 80 minutes environ. Bravo !

La pièce en question fait 20 tonnes. En fait, elle faisait initialement 35 tonnes, mais il a été possible d’en couper des bouts sous l’eau pour l’alléger.

Il reste encore de nombreux débris à enlever dans la piscine. Puis, il faudra reconstruire une structure pour pouvoir retirer les combustibles usés et du combustible MOx, comme pour le réacteur n°4. C’est cependant plus compliqué car le débit de dose est trop élevé pour les humains, de l’ordre de 220 mSv/h, contrairement au réacteur n°4. Le retrait des 566 assemblages ne devrait pas débuter avant janvier 2018. 514 sont usés et donc très radioactifs.

Voir le communiqué de presse en anglais de la compagnie et les photos et la vidéo mises en ligne.

TEPCo a fini de vider les galeries souterraines reliées au réacteur n°3

Afin de réduire les fuites d’eau contaminée vers l’océan via les nappes phréatiques, TEPCo tente de geler le sol tout autour des réacteurs. Elle a échoué à geler les galeries souterraines pleines d’eau contaminée. Après plusieurs essais infructueux, elle a finalement changé de stratégie. Ces galeries, par lesquels passent câbles et tuyaux, sont remplies de béton tout en pompant l’eau pour éviter les débordements.

Il y a une dizaine de jours, il restait encore 7 000 m3 d’eau dans ces galeries. Fin juin, TEPCo avait réussi à vider les galeries situées en aval du réacteur n°2. Elle vient d’annoncer avoir terminé pour le réacteur n°3. Voir le schéma. Pour le réacteur n°4, il faudra attendre l’automne.

Les travaux pour geler le sol en amont se poursuivent. Une coupure d’un câble électrique a récemment entraîné une suspension temporaire des travaux.

Retrait prochain d’une pièce de 20 tonnes dans la piscine du réacteur n°3

Un morceau de 20 tonnes et 14 m de long du pont roulant qui sert à manipuler les barres de combustible était tombé dans la piscine de combustible usé du réacteur n°3 lors de l’accident. Son retrait est délicat et ne peut se faire qu’à distance car le débit de dose est trop élevé pour s’approcher.

En août 2014, une pièce de 400 kg était retombée dans la piscine (photos et vidéo). TEPCo doit donc redoubler de précaution. Après deux mois de préparations, la compagnie est prête à retirer cette pièce à l’aide de deux grues télécommandées. Tous les autres travaux de démantèlement vont être suspendus lors des opérations.

Report des travaux de sécurisation et retour des habitants validés

TEPCo avait annoncé vouloir retarder de plusieurs années le retrait des combustibles usés et le gouvernement vient d’approuver cette nouvelle feuille de route lors d’une réunion commune. Le communiqué de presse de TEPCo n’est qu’une suite de propos lénifiants sans beaucoup d’intérêt. Officiellement, il est question de privilégier la sécurité des travailleurs par rapport à la rapidité des opérations.

TEPCo n’en est pas encore au stade du démantèlement des réacteurs, mais à leur sécurisation car ils sont encore très menaçants. Sauf le réacteur n°4, où le retrait des combustibles de la piscine est terminé. Son démantèlement n’est pas pour tout de suite.

Pour les réacteurs 1, 2 et 3, il faut d’abord retirer les combustibles des piscines, puis les combustibles fondus avant de pouvoir commencer à démanteler. TEPCo vient d’obtenir l’aval du gouvernement pour retarder ces travaux de 2 à 3 ans pour les piscines. Ainsi, les travaux ne devraient pas commencer avant 2017 pour la piscine du réacteur n°3 et en 2020 pour celles des n°1 et 2. Le débit de dose y est trop élevé et des être humains ne peuvent pas y travailler.

Le retrait des combustibles des piscines nécessite le déblaiement de tous les débris puis de la construction d’une structure par dessus les bâtiments détruits, pour les réacteurs 1 et 3. Ce sont les travaux de construction qui sont difficiles sans êtres humains à proximité. La structure à construire n’est pas la même pour chaque réacteur. Pour le réacteur n°2, comme l’enceinte de confinement est fissurée, la contamination y est plus forte.

Pour le retrait du corium, à savoir le combustible fondu, il n’y a pas de changement de date : cela devrait commencer dans 6 ans, ce qui semble peu réaliste au vu de la complexité du chantier. Avec ce calendrier, il se sera passé 10 ans depuis la fusion de ces cœurs. TEPCo ne sait toujours pas par quel réacteur elle va commencer car elle ne sait pas où sont les coriums.

La compagnie envisageait de noyer l’enceinte de confinement pour atténuer les radiations, mais cela ne sera pas possible car elle est percée. Il lui faut donc trouver des méthodes alternatives. De nouvelles solutions devraient être proposées d’ici deux ans.

L’autre problème menaçant est l’eau accumulée dans les cuves. Même si elle a été partiellement décontaminée, une forte secousse pourrait provoquer une fuite et entraver les travaux sur place. TEPCo et les autorités espèrent toujours la rejeter dans l’océan. Une consultation des parties-prenantes en vue de les convaincre devrait commencer l’an prochain.

TEPCo veut réduire les infiltrations d’eau souterraine dans les sous-sols des réacteurs à moins de 100 m3 par jour d’ici mars 2017. C’est actuellement de l’ordre de 300 m3 par jour.

Puis, une fois les travaux de sécurisation et de démantèlement terminés, ni TEPCo, ni les autorités n’ont de solution pour les déchets radioactifs générés.

La feuille de route avait été initialement définie en décembre 2011. La dernière révision date de juin 2013.

D’un autre côté, le gouvernement a validé son plan de voir 54 800 habitants rentrés chez eux d’ici deux ans, afin de cesser les indemnisations un an plus tard. Evidemment, les habitants originaires des zones les plus contaminées, classées en zones de « retour difficile », ne sont pas concernés. Pour le moment, le taux de retour dans les zones où l’ordre d’évacuer a été levé est faible. Les réacteurs n’étant pas sécurisés, on comprend les réticences.

TEPCo reporte le retrait des combustibles usés des réacteurs 1 à 3

Si TEPCo a réussi à retirer tous les combustibles de la piscine du réacteur n°4, c’est parce que la cuve du réacteur était vide en 2011 et des êtres humains ont pu intervenir sur place. Ce n’est pas le cas pour les réacteurs 1, 2 et 3 où il y a eu fusion du cœur. Le risque d’irradiation y est trop élevé pour permettre à des humains d’y travailler. La compagnie espérait pouvoir commencer les travaux cette année pour le réacteur n°3 où la plupart des débris ont été retirés. Elle vient de reporter à 2017 le début des travaux. Pour les réacteurs 1 et 2, c’est passé de 2017 à 2020. Pour le reste des travaux de sécurisation puis de démantèlement des réacteurs, il n’y a pas eu de modification de calendrier.

Rappelons que ces piscines sont une menace. Si une forte secousse sismique les fissure et qu’il n’est plus possible de refroidir les combustibles, les rejets radioactifs ne seraient pas retenus par une enceinte de confinement. Ils seraient alors plus conséquents que ceux de 2011.

Cela n’empêche pas les autorités de vouloir voir que populations rentrent dans les territoires évacués situés à moins de 20 km de la centrale afin de cesser l’indemnisation…

L’eau du tuyau qui a fuit était plus radioactive qu’admis

La fuite de la semaine précédente fait encore parler d’elle. Jusqu’à récemment, seule de l’eau de pluie contaminée circulait dans ce tuyau. Mais depuis la mi-mai l’eau provient des sous-sols du bâtiment turbine du réacteur n°3, et est donc fortement radioactive : 1,1 million de becquerels par litre en bêta total. TEPCo n’avait pas informé l’Agence de Régulation Nucléaire, la NRA, qui vient de le découvrir lors d’une réunion commune.

Ce qui signifie que TEPCo a fait couler une eau très radioactive dans un tuyau qu’elle savait fragile et de durée d’utilisation limitée sans le contrôler au préalable. Il a été mis en place en octobre 2013 et n’a jamais été contrôlé depuis.

On comprend que la NRA ne soit pas contente. Son président a déclaré que TEPCo n’avait pas d’approche stratégique pour gérer l’eau contaminée.

Retour sur la dernière fuite

C’est par un tweet que TEPCo a annoncé que la dernière fuite dans le port était de 15 m3 au maximum. Les médias parlent d’une fuite comprise entre 7 et 15 m3. L’eau provenait des sous-sols du bâtiment turbine du réacteur n°3. Elle est donc très radioactive.

Le tuyau qui a fui n’a pas été contrôlé alors qu’il était connu qu’il ne pouvait pas être utilisé longtemps. TEPCo a remplacé des tuyaux similaires en d’autres emplacements, mais pas ici. La compagnie explique ce fait par la proximité avec le chantier de gel des sous-sols. Il n’était pas non plus sur le trajet des patrouilles de surveillance. C’est par hasard que la fuite a été découverte.

Le tuyau aurait aussi subi une flexion qui dépasse la limite fixée par le fabricant.

La compagnie a promis d’accélérer le remplacement de ce type de tuyaux par d’autres plus solides et d’améliorer le manuel de contrôle…

Des photos et des explications sont disponibles dans un document mis en ligne en japonais uniquement.

TEPCo va commencer à retirer la couverture du réacteur n°1

TEPCo va commencer à retirer la couverture du réacteur n°1. Les travaux auraient dû débuter en juillet 2014, mais ils ont pris plusieurs mois de retard suite au scandale des rejets de poussières radioactives lors du démantèlement de la partie haute du réacteur n°3. Ce n’est que le 31 décembre 2013 que l’on a appris que TEPCo n’avait pas aspergé des résines fixatrices ou les avait fortement diluées. Voir notre bilan des quatre ans à ce propos.

Cette fois-ci, TEPCo va asperger de la résine pendant près d’une semaine. La surveillance va aussi être renforcée. Voir les photos mises en ligne.

Ensuite, il faudra retirer la couverture, les débris de la partie haute du réacteur, reconstruire une structure comme pour le réacteur n°4 et retirer les combustibles de la piscine. Il y en a pour plusieurs années.

Comme c’est la saison de la plantation du riz à Fukushima, TEPCo s’est engagée à suspendre immédiatement les travaux en cas de niveaux anormaux et prévenir les élus locaux en moins de 30 minutes.

Piscine du réacteur n°3

On l’a déjà signalé, un gros débris touche une des portes de la piscine du réacteur n°3. Comment le retirer sans endommager la porte et provoquer des fuites ? TEPCo a mené des investigations supplémentaires et a mis des images en ligne, commentées en japonais. On voit clairement qu’une des deux portes a été délogée, mais la compagnie n’a pas détecté de fuite.

Problèmes avec la piscine de combustibles usés du réacteur n°3

TEPCo vient d’annoncer que les deux portes de la piscine du réacteur n°3 ont été légèrement déplacées en mars 2011, mais qu’il n’y aurait pas de fuite. Chaque porte fait de 8 m de haut et 1,6 de large et permettent le chargement ou déchargement du cœur.

Rappelons que les piscines de combustible ne sont pas dans l’enceinte de confinement. En cas de grosse fuite d’eau et qu’il n’est plus possible de refroidir le combustible, il fondra, entraînant des rejets bien plus élevés qu’avec les cœurs qui restent confinés. Si ces portes avaient été un peu plus déplacées, une partie de l’eau aurait pu s’échapper sans pour autant vider complètement la piscine. L’évaporation aurait été plus rapide et l’on peut imaginer que les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves. Ont-elles bougé à cause du séisme ? De l’explosion hydrogène ?

Par ailleurs, une pièce de 35 tonnes, tombée dans la piscine en mars 2011, est appuyée sur une de ces portes. TEPCo ne sait pas comment l’enlever sans risquer de provoquer une fuite. TEPCo espérait avoir fini de retirer les débris de la piscine en juin 2015. Ce ne sera probablement pas possible.

Il y a 566 assemblages de combustible usé dans cette piscine.