Réacteur n°3 : préparatifs pour le retrait des combustibles de la piscine

On le sait, les piscines de combustible sont particulièrement menaçantes car elles ne sont pas protégées par une enceinte de confinement, et elles contiennent une grande quantité de radioéléments. En cas de fissure de la piscine, suite à un séisme par exemple, et perte de refroidissement, les conséquences pourraient être encore plus graves que ce qui s’est passé en 2011. Dans le cas du réacteur n°3, il y a aussi du combustible MOx, riche en plutonium.

Dans le cas de la piscine du réacteur n°4, où des humains ont pu travaillé, les combustibles ont pu être retirés. En revanche, pour les réacteurs n°1 à 3,  c’est plus compliqué car toutes les opérations doivent être télécommandées, le débit de dose empêchant les humains d’y travailler.

C’est pour le réacteur n°3 que TEPCo est la plus en avance. Elle a retiré tous les débris qui surplombaient la piscine et elle est en train d’assembler une structure qui viendra recouvrir le tout afin d’y installer un palan et une grue pour retirer les combustibles.

Voir les photos et explications en anglais sur le site de la compagnie.

TEPCo va d’abord installer des écrans protecteurs afin de réduire le débit de dose. Pour la construction de la structure, elle est en train de s’entraîner à Onahama. Les travaux de retrait du combustible ne devraient pas commencer avant 2018.

Nouvelles informations sur la fusion des réacteurs 2 et 3

TEPCo a mis en ligne de nouvelles informations sur les accidents survenus dans les réacteurs n°2 et 3 de la centrale de Fukushima daï-ichi. Lire son communiqué en anglais et le document associé. Le document en japonais est beaucoup plus détaillé.

• La fusion du cœur du réacteur n°2 aurait eu lieu au bout de quatre jours. Voici l’explication avancée par TEPCo. Le système de refroidissement de secours se serait arrêté au bout de quatre jours, le 14 mars au soir et la température est montée. Pour maintenir le refroidissement, les personnes sur place ont tenté d’injecter de l’eau à partir d’un camion pompier. Cela n’a pas fonctionné car la pression à l’intérieur de la cuve était trop élevée. Pour faire diminuer la pression, il fallait éventer le réacteur en ouvrant huit vannes de secours. Cela a été tenté aux premières heures du 15 mars, mais cela n’a pas marché. Ces vannes auraient dû être ouvertes à l’aide d’azote maintenu sous pression, mais, les joints en caoutchouc de la vanne d’injection auraient fondu à cause de la chaleur, entraînant une fuite. La température aurait atteint 200°C, ce qui est plus que ce qui était prévu…

La pression a finalement baissé après qu’une des vannes se soit finalement ouverte vers 1h du matin.

Ces joints peuvent tenir jusqu’à 170°C pendant quelques heures seulement. Ces pièces particulièrement fragiles sont présentes sur les autres réacteurs du même type. TEPCo va les changer sur ses autres réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa.

• En ce qui concerne le réacteur n°3, les plus forts rejets radioactifs dans l’atmosphère ne seraient pas dus aux évents destinés à faire baisser la pression, mais à une perte d’étanchéité du confinement. Le réacteur n°3 a été éventé à trois reprises durant les premiers jours. Le troisième évent a eu lieu à 21h le 13 mars, mais la pression n’aurait pas baissé comme attendu. Ainsi, les rejets qui ont suivi, entre la nuit du 14 et le 16 mars seraient dus à une perte de l’étanchéité. TEPCo était déjà arrivé à une conclusion similaire pour le réacteur n°2.

Vidéo de présentation du chantier du réacteur n°3

TEPCo a mis en ligne une vidéo de présentation du chantier de construction d’une structure par dessus le réacteur n°3 afin d’y retirer les combustibles de la piscine. Il s’agit d’un chantier extrêmement complexe car il est exclu d’y envoyer des humains comme pour le réacteur n°4. La structure est pré-assemblée à Iwaki. Les travaux de pose devraient débuter l’année prochaine.

Vidéo prise par un robot dans l’enceinte de confinement du réacteur n°3

TEPCo a envoyé un robot inspecter l’enceinte de confinement du réacteur n°3 et a mis les images en ligne. A un moment, le robot trouve l’eau qui sert au refroidissement et y plonge. Puis la vidéo s’arrête.Il n’a pas été possible de descendre au fond de l’enceinte pour y voir le combustible fondu.

Voir le document d’accompagnement en anglais. Le débit de dose y atteint 1 Sv par heure, ce qui est moins que dans les deux autres réacteurs où il y a eu fusion du cœur, mais trop élevé pour permettre à des humains d’approcher. Il y aurait environ 6,4 m d’eau. Une autre endoscopie est programmée le 22 octobre prochain.

Retrait d’un gros débris de la piscine du réacteur n°3

TEPCo annonce avoir retiré un autre gros débris de la piscine du réacteur n°3 qui pèse 2,6 tonnes. Il s’agit d’un filtre d’un système de déminéralisation. Cela fait suite au retrait d’un débris de 20 tonnes en août dernier.

TEPCo a ensuite filmé les barres de combustible usé situées sous la pièce et a découvert que les crochets de deux assemblages étaient endommagés. Cela fait suite à la découverte d’autres crochets endommagés en août dernier. La compagnie ne sait pas encore comment elle va s’y prendre pour retirer les assemblages concernés.

TEPCo a mis en ligne un document explicatif et quelques photos.

Arrêt temporaire du refroidissement de la piscine du réacteur n°3 suite à une fuite d’huile

Une machine télécommandée, utilisée pour retirer les débris de la piscine du réacteur n°3, a heurté un objet, ce qui a entraîné une fuite d’huile de moteur. Le refroidissement de la piscine a dû être stoppé pendant 4 heures, mais la température de l’eau n’est pas montée de façon significative : elle était de 26°C une heure après la reprise du refroidissement.

L’AIEA publie son rapport sur la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi

L’AIEA a publié son rapport sur la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi. Il y a 1 200 pages en tout réparties en

avec des annexes.

En feuilletant rapidement certaines parties, il apparaît que ce rapport a beaucoup puisé dans les rapports des commissions d’enquête gouvernementale et parlementaire et n’apporte pas beaucoup d’information nouvelle.

Dans sa communication, l’AIEA a mis en avant deux points repris par les médias :

  • une trop grande confiance dans la sûreté des installations nucléaires et un manque de préparation pour faire face à l’accident (il aurait été difficile de dire l’inverse…)
  • qu’il est peu probable qu’il y ait une augmentation du nombre de cancers de la thyroïde chez les enfants de Fukushima.

Images de la piscine du réacteur n°3

Après le retrait du plus gros débris de la piscine du réacteur n°3 le 2 août dernier, TEPCo a filmé le haut des barres de combustible. Des photos et une vidéo sont disponibles en ligne. Il y a aussi un document explicatif succinct en anglais.

Outre les nombreux débris qu’il reste à retirer, il apparaît que les crochets de quatre assemblages ont été tordus. TEPCo prétend que les barres de combustible ne doivent pas être endommagées car il n’y a pas de variations anormales de radioactivité.