Selon les statistiques officielles du ministère de l’éducation, il y a encore 11 452 enfants scolarisés en dehors de leur province d’origine suite à la triple catastrophe à Iwaté, Miyagi et Fukushima. Mais, c’est à Fukushima que l’exode a été le plus élevé, avec 9 767 enfants.
21 775 enfants ont dû changer d’école dans ces trois provinces, suite à la triple catastrophe, dont 15 281 à Fukushima. C’est donc à Fukushima que les enfants ont été le plus éloignés, à cause des craintes liées à la radioactivité. 60% des enfants qui ont changé d’école ont quitté la province.
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Suicides liés à la catastrophe nucléaire
La justice a jugé recevable la plainte de la famille de Hamako Watanabé qui s’était suicidée en juillet 2011, lors d’une visite ponctuelle dans sa maison de Kawamata, commune évacuée. La famille réclamait 91,16 millions de yens (665 000 euros) et a obtenu 49 millions de yens (358 000 euros). Le tribunal a estimé qu’il y avait un lien direct avec l’accident, ce que contestait TEPCo qui mettait en avant d’autres facteurs qui auraient contribué au suicide, comme des troubles du sommeil et des soins antérieurs à la catastrophe.
TEPCo n’a pas décidé si elle allait faire appel ou non. C’est la première fois que TEPCo est condamnée à indemniser la famille d’une personne qui s’est suicidée. Il y a eu un précédent, résolu par une négociation à l’amiable, via la commission de conciliation. Il y a d’autres plaintes en cours d’instruction.
56 suicides sont considérés comme liés à la triple catastrophe à Fukushima. C’est plus que dans les provinces voisines de Miyagi et d’Iwaté où c’est respectivement 37 et 30. A Fukushima, le taux de suicide parmi les réfugiés est à la hausse : 10 en 2011, 13 en 2012, 23 en 2013 et déjà 10 jusqu’en juillet cette année. Les lettres d’adieu ou le témoignage des proches sont utilisés pour faire le lien avec les catastrophes.
Tourisme radioactif
Plans d’urgence insatisfaisants
Selon une étude du Maïnichi, seulement 13% des communes qui doivent accepter des réfugiés en cas d’accident nucléaire ont planifié leur accueil.
Le quotidien a contacté 362 communes mentionnées dans les plans d’urgence pour les questionner à propos de l’accueil prévu. Seulement 333 ont répondu. Parmi elles, 47 ont déclaré avoir un plan, 93 sont en train de s’en occuper et 179, soit 54%, n’ont pas de plan et ne sont pas en train d’y travailler. Beaucoup de plaignent des difficultés de collaborer avec les autorités régionales et les autres communes. Une commune, Kamo à Niigata, a refusé le plan qui lui était proposé car cela signifierait accepter un nombre de réfugiés égal à 43% de sa population, ce qui est impossible.
Pour 10 centrales nucléaires (Tomari à Hokkaïdô, Higashidôri à Aomori, quatre centrales de Fukui, Shimané à… Shimané, Ikata à Ehimé, Genkaï à Saga et Sendaï à Kagoshima), les communes situées dans un rayon de 30 km ont terminé leur plan d’urgence qui prend en compte l’évacuation complète de la population. Mais les communes d’accueil supposées ne sont pas toujours prêtes : il n’y en a aucune autour de Tomari et cela va au maximum à 33% des communes prêtes pour Higashidôri. Pour la centrale de Sendaï, qui devrait être la première à démarrer l’an prochain, seulement 11% des communes d’accueil sont prêtes.
Le gouvernement exige des communes situées à moins de 30 km de prévoir un plan d’évacuation, mais il n’exige rien des communes d’accueil… et ne leur fournit aucune aide. Certaines communes d’accueil ont à peine été consultées quand elles ont été sélectionnées par les régions.
Nombre de réfugiés inconnu
Les autorités régionales de Saïtama, dans la banlieue de Tôkyô, ne semblent pas connaître le nombre de réfugiés de Fukushima s’y sont installés. Elle ne recensait que ceux qui bénéficient d’un logement gratuit, à savoir 2 640 personnes. Après avoir interrogé toutes les 63 communes de la provinces, le nombre officiel de réfugiés est presque doublé : 5 044.
Les 2 400 personnes supplémentaires sont essentiellement des réfugiés « volontaires », à savoir des personnes qui sont parties de zones contaminées non évacuées. Et il ne s’agit que ceux qui se sont inscrits. Le nombre réel est plus élevé. Une ONG de soutien aux déplacés estime que le nombre de déplacés est de 1,7 à 2 fois plus élevé.
La situation pourrait être la même dans d’autres provinces. Cela confirme ce que l’on savait déjà, à savoir que le gouvernement ne connaît pas le nombre de déplacés dus à la catastrophe nucléaire.
Le nombre total de déplacés sur tout le Japon est officiellement de 247 233 pour les trois catastrophes.
Indemnisations plus équitables
Le village d’Iitaté a été entièrement évacué mais depuis, il a été divisé en différentes zones en fonction du niveau de contamination, comme partout ailleurs. Le montant des indemnisations dépend de la zone, ce qui ne plait pas aux habitants. Les résidents des zones les moins contaminées, où le gouvernement promet un retour, pensent que cette politique divise les habitants. Ils ont fait une demande officielle pour que tout le monde obtienne la même chose. Ils vont aussi demander un soutien supplémentaire de 3 millions de yens car ils n’ont été évacués que tardivement et ont donc été exposés pendant plus d’un mois aux retombées radioactives sans le savoir.
Environ 2 500 personnes, soit environ 40% du village, devraient se joindre à cette demande.
Sendaï : des problèmes avec les plans d’évacuation
Evacuation des personnes vulnérables
Le Maïnichi a interrogé les autorités locales à propos des hôpitaux et maisons de retraite situés à moins de 30 km d’une centrale nucléaire. Une grande majorité n’a pas de lieu d’accueil défini en cas d’accident nucléaire. C’est le cas pour 621 maisons de retraite sur 875, soit 71%, et pour 633 hôpitaux sur 838, soit plus de 75%.
40% des communes concernées n’ont pas fini d’établir leur plan d’évacuation. Dans les provinces de Miyagi, Ibaraki, Niigata, Shizuoka et Toyama, où ces communes sont situées, aucun des 412 hôpitaux et clinique et des 377 centres de soins et de repos n’ont de plan d’évacuation.
Les provinces de Kagoshima, où il y a la centrale de Sendaï, Aomori, Ishikawa, Shiga, Ehimé et Nagasaki, les plans d’évacuation des populations sont terminés, mais à de rares exceptions près, les hôpitaux, cliniques et centres de soins, n’ont pas de lieu d’évacuation prédéfinis.
A Fukui, où il y a 14 réacteurs nucléaires, il y a un lieu d’accueil prédéfini pour les 231 centres de soin et les 202 hôpitaux et cliniques. A Shimané et certaines parties de Hokkaïdô, les patients seront d’abord évacués dans des hôtels avant d’être pris en charge par les autorités compétentes…
C’est en fait très difficile de trouver un lieu d’accueil pour des patients qui ont besoin de soin car le centre se secours ne peut pas garantir avoir de la place à l’avance, à moins de garder une partie de sa structure inutilisée en temps normal pour faire face à l’imprévu.
Le directeur de la maison de retraite Togo, située à 16 km de la centrale de Sendaï qui devrait redémarrer prochainement, a déclaré au Maïnichi, qu’il ne sait même pas par quel bout prendre le problème. Certains pensionnaires ne peuvent plus quitter leur lit. Il envisage donc de ne pas évacuer, mais plutôt de s’enfermer en cas d’accident, en espérant que la contamination ne rentrera pas dans les bâtiments. Mais s’il n’y a plus d’approvisionnement, cela ne pourra pas durer longtemps. Les employés resteront-ils ?
Vols dans les maisons abandonnées
Les vols dans les maisons abandonnées suite à la catastrophe nucléaire se poursuivent. Certaines communes ont mis en place des patrouilles financées sur les fonds dédiés à la reconstruction. D’autres sont en train d’installer un système de vidéo-surveillance.
Namié, Ôkuma, Futaba, Tomioka et Katsurao ont installé des caméras qui enregistrent les plaques d’immatriculation des véhicules qui passent.
Selon un habitant de Tomioka qui aide les autres évacués à nettoyer leur maison, 70% des habitations ont été visitées par des voleurs. Les cinq communes listées ont enregistré 212 vols en 2013, ce qui est 4 fois plus qu’en 2010, avant l’accident. Entre janvier et juin de cette année, la police a enregistré 107 vols.
Le nombre de cas doit être plus élevé car tous les évacués ne rentrent pas régulièrement voir leur maison. Il n’est pas non plus facile de repérer un vol dans une maison endommagée.
La commune d’Ôkuma va donc installer 40 caméras de vidéosurveillance et 18 pour enregistrer les plaques des véhicules. Une compagnie de sécurité est chargée de la surveillance. Cela va coûter 725 millions de yens (5,3 millions d’euros) par an à la commune. Les niveaux de contamination sont trop élevés pour pouvoir surveiller les lieux autrement.
Source : Asahi
Etude sur l’évacuation
Selon une étude des universités de Nagoya et Tôkyô commandée par le ministère de l’éducation et effectuée auprès de 10 000 personnes évacuées suite à la catastrophe nucléaire, il apparaît qu’elles sont allées, en moyenne, dans quatre lieux de refuge différents et se sont déplacées de 273 km en moyenne durant le premier mois.
Le premier déplacement était d’environ 57 km, soit dans de la famille ou chez des proches, ou dans des centres d’accueil. Le deuxième déplacement faisait 81 km en moyenne et était pour chercher quelque chose de plus stable, dans des hôtels ou dans le parc locatif privé.
Les troisième et quatrième déplacements du premier mois étaient respectivement de 102 et 112 km en moyenne.
Un an après la catastrophe, les personnes évacuées avaient changé d’abris 4,9 fois en moyenne.
C’est la première étude étendue sur les évacués volontaires au Japon. 76% sont partis en utilisant leur véhicule personnel, 10% le véhicule de proches. Il leur en a coûté 51 253 yens (370 euros) en moyenne (essence, billet de train, de bus…).
Dans 42% des cas, les familles ont été séparées durant l’évacuation.
Des questionnaires ont été envoyés à 41 754 personnes et 10 082 réponses valides ont été reçues. Il y a à la fois des évacués forcés et des évacués « volontaires ».
Voir l’Asahi qui rapporte cette étude.