Les habitants du district de Nogami de la commune d’Ôkuma, situé à 8 km de la centrale accidentée, veulent une meilleure indemnisation de TEPCo pour pouvoir refaire leur vie ailleurs. Ils prétendent n’avoir pas d’autre choix car ils ne pourront jamais rentrer chez eux à cause de la forte contamination et du projet de centre de stockage de déchets radioactifs.
L’argent reçu pour le moment ne permet pas de se réinstaller ailleurs. Ces habitants demandent à leur commune de les soutenir dans leur démarche.
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Centrale de Sendaï : plans d’évacuation insuffisants
C’est la centrale de Sendaï dans la province de Kagoshima qui est la mieux placée pour obtenir une autorisation de redémarrage. Mais des riverains s’inquiètent de ce que le plan d’évacuation en cas d’accident majeur n’est pas réaliste. Par exemple, à Ichikikushikino, situé à 5 km de la centrale, la moitié des 30 000 habitants ont signé une pétition contre le redémarrage parce que la route d’évacuation peut être inondée à marée haute, qu’un centre d’accueil est délabré et trop petit… 2 m2 par personne pour les 90 réfugiés prévus.
Une garderie pour enfants, avec généralement 60 petits, située à 13 km de la centrale, n’a pas de plan d’évacuation. Une des employées ne sait pas quoi faire en cas de catastrophe : doit-elle attendre les parents ou partir avec les enfants ?
Il y a 210 000 habitants dans un rayon de 30 km autour de la centrale.
La mairie d’Ichikikushikino va transmettre la pétition au gouverneur.
Voir le reportage de Reuters.
Augmentation des indemnisations
15 000 habitants de Namié, soit plus de 70% des résidents, avaient conjointement saisi la commission de conciliation pour réclamer une meilleure indemnisation suite à leur évacuation forcée. Après des négociations, la commission avait proposé une augmentation de 50 000 yens (360 euros) par mois et par personne. Les personnes âgées de plus de 75 ans devaient recevoir 30 000 yens (214 euros) supplémentaires par mois et par personne. Les plaignants, qui réclamaient plus, avaient accepté cette décision, mais TEPCo vient de la rejeter. Elle refuse d’indemniser mieux les victimes de la catastrophe nucléaire. Elle accepte juste de verser 20 000 yens de plus par mois et par personne aux résidents de Namié qui ont plus de 75 ans et qui ont été blessés ou sont tombés malades.
La compagnie verse chaque mois 100 000 yens (714 euros) à chacun des 80 000 habitants des zones où il est obligatoire d’évacuer. Donner plus aux habitants de Namié serait inique, selon TEPCo.
Dans son jugement, la commission avait pris en compte le fait que les habitants de Namié vivent actuellement dans une situation extrêmement instable et sans avenir. Mais TEPCo considère que ce statut précaire était déjà pris en compte dans l’indemnisation qu’elle verse actuellement et qu’elle n’a donc pas besoin de verser plus.
Les communes concernées par les évacuations forcées vont donc demander au gouvernement de revoir les règles d’indemnisation. Le rôle de la commission de conciliation est remis en question par cette décision unilatérale de TEPCo, alors que la compagnie s’était engagée à respecter ses décisions. TEPCo avait déjà refusé un jugement de la commission relatif à ses propres employés. C’est la première fois qu’elle refuse pour d’autres personnes.
Evacués : statistiques officielles
Les chiffres officiels de janvier 2014 de la province de Fukushima indiquent qu’il y a 89 491 évacués vivant dans des logements temporaires de la province, plus 48 364 ailleurs. Il faut ajouter les évacués « volontaires », qui ont décidé de partir même s’ils ne vivaient pas dans une zone à évacuer. Ils n’acceptent pas la limite de dose fixée par les autorités pour délimiter ces zones. Leur nombre n’est pas connu, mais la presse parle de 35 000 personnes.
Leur situation est précaire : certains vivent dans des mobil-homes, d’autres dans des logements prêtés par les communes d’accueil. La procédure de prêt de logement est prévue par les autorités suite à une catastrophe. Elle n’est supposée durer que deux ans. Face à la situation actuelle, le prêt a été prolongé d’un an, puis encore d’un an. Mais les réfugiés ne savent pas jusqu’à quand cela va durer. Quand pourront-ils rentrer ? Jusqu’à quand peuvent-ils bénéficier de leur logement temporaire ?
Ils réclament une plus grande stabilité pour leur permettre de se fixer, de chercher du travail et pour que les enfants sachent à quoi s’en tenir à propos de leur école.
Un groupe d’évacués vivant à Tôkyô vient d’adresser une pétition avec 16 000 signatures au premier ministre pour lui demander un soutien à long terme.
Evacuation des personnes vulnérables
L’Asahi a interrogé 52 communes à propos des hôpitaux, cliniques, maisons de convalescence ou de retraite situées dans un rayon de 30 km autour de 6 centrales nucléaires : Tomari (Hokkaïdô), Takahama et Ôï (Fukui), Ikata (Ehimé), Genkaï (Saga) et Sendaï (Kagoshima). Une demande d’autorisation de redémarrage a été déposée pour chacune d’entre elles et la procédure est la plus avancée.
Le quotidien a ainsi découvert que plus de 90% des hôpitaux et cliniques n’ont toujours pas de plan d’évacuation en cas d’accident nucléaire. Seulement 18 sur 217 ont un plan, soit 8%. Pour les maisons de retraite et de convalescence, c’est 204 sur 823, soit 25%.
Pour la centrale de Sendaï (Kagoshima), qui devrait redémarrer en premier, seulement un hôpital sur 87 et six maisons de repos sur 153 ont un plan d’évacuation.
Rappelons que les patients hospitalisés et les pensionnaires des maisons de retraite sont ceux qui ont le plus souffert durant l’évacuation d’urgence à Fukushima, qui a provoqué de nombreux décès.
Certaines communes considèrent que l’évacuation de la structure médicale est irréaliste car elles n’ont pas le personnel ni les véhicules pour y faire face. Elles ont pu rédiger un plan d’évacuation pour leur population, mais se sont retournées vers les hôpitaux, cliniques et maisons de repos en leur disant de prévoir leur propre plan.
Témoignages et évacuations
Le quotidien Asahi continue sa lecture des témoignages recueillis par la commission d’enquête gouvernementale et jamais publiés. C’est le témoignage de Tetsuro Fukuyama, haut fonctionnaire du gouvernement, qui a supervisé les évacuations d’urgence autour de la centrale de Fukushima daï-ichi.
Les ordres d’évacuation ont été successifs à cause d’une information limitée. Cela a d’abord été 3 km ordonné à 21h23 le 11 mars, puis 10 km le 12 mars à 5h44. Il y a ensuite eu une explosion hydrogène et l’ordre d’évacuer a été étendu à 20 km à 18h25 ce même jour. L’ordre de rester confiné entre 20 et 30 km a été donné le 15 mars à 11h.
Comme on le sait déjà, une partie de la population a dû évacuer plusieurs fois de suite, en allant toujours de plus en plus loin.
T. Fukuyama justifie cette évacuation successive par la volonté de vouloir limiter les embouteillages qui auraient pu retarder l’évacuation des habitants les plus proches de la centrale accidentée. Mais il y a eu des embouteillages et un manque d’abris pour accueillir les évacués.
Quant aux habitants mis à l’abri entre 20 et 30 km, ils n’ont pas évacués car cela aurait pris trop de temps. Cette mise à l’abri a été transformée en évacuation volontaire le 25 mars, après 10 jours enfermés. C’était simplement invivable. T. Fukuyama reconnaît qu’il s’agit d’une faute et est désolé.
Prévention du suicide à Fukushima
Selon le Fukushima Minpo, traduit par le Japan Times, Fukushima Inochi no Denwa, la permanence téléphonique de prévention du suicide de Fukushima a reçu un record de 18 194 appels en 2013. En 2011, il y en a eu 13 677, ce qui est moins qu’un an auparavant avec 16 649. En 2012, c’était 17 881.
Les consultations liées à la triple catastrophe de mars 2011 se distinguent toujours. En 2011, 1 618 appels étaient directement reliés à ces catastrophes. C’est descendu à 816 en 2012, mais le temps passé au téléphone était plus long.
Les appels les plus récents concernaient des querelles familiales à propos du dilemme auquel doivent faire face les familles, rester ou partir ou la distance prise par le père obligé de s’éloigner pour trouver du travail.
Il y a un sentiment d’isolement, d’abandon et de pessimisme général. Lors d’un récent coup de fil, une personne se plaignait de n’avoir rien pu faire durant le tsunami. Une autre, qui a participé aux secours, s’est plaint de n’avoir pu sauver personne.
Evaluation du temps d’évacuation à Shimané
La province de Shimané a évalué à son tour le temps qu’il lui faudrait pour évacuer les 471 000 personnes qui vivent dans un rayon de 30 km de la centrale du même nom. Cette zone empiète sur la province voisine de Tottori.
Un scénario standard conduit à une estimation de 28 heures. S’il y a de la neige, cela pourrait aller jusqu’à presque 33 heures.
Estimation du temps d’évacuation autour de Sendaï
Le temps d’évacuation des 210 000 personnes qui vivent dans un rayon de 30 km autour de la centrale de Sendaï (Kagoshima) vient d’être estimé par les autorités locales : il faudra jusqu’à 29 heures pour évacuer 90% d’entre elles. Ce scénario suppose que les habitants qui vivent à moins de 5 km partent en premier, qu’ils utilisent leur voiture, avec deux personnes par voiture en moyenne et que les autoroutes sont fermées.
Préparation à l’évacuation autour de Shimané
Il y a 400 000 habitants dans un rayon de 30 km autour de la centrale de Shimané. En cas d’accident, il faudrait en évacuer 270 000 en dehors de cette province. Un accord vient d’être signé avec les provinces voisines de Hiroshima et Okayama.
C’est Shimané qui devra contrôler la contamination des évacués et payer la note. Les provinces vont maintenant discuter avec les communes.