Selon, l’Asahi, il y a encore presque 130 000 personnes déplacées à Fukushima. Et il y a, officiellement, un total de 15 281 jeunes qui doivent être scolarisés dans un autre établissement. Parmi eux, il y en a 9 767 en dehors de la province de Fukushima.
De nombreuses familles envisagent de s’installer là où elles sont maintenant et de ne pas rentrer chez elles.
En revanche, moins de jeunes partent à la fin de leurs études car le marché de l’emploi est porteur à Fukushima. Et puis, ils veulent s’engager pour reconstruire leur province.
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Plan d’évacuation
Les autorités locales, situées à moins de 30 km d’une centrale nucléaire, doivent préparer un plan d’évacuation pour leur population. Pour l’île Izushima, située à 5 km de la centrale d’Onagawa (Miyagi), c’est quasiment impossible. L’île, située à 200 m de l’île principale, n’est pas reliée par un pont. Le bateau qui fait trois allers-retours par jour ne pourra plus accoster où il accoste habituellement. Les habitants risquent donc d’être bloqués sur leur île. Ils étaient 500 avant 2011, ils ne sont plus qu’une centaine après le tsunami, essentiellement des personnes âgées.
L’école va donc être aménagée en centre d’accueil, avec filtrage de l’air… et de la nourriture pour 70 personnes pendant 3 jours, comme le raconte le Maïnichi. Le coût sera pris en charge par le gouvernement. Le maire insiste sur le fait qu’il s’agit d’une mesure transitoire en attendant d’être évacué, mais il se demande si quelqu’un viendra les chercher en cas de retombées radioactives massives. Pour le moment, rien n’est clairement défini.
Plan d’urgence validé
Le gouvernement japonais a approuvé le plan d’urgence autour de la centrale de Sendaï (Kagoshima), y compris l’évacuation dans un rayon de 30 km, alors qu’il y a encore de nombreuses lacunes comme les médias japonais l’ont déjà souligné. C’est le cas, en particulier, pour les personnes les plus fragiles qui ne peuvent pas se déplacer par elles-mêmes, comme les personnes âgées et les patients dans les hôpitaux. C’étaient ces mêmes catégories de personnes qui ont le plus souffert lors de l’évacuation d’urgence autour de Fukushima.
Ces lacunes dans les plans d’urgence, avec le problème des volcans, étaient les principales préoccupations des personnes qui ont participé à la consultation du public. Y répondre aussi légèrement est du mépris.
TEPCo condamnée à indemniser
TEPCo a accepté le jugement d’un tribunal de Chiba qui considère qu’elle est responsable à 75% du décès d’une patiente de l’hôpital de Futaba, où l’évacuation d’urgence a été particulièrement dramatique. Ce sont des bus qui sont allés chercher les patients. Les plus faibles ont dû rester avec seulement quelques personnels de santé et sans soutien externe. Ceux qui sont partis ont passé 10 heures dans un bus avant de trouver un lieu d’accueil. Cette évacuation a provoqué une quarantaine de décès.
La patiente en question, 83 ans, est décédée de déshydratation dans un centre d’accueil de secours. TEPCo va verser 13,5 millions de yens (97 000 euros) à la famille.
Levée prochaine d’un ordre d’évacuation
Bilan à 3 ans et demi
Exactement 3 ans et demi après la triple catastrophe, c’est l’heure des bilans. 89 323 personnes, qui ont perdu leur logement suite aux séisme et tsunami, vivent encore dans des préfabriqués initialement prévus pour deux ans. Il y a, en plus, 90 000 personnes qui vivent dans des logements loués pour elles par les pouvoirs locaux.
Il y a encore 246 000 réfugiés en tout. C’est à Fukushima qu’il y a le plus grand nombre de réfugiés qui ont quitté la province : 47 149, contre 6 974 à Miyagi et 1 513 à Iwaté.
Le nombre officiel de décès est de 15 889 et il y a 2 601 disparus. 88 corps demeurent non identifés. Certains ne sont pas pris en compte car il manque la tête.
Nouvel obstacle franchis pour la centrale de Sendaï
Kyûshû Electric vient de franchir une étape supplémentaire dans sa quête d’obtenir l’autorisation de redémarrage de ses réacteurs nucléaires n°1 et 2 de la centrale de Sendaï (Kagoshima). La NRA avait, le 16 juillet dernier, approuvé le rapport de sûreté de la compagnie et l’a soumis à l’appréciation du public pendant un mois. Elle a reçu 17 819 commentaires, qu’elle aurait partiellement pris en compte pour donner son avis final. Une reformulation de certains passages a été effectuée et des items ajoutés, mais il n’y a pas eu de changement dans les conclusions.
Mais ce n’est pas fini : il reste de nombreux travaux de remise aux normes à effectuer et des milliers de pages à écrire et instruire, décrivant, de façon plus précise, les plans de construction, les nouveaux équipements, les procédures de fonctionnement et la réponse à un accident. Il faudra aussi inspecter les équipements. Il y en a pour des mois.
Et puis, la compagnie devra aussi obtenir l’accord des autorités locales. Mais le maire de la commune qui héberge la centrale et le gouverneur de Kagoshima ont déjà fait part de leur opinion favorable. Ils dépendent financièrement de la centrale. Ce n’est pas le cas d’autres communes situées dans la zone de préparation à l’urgence d’un rayon de 30 km, mais leur avis n’est pas officiellement pris en compte.
Le plan d’urgence n’est pas satisfaisant et la NRA doit encore établir ses règles de sûreté face au risque volcanique. La NRA pourrait demander des garanties supplémentaires sur ces deux points, qui faisaient souvent partie des commentaires du public.
Mais, le gouvernement est tellement pressé de redémarrer le nucléaire – le 15 septembre, cela fera un an qu’il y a un arrêt complet du parc – qu’il devrait passer outre. A l’inverse des Etats-Unis, la loi japonaise n’oblige pas d’avoir des plans d’urgence effectifs pour obtenir une autorisation de fonctionner.
Enfants de la catatrophe
Les enfants déplacés à cause du tsunami manquent aussi d’exercice et cela suscite des inquiétudes pour leur santé. Certains passent beaucoup de temps dans le bus pour se rendre à leur école. D’autres n’ont pas de place pour jouer autour de leur logement provisoire. Et certains de ces logements ont été installés dans des cours d’école où les enfants ne peuvent plus faire de sport. Les performances sportives des enfants affectés ont baissé.
Le 11 septembre, cela fera exactement 3 ans et demi que le tsunami a eu lieu et cette situation risque de perdurer : seulement 28 préfabriqués sur 4 224 installés dans 61 cours d’école de Miyagi et d’Iwaté ont été enlevés car le programme de reconstruction prend du temps. Il y a la difficulté de trouver des terrains et les prix des matériaux de construction ont beaucoup augmenté, rendant la construction plus chère.
Une enquête menée auprès des réfugiés de Miyagi et Iwaté a montré que 11% d’entre eux n’avaient pas encore décidé quel logement ils souhaitent, s’ils veulent louer ou acheter.
A Fukushima, c’est encore plus compliqué à cause des craintes liées à la radioactivité.
Il y a encore 90 000 personnes qui vivent dans ces préfabriqués situés dans les trois provinces de Miyagi, Iwaté et Fukushima. Construits rapidement, ils se détériorent vite. Le taux d’occupation de ces logements est de 80%.
Après le tremblement de terre de Kôbé, des réfugiés ont dû passer jusqu’à 5 ans dans des préfabriqués.
La vie à Iwaki
La ville d’Iwaki, située à une cinquantaine de kilomètres au Sud de la centrale de Fukushima daï-ichi, a été transformée par la catastrophe. Elle accueille de nombreux réfugiés et des travailleurs à la centrale accidentée ou sur les chantiers de décontamination. Mais les populations ne se mélangent pas, comme le montre l’enquête de Reuters. Certains quartiers, avec bars, restaurants, ont été désertés par les habitants car ils sont fréquentés par les travailleurs du nucléaire.
Une partie des 300 000 habitants se plaignent, car le prix des terrains a fortement augmenté alors qu’une partie des réfugiés vit sur les indemnisations. Cela suscite des jalousies. Il y a eu des dégradations sur les parkings des réfugiés ou des graffitis leur demandant de partir. Cela devrait continuer car le gouvernement veut construire 3 700 logements pour les réfugiés à Iwaki, même si le programme a beaucoup de retard.
Evidemment, d’autres profitent du boom économique engendré par cet afflux de populations nouvelles.
Coût de la catastrophe nucléaire
Selon une étude par deux universitaires, Ken’ichi Ôshima et Masafumi Yokémoto, les coûts directs de la catastrophe nucléaire de la centrale de Fukushima daï-ichi s’élèveront à 11 000 milliards de yens (80 milliards d’euros). C’est près du double de l’estimation gouvernementale de 2011. Cela se décompose ainsi :
– 4 910 milliards de yens (36 milliards d’euros) d’indemnisations des évacués ;
– 2 480 milliards de yens (18 milliards d’euros) pour la décontamination ;
– 2 170 milliards de yens (16 milliards d’euros) pour le démantèlement des réacteurs ;
– 1 076 milliards de yens (7,9 milliards d’euros) pour la gestion des déchets radioactifs engendrés par l’accident, sans leur stockage définitif, qui est inconnu.
Il s’agit du prix minimum, préviennent les auteurs. D’autres études donnent un coût deux fois plus élevé pour la décontamination. Le fond de soutien gouvernemental, qui avance, sans intérêt, le coût de l’indemnisation, a fixé à 9 000 milliards de yens la limite. Cette estimation ne prend pas en compte tous les coûts indirects sur l’économie locale, l’industrie nucléaire japonaise…