Encore un décès à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a annoncé un nouveau décès à la centrale de Fukushima daï-ichi. C’est le quatrième. Il s’agit d’un homme de 52 ans employé par un sous-traitant la compagnie de construction Kajima. Sa tête a été prise lors de la fermeture de la trappe du réservoir d’un camion.

Il aurait dit à son collègue qu’il avait fini de nettoyer et d’inspecter la cuve du camion et lui aurait demandé de fermer la trappe située à l’arrière. Ce dernier s’est exécuté en actionnant un levier près de la cabine. De là, il ne pouvait pas voir que la personne avait la tête dedans.

Les équipements de protection des travailleurs sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi, qui incluent un casque et un masque de protection, rendent la communication beaucoup plus difficile.

Voir les explications en anglais de TEPCo qui sont beaucoup plus laconiques. Une enquête de police a été ouverte.

C’est officiel : l’ordre d’évacuer Naraha sera levé le 5 septembre 2015

L’information n’est pas nouvelle, mais est maintenant officielle : le gouvernement va lever l’ordre d’évacuer la commune de Naraha le 5 septembre prochain. Il s’agit de la première commune entièrement évacuée où cet ordre sera levé. 7 400 personnes et 2 700 foyers sont concernés. Tout n’est pas rétabli sur place et de nombreux habitants sont inquiets. Le nouveau mur anti-tsunami, par exemple, ne sera terminé qu’en 2018.

Des nouvelles des réacteurs

Le réacteur n°1 de la centrale de Sendaï à Kagoshima a eu 31 ans en juillet dernier. L’exploitant, Kyûshû Electric, doit fournir un plan de maintenance jusqu’à ses 40 ans, c’est à dire en 2024, qui vient d’être avalisé par l’Agence de Régulation Nucléaire, la NRA.

En revanche, cette dernière a découvert que l’exploitant avait oublié de nombreux items à contrôler. Une nouvelle liste a donc dû être faite.

Le redémarrage de ce réacteur est repoussé d’une journée.

A Fukui, Kansaï Electric a sollicité la NRA pour la dernière phase d’inspection avant redémarrage du réacteur n°3 de sa centrale de Takahama. La compagnie espère pouvoir charger le combustible en octobre prochain pour un redémarrage en décembre. Mais ce planning ne prend pas en compte la décision de justice qui a bloqué le redémarrage. Les appels ont été rejetés et l’affaire est actuellement en cours d’instruction par une autre cour.

Toujours à Fukui, du côté du surgénérateur Monju cette fois-ci, les inspecteurs ont découvert de nouvelles violation des règles de sûreté. Décidément. Rappelons que toutes les opérations de redémarrage ont été suspendues suites à de graves lacunes. Cette fois, ce sont 800 fiches de demande de travaux qui n’ont pas été archivées correctement. Les travaux auraient bien été effectués. Il manque aussi des documents qui auraient dû être gardés une dizaine d’années. Il ne s’agit pas de défauts majeurs, mais cela s’ajoute à tout des problèmes déjà accumulés.

Enfin, à Niigata, la NRA a décidé de placer sur la liste prioritaire les réacteurs n°6 et 7 de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa que TEPCo veut redémarrer. Il y en a encore pour des mois d’instruction de dossiers et d’inspections. Par ailleurs, le gouverneur est opposé au redémarrage car, selon lui, toute la lumière n’a pas été faite sur l’accident à la centrale de Fukushima daï-ichi et toutes les leçons n’ont pas été tirées. Il s’agit d’une décision significative car ce sont les deux premiers réacteurs à eau bouillante à entrer sur cette liste. Tous les autres ont à eau sous pression.

Rappelons que seulement 25 dossier de demande de redémarrage ont été déposés, que 5 ont été jugés recevables. Il y avait 54 réacteurs de production d’électricité avant l’accident au Japon. 11 réacteurs ont été détruits ou arrêtés définitivement depuis. Il en reste donc officiellement 43.

Problèmes avec les détecteurs de muons

Les muons sont des particules cosmiques qui peuvent traverser de fortes épaisseurs. Ils ont été utilisés radiographier les cœurs des réacteurs 1 et 2. En effet, le corium, c’est à dire le combustible fondu, est plus dense, et absorbe plus de muons.

Des essais effectués sur le réacteur n°1 ont permis de confirmer la fusion du cœur et le percement de la cuve. Après ce premier essai, de nouveaux détecteurs ont été développés, pour un coût de 4 millions de dollars, mais, selon la NHK, la télévision publique, ils sont trop grands pour être installés dans le réacteur n°2. Il faudrait en démonter une partie, décontaminer les lieux, ce qui conduirait à un triplement du coût. TEPCo et les autorités vont donc utiliser les détecteurs qui ont servi pour le réacteur n°1.

Ce qui a de surprenant dans cette histoire, outre le fait que les détecteurs aient été construits sans se préoccuper de savoir s’ils avaient la bonne taille, c’est que le réacteur n°2 a déjà été radiographié par l’université de Nagoya sans que TEPCo n’ait mentionné ces résultats.

La compagnie a aussi reporté l’envoi d’un robot dans la cuve du réacteur n°2.

Décès d’un sous-traitant à la centrale de Fukushima daï-ichi

Un employé d’une compagnie sous-traitante affecté au mur gelé est décédé le 1er août dernier. Agé d’une trentaine d’années, il avait travaillé trois heures, entre 6 et 9h du matin. De retour à J-Village, il a fait un malaise et a été immédiatement transporté à l’hôpital où il est décédé. La cause de sa mort serait inconnue. Cela pourrait être lié à la chaleur qui est difficilement supportable sous les combinaisons de protection.

Il est surprenant que l’annonce arrive si tard.

Images de la piscine du réacteur n°3

Après le retrait du plus gros débris de la piscine du réacteur n°3 le 2 août dernier, TEPCo a filmé le haut des barres de combustible. Des photos et une vidéo sont disponibles en ligne. Il y a aussi un document explicatif succinct en anglais.

Outre les nombreux débris qu’il reste à retirer, il apparaît que les crochets de quatre assemblages ont été tordus. TEPCo prétend que les barres de combustible ne doivent pas être endommagées car il n’y a pas de variations anormales de radioactivité.

Pas de plan d’évacuation pour de nombreux centres de soin

Après la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi, les autorités japonaises ont élargi leur plans d’urgence et il est impératif de se préparer à évacuer dans un rayon de 30 km autour des centrales nucléaires. Les personnes les plus fragiles, dans les hôpitaux, cliniques et maison de retraite sont particulièrement à risque en cas d’urgence. Rappelons que l’évacuation de l’hôpital de Futaba a entraîné 50 décès direct en mars 2011.

Ces institutions doivent prévoir un lieu d’accueil, la route suivie et les moyens de transport en cas d’accident nucléaire. L’Asahi a interrogé les hôpitaux, cliniques, centres de soins et maisons de retraite situés dans un rayon de 30 km autour des centrales nucléaires japonaises et il apparaît que 52% d’entre eux n’ont pas de plan d’évacuation.

La situation est particulièrement critique autour de la centrale de Sendaï, qui s’apprête à redémarrer. Selon le quotidien, seulement 2 centres de soin sur 85 et 15 maisons de retraite sur 159 ont un plan d’évacuation.

Au niveau national, seulement 223 des 650 institutions médicales situées dans une zone de préparation à l’urgence ont un plan d’évacuation. Soit 34%. En ce qui concerne les 2 489 maisons de retraite, c’est 51%. Globalement, on arrive à un total de 47%. Mais, aucun réacteur n’est en fonctionnement actuellement.

A Kagoshima, où se trouve la centrale de Sendaï, les autorités régionales considèrent qu’il est irréaliste d’évacuer ces institutions dans un rayon de 30 km et ont donc limité leur plan à un rayon de 10 km. Elles prétendent avoir l’accord des autorités nationales. Les petits arrangement avec les règles de sûreté ont donc repris !

Autour des centrales de Takahama à Fukui et d’Ikata à Ehimé, qui pourraient être les suivantes à redémarrer, 100% de ces institutions situées à moins de 30 km ont un plan d’évacuation.

Enfin, dans la province de Shizuoka, aucune de ces institutions n’a de plan car les autorités régionales n’ont pas de stratégie pour faire face à une urgence nucléaire et n’ont donc fourni aucune instruction.

Succès du retrait de la pièce de 20 tonnes de la piscine du réacteur n°3

Suite à l’annonce faite le 29 juillet dernier, TEPCo et ses sous-traitants ont réussi à retirer une partie du pont roulant qui était tombé dans la piscine du réacteur n°3 . Les opérations ont d’abord été reportées à cause du brouillard. Puis, le retrait de la pièce a duré 80 minutes environ. Bravo !

La pièce en question fait 20 tonnes. En fait, elle faisait initialement 35 tonnes, mais il a été possible d’en couper des bouts sous l’eau pour l’alléger.

Il reste encore de nombreux débris à enlever dans la piscine. Puis, il faudra reconstruire une structure pour pouvoir retirer les combustibles usés et du combustible MOx, comme pour le réacteur n°4. C’est cependant plus compliqué car le débit de dose est trop élevé pour les humains, de l’ordre de 220 mSv/h, contrairement au réacteur n°4. Le retrait des 566 assemblages ne devrait pas débuter avant janvier 2018. 514 sont usés et donc très radioactifs.

Voir le communiqué de presse en anglais de la compagnie et les photos et la vidéo mises en ligne.