Source radioactive trouvée dans un parc à Tôkyô

Un débit de dose anormalement élevé a été découvert au pied d’une aire de jeu pour enfant dans un parc de Tôkyô (Ikebukuro Honcho Densha no Mieru Koen). L’accès a été interdit. Il y a 480 microsieverts par heure, ce qui est beaucoup plus que le seuil d’évacuation choisi à Fukushima : 3,8 microsieverts par heure.
Un objet non identifié a été déterré et le niveau de dose a immédiatement baissé sur place. Des analyses vont être effectuées.
En octobre 2011, des sources de radium avaient été trouvées sous un trottoir et une maison à Setagaya, dans la banlieue de Tôkyô.
Ce parc a ouvert en 2013 près de la gare de Shimoitabashi.

TEPCo vient de finir de bétonner tout le fond du port devant la centrale

TEPCo vient de terminer le bétonnage du fond du port devant la centrale de Fukushima daï-ichi. L’idée est de fixer les sédiments fortement contaminés. Pour les poissons piégés dans le port dont le régime alimentaire dépend de la faune qui vit dans les fonds marins, cela aura un impact.

Démarrage de la centrale de Sendaï encore reporté

L’exploitant de la centrale de Sendaï (Kagoshima) a reporté la date de remise en service éventuelle du réacteur n°1 à la mi-juillet au plus tôt. Les inspections prennent plus de temps que prévu.
L’exploitant prévoit de charger le réacteur à la mi-juin et le démarrer un mois plus tard, et produire de l’électricité à partir d’août, mais l’Agence de régulation nucléaire, la NRA, a estimé que c’était peu réaliste. Le 15 septembre 2015, cela fera deux ans que tout le parc nucléaire japonais est à l’arrêt.

Un drone radioactif sur le toit de la résidence du Premier ministre

Mercredi 22 avril, un drone a été découvert par hasard sur le toit de la résidence du premier ministre lors d’une visite des lieux organisée pour les nouveaux arrivants. Le drone porte un autocollant avec le sigle radioactif. Le débit de dose à proximité est de 1 microsievert par heure.

Le porte-parole du gouvernement a dû admettre qu’il ne savait pas encore expliquer ni même dater l’arrivée de l’engin. Le premier ministre, quant à lui, est en déplacement à l’étranger. L’héliport sur le toit avait été utilisé le matin même sans que rien n’ait été découvert.

Le drone transportait, semble-t-il, une petite fiole contenant du césium-137 et 134 en faible quantité provenant probablement de Fukushima. Des traces de césiums ont été détectées à proximité du drone sans que l’on sache si c’est lié ou pas.

La justice de Kagoshima ne s’oppose par au redémarrage de la centrale de Sendaï

Après le tribunal de Fukui qui s’était opposé au redémarrage des centrales d’Ôï et Takahama, le tribunal de Kagoshima a rejeté le recours formé par des adversaires au redémarrage de la centrale nucléaire de Sendaï. Contrairement à son homologue de Fukui, le tribunal de Kagoshima a jugé « rationnel » le nouveau référentiel de sûreté.

Parmi les arguments des douze opposants qui ont saisi la justice, il y avait la sous-estimation du risque volcanique et des plans d’évacuation d’urgence non réalistes. La résistance aux séismes est aussi un objet de contentieux. La cour a demandé à l’exploitant de réestimer la résistance des réacteurs en cas de nouvelles données sur ce point. Ils vont faire appel.

Rappelons que cette centrale pourrait être la première à redémarrer, peut-être même cet été pour les plus optimistes. Les deux réacteurs ont été mis en service en 1984 et 1985 et sont arrêtés depuis 2011.

Encore une fuite en mer

On s’en souvient, en février dernier, TEPCo avait été prise sur le fait d’avoir caché pendant 10 mois que de l’eau de pluie contaminée avait coulé directement dans l’océan. Cela avait fait scandale. L’eau provenait d’un toit du réacteur n°2. Pour limiter l’impact, TEPCo a installé huit pompes pour envoyer cette eau dans le port devant la centrale et pas dans l’océan directement. Cela ralentit le transfert vers la mer sans l’arrêter. Les pompes ont été mises en service le 17 avril dernier et elles se sont toutes arrêtées aujourd’hui à 8h45. Elles fonctionnaient la veille. L’eau de pluie contaminée retourne directement dans l’océan. TEPCo ne connaît pas les niveaux de contamination ni la quantité d’eau en jeu. Mais, le 9 avril, les niveaux de contamination étaient très faibles selon TEPCo. Elle a annoncé par la suite 110 Bq/L en bêta total dans le drain, ce qui est plus que la limite qu’elle s’est fixée pour les rejets en mer qui est de 5 Bq/L.

Cette panne n’est pas un réel problème car l’eau rejoint l’océan à la fin, même si elle passe par le port. C’est en sous-sol, via la nappe phréatique, qu’il y a un problème de fuites vers l’océan sont bien plus élevées. Il suffit de voir les derniers chiffres publiés.

TEPCo a mis en ligne des photos des pompes qui ont été remises en route dans la journée. C’est le générateur qui serait tombé en panne.

Voici la dernière compilation officielle de données de la pollution de l’eau de mer.

TEPCo abandonne le deuxième robot

TEPCo a envoyé le deuxième robot à proximité du premier qui a rendu l’âme. Les images vidéo mises en ligne par la compagnie sont de moins bonne qualité, mais permettent de voir le premier robot. La caméra doit être endommagée à cause des radiations. Elle est finalement tombée en panne. Impossible de la rallumer le 18 avril dernier. La compagnie a donc décidé d’abandonner le deuxième robot à proximité du premier. Car, sans caméra, le retour était risqué. Le robot aura pu rester coincé dans le tuyau, bloquant ainsi l’envoi d’autres machines.

Travailleurs du nucléaire et limite de dose

Selon les dernières statistiques publiées qui datent du 31 janvier 2015, 41 170 personnes ont travaillé sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi. Dans les premiers mois, la limite de dose a été remontée à 250 mSv. Officiellement, 6 personnes ont dépassé cette limite.

Depuis le 16 décembre 2011, ce sont de nouveaux les limites normales qui sont appliquées : 100 mSv sur 5 ans (ou 20 mSv/an en moyenne sur 5 ans), sans dépasser 50 mSv/an. Depuis cette date, 174 travailleurs ont atteint cette limite et ne peuvent plus travailler dans le nucléaire tant que les 5 ans ne se sont pas écoulés. Sur les 14 000 travailleurs enregistrés actuellement, 2 081 ont déjà reçu une dose comprise entre 50 et 100 mSv. Ils sont généralement affectés à des tâches moins exposées pour pouvoir rester plus longtemps sur le site.

Mais avec le temps, ils vont être de plus en plus nombreux à atteindre les 100 mSv. Surtout que les travaux de démantèlement des parties les plus irradiantes n’ont pas encore commencé. Il y a la reprise des combustibles de la piscine du réacteur n°3, par exemple, qui devrait bientôt commencer. Même si la grosse partie du travail se fera avec des engins télécommandés, il faudra que des hommes s’approchent par moment pour installer le matériel de démantèlement.

Le Fukushima Minpo, repris par le Japan Times, s’inquiète et pense que TEPCo va donc devoir trouver une solution à ce problème de main d’œuvre et de protection des travailleurs. La compagnie a répondu qu’elle ne faisait pas face à une pénurie de travailleurs et qu’elle allait répondre au problème en diminuant les doses reçues. Plus facile à dire qu’à faire…

Par ailleurs, lors du prochain accident, le ministère de la santé recommande de limiter à nouveau la dose des travailleurs à 250 mSv. C’est la moitié de la limite proposée par l’AIEA.

De la contamination des nappes phréatiques et de l’eau de mer

Au pied des cuves de la zone H4, la contamination en tritium du puits de contrôle E-10 a monté régulièrement jusqu’à 21 000 Bq/L (prélèvement du 9 avril 2015) avant de redescendre à des valeurs inférieures à 3 800 Bq/L (prélèvement du 16 avril 2015).

L’eau souterraine pompée en amont des réacteurs pour être rejetée en mer vient de battre un nouveau record dans le puits n°10 avec 1 000 Bq/L (prélèvement du 13 avril 2015). Cela reste inférieur à la limite que s’est fixée TEPCo qui est de 1 500 Bq/L et une fois diluée avec l’eau des autres puits il y a environ 100 Bq/L au moment du rejet (rejet du 6 avril).

Au pied des réacteurs, les nappes phréatiques sont toujours beaucoup plus polluées. Le 9 avril, par exemple, il y avait jusqu’à 500 000 Bq/L en bêta total (puits 1-6) et 140 000 Bq/L en tritium. Pour le bêta total, TEPCo se refuse de rejeter en mer une eau qui aurait plus de 5 Bq/L. Cette pollution se retrouve dans le port devant la centrale. Au milieu du port, le 6 avril, il y avait 71 Bq/L en bêta total et 150 Bq/l en tritium. Cette dernière valeur est un record local. C’est bien la preuve que les fuites en mer continuent. Voir le fichier avec ces données.

La contamination du puits 1-6 au pied des réacteurs est montée à 570 000 Bq/L le 16 avril et dans le port, TEPCo a relevé 44 Bq/L en strontium dans l’eau de mer. C’est plus que le seuil d’alerte de 30 Bq/L que s’est fixé la compagnie. Tout près du rivage, il y a jusqu’à 500 Bq/L en bêta total et 1 800 Bq/L en tritium dans l’eau de mer. Voir le fichier avec ces données.

Dans les sous-sols des réacteurs, les valeurs de la contamination de l’eau sont, bien-entendu, encore beaucoup plus élevées : il y a jusqu’à 69 millions de becquerels par litre en bêta total dans le réacteur n°1 et 295 000 Bq/L en tritium dans le 3. Valeurs à la mi-mars 2015.

TEPCo a aussi mis en ligne ses résultats mensuels sur la contamination des poissons. Au large, à moins de 20 km de la centrale, la situation s’améliore. Deux poissons dépassent la limite de mise sur le marché fixée à 100 Bq/kg pour les deux césiums. En revanche, dans le port devant la centrale, ils restent fortement contaminés, jusqu’à 3 200 Bq/kg pour une sole.

Déclin des oiseaux à Fukushima

Trois nouvelles études viennent d’être publiées dans des revues scientifiques à propos du déclin des oiseaux à Fukushima et à Tchernobyl. Une première étude, en accès payant, mais disponible à l’ACRO, a suivi les populations de 57 espèces d’oiseaux sur 3 ans à Fukushima. Plusieurs espèces ont fortement diminué. Ce sont les hirondelles qui ont le plus souffert. Les auteurs mettent aussi en évidence une corrélation avec la contamination radioactive. La première année, le lien avec la radioactivité semble ténu, mais il s’accentue au fil des deux années suivantes.

Les auteurs notent aussi une différence entre les oiseaux herbivores et carnivores. Les herbivores semblent plus affectés.

Pour certaines espèces d’oiseaux, l’abondance a augmenté et elle a même augmentée plus vite dans les zones les plus contaminées. Ils évoquent les changements drastiques dans l’environnement avec l’évacuation des hommes pour expliquer cette augmentation. Mais la tendance globale, toutes espèces confondues, est bien à la baisse. Les auteurs s’attendaient à ce que les oiseaux en bout de chaîne alimentaire soient plus affectés que ceux en début de chaîne à cause de la bioaccumulation, mais c’est l’inverse qu’ils ont noté. Cet effet interviendrait donc à plus long terme.

Cette autre étude des mêmes auteurs, disponible en libre accès, se penche plus particulièrement sur les hirondelles. Ils sont étudié le lien entre la radioactivité du nid et les effets génétiques sur la progéniture. Ils n’ont pas trouvé de lien particulier. En revanche, il aurait un lien entre la contamination des nids et l’abondance des hirondelles et de leurs petits. Les auteurs écartent donc les effets génétiques comme lien entre la radioactivité et le déclin des hirondelles.

Pour les personnes intéressées, il y a un troisième article, en accès payant, plus technique, qui compare la situation à Tchernobyl, une vingtaine d’années après la pollution massive et à Fukushima où elle est encore récente.