Travailleurs étrangers peut-être employés illégalement à Fukushima daï-ichi

Environ sept travailleurs étrangers ont été employés par des sous-traitants à la centrale de Fukushima daï-ichi. Selon le Maïnichi, leurs contrats n’étaient peut-être pas en règle et ils n’auraient pas reçu une formation suffisante en radioprotection. Il s’agit surtout de Brésiliens d’origine japonaise.

En 2014, TEPCo a fait construire de nombreuses cuves à la va-vite pour faire face à l’eau contaminée qui continue de s’accumuler jour après jours. La compagnie qui a remporté le contrat a sous-traité à une compagnie de soudure basée à Tôkyô qui n’avait pas assez de main d’œuvre. Elle a eu du mal à trouver assez de travailleurs japonais et a donc embauché environ 7 soudeurs étrangers intérimaires.

Un des travailleurs, d’origine brésilienne, a expliqué au quotidien que certains de ses camarades ne savaient pas lire le japonais alors que le manuel de radioprotection et le test sont rédigés dans cette langue. Il les a donc aidés à répondre aux questions.

Par ailleurs, la loi interdit le travail intérimaire quand il y a exposition aux rayonnement ionisant : l’employeur et le donneur d’ordre doivent être la même entité qui est responsable de la radioprotection. Les travailleurs étrangers ont été présentés comme étant salariés de l’entreprise de soudure alors que ce n’était pas le cas.

Selon la source du Maïnichi, il y avait un accord tacite dans le cadre d’une demande urgente. Chaque cuve était payée 2 millions de yens à l’entreprise de soudure.

Le nombre de violations du droit du travail reste élevé sur les chantiers avec exposition aux rayonnements

Zerutech Tôhoku, une compagnie de Nihonmatsu, vient d’être épinglée par l’inspection du travail de Fukushima pour avoir émis de faux certificats de formation avant envoi de travailleurs sur des chantiers de décontamination. Elle a reconnu les faits.

Les travailleurs employés sur ces chantiers doivent recevoir une formation de 5h30 sur les risques liés aux rayonnements et les mesures de protection à prendre. Il n’y a pas d’évaluation après, ni de certificat à montrer aux commanditaires.

Le PDG de la compagnie, qui a été fondée en mars 2015 et qui intervient au quatrième niveau de sous-traitance à proximité de la ville de Fukushima, explique à l’Asahi qu’il a dû embaucher beaucoup de monde en peu de temps après avoir obtenu la décontamination d’un grand territoire. Entre 100 et 150 faux certificats ont été découverts. La compagnie a aussi émis 7 autres types de certificats nécessaires à l’utilisation d’une tronçonneuse ou d’autres appareils présentant des risques.

Le ministère du travail a publié un bilan des violations du droit du travail sur le chantier de la centrale de Fukushima daï-ichi et sur les chantiers de décontamination, entre janvier et juin 2016. Le document en anglais, repéré par Enerwebwatch, montre que le nombre de violations baisse très lentement.

Ainsi, 118 compagnies intervenant à la centrale de Fukushima daï-ichi ont été contrôlées et 53 (ou 44,9%) avaient violé le droit du travail. Ce taux était de 54% en 2015. Le nombre total de violations est de 94 : 16 concernent la sécurité et la santé au travail et 78, les conditions de travail (salaire, primes de risque, temps de travail…).

506 compagnies intervenant sur des chantiers de décontamination ont aussi été contrôlées et 271 d’entre elles, ou 53,6%, ont violé le droit du travail. Ce taux était de 64,6% en 2015. Le nombre total de violations est de 416 : 252 concernent la sécurité et la santé au travail et 164, les conditions de travail (salaire, primes de risque, temps de travail…).

Le rapport donne des détails sur le type de violations relevées.

Statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne ses dernières données concernant les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi. Rappelons que la compagnie a remis à zéro tous ses compteurs en avril dernier et que cela ne semble pas troubler les autorités japonaises.

9 323 personnes ont travaillé à la centrale accidentée en août 2016, dont 8 317 sous-traitants. Elles sont 12 787 depuis le 1er avril 2016, dont 11 315 sous-traitants. On ne sait pas combien d’entre elles ont déjà été exposées avant.

Les doses moyennes et maximales prises en août 2016 sont inférieures à celles prises les mois précédents, mais ce sont toujours les sous-traitants qui prennent les doses les plus fortes. La dose moyenne prise sur 5 mois, entre le 1er avril 2016 et le 31 août, dépasse le millisievert, dose maximale admissible sur un an pour la population. La dose maximale sur cette même période est de 35,71 mSv. C’est plus que la dose moyenne tolérée sur un an, qui est de 20 mSv (100 mSv sur 5 ans).

Le documents de TEPCo donne aussi les doses à la peau et à l’œil.

Statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne ses dernières statistiques concernant les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi. Rappelons que la compagnie a remis tous les compteurs à zéro au 1er avril 2016 ce qui est une façon d’effacer de la mémoire les fortes doses prises au début.

Ainsi, au 31 juillet 2016, 12 259 travailleurs sont intervenus à la centrale accidentée depuis le 1er avril 2016, dont 10 837 sous-traitants. On ne sait pas combien étaient déjà présents avant cette date. Ce sont les sous-traitants qui prennent les doses les plus fortes, avec une moyenne de 0,3 à 0,4 mSv/mois. La plus forte dose est de 13,81 mSv sur un mois alors qu’il ne faut pas dépasser 20 mSv par en moyenne sur 5 ans. Un travailleur est déjà arrivé à 33,23 mSv depuis le 1er avril. Il aura bientôt atteint la limite strict de 50 mSv sur un an à ce rythme.

Les tableaux donnent aussi les doses équivalentes à la peau et à la cornée. La plus forte dose à la peau depuis le 1er avril est de 105,47 mSv alors que la limite est de 500 mSv sur un an. Pour la cornée, c’est 44,68 mSv alors que la limite est 150 mSv/an.

Les données précédentes sont ici.

Deuxième cas de leucémie reconnue comme maladie professionnelle à la centrale de Fukushima daï-ichi

Le ministère du travail a reconnu un deuxième cas de leucémie d’un travailleur à la centrale de Fukushima daï-ichi comme étant d’origine professionnelle. Il s’agit d’un homme de plus de 50 ans, employé par un sous-traitant, qui a travaillé quatre années à la centrale accidentée à partir d’avril 2011. Il avait en charge des réparations mécaniques et a reçu une dose totale enregistrée de 54,4 mSv. il a aussi retiré des débris.

Comme les autorités n’ont pas trouvé d’autre cause possible et selon les règles en vigueur au Japon depuis 1976, un travailleur du nucléaire, qui aurait été exposé à une dose supérieure à 5 mSv en un an et qui développerait une leucémie plus d’un an après avoir été engagé pour des travaux sous rayonnements ionisants, a droit à la prise en charge des soins et une indemnisation.

La leucémie s’est déclarée en janvier 2015, mais l’instruction de son dossier a pris du temps. Cinq autres dossiers de demande de prise en charge de leucémie de travailleurs de Fukushima daï-ichi ont été déposés.

La reconnaissance précédente a eu lieu en octobre 2015 et avait donné lieu à des explications officielles en anglais.

Environ 47 000 personnes ont travaillé à la centrale de Fukushima daï-ichi depuis le début de la catastrophe.

Doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne ses dernières statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima. Les données précédentes, allant jusqu’à avril 2016, sont en ligne sur le site du ministère du travail.

Il y a entre 9 000 et 10 000 personnes par mois qui travaillent sur le site de la centrale accidentée. Ce sont toujours les sous-traitants qui sont le plus nombreux et qui prennent les plus fortes doses. La dose moyenne mensuelle varie de 0,28 à 0,55 mSv (en mars 2016). La dose maximale sur un mois est de 13,82 mSv en mars 2016, alors que la limite de dose est de 20 mSv en moyenne sur 5 ans.

Le nombre cumulé de travailleurs depuis le 11 mars 2011 n’est plus donné. On ne sait donc pas combien sont proches de la limite de dose. TEPCo a remis les compteurs à zéro au 1er avril 2016 après 5 années passées.

Les données de TEPCo présentent aussi les doses à la peau avec un maximum à 80 mSv en mars 2016, ainsi que les doses à la cornée.

Par ailleurs, TEPCo a mis en ligne de nombreuses statistiques sur la compagnie, dont les doses prises avant la catastrophe. Il y a eu un maximum en 2003, année où la compagnie à dû arrêter de nombreux réacteurs suite à des falsifications de rapports de sûreté. Quand TEPCo triche ou sous-estime la sûreté, ce sont les travailleurs qui trinquent !

Statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale accidentée

Selon les dernières données mises en ligne, au 31 mars 2016, 46 956 travailleurs sont passé sur le site de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi, dont 42 244 sous-traitants. Ils sont un peu plus de 10 000 chaque mois à y travailler. Ce sont les sous-traitants qui prennent les doses les plus élevées, avec une moyenne qui varie de 0,51 à 0,56 mSv par mois entre Janvier et Février 2016. C’est entre 0,18 et 0,22 pour les salariés de TEPCo.

La dose la plus élevée qui a été enregistrée en mars 2016 est de 13,42 mSv sachant que la limite moyenne à ne pas dépasser en un an est de 20 mSv.

Il y a aussi 1 203 personnes qui ont une limite plus élevée pour pouvoir continuer à pénétrer sur le site. Leur dose moyenne cumulée depuis le début de l’accident est de 36,49 mSv et la valeur maximale de 102,69 mSv. Elles n’ont pas pris de dose entre janvier et mars 2016.

Risque terroriste : réduction du nombre de travailleurs à Fukushima daï-ichi durant le G7

Le G7 aura lieu à Isé, dans l’Ouest du Japon, les 26 et 27 mai prochain.  Comme l’alerte terroriste sera à son maximum durant cette période, TEPCo a décidé de suspendre les travaux qui peuvent attendre à la centrale de Fukushima daï-ichi pendant cette période. Seuls les travailleurs indispensables à la sûreté pourront pénétrer sur le site.

Il y a actuellement environ 6 000 personnes par jour à travailler à la centrale accidentée durant les jours de la semaine. Pendant le sommet, le nombre de travailleurs sera réduit à un millier environ, comme pendant les dimanches et jours fériés.

Qu’en sera-t-il pendant les Jeux olympiques et paralympiques de 2020 ? Le chantier sera suspendu durant plusieurs semaines ?

Les problèmes liés à la sous-traitance persistent à Fukushima daï-ichi

Le mois dernier, l’Asahi a consacré une série de trois articles aux travailleurs de la centrale de Fukushima, qui, dans leur majorité, sont embauchés par une pyramide de sous-traitants pour des salaires peu élevés, malgré les risques encourus.

Les habits de protection et les masques rendent les conditions de travail plus difficiles. Surtout en été, à cause de la chaleur.

En 2012, un homme de 42 ans, originaire de Nagano, a d’abord répondu à une petite annonce postée par une compagnie au quatrième niveau de sous-traitance. Une fois sur place, les tâches qui lui ont été assignées pas la compagnie au premier niveau de sous-traitance ne correspondaient pas à ce qu’il lui avait été dit par son employeur : il devait travailler dans des zones où le niveau d’irradiation était si élevé que l’on ne pouvait pas y rester plus de 5 à 10 minutes. Il devait aussi porter un appareil respiratoire sur son dos.

Quand il s’en est plaint à son véritable employeur, soulignant qu’il ne pourrait pas rester un an comme stipulé dans son contrat avec de telles doses, il lui a été répondu que la dose était divisée par deux au bout d’une semaine (ce qui est faut) et qu’il allait ruiner la réputation de la compagnie s’il refusait.

Il a finalement été affecté à des tâches moins exposées. Lors d’une conversation avec un employé de la compagnie sous-traitante du 1er niveau, il a demandé à son interlocuteur s’il laisserait son fils travailler ici. La réponse a été négative. Le soir même il a été convoqué et licencié.

Pour les employés originaires des zones côtières de Fukushima, la centrale nucléaire a été et est encore le gagne pain, et il est difficile de « cracher dans la soupe ».

Un autre employé, originaire de la région, a longtemps été pêcheur avant d’être embauché à temps partiel, puis temps complet à la centrale nucléaire. Il explique que, par le passé, les sous-traitants n’étaient pas très stricts en ce qui concerne la radioprotection. Il se rappelle avoir transporté manuellement des déchets radioactifs alors qu’il aurait dû utiliser un engin. Ce serait devenu plus strict maintenant.

Le contrôle de la tuyauterie pour y détecter des fuites n’était pas toujours fait correctement car il fallait tenir le rythme. Certaines parties étaient sciemment négligées sans que cela soit rapporté comme cela aurait dû l’être. La forte hiérarchisation de la sous-traitance empêchait le signalement des problèmes au niveau supérieur.

Après l’accident, son employeur ne voulait plus travailler à la centrale de Fukushima daï-ichi, mais il a été rappelé car il y avait un manque de main d’œuvre. Comme les conditions financières n’étaient pas favorables, surtout en ce qui concerne la prime de risque, certaines compagnies sous-traitantes ont refusé. D’autres ont accepté.

Depuis la catastrophe nucléaire, certaines compagnies sous-traitantes ont grossi et sont montées en compétence.

Tout en bas de la pyramide de sous-traitance, les salaires sont souvent très bas car chaque étage en prélève une partie. L’Asahi présente le cas d’un jeune de 27 ans qui a d’abord été embauché, en 2012,  sur des chantiers de décontamination autour de la centrale, sans contrat de travail, juste un accord verbal. En 2014, son « employeur » lui a proposé un travail mieux rémunéré à la centrale s’il signait avec une autre compagnie. Ce contrat stipulait un salaire journalier de 15 500 yens, mais son précédent « employeur » a saisi tout l’argent sur son compte après avoir prélevé 2 500 yens chaque jour pour « couvrir des dépenses diverses ». Le jeune a découvert plus tard que TEPCo, le donneur d’ordre, versait en fait 20 000 yens par jour depuis novembre 2013, pour motiver les travailleurs. Son travail était pourtant exposé et il aurait dû toucher les primes de risque, qui n’étaient même plus mentionnées dans sa fiche de paye. Il devait parfois travailler près des réacteurs, où le niveau d’exposition était élevé, mais contrairement aux employés d’autres compagnies, il ne bénéficiait pas d’un tablier de plomb pour réduire la dose reçue. Il a fini par quitter la centrale.

Un avocat qui a défendu des travailleurs estime que tant qu’il y aura une pyramide de sous-traitance, les  primes de risques seront réduites avant d’arriver dans la poche des travailleurs. Il cite le cas d’un salaire initial de 43 000 yens par jour qui s’est réduit à 11 500 yens dans la proche du travailleur.

L’Asahi explique que sur les chantiers de décontamination dont il a la charge, le ministère de l’environnement exige que la prime de risque soit entièrement versée aux travailleurs. Ce n’était pas le cas au tout début de la catastrophe. Il n’y a pas de clause similaire à la centrale nucléaire accidentée.

Selon une enquête faite par TEPCo à l’automne dernier, 14,2% des personnes qui ont répondu ont déclaré que la compagnie qui leur versait leur salaire n’était pas celle qui leur donnait des ordres. C’est illégal dans le nucléaire à cause de problèmes de responsabilité.

Dans l’avenir, plus de 10 000 travailleurs sur 30 000 attendus pourraient rester plus d’un an à Fukushima pour les travaux à la centrale, selon une étude de l’agence de reconstruction auprès de 24 compagnies. Il y en a plusieurs centaines à intervenir. Il faut donc leur assurer un environnement vivable, avec commerces, services et moyens de transport. Les travailleurs originaires de villages évacués ont aussi réclamé un environnement permettant de faire revenir leur famille.

Enfin, selon TEPCo, durant l’année fiscale 2015, il y a eu 25 travailleurs blessés et un décès. 60% des blessés étaient des travailleurs sans qualification qui étaient là depuis moins d’un an. 60% des blessures étaient bénignes. Le nombre de blessés était de 49 en 2014.

Selon les statistiques officielles, à la date du 29 février 2016, 46 758 travailleurs ont été enregistrés sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi, dont 42 052 sous-traitants. En février 2016, la dose moyenne prise par les sous-traitants était de 0,54 mSv et celle des employés de TEPCo, de 0,21 mSv. La dose maximale, quant à elle, était de 12 mSv et c’est un sous-traitant qui l’a reçue.